Catégorie : Sommaire
Posté par : le 24-08-2010

 Au sommaire du numéro 1475 daté du 28 août 2010 :

 
Evénement

L'Église à la modernité

Un enjeu toujours actuel.

 
Dossier

La nécessité d'un enseignement libre

État des lieux des facultés libres, alors que les catholiques semblent les déserter.

 
Actualités
Kfar Sama

Un village du Ciel au Liban.

 

Le rapprochement entre Rome et Moscou

L'apaisement observé depuis quelques mois entre les catholiques et le monde orthodoxe semble se confirmer.

 
Irak

Les obligations américaines.

 
Culture
Patristique

Saint Jean Chrysostome : une parole ardente au service de la sainteté.

 

Racine et la tragédie grecque.

 

Figure spirituelle

Mère Teresa, une humble sœur au service de la vie.

 
Magistère

Le Pape invite les jeunes à être témoins de la joie et de leur foi.

 

Tribune libre

L'Espace Bernanos, un accès à l'Église.


Disponible dans notre boutique :
Journal n°1475 du 20-08-2010

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Catégorie : Religion
Posté par : Denis Sureau le 20-08-2010

 A l'occasion de la sortie de La Messe à l'endroit (Editions de L'Homme Nouveau) et du Cérémonial de la sainte Messe, à l'usage ordinaire des paroisses(éd. Artège),Denis Sureau recevra 

Dimanche 22 août sur Lumière de l'Espérance,

la radio du dimanche de Radio courtoisie,

A 12 h (rediffusion à 16h et minuit)

 

L'Abbé Claude Barthe

Le Père Michel Gitton

L'Abbé Bernard Pellabeuf

Peter Freeman(Ceremoniaire.net)

 

autour de la question

Pourquoi et comment resacraliser la messe de Paul VI ?


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Catégorie : Religion
Posté par : Rédaction le 20-08-2010

 L'abbé Claude Barthe vient de publier aux Editions de L'Homme Nouveau La Messe à l'endroit sous forme de plaidoyer "pour un nouveau mouvement liturgique".

 

Les textes liturgiques publiés par Benoît XVI supposent un renouveau liturgique à deux vitesses : une diffusion élargie de la messe tridentine et ce que l'on nomme la réforme de la réforme. Après avoir analysé la situation du catholicisme français, l'auteur estime que le projet concret de réforme de la réforme pourrait se résumer à la diffusion de ce qui se pratique déjà dans certaines paroisses avec beaucoup de fruits pastoraux :

1/ réintroduction de la langue liturgique latine,

2/ distribution de la communion selon le mode traditionnel,

3/ usage de la première prière eucharistique,

4/ orientation de la célébration vers le Seigneur au moins à partir de l'offertoire,

5/ usage en silence de l'offertoire traditionnel.

 

 

Mais ce projet de réforme ne peut se réaliser sans la célébration la plus large selon le missel traditionnel ; inversement, celle-ci a besoin pour exister dans les paroisses ordinaires de la recréation d'un milieu vital par la réforme de la réforme. Les deux critiques parallèles des mutations opérées sous Paul VI (la critique frontale qui veut élargir la diffusion de la liturgie dite de saint Pie V et la critique réformiste, dite réforme de la réforme) ont aujourd'hui plus que jamais partie liée.

 

L'AUTEUR

L'abbé Claude Barthe, né en 1947, a vécu les évolutions en cours dans l'Église depuis le concile Vatican II. Auteur d'un bon nombre d'ouvrages de réflexion et de chroniques religieuses sur la crise actuelle et sur la liturgie romaine, il a participé à l'édition d'oeuvres de spiritualité ou de littérature catholique.

 

Prix : 9 euros FRAIS DE PORT OFFERTS


Disponible dans notre boutique :
La Messe à l'endroit

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Catégorie : Société
Posté par : Denis Sureau le 13-07-2010

 Le gouvernement vient d'annoncer un plan pour réduire progressivement le déficit du système de retraites, avec l'ambition de parvenir à l'équilibre en 2018. C'était indispensable. Le dispositif repose principalement sur le recul progressif de l'âge légal du départ à la retraite : pour les personnes nées à partir de 1956, il atteindra 62 ans. Tous les régimes seraient concernés, public, privé ou spéciaux. Diverses mesures alourdissant la fiscalité des ménages et des entreprises compléteraient ce plan.

 

Le vrai problème

 

Le problème du financement des retraites est un vrai problème dans la mesure où le déclin démographique et l'allongement de l'âge de la vie menacent mécaniquement la pérennité des régimes par répartition. A défaut de s'attaquer à la cause principale du déséquilibre (une natalité insuffisante), l'État est contraint de prendre des mesures de rafistolage à court terme nécessairement désagréables. Mais pour conserver des chances d'être réélue, l'équipe au pouvoir ne peut pas prendre les mesures énergiques qui s'imposeraient à long terme.

Afin de maintenir le système de retraites dans le cadre actuel, trois solutions sont techniquement possibles. Ni plus ni moins. Elles constituent un "triangle maudit" car quelle que soit l'option retenue, la potion est amère et toute proposition gouvernementale ne peut que susciter l'ire des syndicats et de l'opposition. Première solution : augmenter les cotisations. En temps de crise, ce remède peut provoquer des dégâts collatéraux fort indésirables. Deuxième solution : diminuer le montant des pensions. Pilule aussi peu goûteuse que la précédente, et politiquement dangereuse lorsque le corps électoral devient majoritairement âgé. Reste la troisième solution : augmenter la durée de cotisation et retarder l'âge de la retraite.

C'est, sans surprise, le choix retenu par Nicolas Sarkozy avec le gouvernement Fillon, en repoussant l'âge légal de départ jusqu'à 62. Compte tenu de l'augmentation de l'espérance de vie, rien ne justifie la cessation d'activité à 60 ans. La France est le seul pays européen à fixer la barre aussi bas. L'Allemagne, la Belgique ou l'Italie ont relevé l'âge légal de départ à 65 ans (pour les hommes).

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Catégorie : Sommaire
Posté par : le 08-07-2010

Au sommaire du numéro 1474 daté du 31 juillet 2010:

 
In memoriam

Adieu à Jean-Marie Paupert

 

Face au nihilisme

Ernst Jünger : vers la foi catholique

 
Après la Chute

Flannery O'Connor, romancière catholique dans la ceinture biblique

 

En suivant ses propres pas

Jean Raspail, ou la présence du sacré

 
Entretien

Patrick Kéchichian avec la foi pour horizon

 

En avant, route !

Alix de Saint-André vous dis-je…

 

Un Bloy cyberpunk

Maurice G. Dantec, le sniper du Verbe

 

L'évidence de Dieu

Sylvie Germain, ou le sourire de la grâce

 

Un Russe en France

Andreï Makine : une vigie insolente

 

La question du sens

François Taillandier, l'étincelle de l'espérance

 
Entretien

Charlotte ou le dominicain romancier


Disponible dans notre boutique :
Journal n°1474 du 20-07-2010

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Catégorie : Sommaire
Posté par : le 25-06-2010

 Au sommaire du numéro 1473 daté du 3 juillet 2010:

 
Evénement

Les retraites, un vrai et faux problème.

 
Dossier

Taybeh, une chrétienté en Palestine
Au nord de Jérusalem, Taybeh est le dernier village entièrement chrétien de Terre sainte. Mais un village dynamique !

 
Actualités 

Curé d'Ars : enquête sur une non-proclamation.
Diplomatie vaticane: Le rôle du cardinal Merry del Val.
Afrique du Sud: Que reste-t-il hors du stade ?

 
Culture
Idées: L'anthropologie révolutionnaire démasquée.

Quand Molière s'installe à la Pléiade.

 

Figure spirituelle
Saint Maximilien Kolbe, le chevalier de l'Immaculée.

 
Magistère

À Chypre, le Pape a expliqué le mystère de la Croix.

 
Tribune libre

Une formation dans la lignée de Jean Daujat.


Disponible dans notre boutique :
Journal n°1473 du 06-07-2010

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Catégorie : Religion
Posté par : Denis Sureau le 08-06-2010

 Dans son admirable homélie pour la Pentecôte, le Saint-Père souligne que l'Esprit Saint "crée l'unité et la compréhension là où il existe des déchirements et des séparations". Toutefois, cette unité n'est pas un égalitarisme. Alors qu'à Babel, certains voulaient imposer à tous une seule langue, lors de la Pentecôte, en revanche, "les apôtres parlent des langues diverses de façon à ce que chacun comprenne le message dans son propre idiome. L'unité de l'Esprit se manifeste dans la pluralité de la compréhension. L'Église est de par sa nature une et multiple, destinée à vivre auprès de toutes les nations, de tous les peuples et dans les contextes sociaux les plus divers."

 

Cet enseignement s'applique bien aux forces vives du catholicisme français. A l'occasion du 28e Pèlerinage de chrétienté, le quotidien La Croix(21 mai) a publié un article révélateur intitulé Ces jeunes catholiques qui refusent les étiquettes. Il montrait la porosité des frontières entre traditionalistes, charismatiques (certains ont forgé le néologisme de tradichmatiques !) ou simples paroissiens. Les journalistes s'étonnaient que les jeunes puissent à la fois chanter Christus vincit sur les routes de Chartres et fréquenter Paray-le-Monial, Taizé voire se rendre au rassemblement de la Joc. Zapping ecclésial, bricolage, "culture de réseau" façon Facebook ? Peut-être. Mais surtout recherche d'un christianisme missionnaire qu'ils trouvent rarement dans leur paroisse. De quoi perturber leurs aînés. Mais pas L'Homme Nouveau, au carrefour de ces chemins d'une Église sans complexes.


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Catégorie : Lecture
Posté par : La rédaction le 14-05-2010

Récemment paru aux éditions de l'Homme Nouveau, En route vers l'infini est le dernier livre de Judith Cabaud, collaboratrice régulière du journal. Pendant plusieurs mois, elle a sondé l'âme des grands musiciens pour tenter de cerner les rapports qu'entretiennent la musique et la foi. 

La musique possède-t-elle une valeur spirituelle ? Est-elle capable de faire remonter nos âmes vers Dieu par le moyen de la beauté ?

Musicienne et catholique, Judith Cabaud veut nous en convaincre. Et elle y réussit par les brèves et profondes études qu'elle consacre à de grands noms de la musique européenne, de l'Oural au Nouveau Monde.

Ce n'est pas une histoire de la musique, mais un « bouquet spirituel » que nous offre Judith Cabaud, avec l'effluve singulier dont chaque musicien, dans sa quête vers Dieu, laisse la trace pour la respiration de nos âmes. Meilleure éducation pour l'âme selon Platon, moyen de purifier les passions humaines pour Aristote, la musique manifeste, à sa manière, une présence de Dieu dans nos vies en nous offrant comme un avant-goût de Paradis.

 

Rappelons au passage qui est Judith Cabaud.

Femme de lettre et musicologue française, Judith Cabaud est née à New York en 1941 au sein une famille israélite américaine d'origine polonaise et russe. Après des études de sciences de l'Université de New York, elle se rend à Paris et obtient son diplôme de civilisation française en 1960 à la Sorbonne, et se convertit au catholicisme.

Auteur notamment de Mathilde Wesendonck ou Le rêve d'Isolde (Actes Sud), sur une des inspiratrices de Wagner, elle est critique musicale au festival de Bayreuth depuis 1994. Elle vit aujourd'hui en France (www.judithcabaud. com).


Disponible dans notre boutique :
En route vers l'infini, musique et foi

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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 12-05-2010

Dans une lettre envoyée à l'Institut du Christ Souverain Prêtre, à l'occasion d'un colloque sur le Motu Proprio Summorum Pontificumqui s'est déroulé à Madrid, en Espagne, le Préfet de la Congrégation du Culte divin et la discipline des sacrements, le cardinal Canizarès a tenu à rappeler le sens de cette décision du Pape Benoît XVI :

 

« Dans le cœur du Saint-Père et au centre de ses préoccupations comme pasteur de l'Eglise se trouve la connaissance profonde du mystère de la Liturgie et le désir qu'elle soit célébrée et vécue par l'Eglise entière avec délicatesse et ferveur, et qu'ainsi Elle engendre et communique ce dynamisme surnaturel, désir du Christ Lui-même, afin que le témoignage de tous les catholiques soit unanime et efficace pour transformer les réalités de notre monde.

Le Motu Proprio "Summorum Pontificum" doit se comprendre dans cette vision d'ensemble de l'enseignement et des actes du Saint Père, et jamais comme quelque chose d'isolé ou de simplement anecdotique destiné à quelques-uns pour des situations particulières. Favoriser l'accès à la forme liturgique officielle du le Rite Romain jusqu'à la réforme souhaitée par le Concile Vatican II,  n'est pas une concession à la nostalgie ou à l'intégrisme, c'est plutôt, un pas pour favoriser la Communion Ecclésiale et une aide pour orienter et mieux comprendre l'actuelle "forme ordinaire" de la Liturgie Romaine selon une « herméneutique de la continuité ».

 

Remerciant l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre pour avoir organiser ce colloque, le représentant du Saint-Père en ce qui concerne la liturgie précise par ailleurs :

« Il est évident que ces initiatives pastorales de notre Saint-Père le Pape Benoît XVI, pour être fructueuses, doivent être accompagnées d'une intense activité de formation, et d'un approfondisse théologique, historique, pastoral, juridique et spirituel, à la lumière du trésor de la Liturgie Catholique et des enseignements des Pères et des Saints Pasteurs de l'Eglise tout au long des siècles. J'espère, et je m'en réjouis par avance, que des initiatives comme le présent Colloque aideront sans nul doute à contribuer à cette formation. »

 

Ce Colloque a eu lieu à Madrid le 24 avril dernier en Mgr Juan Miguel Ferrer, Sous-secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin et Mgr Bux de l'Office pour les Célébrations  Liturgiques du Souverain Pontife. On trouvera plus de détail sur le site de l'ICRSP.


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Catégorie : Rendez-vous
Posté par : L'Homme Nouveau le 16-04-2010

Appel
Pour le Pape,prions et jeûnons !

 

Alors que l'Église fête les cinq ans d'accession au Souverain Pontificat de Joseph Ratzinger, devenu par la grâce de Dieu le Pape Benoît XVI, les attaques répétées contre le Saint-Père marquent d'une croix particulière ce pontificat. À l'épreuve terrible que l'Église traverse déjà, en constatant que certains de ses prêtres ont défiguré le visage du Christ en portant atteinte à leur sacerdoce et à l'innocence d'enfants, s'ajoute une campagne calomnieuse visant à discréditer à travers son Pasteur Universel l'Église de Jésus-Christ et le sacerdoce catholique. Des chrétiens apportent malheureusement leur voix dans ce concert d'opposition, comme le montre une Tribune publiée dans Le Monde et intitulée « Face aux abus sexuels, la désolation et le pardon du Pape ne suffisent pas ».
Heureusement, des appels ont aussi été lancés pour soutenir le Pape et montrer qu'il n'a pas démérité dans son action contre les prêtres dits « pédophiles » et qu'il conserve non seulement le soutien mais l'affection des catholiques. D'ailleurs, Benoît XVI a démontré dans la terrible affaire Maciel combien déjà, alors qu'il était à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, il entendait agir avec fermeté. Devenu Pape, il n'a pas hésité une seconde.
Il est terrible de le constater. Mais la meute déchaînée contre le Souverain Pontife, contre l'Égli­se et contre le sacerdoce catholique ne s'arrêtera pas là. Déjà des émissions de télévision se préparent qui serviront à atteindre par ricochet l'honneur du Pape et à créer un sentiment de malaise parmi les fidèles. Déjà des campagnes se préparent contre des évêques français. Certes il est paradoxal, comme Philippe Maxence l'écrivait dans le dernier numéro, de « voir les thuriféraires des égouts se regrouper en ligue de vertu ». Pour autant, ce paradoxe n'a rien de nouveau. Les folies de Néron furent mises sur le dos des chrétiens pour mieux les accuser.
C'est pourquoi il nous semble nécessaire, non pas en opposition, mais en complément des appels et des pétitions déjà lancées, utiles et courageuses, de recourir aux armes de la prière. Le Christ lui-même nous y invite. Certains démons, dit-Il, ne se chassent que par le jeûne et la prière. Toute la Tradition de l'Église nous invite à recourir, selon nos possibilités et en fonction de nos devoirs d'état, à l'offrande de cette mortification.
Devant les attaques contre le Saint-Père, représentant du Christ sur terre, nous invitons donc tous ceux qui le voudront bien à offrir un temps de prière et de jeûne ou tout autre sacrifice pour le Pape Benoît XVI et pour l'honneur du sacerdoce catholique. C'est une action simple et discrète, reposant entièrement sur l'utilisation des armes surnaturelles. Chacun y donnera la mesure et la durée qu'il souhaite. Nous proposons que cette prière dure jusqu'au 29 juin prochain, fête des saints apôtres Pierre et Paul. Ce jour-là, nous ferons parvenir notre engagement au Saint-Père pour lui manifester notre soutien par la prière. Cette action simple dépasse bien sûr le cadre des lecteurs de L'Homme Nouveau. N'hésitez pas à la faire connaître autour de vous. Pour le Saint-Père et pour le sacerdoce catholique, soyez, soyons, des missionnaires de la prière.

 

Pour s'associer à cet appel, utiliser le coupon sur le lien ici.
 


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Catégorie : Lecture
Posté par : Philippe Maxence le 12-03-2010

Les éditions de l'Homme Nouveau sont heureuses de vous annoncer la parution d'un nouveau livre : Utopie des usuriers. Signé G.K. Chesterton, cet ouvrage est un inédit en France et connaît aujourd'hui sa première traduction, que l'on doit à Gérard Joulié.

Utopie des usuriers est un livre à part dans l'œuvre immense du célèbre écrivain anglais, converti au catholicisme, maître du paradoxe, joyeux troubadour et pourfendeur des idées faciles. Dans Utopie des usuriers, Chesterton est en colère. Face à une société aux mains des puissances de l'argent, l'écrivain, habituellement si débonnaire, ne cache pas son écœurement et dissèque quelques aspects d'un système qui peu à peu donne tous les droits à l'argent au détriment des anciennes valeurs morales. À son habitude, il ne suit pas une démonstration rigoureuse et conserve son humour pour pourfendre les fauteurs de scandales, les puissants du moment.

Livre de colère, essai d'hier pour aujourd'hui, Utopie des usuriers nous apprend qu'il y a un moment où le silence se fait complice et qu'il faut se réveiller au moins pour respecter son propre honneur. On trouvera aussi dans ce livre 18 autres essais à travers lesquels Chesterton aborde la question irlandaise, l'industrialisme prussien, la Révolution française, le mauvais journalisme ou la situation sociale de son temps.

Lors de sa publication en 1917, l'ouvrage ne fut pas publié en Angleterre, en raison de sa virulence, mais directement à New York. Il paraît pour la première fois en France. Si vous osez l'acheter, Utopie des usuriers n'a pas fini de vous surprendre.

Né en Grande-Bretagne en 1874, mort en 1936, G.K. Chesterton a bâti une œuvre immense (essais, poésie, biographies, romans, dessins). Il est reconnu comme l'un des « monstres » de la littérature anglaise du XXe siècle. On le redécouvre en France aujourd'hui après la parution de l'intégrale de ses romans policiers (Father Brown) et de l'édition de ses deux grands essais : Hérétiques et Orthodoxie (Climats).

De G.K. Chesterton, les éditions de l'Homme Nouveau ont déjà édité : Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (2e édition), toujours disponible.



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Catégorie : Société
Posté par : Philippe Maxence le 23-02-2010

 

 

C'est devenu une sorte de mot de passe. Un homme politique revient-il sur ses propositions ? C'est la crise ! Un chanteur annule-t-il une tournée ? C'est encore la crise ! L'effort missionnaire subit-il un sérieux ralentissement ? C'est toujours la crise !

Depuis 2008, le monde vacille sous l'effet d'un séisme économique. Un temps, nous aurions pu croire que cette tragédie permettrait de remettre à plat le système et de tirer de profitables leçons. Pauvres naïfs que nous étions ! Cette crise économique a surtout donné lieu à la défense des intérêts en place, puis à une invocation rituelle devant chaque projet avorté pour se transformer peu à peu en une bonne conscience éthique de nos sociétés « libéraleslibertaires ». Désormais, sous cette pression moralisante, la peur a laissé place à la pierre philosophale, susceptible de régler tous les problèmes. Pour répondre à la crise, clame-t-on partout, il faut « mo-ra-li-ser » le capitalisme.

Face à cette unanimité, nous avons donc décidé de poser une simple question : suffit-il de ce coup de pouce moral pour revenir à une société plus humaine ? Nous commençons, dans le numéro 1464 à paraître en fin de semaine la publication des réponses que nous avons reçues. Elles sont diverses, ne concordent pas forcément, s'opposent même. Chacun ici exprime et exprimera sa pensée, sans être engagé par la ligne du journal ni même par les propos des autres participants. Je remercie ceux qui, de France et de l'étranger, ont accepté de participer à ce débat. Il s'annonce passionnant.

Les lecteurs de ce blog qui ne sont pas abonnés à l'Homme Nouveau peuvent le découvrir à cette occasion en en faisant la demande. Il suffit pour cela de circuler un peu sur ce site pour découvrir nos coordonnées ou comment bénéficier de trois numéros de découverte. À bientôt !


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Catégorie : Sommaire
Posté par : le 04-05-2009

Au sommaire du numéro 1445 daté du 9 mai 2009 :

Evénement
Heureux comme un catholique en France.

Dossier
L’anticatholicisme en cinémascope
Plutôt anges ou plutôt démons ? Le nouveau film inspiré du livre de Dan Brown n’est en tout cas pas très catholique. Nous avons enquêté.

Spécial Terre sainte
Le Saint-Siège et la Palestine.

Actualités
États-Unis : courrier sanglant pour Obama.

Un Polonais à la Curie : Mgr Zygmunt Zimowski.
 
Culture
Découvrir Romano Guardini.

La lettre du Prieur du monastère bénédictin de Clear Creek sur la pauvreté évangélique.

Figure spirituelle
Le père Henri Rebuschini : la maladie au service de la sainteté.

Magistère
Benoît XVI a invité à prendre pour modèles Job et saint Joseph.

Tribune libre

Riaumont forme les menuisiers de demain.
 


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Journal n°1445 du 09-05-2009

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Catégorie : Société
Posté par : le 23-04-2009

Le rédacteur en chef du quotidien suisse Le Nouvelliste, a publié sur le blog de son journal une présentation de L'Homme Nouveau. Nous remercions vivement Vincent Pellegrini pour son analyse et son soutien. Extrait :

 

Le bimensuel catholique français d’information “L’homme nouveau” est présent depuis longtemps dans la galaxie des périodiques catholique. Il est agréablement mis en page et bien illustré de photos ou de dessins, mais il a malheureusement bien moins de notoriété que d’autres magazines (sur papier glacé eux) moins complets, moins documentés, moins généralistes, et d’une qualité bien moindre tant d’un point de vue théologique que culturel. “L’Homme Nouveau”, dont la tendance idéologique est celle du pape Benoît XVI à 100% (fidélité à l’Eglise avec une juste pondération de la Tradition et de la modernité) mériterait de se trouver dans bien plus de foyers catholiques à cette heure où les jeunes n’apprennent plus grand chose de solide sur la religion catholique à l’école et manquent de repères culturels éclairés.

 

 

Pour lire la suite, n'hésitez pas à aller sur son blog. Il y a plein de bons billets à découvrir.


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Catégorie : Société
Posté par : Père Daniel-Ange le 22-04-2009

 

Sous ce titre, le père Daniel-Ange, fondateur de Jeunesse-Lumière, répond dans le numéro à paraître de l'Homme Nouveau, aux accusations portées contre Benoît XVI à propos du préservatif et montre qu'une autre voie est possible et déjà suivie avec enthousiasme par des milliers de jeunes à travers le monde.
 

Une nouvelle génération se lève ! Aux U.S.A., la promotion de la chasteté a été largement relayée par stars de cinéma, vedettes, champions sportifs (Magic Johnson), chanteuses populaires (Rebecca S. Jones). Miss America 2003, Erika Harold, dans son discours d’intronisation, vu par tous les Américains. « J’ai été abusée sexuellement, je ne veux plus que ça recommence dans mon peuple. Faites comme moi et mes amis : une promesse de ne pas avoir de relations sexuelles avant le mariage. » Et de parcourir un millier de collèges et lycées pour promouvoir cette démarche. À Washington, 20 000 délégués de tous les États, ont déposé 311 840 engagements à rester « sexuellement purs » avec toutes leurs coordonnées. Cela a été initié par un grand mouvement d’origine évangélique T.L.W. (True Love Waits), en France A.V.A. (Amour vrai attend), regroupant finalement toutes les dénominations chrétiennes. Des quantités de groupes se sont mis en place, comme des mannequins haute couture, pour faire cette même promotion. « The only save-sex, is no sex », « user du condom c’est jouer avec la mort » (1).
Au Cameroun, en Côte-d’Ivoire (2), au Rwanda, je suis des groupes de jeunes, qui militent courageusement dans le même sens. À Bujumbura, 3 500 jeunes-Jeunesse-Lumière ont parmi leurs différents engagements (renouvelés tous les quatre mois) d’attendre le mariage pour leurs premiers rapports sexuels, de ne jamais céder aux pressions pour des « services sexuels » de la part de leurs professeurs ou employeurs, (fréquent là-bas), et de préférer rater un examen, être mis à la porte, se retrouver au chômage, parce que refusant cette forme ignoble de corruption. De l’héroïsme à l’état pur.
Une véritable bombe dans ce pays. Ces jeunes sont dignes de leurs 40 camarades du petit séminaire de Buta massacrés parce que refusant de se séparer par ethnies (Burundi, 1997). Ils organisent ce mois d’avril, une grande manifestation de soutien au Pape.
 

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Journal n°1444 du 25-04-2009

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Catégorie : Société
Posté par : le 19-04-2009

Dans son édition du jeudi 16 avril dernier, le quotidien Présent, dans la "Chronique de l'économie réelle", signée Jean Rouvière, a longuement présenté le dernier livre édité par nos éditions, Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, de G.K. Chesterton. Un ouvrage prophétique, selon le chroniqueur. Extraits.

Un militant ou un dirigeant du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) qui ne connaîtrait pas le nom de Chesterton pourrait le prendre pour un des leurs à la lecture du titre de son dernier livre traduit du français : Plaidoyer pour une propriété anticapistaliste.

Mais Chesterton n'était en rien marxiste ou trotskiste, ni même socialiste ou social-démocrate. Il était catholique, préoccupé de justice sociale et, à ce titre, un des hérauts du « distributisme », doctrine qui vise à répandre la propriété privée des moyens de production pour corriger les méfaits du capitalisme. Le distributisme chestertonien prenait à contre-pied la propagande socialiste ou communiste.
Le Plaidoyer de Chesterton est un recueil d'articles paru en 1926. Il n'avait jamais été traduit en français. Le voici enfin disponible, dans une édition enrichie de notes utiles et intéressantes dues à Philippe Maxence et au traducteur, Gérard Joulié.
Chesterton reste un écrivain et répugne à la théorie. On retrouve dans ce livre son style si particulier, imagé, ses digressions, sa manie de se mettre sans cesse en scène. Mais on retrouve aussi, comme le dit Philippe Maxence, « ce fameux sens commun qu'il aura défendu tout au long de son existence».

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Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste

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Catégorie : Société
Posté par : Philippe MAXENCE le 08-04-2009

Par principe, je ne suis pas très porté sur le genre de la « lettre ouverte ». J’en ai tant lu qui s’adressent à tous, sauf réellement à leurs destinataires, que je suis devenu un peu méfiant. Cet état d’esprit a été renforcé par le fait que notre pays, et singulièrement le petit monde médiatique, ignore généralement le débat, surtout avec ceux qui n’ont pas l’heur d’appartenir aux grands groupes en place. Le « Small is Beautiful » de E.F. Schumacher n’est pas une référence très pratiquée dans notre société libérale.
Mais si aujourd’hui je dépasse ma méfiance instinctive pour vous écrire, c’est que j’ai lu avec intérêt, quoique sans surprise, l’appel de Marianne (n° 622 du 21 au 27 mars dernier) à soutenir Témoignage chrétien. J’écris sans surprise, non par sous-entendu moqueur, mais parce que j’ai remarqué par le passé que vous aviez, à plusieurs reprises, lancé des appels similaires pour soutenir des titres, même quand ceux-ci ne vous ménageaient pas leurs critiques. L’argument habituel utilisé dans vos colonnes est celui de la défense du « pluralisme et de l’indépendance de la presse », dans un monde qui, malheureusement, a pris l’habitude de marcher au pas.
Concernant Témoignage chrétien, votre collaboratrice, Perrine Cherchève, s’appuie sur le même argument, ce qui prouve une constance dans vos choix. Elle en ajoute d’autres, bien sûr, tels que le souvenir du passé résistant des fondateurs de Témoignage chrétien ou celui des divers combats menés par cet organe de presse (« l’indépendance de l’Indochine et de l’Algérie, la création d’un État palestinien, le droit à l’avortement, le mariage de prêtres, etc. »). Elle relaie surtout l’urgent besoin d’argent de Témoignage chrétien qui, écrit-elle « n’a plus que 8 000 abonnés » et « ne doit pas disparaître. Surtout au moment où les positions du Vatican (…) ébranlent la conviction des croyants ».
Permettez-moi, Monsieur le Directeur, après ce rappel un peu fastidieux d’une réalité que vous connaissez bien, d’en venir à l’objet de cette lettre. Il s’agit d’une demande, d’une simple demande. Au nom du pluralisme et de l’indépendance de la presse ! Pourriez-vous lancer un appel similaire en faveur du journal dont je suis le rédacteur en chef, L’Homme Nouveau.
Puisque certainement vous ne connaissez pas ce titre, permettez-moi de nous présenter. Notre situation est certes moins critique que celle de Témoignage chrétien. Nous avons un peu plus d’abonnés, mais pas dans une marge suffisante pour nous permettre d’être à la hauteur, par exemple, de Marianne.
Fondé en 1946, L’Homme Nouveau est né de la volonté d’un prêtre, le père Fillère, qui fut pourchassé par la Gestapo pendant l’Occupation allemande. Son crime ? Avoir dénoncé avant-guerre le totalitarisme brun. Après le second conflit mondial, il n’a pas cru devoir tomber dans les bras d’un autre totalitarisme, rouge celui-là. Cela explique peut-être le fait que ce nom n’évoque rien pour vous.
À partir de 1962, et jusqu’en 1998, L’Homme Nouveau a été dirigé par Marcel Clément. Réfractaire du S.T.O., dans la clandestinité dès 1942, Marcel Clément appartenait à une équipe chargée d’établir le coût de l’Occupation allemande en France. C’est à ce titre qu’il a présenté au Gouvernement provisoire un rapport sur cette question en 1944. À la demande du gouvernement français il fut également, par la suite, chargé d’établir l’état des dommages commis par le Japon envers la France. Ces quelques rappels historiques pour vous montrer que nos origines ne diffèrent guère de celles de Témoignage chrétien et que notre ancienneté est à peine moindre.
Pourtant, des différences, il y en a, et je suis persuadé que vous ne pouvez n’y être que sensible, au nom justement de la défense du pluralisme de la presse. L’une de ces différences tient au fait que L’Homme Nouveau appartient uniquement à ses collaborateurs et à ses lecteurs (1). Contrairement à Témoignage chrétien, nous n’avons jamais reçu l’aide de capitaux extérieurs. Ainsi, nous n’avons pas bénéficié de l’apport de capital d’un Jacques Maillot, ancien P.-D.G. de Nouvelles Frontières, ou de grands groupes comme Bayard, Le Monde diplomatique et Le Monde. Pas plus que de quelque hypothétique caisse noire du Vatican.
 

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Catégorie : Religion
Posté par : Daniel Hamiche le 07-04-2009

Fin février, la presse brésilienne annonçait une nouvelle bouleversante : une fillette de la ville d’Alagoinha, dans le diocèse de Pesqueira (État de Pernambouc), âgée de 9 ans, était enceinte de quatre mois et portait deux jumeaux de sexe masculin. Nouvelle sensationnelle mais non exceptionnelle : deux ans plus tôt, dans la forêt amazonienne, une enfant du même âge avait donné naissance à une petite fille, par césarienne, et chaque année des dizaines de milliers de fillettes (1), entre 10 et 14 ans, accouchent.

 

Ce qui était vraiment sensationnel, pour ces médias, c’est que cette enfant était enceinte du compagnon de sa mère, séparée de son époux, compagnon qui la violait régulièrement depuis l’âge de 6 ans en même temps qu’il abusait aussi de sa sœur aînée handicapée. Les abus sexuels sur des jeunes mineures (2) et le nombre considérable de naissances hors mariage qui s’ensuivent avaient amené Benoît XVI, lors de son voyage apostolique au Brésil en mai 2007, à dénoncer vigoureusement ces mauvais fruits de la tolérance sexuelle brésilienne.

 

Ce sordide et tragique fait de société survient dans un contexte de conflit entre l’État brésilien et l’Église catholique. Le gouvernement socialiste du président Lulla da Silva veut étendre le champ d’application de l’avortement légal, encore limité aux cas de viol ou de malformation du fœtus. Des limites qui n’empêchent pas un million d’avortements par an : une grossesse sur trois se termine par un avortement, ce qui explique que le taux de fécondité ait chuté de 63 % en 48 ans (3). Cette extension de l’avortement légal n’est guère populaire chez les Brésiliens puisque 68 % y sont opposés. De son côté, et au nom de l’Évangile de la vie, la meilleure part de l’Église catholique, malgré son déclin (4), se bat de toutes ses forces pour la défense de la vie, mais une partie de l’épiscopat, encore très nettement ancrée à gauche, demeure très en retrait de ce combat…

 

Quand la situation est connue, le 27 février, la municipalité d’Alagoinha et le père Edson Rodrigues, curé de la paroisse, se mobilisent pour la fillette qui est immédiatement confiée à l’Institut pour l’Enfance et la Maternité de Cuaruaru (Pernambouc), l’I.M.I.P., où des examens médicaux et psychologiques révèlent qu’elle et ses deux jumeaux se portent bien, bilan confirmé par l’I.M.I.P. de Recife où la fillette est transférée le lendemain. L’avortement n’est non seulement pas à l’ordre du jour, mais tout le monde s’y refuse : la mère et le père biologique de la fillette, la municipalité d’Alagoinha, le diocèse de Peisqueira et le curé Rodrigues, et l’archidiocèse d’Olinda et Recife dont l’ordinaire, Mgr José Cardoso Sorbrinho va s’efforcer de tout mettre en œuvre pour empêcher un avortement programmé par les officines de la culture de mort. Tous ces efforts vont se révéler vains. Alors que, le 3 mars, l’archevêque préparait avec un groupe d’avocats, de juristes, de médecins et de psychologues une action judiciaire, la nouvelle tombait : la fillette, déjà placée en “isolement” à l’I.M.I.P. de Recife, était transférée à l’hôpital du Centre intégral de santé Amaury de Medeiros spécialisé dans les grossesses à risques (C.I.S.A.M.), sa maman ayant été persuadée par les pressions de militantes féministes, que la vie de sa fille était en danger et que l’avortement devait s’opérer immédiatement. L’avortement fut perpétré au C.I.S.A.M. le lendemain.

 

Interrogé la veille par la presse sur la position de l’Église quant à cet avortement, Mgr Cardoso Sobrinho s’était contenté de rappeler ce que dit la loi de l’Église : « Qui procure un avortement, si l’effet s’en suit, encourt l’excommunication latæ sententiæ », c’est-à-dire automatique. Pour la presse progressiste brésilienne, reprise par les médias internationaux, l’archevêque avait excommunié la mère, les médecins avorteurs et, pour faire bonne mesure, la fillette elle-même… Or, l’archevêque n’avait excommunié personne, comme il le précisera de nouveau dans un entretien à l’hebdomadaire Vieja le 18 mars : « J’ai simplement mentionné ce qui est écrit dans la loi de l’Église. » Plusieurs évêques français (5), poussés par on ne sait trop quelle nécessité, ont cru devoir exprimer leurs « réflexions » – sans même s’être informés auprès de leur frère dans le collège épiscopal –, lesquelles se sont, en fait, résumées en un lynchage de l’archevêque Sobrinho. De telles « réflexions », infondées, téméraires, injustes et scandaleuses n’honorent pas

 

ceux qui les ont proférées. Heureusement, d’autres évêques français ont eu une attitude plus conforme à la vérité et à la charité (6).

 

Mais le coup le plus cruel et le plus imprévisible contre Mgr Sobrinho allait venir de Rome ! Alors que le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation des évêques, déclarait à La Stampa le 7 mars, que l’archevêque brésilien n’avait rien à se reprocher, sentiment partagé par la Conférence épiscopale du Brésil le 12, L’Osservatore Romano, dans son édition datée du dimanche 15 mars, publiait à la Une une « note » de Mgr Rino Fisichella aussi violemment hostile à Mgr Sobrinho qu’elle était fort peu documentée.

 

Une telle charge du président de l’Académie pontificale pour la vie, dans « le journal du Pape », laissait croire qu’il s’agissait là de la position officielle du Saint-Siège (la « note » ne pouvant, en tout état de cause, avoir été publiée sans le feu vert de la Secrétairerie d’État). Or, l’on sait aujourd’hui qu’il n’en est rien : Mgr Fisichella laisse désormais entendre qu’il a été trompé par ceux qui lui ont demandé ce texte et fourni des informations orientées, et, sans citer personne, il désigne implicitement les bureaux du substitut pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’État.

 

Cette tragédie brésilienne aura révélé de nombreux clivages à l’intérieur de l’épiscopat brésilien et français, au sein de la Curie romaine, et la guerre sans merci que mène la « culture de mort » contre l’Évangile de la vie. Mais des deux petites innocentes victimes de ce grand affrontement, qui s’en souvient encore ?

 

1. 192 445 entre 2000 et 2006.

 

2. Pour le seul État de Pernambouc, 270 cas ont été portés à la connaissance du Secrétariat à la Santé de cet État en 2008.

 

3. Il était de 6,15 ‰ en 1960. Il est tombé à 2,23 ‰ en 2008, un taux qui ne permet plus le renouvellement des générations.

 

4. Les catholiques ne représenteraient plus aujourd’hui que 73,8 % des 190 millions de Brésiliens, en raison de l’offensive des évangéliques et des sectes.

 

5. Notamment NN.SS. Daucourt (Nanterre), Di Falco Léandri (Gap et Embrun), Grallet (Strasbourg), Turini (Cahors), Patenôtre (Mission de France), Deniau (Nièvre), etc.

 

6. Voir les propos de Mgr Rey dans L’Homme Nouveau n° 1442 (28 mars).

 


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Catégorie : Sommaire
Posté par : le 07-04-2009

Au sommaire du numéro 1443 daté du 11 avril 2009 :

 

Evènement

Lettre ouverte de Philippe Maxence au directeur de Marianne 

Dossier   
Lagrasse : Des bâtisseurs pour Dieu

Enquête

L'excommunication de Recife   

Actualités   
Diplomatie vaticane: La grande mission du Vatican

Le discours des fausses évidences de Mgr Vingt-Trois à Lourdes.   
Le Président Sarkozy au Congo

Culture   
Le cri de colère de Jacques Heers en faveur des professeurs.  

Entretien avec Allan Carlson : Un nouveau chemin pour la famille

La correspondance Journet-Maritain : deux témoins engagés


Figure spirituelle   
Saint Michel Garicoïts : l'apôtre infatigable du Sacré-Cœur


Magistère   
En Afrique, le Pape a rappelé la richesse de ce continent.  

Tribune libre
Lila Rose, une jeune espionne pour la vie. 
 


Disponible dans notre boutique :
Journal n°1443 du 11-04-2009

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Catégorie : Religion
Posté par : le 06-04-2009

Votre Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent l'Afrique, il y a également en particulier celui de la diffusion du sida. La position de l'Église catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n'étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ?

« Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte conte le sida est précisément l'Église catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. Je pense à la Communauté de Sant'Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, aux camilliens, et tant d’autres, à toutes les sœurs qui sont au service des malades. Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec de l’argent, pourtant nécessaire. Si on n'y met pas l'âme, si les Africains n'aident pas [en engageant leur responsabilité personnelle], on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, ils augmentent le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un envers l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l'homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l'égard de son propre corps et de celui de l'autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d'épreuve. Il me semble que c'est la juste réponse, et c'est ce que fait l'Église, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui le font. »


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Catégorie : Religion
Posté par : le 19-03-2009

Le texte que nous publions ci-dessous est la traduction intégrale  (depuis la version en langue anglaise postée hier sur le blogue Rorate Cæli) de la mise au point par l’archidiocèse d’Olinda et Recife sur « l’affaire » de « l’excommunication brésilienne » qui a défrayé la chronique ces derniers jours. Il s’agit d’une affaire à la fois sordide et tragique : les viols répétés d’une fillette de 9 ans par le “compagnon” de sa mère, qui ont abouti à ce qu’elle soit enceinte de jumeaux lesquels ont été avortés brutalement alors qu’ils étaient au quatrième mois de gestation. Les commentaires précipités et téméraires d’un archevêque, d’évêques (notamment français), de prêtres, de médias et de simples particuliers sur cette abomination et contre l’archevêque d’Olinda et Recife montrent à eux seuls l'importance de ce texte.

 

 

 

Déclaration
de l’archidiocèse d’Olinda et Recife

[16 mars 2009]

Relativement à l’article intitulé « Dalla parte delle bambina brasiliana » [1] et publié dans L’Osservatore Romano du 15 mars [2009], les soussignés déclarent :

1. Les faits [les viols répétés de la petite fille] ne se sont pas déroulés à Recife, comme l’écrit l’article, mais dans la ville d’Alagoinha (diocèse de Pesqueira).

2. Tous – à commencer par le curé de la paroisse de Alagoinha (soussignataire) –, nous avons traité la fillette enceinte et sa famille en toute charité et avec la dernière tendresse. Le curé de la paroisse, usant de sa sollicitude pastorale, dès qu’il fut au courant des événements survenus sur son territoire paroissial, se rendit immédiatement au domicile de la famille, où il rencontra la petite fille et lui assura soutien et présence, face à la situation grave et difficile dans laquelle la petite fille se trouvait. Et cette attitude se poursuivit chaque jour d’Alagoinha jusqu’à Recife où le triste événement de l’avortement des deux innocents [bébés] eut lieu. Par conséquent, il est tout à fait évident et explicite que personne n’a d’abord songé à une “excommunication”. Nous avons utilisé tous les moyens à notre disposition pour éviter l’avortement afin de sauver les trois existences [la petite fille et ses deux jumeaux]. Le curé de la paroisse s’est personnellement associé aux efforts du Conseil des Enfants local dans tous ses efforts en vue du bien être de la fillette et de ses deux enfants. À l’hôpital, lors de ses visites quotidiennes, il a manifesté une attitude faite d’attention et de sollicitude, qui a clairement manifesté à l’enfant et à sa mère qu’elles n’étaient pas seules mais que l’Église, représentée par le curé de la paroisse locale, leur garantissait toute l’aide nécessaire et l’assurance que tout serait fait pour le bien être de la fillette et pour sauver ses deux enfants.

3. Sitôt la fillette transférée  dans un hôpital de Recife, nous avons tenté d’utiliser tous les moyens légaux pour éviter l’avortement. L’Église n’a à aucun moment failli dans cet hôpital. Le curé de la paroisse de l’enfant l’a visitée chaque jour à l’hôpital, venant d’une ville située à 230 km de Recife, faisant tous les efforts possibles pour que l’enfant et sa mère ressentent la présence de Jésus, le Bon Pasteur qui part à la recherche de l’agneau qui a le plus besoin d’attention. Par conséquent, l’affaire a été traitée avec tout le soin nécessaire par l’Église et non de manière « sbrigativamente » [sommaire] comme le dit l’article.

4. Nous ne sommes pas d’accord [avec l’archevêque Fisichella quand il évoque] « la décision difficile (…) pour la loi morale elle-même ». La Sainte Église ne cesse de proclamer que la loi morale est excessivement claire : il n’est jamais licite d’éliminer la vie d’une personne innocente pour sauver une autre vie. Voici les faits objectifs : il y a des médecins qui déclarent explicitement qu’ils pratiquent l’avortement et qu’ils continueront à le pratiquer, tandis que d’autres déclarent avec une fermeté identique qu’ils ne pratiqueront jamais l’avortement. Voici la déclaration écrite et signée d’un médecin catholique brésilien : « (…) En qualité d’obstétricien depuis 50 ans, diplôme de l’École nationale de médecine de l’Université du Brésil et ancien directeur du service d’obstétrique de l’hôpital de Andarai [Rio de Janeiro], où j’ai exercé pendant 35 ans jusqu’à ce que je prenne ma retraite pour me consacrer au diaconat, j’ai accouché 4 524 bébés, beaucoup de très jeunes [mères], je n’ai jamais eu besoin de recourir à l’avortement pour “sauver des vies”, de même que tous mes confrères, professionnellement sincères et honnêtes et fidèle à leur serment d’Hippocrate (…) ».

 

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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 09-02-2009

Les derniers événements qui touchent la vie de l'Église représentent une occasion de mettre en cause le Saint-Père soit directement, soit en attaquant ses collaborateurs qui ont travaillé sur le dossier difficile et délicat de la levée des excommunications touchant les évêques de la Fraternité Saint-Pie X. Si nous condamnons la haine de l'autre,  et notamment l'antisémitisme, nous ne pouvons injustement laisser accuser le Pape. C'est pourtant ce à quoi nous assistons aujourd'hui et c'est pourquoi il nous semble urgent de soutenir le pape Benoît XVI, de prier et de faire prier pour lui.

Après avoir attendu, et constatant que les passions ne se calment pas, nous invitons les lecteurs de l'Homme Nouveau à apporter leur soutien en cliquant sur le lien suivant : SOUTIEN À BENOÎT XVI


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Catégorie : Religion
Posté par : le 06-02-2009



Après les réactions suscitées par le récent Décret de la Congrégation pour les Evêques, par lequel on lève l'excommunication aux quatre prélats de la Fraternité Saint-Pie X, et en relation avec les déclarations négationnistes ou réductionnistes sur la Shoah de la part de Monseigneur Williamson de la même fraternité, on considère opportun d'éclaircir certains aspects de l'événement.

1. Levée de l'excommunication

Comme on l'a déjà publié précédemment, le Décret de la Congrégation pour les Evêques, en date du 21 janvier 2009, a été un acte par lequel le Saint-Père allait avec bienveillance au-devant des demandes répétées de la part du Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X.

Sa Sainteté a voulu enlever un empêchement qui compromettait l'ouverture d'une porte pour le dialogue. Il s'attend maintenant à ce qu'une disponibilité semblable soit exprimée par les quatre évêques dans une adhésion totale à la doctrine et à la discipline de l'Eglise.

La très grave peine de l'excommunication latae sententiae, qu'avaient encourue ces évêques le 30 juin 1988, et qui a été déclarée ensuite formellement le 1er juillet de la même année, était une conséquence de leur ordination illégitime par Mgr Marcel Lefebvre.

La levée de l'excommunication a libéré les quatre évêques d'une peine canonique gravissime, mais elle n'a pas changé la situation juridique de la Fraternité Saint-Pie X, qui, au moment présent, ne jouit d'aucune reconnaissance canonique dans l'Eglise catholique. Les quatre évêques, bien que libérés de l'excommunication, n'ont pas de fonction canonique dans l'Eglise et n'exercent pas de ministère licite en son sein.

2. Tradition, doctrine et Concile Vatican II


Pour une reconnaissance future de la Fraternité Saint-Pie X, la pleine reconnaissance du Concile Vatican II et du magistère des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et de Benoît XVI lui-même, est une condition indispensable.

Comme il a déjà été affirmé dans le décret du 21 janvier 2009, le Saint-Siège ne manquera pas, selon les modes qui seront jugés opportuns, d'approfondir avec les intéressés les questions encore ouvertes, de façon à pouvoir arriver à une solution entière et satisfaisante des problèmes qui ont été à l'origine de cette fracture douloureuse.

3. Déclarations sur la Shoah

Les positions de Mgr Williamson sur la Shoah sont absolument inacceptables et elles sont fermement refusées par le Saint-Père, comme il l'a lui même remarqué le 28 janvier lorsque, se référant à ce génocide barbare, il a répété sa pleine et indiscutable solidarité avec nos frères destinataires de la Première Alliance, et qu'il a affirmé que la mémoire de ce terrible génocide doit conduire « l'humanité à réfléchir sur l'imprévisible puissance du mal lorsqu'il conquiert le cœur de l'homme », ajoutant que la Shoah reste « pour tous un avertissement contre l'oubli, contre la négation, ou contre le réductionnisme, parce que la violence perpétrée contre un seul être humain est une violence contre tous ».

Pour être admis à des fonctions épiscopales dans l'Eglise, Mgr Williamson devra aussi prendre ses distances de façon absolument sans équivoque et publiquement par rapport à ses positions sur la Shoah, qui n'étaient pas connues du Saint-Père au moment de la levée de l'excommunication.

Le Saint-Père demande à tous les fidèles de l'accompagner dans la prière afin que le Seigneur éclaire le chemin de l'Eglise. Que grandisse l'engagement des pasteurs et de tous les fidèles pour soutenir la mission délicate et lourde du Successeur de l'apôtre Pierre en tant que « gardien de l'unité » de l'Eglise.

Du Vatican le 4 février 2009


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Catégorie : Religion
Posté par : Denis Sureau le 04-02-2009

Pour l'unité des chrétiens, il faut des "gestes courageux de réconciliation", a déclaré Benoît XVI en clôturant la Semaine pour l'unité des chrétiens. La levée des excommunications des quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre en 1988 est certainement un "geste courageux de réconciliation" inspiré par une volonté résolue de rendre visible l'unité de l'Eglise dans le monde. Le choix de la date de publication de cet acte, signé au milieu de ladite Semaine, n'est évidemment pas fortuit.

 

Nous avons un Pape qui ne craint pas l'opprobre lorsque la charité et la vérité sont en jeu. Cette décision historique ne pouvait pas, dans la situation présente de l'Eglise et du monde, plaire à tous. Ne nous abusons pas: même sans les propos sur les camps de concentration prononcés par Mgr Williamson trois mois plus tôt et exploités ad nauseam par la presse à scandale, l'acte du Saint-Père aurait fait l'objet de violentes réactions de rejet. Et comme assourdis par le vacarme tonitruant des médias, où l 'on entend même des voix de chrétiens se mêler au hurlement des loups, même des fidèles de base peinent parfois à comprendre la signification de l'acte du pape..

 

De quoi s'agit-il ? D'un acte de charité, pour reprendre les propres termes du décret signé le 21 janvier : "Cet acte exprime le désir de consolider les relations réciproques de confiance, d'intensifier et de rendre stables les rapports de la Fraternité Saint-Pie X avec le Siège Apostolique. Ce don de paix, au terme des célébrations de Noël, veut être aussi un signe pour promouvoir l'unité dans la charité de l'Eglise universelle et, par là, enlever le scandale de la division".

 

Sur la reconnaissance de Vatican II, prenons garde de ne pas radicaliser les positions. Au demeurant l'acceptation de Vatican II n'était pas une condition nécessaire à la levée d'excommunication. Dans sa lettre du 15 décembre déjà évoquée, Mgr Fellay écrivait: "nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu'à Vatican II au sujet duquel nous émettons des réserves". Des réserves, non un rejet global. Mgr Lefebvre, qui avait signé tous les textes du dernier concile, expliquait qu'il fallait l'interpréter à la lumière de la Tradition. Jean-Paul II usait des mêmes termes. Benoît XVI, dans son langage de théologien, parle d'une « herméneutique de la réforme, du renouveau dans la continuité ».N'avait-il pas émis très tôt des « réserves » - pour reprendre l'expression de Mgr Fellay - vis-à-vis de certains textes conciliaires: par exemple en affirmant que le concept de « monde » proposé dans Gaudium et spes est resté "à un stade pré-théologique" par son imprécision même, que ce document présentait "maintes insuffisances" et respirait "un optimisme étonnant" ?

 

Vatican II n'est pas le Coran, la parole incréée. Ce n'est pas un bloc de marbre. Certains de ses textes ont vieilli, d'autres ont fait l'objet de précisions ultérieures par le magistère (cf. Dominus Jesus, par exemple), d'autres encore restent à découvrir et à méditer, d'autres enfin sont en attente d'éclaircissements décisifs (liberté religieuse, oecuménisme, dialogue interreligieux...). Tous sont soumis aux normes de l'interprétation théologique qui exigent un discernement fin, distinguant les différents niveaux d'autorité des enseignements avec des modes d'assentiment correspondants.

 

Rome exprime à diverses reprises l'intention de "parvenir rapidement à une pleine et satisfaisante solution du problème" par des entretiens sur "les questions encore ouvertes". Il y a donc des questions encore ouvertes! Les évêques français n'ont manifestement saisi ce point lorsqu'ils écrivent sèchement qu'"en aucun cas, le Concile Vatican II ne sera négociable" (déclaration du Conseil permanent, 28 janvier). Ces dernières années, la pratique romaine vis-à-vis des prêtres traditionalistes demandant leur réintégration n'est point si intransigeante: par exemple il ne fut demandé aux fondateurs de l'Institut du Bon Pasteur, issus de la Fraternité Saint-Pie X, que d'avoir "une attitude positive et de communication avec le Siège apostolique, en évitant toute polémique"  sur les points de Vatican ou les réformes posant problème.

 

Il reste que la situation de la Fraternité Saint-Pie X demeure provisoire, comme en état d'apesanteur canonique. Ses 215 séminaristes sont formés au sein d'une institution canoniquement dissoute en 1970 : le "séminaire sauvage d'Ecône", qui a fait depuis des petits. Ses 491 prêtres, toujours suspens a divinis, n'ont pas le droit de dispenser les sacrements aux fidèles qui fréquentent leurs chapelles et prieurés présents sur les cinq continents. La validité des mariages et confessions demeure dans un flou canonique ouvrant la voie à des pratiques pastorales les plus contradictoires (y compris à l'intérieur du seul diocèse de Paris, où chaque curé a sa ligne de conduite personnelle vis-à-vis des fidèles venant de Saint-Nicolas-du-Chardonnet). Ses évêques n'ont pas de diocèse même in partibus. Si le retour à l'unité ne se concrétise pas prochainement sous la forme d'une régularisation canonique, continueront-ils à confirmer ou à ordonner des prêtres?

 

Voici, très brièvement exposées, les données du problème. Il faut les connaître pour répondre à tous ceux qui s'agitent, pétitionnent ou injurient Benoît XVI. Comment des catholiques adorant un Dieu de miséricorde et de pardon pourraient-ils rejeter l'acte de charité qu'est la levée des excommunications? Comment des chrétiens prônant une théologie de la communion oseraient-ils faire la fine bouche vis-à-vis d'une réconciliation avec d'autres disciples du Christ, imitant le fils aîné de la parabole du Fils prodigue?

 

Faisons confiance au Saint-Père, éteignons nos postes de télévision et suivons ce conseil du cardinal Ricard : "n'oublions pas que le chemin le plus sûr pour marcher vers l'unité de tous les disciples du Christ reste la prière".


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Catégorie : Religion
Posté par : Denis Sureau le 12-12-2008

Après avoir célébré le 150e anniversaire des apparitions de la Sainte Vierge à Lourdes, nous voici invités à un nouveau jubilé, commencé le 8 décembre : les 150 ans de la mort de saint Jean-Marie Vianney, le Curé d’Ars. Divers événements sont proposés par le sanctuaire au fil de l'année liturgique, culminant avec les fêtes du saint Curé, le 4 août prochain. Comme tout jubilé, cette « année de grâce » (Lc 4,18) proposée à tous les chrétiens est un appel à la conversion, à une rencontre plus intime avec le Seigneur. Elle est aussi l’occasion de se réjouir (comme l'indique le verbe « jubiler » en latin) d’être enfant de Dieu et membre du Corps du Christ.

 

Chaque jubilé a sa couleur particulière, sa tonalité propre. Pour percevoir celle d'Ars, il nous faut redécouvrir la fécondité étonnante du ministère de ce curé de campagne. Le Seigneur l'avait choisi pour donner sa vie en abondance dans une paroisse misérable à tous points de vue. Jean-Marie Vianney n'avait ni stratégie pastorale ni équipe d'animation paroissiale mais un amour débordant de Dieu et donc de son prochain. Dans ses sermons profonds et pourtant si simples qu'on gagnerait à relire, il secouait ses ouailles avec vigueur voire rigueur pour leur demander de se convertir et découvrir la miséricorde divine.

 

Depuis 1929, saint Jean-Marie Vianney est le patron de tous les curés de l’univers. Le jubilé d'Ars est aussi une puissante une invitation à prier pour nos prêtres ainsi que pour les vocations sacerdotales. Vous connaissez les chiffres : 20 000 prêtres aujourd'hui, 5000 dans dix ans. Il faudrait 15 000 séminaristes, il y en a 750. On peut ne pas réduire l'Église à des statistiques, mais il y a des chiffres qui hurlent. A son arrivée, la paroisse d'Ars (230 âmes) était sinistrée. Quinze ans plus tard, elle resplendissait avec 100 000 pèlerins par an. Que ce nouveau jubilé aide notre Église à reverdir. 

 


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Catégorie : Religion
Posté par : Denis Sureau le 05-12-2008

Nos collaborateurs et lecteurs sont particulièrement attachés à la fête de l'Immaculée Conception. Pour une raison historique: le 8 décembre est aussi l'anniversaire de L'Homme Nouveau (62 ans cette année) et nous serons ce jour là tous unis dans une même communion de prière. Et pour une raison spirituelle, évidemment beaucoup plus importante : « L'Immaculée Conception est tout aussi nécessaire que la naissance de Jésus-Christ. »

Cette phrase qui peut étonner est extraite d'un beau livre du Père Théodossios (1909-1989) qui vient de paraître : Sur les pas de l'Agneau (1). Le fondateur de la Fraternité de la Très Sainte Vierge Marie expliquait ainsi sa puissante affirmation : « La fête de ce jour n'a pas été instituée uniquement pour honorer la très sainte Vierge en tant que femme, être extraordinaire, ni par simple délicatesse ou élévation sentimentale, mais pour mettre en évidence et glorifier l'économie et la loi du Salut, la création dans l'univers d'une matrice éternelle sans tache. »

Depuis la chute des origines nous étions confrontés à la mort et pourtant travaillés par désir d'éternité et de bonheur sans fin. Dieu le Fils s'incarne pour nous ramener à la première innocence. Pour cela, il choisit une créature sans péché sortie de la race du péché. Car, disait encore le Père Théodossios, « pour que l'homme puisse revenir à son innocence initiale, il fallait une intervention supérieure ». L'Immaculée Conception a donné une source nouvelle à l'humanité. Elle est « la renaissance, la sanctification de la génération de l'homme », le moyen mystérieux du « retour à l'origine sainte et immaculée de la création ». Par Marie, nous pouvons retrouver le chemin qui mène à cette innocence que nous désirons même sans en avoir conscience. Bonne fête!

 

(1) F.-X. De Guibert, 2008, 176 p., 18 € Présentation du cardinal A. Bagnasco, président de la Conférence épiscopale italienne.


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Catégorie : Société
Posté par : La Rédaction le 21-11-2008

A l'initiative de Marc LE FUR, Vice-président de l’Assemblée nationale, Député des Côtes d’Armor, 55 députés ont igné cet appel pour défendre le dimanche. Nous appelons les internautes à demander aux députés ne figurant pas dans cette liste de s'y joindre sans tarder.

 

Organiser des vacances familiales en fonction des congés des conjoints est déjà compliqué. Sera-t-il aussi compliqué d’organiser ses week-ends demain s’il faut travailler le dimanche ? Ceux qui demandent l’ouverture des commerces le dimanche ont-ils conscience de toutes les conséquences de leur revendication ?

Trois questions doivent être posées à ce sujet.

 

Quel intérêt économique ?

On dit qu’ « ouvrir les magasins le dimanche, c’est créer 30 000 emplois. A cela plusieurs études, dont celle du Conseil économique et social, répondent que l’acte d’achat ne serait que transféré de la semaine au dimanche. Les sites qui ouvrent le dimanche perdent ainsi 30% de leur activité du samedi. Les 30 000 emplois créés ne seraient que transférés de la semaine au week-end. D’autres études montrent qu’à consommation égale, un emploi du dimanche supprimera trois emplois de la semaine. La menace portera également sur ceux qui travaillent déjà le dimanche, notamment les multiples petits commerces de proximité dans nos centre-villes ou dans nos centre-bourgs en milieu rural.

 

La logique économique veut qu’on n’effectue pas d’achats supplémentaires sans pouvoir d’achat en hausse. La hausse du pouvoir d’achat ne se décrète pas par l’ouverture des magasins le dimanche. A l’instar des heures de temps libre dégagées par les 35 heures, l’ouverture des magasins le dimanche risquerait plutôt de créer des frustrations et du surendettement.

 

Quel impact sur notre société ?

«  Ouvrir les magasins le dimanche, c’est donner une liberté supplémentaire aux individus, un jour de consommation en plus par semaine ! ». Et voilà comment on passe du dimanche chômé, acquis social obtenu de haute lutte au 19ème siècle, au dimanche chômé, menace pour la liberté individuelle des consommateurs. « Si nos concitoyens ont envie d’acheter le dimanche, qu’ils achètent ! Ouvrez tous les jours, le marché reconnaîtra les siens » L’argument est cocasse car, le travail le dimanche, c’est bien quand cela concerne les autres, mais moins bien quand cela nous touche personnellement.Or, ouvrir les magasins le dimanche ne touchera pas que les commerçants. Il faudra trouver des modes de garde pour les enfants. Qu’en sera-t-il des services bancaires indispensables à l’activité commerciale ? Faudra-t-il livrer les magasins le dimanche ? Le travail le dimanche ne se fera que sur volontariat nous dit-on. Comment peut-on y croire ? Chacun sent très bien que l’ouverture des commerces le dimanche est le cheval de Troie pour une ouverture générale de l’activité professionnelle. Qu’en sera-t-il alors de toutes les activités dominicales, non seulement les cultes, mais également les activités sportives, associatives, familiales… ? N’est-il pas préférable de ne pas consommer dans les commerces un jour sur sept et de conserver ces moments de fraternité qui donnent à la vie beaucoup de sens ? Le travail le dimanche, c’est une menace pour les familles. C’est leur retirer un des rares moments de la semaine où elles peuvent se retrouver pour partager des moments indispensables qui participent à la construction de chacun. Pourquoi leur retirer ce refuge essentiel ?

Quel sens donner à une telle revendication ?

C’est en effet là qu’est la vraie question. L’homme contemporain est-il uniquement un « individu consommateur » ou est-il encore l’animal social que définissait Aristote ? S’il n’est que consommateur, ouvrons les magasins le dimanche et laissons le satisfaire son instinct. Si l’homme se construit par les relations qu’il tisse avec les autres, posons-nous la question de maintenir chômé un jour dans la semaine durant lequel les relations que nous avons les uns avec les autres peuvent être facilitées et gratuites.

La réglementation est souvent trop lourde et faite de tracasseries inutiles quand il faut organiser des manifestations sportives, amicales, associatives et religieuses où les gens se rencontrent et partagent un peu de leur temps. Elle est en revanche nécessaire pour préserver des moments gratuits, sans transaction, des moments de partage en famille ou entre amis.

« Les Français qui le veulent pourront ne pas consommer le dimanche. Il n’y a aucune obligation mais une nouvelle offre proposée» affirment enfin les partisans de l’ouverture. Peut-être. Il est cependant probable que ce moment privilégié de partage et de relations personnels sera sévèrement frappé par la concurrence d’une possibilité de consommer qui n’aura plus de limite.

Aujourd’hui, les Français ont encore plus besoin de solidarité qu’hier. Or, la première et la plus vraie des solidarités, la plus efficace, la plus riche en relations et en affection, est certainement la famille. Sachons protéger cette valeur essentielle et ne pas la fragiliser une nouvelle fois.

 

Jean-Paul ANCIAUX, Député de Saöne et Loire - Thierry BENOIT, Député d’Ille et Vilaine –Véronique BESSE, Députée de la Vendée - Jean-Claude BOUCHET, Député du Vaucluse - Françoise BRANGET, Députée du Doubs – Xavier BRETON, Député de l’Ain - Yves BUR, Député du Bas-Rhin – Jean-François CHOSSY, Député de la Loire – Dino CINERI, Député de la Loire- Jean-Yves COUSIN, Député du Calvados – Jean-Louis CHRIST,Député du Haut-Rhin - Marie-Christine DALLOZ, Députée du Jura – Laure DE LA RAUDIERE, Députée de l’Eure et Loire- Lucien DEGAUCHY, Député de l’Oise – Jean DIONIS DU SEJOUR – Yannick FAVENNEC, Député de la Mayenne - André FLAJOLET, Député du Pas de Calais - Jean-Pierre GARRIGUE, Député de la Dordogne - Philippe GOSSELIN, Député de la Manche– Michel GRALL, Député du Morbihan – Jean-Pierre GRAND, Député de Député de l’Hérault - Arlette GROSSKOST, Députée du Haut-Rhin Antoine HERTH, Député du Bas-Rhin – Guénhaël HUET, Député de la Manche - Michel HUNAULT, Député de Loire-Atlantique - Fabienne LABRETTE-MENAGER, Députée de la Sarthe – Marguerite LAMOUR, Député du Finistère – Jacques LE GUEN, Député du Finistère - Céleste LETT, Député de la Moselle– Jacques LE NAY, Député du Morbihan - Lionnel LUCA, Député des Alpes Maritimes - Franck MARLIN, Député du Loiret - Jean-Philippe MAURER, Député du Bas-Rhin – Christian MENARD, Député du Finistère – Damien MESLOT, Député du Territoire de Belfort - Philippe MEUNIER, Député du Rhône – Jean-Marie MORISSET, Député des Deux-Sèvres – Jean-Marc NESME, Député de Saône et Loire - Etienne PINTE, Député des Yvelines – Jean-Frédéric POISSON, Député des Yvelines - Jean-Luc REITZER, Député du Haut-Rhin - Jacques REMILLER, Député de l’Isère – Bernard REYNES, Député des Bouches du Rhône Michel SORDI, Député, Député du Haut-Rhin - Dominique SOUCHET, Député de la Vendée- Alain SUGUENOT, Député de la Côte d’Or – Eric STRAUMANN, Député du Haut-Rhin – Michel TERROT, Député du Rhône – Jean UBERSCHLAG, Député du Hault Rhin – Christian VANNESTE, Député du Nord – Patrice VERCHERE, Député du Rhône – Michel VOISIN, Député de l’Ain - Marie-Jo ZIMMERMANN, Députée de la Moselle.

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Catégorie : Société
Posté par : Philippe Maxence le 13-11-2008

Mercredi, on apprenait que la Cour de cassation avait blanchi  le député UMP du Nord Christian Vanneste et annulé sa condamnation pour injure envers la communauté homosexuelle, estimant qu’il n’avait pas dépassé les limites de la liberté d’expression.


Il n’empêche ! Le Point place cette semaine Christian Vanneste parmi les personnalités « en panne » dans sa colonne de distribution de points (vous savez, ces colonnes stupides présentes dans nos hebdomadaires qui reniflent seulement l’air du temps).

Normal, direz-vous. Paraissant le 13 novembre, Le Point, au regard des délais de bouclage, ne pouvait pas être au courant d’un jugement rendu le 12 novembre.

C’est vrai ! Sauf que s’il ne s’agissait pas seulement de condamner les « mal-pensants », les journalistes du Point auraient attendu le verdict du jugement du 12. Histoire d’annoncer la vérité et de placer Christian Vanneste dans la bonne colonne.

Le Point le fera peut-être la semaine prochaine. On prend les paris ?
 


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Catégorie : Société
Posté par : Philippe Maxence le 12-11-2008

Les éditions du Cerf viennent de publier un nouveau livre dans la collection L'Histoire à vif. Il s'agit du texte de Gracchus Babeuf sur la vie et les crimes de Carrier, l'auteur des noyades de Nantes. Babeuf, l'un des père du communisme, portait, dans Du système de la dépopulationtoute son attention sur la politique exterminatrice menée en France par les Conventionnels et Robespierre entre 1793 et 1794. Cette politique devait conduire à l'anéantissement des Vendéens.
Le texte de Babeuf est réédité aujourd'hui. Mais plus que ce texte historique en lui-même, ce livre est intéressant par les commentaires qui l'accompagnent. La Préface de Stéphane Courtois, qui a dirigé Le Livre noir du communisme, montre la filiation génocidaire, de Babeuf à Lemkin (à l'origine du concept de « génocide » utilisé lors du procès de Nuremberg). Jean-Noël Brégeon apporte des précisions historiques sur Babeuf.

L'historien, et également collaborateur de L'Homme Nouveau, Reynald Secher, de son côté, reprend à l'aide de nombreux documents inédits l'histoire des événements de Vendée et s'attache à définir un quatrième crime de génocide, non évoqué par Nuremberg : le mémoricide. Qui penserait pourtant à nier les génocides qui ont existé ? Et, pourtant, il semble que cela soit bien le cas. Surtout, Reynald Secher révèle que la législation « populicide » ou génocidaire française mise en place au moment de la Révolution n'a jamais été abolie. Elle pourrait renaître à tout moment de ses cendres si l'on ne prend pas garde de l'abolir officiellement et définitivement.
Nous ne le savions pas ; mais nous vivions encore sous des lois qui permettent l'extermination. Un livre à découvrir d'urgence.

La guerre de la Vendée et le système de dépopulation, Gracchus Babeud, Le Cerf, 238 pages, 24 €


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Catégorie : Société
Posté par : La rédaction le 06-11-2008

Ce blog animé par l'équipe de L'homme Nouveau a pour but d'organiser autour d'un livre-événement qui, après avoir bouleversé des millions d'Américains, est désormais traduit et publié en France : L'Affaire Jane Roe, de Norma McCorvey.

Pour le découvrir, un simple clic ICI.

 


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Catégorie : Société
Posté par : Daniel Hamiche le 04-11-2008

 

Comme nous l’avons annoncé dans notre dossier « L’Affaire Jane Roe : de la manipulation à la conversion » (L’Homme Nouveau, n° 1432 daté du 8 novembre), nous publions ci-dessous la traduction intégrale du document publié en 2005 par le secrétariat du département des Activités pro-vie de la Conférence des évêques américains (United States Conference of Catholic Bishops). Un document “d’étape” sur cette Affaire Jane Roe dont les Éditions de L’Homme Nouveau viennent de publier le poignant récit par sa protagoniste la plus célèbre : Norma McCorvey alias Jane Roe…

*

Roe contre Wade
Questions fréquentes et réponses de l’épiscopat américain

1. Qu’est-ce que « Roe contre Wade » ?

C’est l’arrêt de la Cour suprême de 1973 rendant légal l’avortement sur l’ensemble du territoire américain. Une femme qui prétendait être enceinte à la suite d’un viol et souhaitait être avortée (« Jane Roe » dans les textes de la Cour) intenta une action judiciaire contre un procureur de l’État du Texas (Henry Wade) pour lui interdire de faire appliquer une loi de l’État du Texas prohibant l’avortement sauf dans le cas où la vie de la mère serait mise en danger. Le 22 janvier 1973, la Cour trancha sur cette affaire et sur une autre similaire (Doe contre Bolton) dans laquelle une femme à qui la commission d’évaluation d’un hôpital avait refusé un avortement (« Mary Doe » dans les textes de la Cour) contestait la loi de l’État de Géorgie. La Cour abolit la législation de ces deux États, ce qui eut pour effet d’abolir aussi les lois équivalentes de tous les autres États. Jane Roe (dont le vrai nom est Norma McCorvey) reconnut plus tard avoir menti quant au viol. Horrifiées par les conséquences de cette décision, Norma McCorvey et Mary Doe (dont le vrai nom est Sandra Cano) font désormais partie de ceux qui incitent au renversement de l’arrêt.

2. De quoi dispose Roe contre Wade ?

L’arrêt dit que le droit à la vie privé (qui ne figure pas dans le texte de la Constitution) « est suffisamment large pour englober la décision d’une femme de mener ou non à terme une grossesse ». Les juges statuèrent qu’un État ne pouvait fixer aucune limite à l’avortement pendant les trois premiers mois de la grossesse (le premier trimestre). Que l’État ne pouvait édicter des directives pour les trois mois suivants (le deuxième trimestre) qu’à seule fin de protéger la santé de la mère pendant cette période. Dès la « viabilité » – quand un enfant à naître pourrait survivre hors du sein maternel, moment que la Cour situe après 24 ou 28 semaines de gestation –, l’État pourrait prohiber l’avortement à moins qu’il soit estimé nécessaire pour protéger « la vie ou la santé » de la mère.

3. Ainsi, Roe contre Wade autorise donc les États à prohiber l’avortement à partir de la viabilité ?

Eh bien ! non. Dans l’affaire parallèle, Doe contre Bolton, dont la Cour a précisé qu’elle devait être interprété conjointement à Roe contre Wade, la « santé » a été définie, dans le contexte d’un avortement, comme incluant « tous les facteurs – physique, émotionnel, psychologique, familial et âge de la femme – contribuant au bien être de la patiente ». Avec une telle définition, l’avortement doit être permis pendant les neuf mois de la grossesse si l’avorteur affirme que c’est nécessaire au bien être émotionnel d’une femme. Ainsi, toutes les limites significatives à un avortement dans le cours des neuf mois d’une grossesse furent abandonnées.

4. La Cour a-t-elle précisé que la vie ne commençait pas avant la naissance ?

Non. Elle soutient que les utilisations du terme « personne » dans la Constitution, ne semblent pas inclure les enfants à naître. Puis, signalant la vaste controverse sur la question de savoir quand la vie commence, la Cour déclare qu’elle « n’a pas à résoudre » cette question délicate. Au lieu de faire siennes les preuves scientifiques évidentes que la vie commence à la conception, ou simplement de permettre aux législateurs de protéger ceux dont il n’a jamais été démontré qu’ils étaient autre chose que des êtres humains, la Cour décida de considérer les enfants à naître comme « vie potentielle », et elle interdit aux citoyens ou à leurs représentants élus d’en disposer autrement.

5. La Cour ne poursuivait-elle pas simplement une tendance à la « libéralisation » de l’avortement, amorcée par les citoyens et leurs représentants élus ?

Non. Dans les années qui ont précédé Roe contre Wade, des propositions destinées à atténuer les lois contre l’avortement furent discutées dans la plupart des États mais ne furent généralement pas votées. Quelques États ajoutèrent en effet des exceptions limitées à leur dispositif législatif, de rares autres légalisèrent l’avortement pour différentes raisons mais généralement pas au-delà de la vingtième semaine de gestation. Mais alors, la tendance se renversa. Le législateur de l’État de New York vota la restauration de la protection légale de l’enfant à naître (une démarche qui fut bloquée par le veto du gouverneur). Puis en 1972, les citoyens du Michigan et du Dakota du Nord votèrent à une écrasante majorité contre des propositions d’abandonner leurs lois sur l’avortement. Après avoir étudié l’opposition de l’opinion publique à la légalisation de l’avortement, la démographe Judith Blake en conclut que seule une décision de la Cour suprême démantelant les lois des États, pourrait constituer « le seul moyen d’un changement rapide » ? Roe contre Wade imposa une politique nationale bien plus radicale que la loi de n’importe quel État, et il interrompit le processus démocratique que le peuple américain avait entamé pour aborder les positions conflictuelles du débat sur l’avortement.

6. Au cours des trois décennies écoulées, les gens en sont-ils venus à accepter la politique de Roe contre Wade ?

Non. L’opposition publique à la légalisation de l’avortement demeure forte. Une grande majorité d’Américains est opposée à cette politique d’avortement illimité mis en place par Roe contre Wade, et la plupart d’entre eux estiment qu’il ne devrait pas être légal au regard des raisons pour lesquelles il est le plus souvent pratiqué. Dans le sondage de Zogby International d’avril 2004, 56 % des interrogés se disent contre l’avortement ou ne l’admettent qu’en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la vie de la mère : conditions qui ne pèsent que pour un faible pourcentage dans le nombre des avortements légaux. En fait, il ne se trouve que 13 % des sondés à manifester leur accord à l’avortement légal pour n’importe quelle raison et à n’importe quel moment de la grossesse d’une femme.

7. Est-ce que les spécialistes du droit approuvent Roe contre Wade ?

Non. Roe contre Wade a été critiqué par plusieurs juges de la Cour suprême et même par des spécialistes du droit favorables à la légalisation de l’avortement. Le juge Byron White l’a qualifié « d’exercice brutal du pouvoir judiciaire ». John Hart Ely, professeur de droit à Yale, a déclaré que c’était « une très mauvaise décision (…). Mauvaise parce que c’est du mauvais droit constitutionnel ou, mieux encore, parce qu’elle n’est pas du droit constitutionnel et n’offre aucune raison de s’y conformer ». Edward Lazarus, ancien assistant du juge Harry Blackmun qui a rédigé l’arrêt, dit que « Roe, pour ce qui est de son interprétation constitutionnelle, est pratiquement impossible à soutenir ».
 

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Catégorie : Lecture
Posté par : La rédaction le 28-10-2008

Un livre-évènement vient de paraître aux éditions de L'Homme Nouveau : L'Affaire Jane Roe, histoire d'une manipulation (368 pages, 24 €).

 

Comment la femme qui fut l'emblème de l'avortement aux États-Unis y est-elle devenue la plus célèbre icône du combat pour la vie ?
À 21 ans, enceinte pour la troisième fois, Norma McCorvey, pauvre et paumée, devient le prétexte, sous le pseudonyme de Jane Roe, de l'arrêt Roe contre Wade de la Cour suprême qui légalise l'avortement en 1973.
Convertie au christianisme, Norma McCorvey nous livre le récit passionnant, poignant, mais aussi réconfortant de son parcours. Par-delà l'histoire d'une froide manipulation, ce témoignage exceptionnel retrace l'aventure spirituelle d'une femme qui, après avoir connu le mensonge, découvre l'amour de Dieu et de son Évangile de vie.
Un livre-événement dont on ne ressort pas indemne mais qui ouvre aussi toutes grandes les portes de l'espérance.

 

Un livre bientôt présent en librairie et déjà disponible sur notre page boutique.


Disponible dans notre boutique :
L'Affaire Jane Roe, histoire d'une manipulation

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Catégorie : Religion
Posté par : La Rédaction le 27-10-2008

 Dans un billet précédent, nous avions attiré l'attention sur la fin d'un éditorial de Mgr Yves Patenôtre, archevêque de Sens-Auxerre, qui affirmait que "le Pape n'est pas le chef de l'Eglise". Cette information a spontanément provoqué une vague de réactions. Afin de dissiper tout malentendu, nous publions le texte intégral du texte de Mgr Patenôtre, intitulé "Il est venu confirmer ses frères dans la foi", suivi d'une précision qu'il a tenu à nous communiquer:

 

"De retour de Lourdes, où j’ai pu participer avec des milliers de personnes au pèlerinage du Pape Benoît XVI, voici quelques notes à chaud dès mon retour à Auxerre.

La majorité des pèlerins étaient plutôt jeunes. Bien sûr il y avait des cheveux blancs - ou plus de cheveux du tout – mais un regard rapide sur la foule donnait une impression de jeunesse. Y compris parmi les prêtres ou les religieux et religieuses. Je trouve cela assez intéressant. Il y a une recherche spirituelle de plus en plus évidente chez les jeunes. Je le constate aussi dans l’Yonne en lisant les lettres que m’envoient les confirmands. Cela ne me surprend pas tout à fait. En fait, un jeune a soif d’absolu. Il y a un moment où la superficialité ou la médiocrité ne suffisent plus. Alors les jeunes viennent puiser aux sources. Et une source a jailli à Lourdes des mains de la petite Bernadette. Le symbole est fort. Les jeunes ne s’y trompent pas.

Le pape, dans le style de Marie et de Bernadette, est toujours resté humble et simple. Il a proposé une route. C’est celle que propose l’Église d’aujourd’hui. Celle du Concile. Celle qui ouvre des chemins vers la recherche de Dieu. Des chemins qui orientent vers l’essentiel. Le pape Benoît n’a pas cherché à être centre. Il a désiré nous inviter à aller vers le Christ. À ce propos, vous pourrez reprendre le texte de sa méditation devant le Saint-Sacrement à la procession du dimanche après-midi. Elle est splendide. Il l‘a lue avec une douce ferveur. Il nous parlait en disant « frères et sœurs, amis ». Au cœur d’un long temps de silence. C’est impressionnant un long silence de milliers de personnes réunies au même endroit. Un temps pour Dieu. Parce que c’est Dieu. Voir un Pape prier, entendre le murmure de son cœur en prière, donne envie de garder le temps de la prière au cœur de nos vies.

De l’arrivée à l’aéroport d’Orly jusqu’au départ de Lourdes, nous gardons beaucoup de textes du Pape Benoît. Certains plus difficiles que les autres. Cela vaudra la peine de les reprendre. Ils éclairent la notion de laïcité et celle de l’apport des religions au service du bien commun, dans le respect des responsabilités diverses. Ils s’offrent, pour un dialogue et une construction commune, à tous ceux et celles qui pensent ou croient autrement. Ils sont vraiment proposition de sens. C’est sûr qu’ils ne sont pas matière à articles ou propos outranciers. Ils prennent les questions au plus haut niveau. C’est, en général, le moins encombré. Ils nous sont offerts. Cela vaudra la peine de les reprendre pour ne pas en rester à de simples impressions, mais pour qu’ils puissent nourrir notre réflexion et guider nos engagements au sein de la société.

Évêques, réunis autour de celui qui établit notre communion, nous avons vécu des moments forts et simples. Ces deux adjectifs se supportent bien ensemble. Bien sûr, il y a toujours le côté solennel et bien huilé des cérémonies pontificales. La qualité de leur préparation leur permet de se déployer dans la beauté. En tout cas, j’ai bien réalisé qu’évêque, successeur des apôtres, je me trouvais à côté de celui qui, au nom du Christ, venait « confirmer ses frères dans la foi ». Le Pape n’est pas le chef de l’Église. (Souligné par L'Homme Nouveau) C’est le Christ qui est tête du Corps. Mais il est premier parmi ses frères. Et s’il ne nous a pas fait de révélations extraordinaires, il nous a confortés dans le bonheur d’annoncer l’Évangile, source de bonheur pour le monde. Et je trouve que se remettre avec lui sur ce chemin-là fut un moment de grâce sous le regard de Marie et de Bernadette."

 

Précision de Mgr Patenôtre :

"Mon texte dit toute mon admiration et mon affection pour notre Saint Père ! C’est le Christ qui est le chef de l’Eglise. Relisons les épîtres de Paul, et en particulier l'hymne des Colossiens (1,12-20) : « Il est l’image du Dieu invisible…Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Eglise …» Le pape est le chef du Collège des évêques, à la suite de saint Pierre, et ce n'est pas la même chose."

 


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Catégorie : Religion
Posté par : La Rédaction le 23-10-2008

Voici les propos de Mgr Yves Patenôtre, évêque de Sens-Auxerre, après l'intervention de Benoït XVI devant les évêques français à Lourdes :« Le Pape n'est pas le chef de l'Église. C'est le Christ qui est tête du Corps. Mais il est premier parmi ses frères. Et s'il ne nous a pas fait de révélations extraordinaires, il nous a confortés dans le bonheur d'annoncer l'Evangile, source de bonheur pour le monde. » (Eglise dans l'Yonne, 20 sept. 2008).

Et voici maintenant le Compendium du Catéchisme de l’Eglise Catholique :

« Le Pape, Évêque de Rome et successeur de saint Pierre, est principe perpétuel et visible, et fondement de l’unité de l’Église. Il est le vicaire du Christ, la Tête du collège des Évêques et le pasteur de toute l’Église, sur laquelle il a, par institution divine, un pouvoir plénier, suprême, immédiat et universel. » (n°182) Point suivant : « Le Collège des Évêques, en communion avec le Pape et jamais sans lui, exerce aussi sur l’Église un pouvoir suprême et plénier. » (n°183)

Commentaire: Si le Christ est la Tête ou le Chef (en latin c’est le même mot, caput) de l’Eglise dans son entier, c’est à dire invisible, avec les saints et les anges, le Pape est bien la Tête ou le Chef visible de l’Eglise visible sur terre. Il est donc faux d’écrire comme l’a fait Mgr Patenôtre que « Le Pape n’est pas le chef de l’Eglise ». Et si le Christ est la tête du Corps, le Pape n'est pas seulement « premier parmi ses frères », il est leur Tête, aucun évêque ne peut être en communion « sans lui » et seul le Pape a un pouvoir « plénier, suprême, immédiat et universel ». Si les évêques l’ont eux « aussi », le Pape l’a tout seul.


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 08-10-2008


Exhumation du Cardinal Newman : aucune trace de preservation de son corps

Communiqué de Peter Jennings, attaché de presse des Pères de l’Oratoire de Birmingham et de la Cause de la Béatification et de la Canonisation du Cardinal Newman.


Le jeudi 2 octobre 2008, fête des Anges gardiens, le cercueil du Vénérable John Henry Cardinal Newman (1801-1890) a été exhumé avec grand soin. Rappelons que le cardinal Newman est mort le lundi 11 août 1890 et a été enterré au petit cimetière privé de la Maison de l’Oratoire, située à Rednal près de Birmingham, le 19 août 1890. Il a été déclaré Vénérable par le pape Jean-Paul II le 22 janvier 1991.

Au cours de l’exhumation, la plaque en laiton, qui avait été fixée au cercueil en bois dans lequel gisait le Cardinal Newman, a été retrouvée. Elle porte l’inscription:

“Eminent[issimus] et Reverend[issimus] Joannes Henricus Newman Cardinalis Diaconis S Georgii in Velabro Obiit Die XI August. MDCCCXC RIP”

“Le Très Eminent et Très Révérend John Henry Newman Cardinal Diacre de St Georges en Vélabre Décédé le 11 août 1890 RIP”.
Les fouilles ont permis de trouver des objets en laiton, en bois et en tissu provenant du cercueil. Cependant, aucune trace de préservation du corps de John Henry Newman n’a été trouvée. L’affirmation communément répandue selon laquelle il aurait été enterré dans un cercueil en plomb s’avère sans fondement. De l’avis des experts médicaux et des professionnels de la santé alors présents, un corps placé dans un cercueil en bois et enterré dans un site très humide, tel que celui du cimetière de Rednal, explique pleinement ce phénomène de totale décomposition.
L’absence de préservation de tout reste corporel n’a aucune incidence sur le progrès de la Cause de béatification du Cardinal Newman à Rome. L’Oratoire de Birmingham a toujours conservé des souvenirs physiques du Cardinal Newman. Il s’agit de quelques mèches de cheveux. Elles seront déposées dans une urne, avec les objets trouvés dans la tombe, et offerts à la vénération lors de la Vigile de la Réception des reliques du cardinal Newman, le vendredi 31 octobre et le samedi 1er novembre. Cette Virgile sera suivie d’une Messe solennelle en la Fête de Tous les Saints, le dimanche 2 novembre, à 11 heures, au cours de laquelle l’urne sera déposée dans l’église de l’Oratoire à Edgbaston. 

Le Père Paul Chavasse, Prévôt de l’Oratoire de Birmingham et Postulateur de la Cause de béatification de Newman, a déclaré : « L’absence de restes physiques ne diminue en rien notre vénération profonde pour le Cardinal Newman. Les événements de jeudi semblent avoir une signification providentielle. » Le Père Chavasse a ajouté : « Dans Le Songe de Gérontius, le Cardinal Newman, réfléchissant sur l’expérience de la mort, a écrit ces lignes:
“Je m’étais endormi, maintenant je suis reposé.
Etrange repos : car je sens en moi
Une indicible légèreté et un sentiment
De liberté, comme si j’étais enfin moi-même
Et ne l’avais encore jamais été.” »

Monseigneur Vincent Nichols, Archevêque de Birmingham, a déclaré : « La création de ce nouvel emplacement dans l’église de l’Oratoire en vue de notre dernier contact physique avec le Cardinal Newman représente un moment important, que beaucoup de fidèles souhaiteront marquer par des prières d’action de grâces. »


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 07-10-2008


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 07-10-2008


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 07-10-2008

 

 

Alors que L'Homme Nouveau prépare un dossier sur cet Institut, nous apprennons que par la volonté du Pape Benoït XVI il vient d'être élévé comme société de vie apostolique en forme canoniale de Droit pontifical.


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 07-10-2008

 


C'est en tous cas la demande qui a été faite officiellement, lundi 6 octobre, au Pape Benoît XVI par le cardinal Marc Ouellet (photo), archevêque de Québec et rapporteur général du synode. Cette demande est motivée par la multiplication des interprétations existantes aujourd'hui, non seulement entre confessions chrétiennes différentes, mais au sein même du catholicisme. Le cardinal Ouellet a ainsi noté que les Facultés de théologie et les Facultés bibliques s'éloignent de l'interprétation du magistère. Il va d'ailleurs plus loin : « Dorénavant, le rapport interne de l'exégèse à la foi ne fait plus l'unanimité et des tensions augmentent entre exégètes, pasteurs et théologiens ».
Le moyen d'éviter cette tension ? Revenir à une interprétation claire donnée par la magistère. Certes une telle interprétation peut déjà se trouver dans  un document de la Commission biblique internationale sur l'interprétation des Ecritures. Mais il est évident qu'un document du pape aurait davantage d'autorité et d'impact.
Par ailleurs, le cardinal de Québec a insisté sur le lien entre l'interprétation des Écritures et la foi, l'une et l'autre ne pouvant être complètement séparée : « On complète certes de plus en plus l'exégèse historico-critique par d'autres méthodes dont certaines renouent avec la tradition et l'histoire de l'exégèse. Mais d'une façon générale, après plusieurs décennies de concentration sur les médiations humaines de l'Ecriture, ne faut-il pas retrouver la profondeur divine du texte inspiré sans perdre les acquis précieux des nouvelles méthodologies ? ».
Si cette demande est entérinée par le Synode, on peut espérer que le Saint-Père y donnera une réponse concrète.


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Catégorie : Religion
Posté par : Rédaction le 06-10-2008

Le Pape a présidé la messe concélébrée avec les Pères synodaux pour l'ouverture de la XII Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, consacrée à la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Eglise. Benoît XVI a ouvert son homélie par l'Evangile du jour et le symbole de la vigne. Il a expliqué que "ce que dénonce la page évangélique interpelle, d'une manière particulière, les peuples qui ont reçu l'Evangile. Si nous regardons l'histoire, nous sommes obligés de noter assez fréquemment la froideur et la rébellion de chrétiens incohérents".

 

  "Des pays un temps riches de foi et de vocations perdent désormais leur identité propre, sous l'influence délétère et destructive d'une certaine culture moderne. On y voit celui qui, ayant décidé que Dieu est mort, se déclare dieu lui-même, et se considère le seul artisan de son propre destin, le propriétaire absolu du monde... Mais quand l'homme élimine Dieu de son propre horizon, est-il vraiment plus heureux? Devient-il vraiment plus libre?.. N'arrive-t-il pas plutôt - comme nous le démontre amplement la chronique quotidienne - que s'étendent l'arbitrage du pouvoir, les intérêts égoïstes, l'injustice et l'exploitation, la violence dans chacune de ses expressions? En fin de compte, l'homme se retrouve plus seul et la société plus divisée et confuse".

 

  Après avoir relevé que "les paroles de Jésus contiennent une promesse: la vigne ne sera pas détruite", Benoît XVI a ajouté que "le message consolant que nous recueillons de ces textes bibliques est la certitude que le mal et la mort n'ont pas le dernier mot, mais que c'est le Christ qui gagne à la fin. Toujours! L'Eglise ne se lasse pas de proclamer cette Bonne Nouvelle, comme cela arrive aujourd'hui aussi, dans cette basilique dédiée à l'apôtre des nations qui, le premier, diffusa l'Evangile dans de vastes régions de l'Asie mineure et de l'Europe... Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le cœur de l'homme, et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entrent dans une intimité toujours plus grande avec elle. L'assemblée synodale concentrera son attention sur cette vérité fondamentale pour la vie et la mission de l'Eglise. Se nourrir de la Parole de Dieu est pour elle le devoir premier et fondamental".

 

  "En cette Année paulinienne -a-t-il ensuite dit-, nous entendrons résonner avec une urgence particulière le cri de l'Apôtre des Nations: Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile, un cri qui pour chaque chrétien devient une invitation insistante à se mettre au service du Christ. La moisson est abondante, répète également aujourd'hui le Maître divin: nombreux sont ceux qui ne l'ont pas encore rencontré et qui sont dans l'attente de la première annonce de son Evangile. D'autres, tout en ayant reçu une formation chrétienne, se sont affaiblis dans l'enthousiasme et gardent un contact superficiel avec la Parole de Dieu. D'autres encore se sont éloignés de la pratique de la foi et ont besoin d'une nouvelle évangélisation. Enfin, elles ne manquent pas les personnes aux sentiments droits qui se posent des questions essentielles sur le sens de la vie et de la mort, questions auxquelles seul le Christ peut donner des réponses satisfaisantes. Il devient alors indispensable pour les chrétiens de tous les continents d'être prêts à répondre à quiconque demande raison de l'espérance qui est en eux, annonçant avec joie la Parole de Dieu et vivant sans aucun compromis l'Evangile".

 

  Le Saint-Père a conclu en demandant à Dieu son aide pour qu'au cours de ces sessions synodales, "il nous aide à nous interroger ensemble sur la manière de rendre toujours plus efficace l'annonce de l'Evangile à notre époque. Nous percevons tous combien il est nécessaire de mettre au centre de notre vie la parole de Dieu, d'accueillir le Christ comme notre unique Rédempteur, afin que sa lumière éclaire tous les domaines de l'humanité: de la famille à l'école, à la culture, au travail, aux loisirs et aux autres secteurs de la société".


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Catégorie : Religion
Posté par : Philippe Maxence le 27-09-2008

Éditorial du numéro 1429 de L'Homme Nouveau, qui vient de paraître.

 

 

• Il y aura donc un avant et un après-voyage en France de Benoît XVI. Une certaine presse annonçait la visite d’un Pape « réac », « conservateur », crispé sur des questions de messe en latin. Elle prévoyait un accueil mitigé, une foule réduite à quelques nostalgiques. Et Benoît XVI est venu. Tel qu’en lui-même ! Il n’a pas composé un rôle pour la circonstance. Il ne s’est pas adapté à « son public ». Il a été Benoît XVI du début à la fin. Doux, presque timide, clair et ferme. Et pédagogue ! Sous le pontife, l’ancien professeur de théologie n’était jamais loin.
• J’ai eu la grâce d’assister à la conférence aux Bernardins. Les personnalités du monde de la culture présentes étaient loin d’être toutes des catholiques affichés et convaincus. Elles attendaient ce discours, guettant par avance le moindre faux pas vis-à-vis de la doxa moderne. À l’arrivée du Saint-Père, les acclamations ont été chaleureuses. Pendant son discours, le silence régnait, certains prenant même des notes. Après le départ du Pape pour Notre- Dame de Paris, il était clair que Benoît XVI avait surpris et conquis cet auditoire composite.
• La foule, elle, a été au rendez-vous. Aussi bien à Paris qu’à Lourdes. Les jeunes comme les plus âgés. La France a découvert en direct ce Pape trop souvent caricaturé. Ce n’est pas le Pape qui est tombé, mais sa caricature. Il est évident que ce n’est pas suffisant pour remplir les églises le dimanche. Il est clair qu’il faudra partir de là pour reprendre le long effort missionnaire. Une splendide « feuille de route » nous a été donnée. À nous de lui donner des suites pratiques.
 

Dans ce numéro, vous trouverez notamment :

– Des extraits importants des principales interventions du Pape en France;

– un article sur Sarah Palin, de notre correspondante aux États-Unis;

– La réponse de l'éditeur français de Newman à une campagne récente;

– Une tribune libre de Jacques Trémolet de Villers sur la désertification spirituelle de la France;

 et, bien sûr, les rubriques et chroniques habituelles, dont Pasquin et François Foucart.

 


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 20-09-2008

Nous publions ci-dessous le témoignage d'une jeune mère de famille qui a eu la grâce de communier des mains du Pape Benoît XVI lors de la messe du dimanche 14 septembre, à Lourdes. Un aperçu simple, direct, plein de fraîcheur, d'un jour qui restera certainement unique.

 

 



Je ne devais pas aller à Lourdes pour la messe du dimanche 14 septembre, mais la Providence me réservait une surprise… Un coup de téléphone d’une religieuse de la maison diocésaine a tout changé : «  Nous avons des laissez-passer pour pouvoir communier de la main du Saint-Père. Nous souhaitons en faire profiter une personne de la Fraternité Saint-Pierre. Vous êtes mère de famille nombreuse, dévouée pour votre paroisse. Je vous ai choisie. » Quelle surprise ! Je n’ai pas réalisé tout de suite, tellement cela me semblait impossible. Un tel honneur ! À mes yeux, je ne le méritais pas, mais je devais pourtant, tout simplement, répondre oui. Je suis allée chercher le laissez-passer ainsi qu’un petit carton « Santa communione ». Il me restait quatre jours à attendre… dans l’angoisse !
Dimanche : départ de Tarbes, 3 h 30 ; arrivée aux Sanctuaires à 4 h 30. nous sommes parmi les premiers. Mon mari et les enfants partent vers la prairie ; je me dirige seule, vers la crypte où j’ai rendez-vous à 6 h 30… très en avance ! Mais la Providence me réserve une autre surprise ! J’apprends que mon laissez-passer me donne droit à me promener où je veux ! Je me retrouve devant la basilique de l’Immaculée Conception, dans le grand silence de la nuit. À ce moment, toute mon angoisse est partie, laissant place à une grande paix. Mon chapelet en main, j’ai « péleriné » dans les sanctuaires vides !
6 h 30 : un prêtre nous reçoit. Nous étions 45, dont huit personnes du diocèse Tarbes-Lourdes et cinq enfants. Nous sommes allés nous recueillir devant la grotte où nous avons reçu les consignes : communion à genoux, sur la langue. Puis le grand moment est arrivé. À mes côtés, un jeune garçon s’agite. Au retour de la communion il était très paisible : « Je suis heureux ! Je me sens plus fort ! ».
À genoux devant le Saint-Père, je fus frappé de ressentir de façon très forte la bonté de Dieu, sa miséricorde. Je ne trouve pas de mot assez fort pour dire le bonheur de cette communion. Une communion qui donne l’impression d’avoir vu le Ciel entrouvert.
 


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Catégorie : Société
Posté par : Philippe Maxence le 18-09-2008

Dans la vie d’un journaliste, le jeudi est un jour particulier. Sur son bureau s’entasse un nombre plus important que d’habitude de quotidiens, d’hebdomadaires et de revues. Les spécialistes de revue de presse trouvent là leur pâture. Les autres se tiennent informés, cherchant éventuellement de nouveaux sujets ou, pour les descendants de Zola, Rochefort et autres Daudet (Léon), matière à polémique.
Ce jeudi est un jeudi comme les autres. Pas tout à fait cependant ! On revient très largement dans la presse sur la visite du Pape Benoît XVI en France. Dans Valeurs Actuelles, François d’Orcival estime, par exemple, que « Sarkozy, Benoît XVI, même combat ». Il veut parler, bien sûr, de la laïcité, cette machine de guerre anti-chrétienne, enfant illégitime du catholicisme et que le Président actuel entend voir évoluer vers une « laïcité positive ».
Dans Le Point, c’est Claude Imbert qui y va de son éditorial, intitulé « Foi et raison ». Il voit, avec raison, Benoît XVI « en penseur de Dieu » et le dépeint « plus novateur que feu Jean-Paul II, icône charismatique ». L’amusant avec les modernes, c’est cette propension à mesurer le monde, les êtres et Dieu lui-même à l’aune de la nouveauté. C’est-à-dire de l’éphémère. Pour l’éditorialiste du Point, donc, « le Pape innove ». Toujours la nouveauté ! Dans quel registre ? « Par la considération éminente qu’il voue à la raison. Il écarte l’apologétique qui fait de la foi une illumination d’essence irrationnelle, étrangère et supérieure à la raison. »
Il faudrait que Claude Imbert n’hésite pas à lire saint Thomas d’Aquin, dont l’édition des œuvres se poursuit aux éditions du Cerf. Il pourrait aussi lire Chesterton, notamment Orthodoxie dont nous fêtons cette année le centenaire. Il y a cent ans les Claude Imbert anglais de l’époque tenaient le même discours. Ils étaient eux-mêmes en retard de plusieurs siècles et Chesterton s’est amusé à le dire et à le démontrer. Mais, à défaut de Chesterton et de saint Thomas d’Aquin, ou de Chesterton sur saint Thomas d’Aquin (voir son livre édité par DMM), et puisque Claude Imbert titre « Foi et raison », il pourrait tout simplement lire Jean-Paul II dont une encyclique porte justement ce titre. On la trouve sur Internet. C’est facile et lire ce texte permettra d’éviter de dire des bêtises.
Mais, avouons-le, au plan des bêtises, Claude Imbert est battu par Jean Delumeau, toujours dans les pages du Point. Notre « historien des religions » s’en prend aux « silences de Benoît XVI ». Bigre ! Le Pape, en effet, « n’a pas abordé les sujets qui fâchent : la contraception, l’admission des hommes mariés à la prêtrise, la réévalution du rôle des femmes dans l’église ».
Au fait, ces sujets fâchent qui ? Jean Delumeau ? C’est peu et n’a pas grande importance. Mais qu’il se rassure. Le Pape n’a pas abordé beaucoup d’autres sujets, et même des sujets qui ne fâchent pas. Il n’a pas parlé de la qualité des ouvrages de Jean Delumeau, ni de l’ouverture de la chasse, ni du temps qu’il faisait à Rome, ni des montagnes de Bavière, ni de ce que lui a dit le Président de la République pendant leur entretien privé. Il n’a pas parlé non plus de l’hiver qui s’annonce et de l’été qui est parti. Bref de beaucoup de choses.
Jean Delumeau, qui est Professeur honoraire au Collège de France, et qui sait donc beaucoup plus de choses que nous, est très inquiet du retour du latin et de la communion dans la bouche. Étrangement, il a un regard superstitieux sur ce sujet. Il semble craindre que le retour du latin et de la communion dans la bouche n’agisse comme des amulettes de sorcier et ne provoque des effets désastreux. Qu’il se rassure et au besoin qu’il visionne à nouveau les images des messes papales pendant ce voyage en France. Non, la foudre, la tempête et le choléra réunis ne se sont pas abattus sur notre pays. Et le catholicisme n’est pas tombé d’un coup dans le reflux qu’il semble craindre. Un conseil cependant, contre la superstition, la meilleure arme reste la prière.
Jean Daniel, dans Le Nouvel Observateur, nous ressort le poncif de la religion facteur de violence. Il regrette les silences (lui aussi) de Benoît XVI à ce sujet. Faut-il juste lui rappeler que la religion n’a jamais fait autant de morts que les totalitarismes communistes et nazis, deux phénomènes entièrement séculiers, sans même parler de la Révolution française ? Et, que plus prosaïquement, comme le souligne Jean Sévillia dans sa chronique de L’Homme Nouveau, les JMJ comme la visite du Pape en France ne suscitent aucun de ces mouvements de foule violents auxquels on assiste dans les stades, par exemple, ou dans les concerts de musique moderne. Bien, au contraire, des foules importantes se déplacent pour voir le Pape. Sans incidents, sans heurts, sans haine. Mais certains ne le voient pas. Au fait, n’y a-t-il pas une parole de l’Évangile à ce sujet ?
 


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 17-09-2008

Chers Frères et Sœurs,

Ce matin, notre rencontre me permet d’évoquer la visite pastorale que je viens d’accomplir en France à l’occasion du 150° anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette. Je rends grâce au Seigneur de l’heureux déroulement de ce voyage et je remercie les autorités ecclésiales et politiques qui m’ont invité et qui m’ont si bien accueilli.

La première étape de ce voyage m’a conduit à Paris où il m’a été donné d’évoquer la juste distinction des sphères politique et religieuse devant les plus hautes autorités de l’État, ainsi que d’inviter des représentants du monde culturel à réfléchir sur les racines de la culture européenne. J’ai aussi encouragé les prêtres, les religieux et les religieuses, les séminaristes à toujours fonder la réponse à leur vocation sur l’écoute priante de la Parole de Dieu. Aux nombreux jeunes rassemblés sur le parvis de Notre-Dame, j’ai confié deux trésors de la foi : l’Esprit Saint et la Croix. Le sommet de ma visite à Paris fut la célébration de l’eucharistie sur l’esplanade des Invalides, où j’ai engagé les fidèles à voir dans la Messe la rencontre du Dieu vivant qui dissipe le mirage des vaines idoles.

Ensuite, à Lourdes, je me suis uni à la foule des pèlerins en parcourant le « chemin du Jubilé » qui conduit sur les lieux où a vécu Bernadette et en participant aux grandes processions. J’ai aussi partagé la sollicitude des évêques de France pour le peuple qui leur est confié. Les deux messes que j’y ai présidées m’ont permis d’exhorter les pèlerins à regarder les croix de cette vie à la lumière de la Croix glorieuse de Jésus et, dans les épreuves, à ne jamais quitter du regard le visage de Marie, ‘étoile de l’espérance’.

 

 

Je salue tous les pèlerins francophones présents à cette audience. Rendez grâce au Seigneur avec moi car Marie, en apparaissant à Bernadette, a offert au monde un lieu privilégié pour rencontrer l’amour divin qui guérit et qui sauve. Avec ma Bénédiction apostolique.
 


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Catégorie : Video
Posté par : La rédaction le 15-09-2008


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 15-09-2008

Chers frères dans l'Épiscopat et dans le Sacerdoce,
Chers malades, chers accompagnateurs et hospitaliers,
Chers frères et soeurs !

Nous avons célébré hier la Croix du Christ, l'instrument de notre Salut, qui nous révèle dans toute sa plénitude la miséricorde de notre Dieu. La Croix est en effet le lieu où se manifeste de façon parfaite la compassion de Dieu pour notre monde. Aujourd'hui, en célébrant la mémoire de Notre-Dame des Douleurs, nous contemplons Marie qui partage la compassion de son Fils pour les pécheurs. Comme l'affirme saint Bernard, la Mère du Christ est entrée dans la Passion de son Fils par sa compassion (cf. Homélie pour le dimanche dans l'Octave de l'Assomption). Au pied de la Croix se réalise la prophétie de Syméon : son coeur de mère est transpercé (cf. Lc 2, 35) par le supplice infligé à l'Innocent, né de sa chair. Comme Jésus a pleuré (cf. Jn 11,35), Marie a certainement elle aussi pleuré devant le corps torturé de son enfant. La discrétion de Marie nous empêche de mesurer l'abîme de sa douleur ; la profondeur de cette affliction est seulement suggérée par le symbole traditionnel des sept glaives. Comme pour son Fils Jésus, il est possible de dire que cette souffrance l'a conduite elle aussi à sa perfection (cf. Hb 2, 10), pour la rendre capable d'accueillir la nouvelle mission spirituelle que son Fils lui confie juste avant de « remettre l'esprit » (cf. Jn 19, 30): devenir la mère du Christ en ses membres. En cette heure, à travers la figure du disciple bien-aimé, Jésus présente chacun de ses disciples à sa Mère en lui disant : « Voici ton Fils » (cf. Jn 19, 26-27).

Marie est aujourd'hui dans la joie et la gloire de la Résurrection. Les larmes qui étaient les siennes au pied de la Croix se sont transformées en un sourire que rien n’effacera tandis que sa compassion maternelle envers nous demeure intacte. L'intervention secourable de la Vierge Marie au cours de l'histoire l'atteste et ne cesse de susciter à son égard, dans le peuple de Dieu, une confiance inébranlable : la prière du Souvenez-vous exprime très bien ce sentiment. Marie aime chacun de ses enfants, portant d'une façon particulière son attention sur ceux qui, comme son Fils à l'heure de sa Passion, sont en proie à la souffrance ; elle les aime tout simplement parce qu'ils sont ses fils, selon la volonté du Christ sur la Croix. Le psalmiste, percevant de loin ce lien maternel qui unit la Mère du Christ et le peuple croyant, prophétise au sujet de la Vierge Marie que « les plus riches du peuple … quêteront ton sourire » (Ps 44, 13). Ainsi, à l'instigation de la Parole inspirée de l'Écriture, les chrétiens ont-ils depuis toujours quêté le sourire de Notre Dame, ce sourire que les artistes, au Moyen-âge, ont su si prodigieusement représenter et mettre en valeur. Ce sourire de Marie est pour tous ; il s'adresse cependant tout spécialement à ceux qui souffrent afin qu'ils puissent y trouver le réconfort et l'apaisement. Rechercher le sourire de Marie n'est pas le fait d'un sentimentalisme dévot ou suranné, mais bien plutôt l'expression juste de la relation vivante et profondément humaine qui nous lie à celle que le Christ nous a donnée pour Mère.

Désirer contempler ce sourire de la Vierge, ce n'est pas se laisser mener par une imagination incontrôlée. L'Écriture elle-même nous le dévoile sur les lèvres de Marie lorsqu'elle chante le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur » (Lc 1, 46-47). Quand la Vierge Marie rend grâce au Seigneur, elle nous prend à témoin. Marie partage, comme par anticipation, avec ses futurs enfants que nous sommes, la joie qui habite son coeur, pour qu'elle devienne la nôtre. Chaque récitation du Magnificat fait de nous des témoins de son sourire. Ici à Lourdes, au cours de l'apparition qui eut lieu le mercredi 3 mars 1858, Bernadette contempla de manière toute particulière ce sourire de Marie. Celui-ci fut la première réponse que la Belle Dame donna à la jeune voyante qui voulait connaître son identité. Avant de se présenter à elle, quelques jours plus tard, comme « l'Immaculée Conception », Marie lui fit d'abord connaître son sourire, comme étant la porte d'entrée la plus appropriée à la révélation de son mystère.

Dans le sourire de la plus éminente de toutes les créatures, tournée vers nous, se reflète notre dignité d'enfants de Dieu, cette dignité qui n'abandonne jamais celui qui est malade. Ce sourire, vrai reflet de la tendresse de Dieu, est la source d'une espérance invincible. Nous le savons malheureusement : la souffrance endurée rompt les équilibres les mieux assurés d'une vie, ébranle les assises les plus fermes de la confiance et en vient parfois même à faire désespérer du sens et de la valeur de la vie. Il est des combats que l'homme ne peut soutenir seul, sans l'aide de la grâce divine. Quand la parole ne sait plus trouver de mots justes, s'affirme le besoin d'une présence aimante : nous recherchons alors la proximité non seulement de ceux qui partagent le même sang ou qui nous sont liés par l'amitié, mais aussi la proximité de ceux qui nous sont intimes par le lien de la foi. Qui pourraient nous être plus intimes que le Christ et sa sainte Mère, l'Immaculée ? Plus que tout autre, ils sont capables de nous comprendre et de saisir la dureté du combat mené contre le mal et la souffrance. La Lettre aux Hébreux dit à propos du Christ, qu'il « n'est pas incapable de partager notre faiblesse ; car en toutes choses, il a connu l'épreuve comme nous » (cf. Hb 4, 15). Je souhaiterais dire, humblement, à ceux qui souffrent et à ceux qui luttent et sont tentés de tourner le dos à la vie : tournez-vous vers Marie ! Dans le sourire de la Vierge se trouve mystérieusement cachée la force de poursuivre le combat contre la maladie et pour la vie. Auprès d'elle se trouve également la grâce d'accepter, sans crainte ni amertume, de quitter ce monde, à l'heure voulue par Dieu.

Comme elle était juste l'intuition de cette belle figure spirituelle française, Dom Jean-Baptiste Chautard, qui, dans L'âme de tout apostolat, proposait au chrétien ardent de fréquentes « rencontres de regard avec la Vierge Marie » ! Oui, quêter le sourire de la Vierge Marie n'est pas un pieux enfantillage, c'est l'aspiration, dit le Psaume 44, de ceux qui sont « les plus riches du peuple » (v. 13). « Les plus riches », c'est-à-dire dans l'ordre de la foi, ceux qui ont la maturité spirituelle la plus élevée et savent précisément reconnaître leur faiblesse et leur pauvreté devant Dieu. En cette manifestation toute simple de tendresse qu'est un sourire, nous saisissons que notre seule richesse est l'amour que Dieu nous porte et qui passe par le coeur de celle qui est devenue notre Mère. Quêter ce sourire, c'est d'abord cueillir la gratuité de l'amour ; c'est aussi savoir provoquer ce sourire par notre effort pour vivre selon la Parole de son Fils Bien-aimé, tout comme un enfant cherche à faire naître le sourire de sa mère en faisant ce qui lui plaît. Et nous savons ce qui plaît à Marie grâce aux paroles qu'elle adressa aux serviteurs à Cana : « Faites tout ce qu'il vous dira » (cf. Jn 2, 5).
 

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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 15-09-2008


Seigneur Jésus, tu es là !
Et vous, mes frères, mes soeurs, mes amis,
Vous êtes là, avec moi, devant Lui !
Seigneur, voici deux mille ans, tu as accepté de monter sur une Croix d'infamie pour ensuite ressusciter et demeurer à
jamais avec nous (…) tes frères, tes soeurs !
Et vous, mes frères, mes soeurs, mes amis,
Vous acceptez de vous laisser saisir par Lui.

Nous Le contemplons.
Nous L'adorons.
Nous L'aimons. Nous cherchons à L'aimer davantage.

Nous contemplons Celui qui, au cours de son repas pascal, a donné son Corps et son Sang à ses disciples, pour être avec eux « tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20).
Nous adorons Celui qui est au principe et au terme de notre foi, Celui sans qui nous ne serions pas là ce soir, Celui sans qui nous ne serions pas du tout, Celui sans qui rien ne serait, rien, absolument rien ! Lui, par qui « tout a été fait » (Jn 1, 3), Lui en qui nous avons été créés, pour l'éternité, Lui qui nous a donné son propre Corps et son propre Sang, Il est là, ce soir, devant nous, offert à nos regards.
Nous aimons - et nous cherchons à aimer davantage – Celui qui est là, devant nous, offert à nos regards, à nos questions peut-être, à notre amour.
Que nous marchions – ou que nous soyons cloués sur un lit de souffrance, que nous marchions dans la joie – ou que nous soyons dans le désert de l'âme (cf. Nb 21, 5), Seigneur, prends-nous tous dans ton Amour : dans l'Amour infini, qui est éternellement Celui du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, celui du Père et du Fils pour l'Esprit, et de l’Esprit pour le Père et pour le Fils.
L'Hostie Sainte exposée à nos yeux dit cette Puissance infinie de l'Amour manifestée sur la Croix glorieuse. L'Hostie Sainte nous dit l'incroyable abaissement de Celui qui s'est fait pauvre pour nous faire riches de Lui, Celui qui a accepté de tout perdre pour nous gagner à son Père. L'Hostie Sainte est le Sacrement vivant, efficace de la présence éternelle du Sauveur des hommes à son Église.

Mes frères, mes soeurs, mes amis,

Acceptons, acceptez de vous offrir à Celui qui nous a tout donné, qui est venu non pour juger le monde, mais pour le sauver (cf. Jn 3, 17), acceptez de reconnaître la présence agissante en vos vies de Celui qui est ici présent, exposé à nos regards. Acceptez de Lui offrir vos propres vies!
Marie, la Vierge sainte, Marie, l'Immaculée Conception, a accepté, voici deux mille ans, de tout donner, d'offrir son corps pour accueillir le Corps du Créateur. Tout est venu du Christ, même Marie ; tout est venu par Marie, même le Christ.
Marie, la Vierge sainte, est avec nous ce soir, devant le Corps de son Fils, cent cinquante ans après s'être révélée à la petite Bernadette.
Vierge sainte, aidez-nous à contempler, aidez-nous à adorer, aidez-nous à aimer, à aimer davantage Celui qui nous a tant aimés, pour vivre éternellement avec Lui.
Une foule immense de témoins est invisiblement présente à nos côtés, tout près de cette grotte bénie et devant cette église voulue par la Vierge Marie ;
la foule de tous ceux et de toutes celles qui ont contemplé, vénéré, adoré, la présence réelle de Celui qui s’est donné à nous jusqu'à sa dernière goutte de sang ;
la foule de tous ceux et de toutes celles qui ont passé des heures à L'adorer dans le Très Saint Sacrement de l'autel.
Ce soir, nous ne les voyons pas, mais nous les entendons qui nous disent, à chacun et à chacune d'entre nous : « Viens, laisse-toi appeler par le Maître ! Il est là ! Il t'appelle (cf. Jn 11, 28) ! Il veut prendre ta vie et l'unir à la sienne. Laisse-toi saisir par Lui. Ne regarde plus tes blessures, regarde les siennes. Ne regarde pas ce qui te sépare encore de Lui et des autres ; regarde l'infinie distance qu'Il a abolie en prenant ta chair, en montant sur la Croix que Lui ont préparée les hommes et en se laissant mettre à mort pour te montrer son amour. Dans ses blessures, Il te prend ; dans ses blessures, II t’y cache (…), ne te refuse pas à son Amour ! ».
La foule immense de témoins qui s'est laissée saisir par son Amour, c'est la foule des saints du ciel qui ne cessent d'intercéder pour nous. Ils étaient pécheurs et le savaient, mais ils ont accepté de ne pas regarder leurs blessures et de ne plus regarder que les blessures de leur Seigneur, pour y découvrir la gloire de la Croix, pour y découvrir la victoire de la Vie sur la mort. Saint Pierre-Julien Eymard nous dit tout, lorsqu'il s'écrie : « La sainte Eucharistie, c'est Jésus-Christ passé, présent et futur » ( Sermons et instructions paroissiales d’après 1856, 4-2,1. De la méditation).
Jésus-Christ passé, dans la vérité historique de la soirée au cénacle, où nous ramène toute célébration de la sainte Messe.

 

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Catégorie : Video
Posté par : La rédaction le 15-09-2008


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 14-09-2008

Messieurs les Cardinaux,
Très chers Frères dans l'Épiscopat !

C'est la première fois depuis le début de mon Pontificat que j'ai la joie de vous rencontrer tous ensemble. Je salue cordialement votre Président, le Cardinal André Vingt-Trois, et je le remercie des paroles aimables qu’il m’a adressées en votre nom. Je salue aussi avec plaisir les Vice-Présidents ainsi que le Secrétaire Général et ses collaborateurs. Je salue chaleureusement chacun de vous, mes Frères dans l'Épiscopat, qui êtes venus des quatre coins de France et d'Outre-mer. J'inclus également Mgr François Garnier, Archevêque de Cambrai, qui célèbre aujourd'hui à Valenciennes le Millénaire de Notre-Dame du Saint-Cordon.

Je me réjouis d'être parmi vous ce soir dans cet hémicycle « Sainte Bernadette », qui est le lieu ordinaire de vos prières et de vos rencontres, lieu où vous exposez vos soucis et vos espérances, et lieu de vos discussions et de vos réflexions. Cette salle est située à un endroit privilégié près de la grotte et des basiliques mariales. Certes, les visites ad limina vous font rencontrer régulièrement le Successeur de Pierre à Rome, mais ce moment, que nous vivons, nous est donné comme une grâce pour réaffirmer les liens étroits qui nous unissent dans le partage du même sacerdoce directement issu de celui du Christ rédempteur. Je vous encourage à continuer à travailler dans l'unité et la confiance, en pleine communion avec Pierre qui est venu pour raffermir votre foi. Bien nombreuses sont actuellement vos préoccupations ! Je sais que vous avez à coeur de travailler dans le nouveau cadre défini par la réorganisation de la carte des provinces ecclésiastiques, et je m'en réjouis vivement. Je voudrais profiter de cette occasion pour réfléchir avec vous sur quelques thèmes que je sais être au centre de votre attention.

L'Église - Une, Sainte, Catholique et Apostolique - vous a enfantés par le Baptême. Elle vous a appelés à son service ; vous lui avez donné votre vie, d'abord comme diacres et prêtres, puis comme évêques. Je vous exprime toute mon estime pour ce don de vos personnes : malgré l'ampleur de la tâche, que ne vient pas diminuer l'honneur qu'elle comporte – honor, onus ! – vous accomplissez avec fidélité et humilité la triple tâche qui est la vôtre : enseigner, gouverner, sanctifier suivant la Constitution Lumen Gentium (nn. 25-28) et le décret Christus Dominus. Successeurs des Apôtres, vous représentez le Christ à la tête des diocèses qui vous ont été confiés, et vous vous efforcez d’y réaliser le portrait de l'Évêque tracé par saint Paul ; vous avez à grandir sans cesse dans cette voie, afin d'être toujours plus « hospitaliers, amis du bien, pondérés, justes, pieux, maîtres de vous, attachés à l'enseignement sûr, conformes à la doctrine » (cf. Tt 1, 8-9). Le peuple chrétien doit vous considérer avec affection et respect. Dès les origines, la tradition chrétienne a insisté sur ce point : « Tous ceux qui sont à Dieu et à Jésus-Christ, ceux-là sont avec l'Évêque », disait saint Ignace d'Antioche (Aux Philad. 3, 2), qui ajoutait encore : « celui que le maître de maison envoie pour administrer sa maison, il faut que nous le recevions comme celui-là même qui l'a envoyé » (Aux Eph. 6, 1). Votre mission, spirituelle surtout, consiste donc à créer les conditions nécessaires pour que les fidèles puissent « chanter d'une seule voix par Jésus-Christ un hymne au Père » (Ibid. 4, 2) et faire ainsi de leur vie une offrande à Dieu.

Vous êtes à juste titre convaincus que, pour faire grandir en chaque baptisé le goût de Dieu et la compréhension du sens de la vie, la catéchèse est d’une importance fondamentale. Les deux instruments principaux dont vous disposez, le Catéchisme de l'Église catholique et le Catéchisme des Évêques de France constituent de précieux atouts. Ils donnent de la foi catholique une synthèse harmonieuse et permettent d'annoncer l'Évangile dans une fidélité réelle à sa richesse. La catéchèse n'est pas d'abord affaire de méthode, mais de contenu, comme l'indique son nom même : il s'agit d'une saisie organique (kat-echein) de l'ensemble de la révélation chrétienne, apte à mettre à la disposition des intelligences et des coeurs la Parole de Celui qui a donné sa vie pour nous. De cette manière, la catéchèse fait retentir au coeur de chaque être humain un unique appel sans cesse renouvelé: « Suis-moi » (Mt 9, 9). Une soigneuse préparation des catéchistes permettra la transmission intégrale de la foi, à l’exemple de saint Paul, le plus grand catéchiste de tous les temps, vers lequel nous regardons avec une admiration particulière en ce bimillénaire de sa naissance. Au milieu des soucis apostoliques, il exhortait ainsi : « Un temps viendra où l’on ne supportera plus l’enseignement solide, mais, au gré de leur caprice, les gens iront chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la Vérité pour se tourner vers des récits mythologiques » (2 Tm 4, 3-4). Conscients du grand réalisme de ses prévisions, avec humilité et persévérance vous vous efforcez de correspondre à ses recommandations : « Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps … avec une grande patience et avec le souci d'instruire » (2 Tm 4, 2).

Pour réaliser efficacement cette tâche, vous avez besoin de collaborateurs. Pour cette raison les vocations sacerdotales et religieuses méritent plus que jamais d'être encouragées. J'ai été informé des initiatives qui sont prises avec foi en ce domaine, et je tiens à apporter tout mon soutien à ceux qui n'ont pas peur, tel le Christ, d'inviter jeunes ou moins jeunes à se mettre au service du Maître qui est là et qui appelle (cf. Jn 11, 28). Je voudrais remercier chaleureusement et encourager toutes les familles, toutes les paroisses, toutes les communautés chrétiennes et tous les mouvements d'Église qui sont la bonne terre qui donne le bon fruit (cf. Mt 13, 8) des vocations. Dans ce contexte, je ne veux pas omettre d’exprimer ma reconnaissance pour les innombrables prières de vrais disciples du Christ et de son Église. Il y a parmi eux des prêtres, des religieux et religieuses, des personnes âgées ou des malades, des prisonniers aussi, qui durant des décennies ont fait monter vers Dieu leurs supplications pour accomplir le commandement de Jésus : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9, 38). L'Évêque et les communautés de fidèles doivent, pour ce qui les concerne, favoriser et accueillir les vocations sacerdotales et religieuses, en s'appuyant sur la grâce que donne l'Esprit Saint pour opérer le discernement nécessaire. Oui, très chers Frères dans l'épiscopat, continuez à appeler au sacerdoce et à la vie religieuse, tout comme Pierre a lancé ses filets sur l'ordre du Maître, alors qu'il avait passé la nuit à pêcher sans rien prendre (cf. Lc 5, 5).

On ne dira jamais assez que le sacerdoce est indispensable à l'Église, dans l'intérêt même du laïcat. Les prêtres sont un don de Dieu pour l'Église. Les prêtres ne peuvent déléguer leurs fonctions aux fidèles en ce qui concerne leurs missions propres. Chers Frères dans l'épiscopat, je vous invite à rester soucieux d'aider vos prêtres à vivre dans une union intime avec le Christ. Leur vie spirituelle est le fondement de leur vie apostolique. Vous les exhorterez avec douceur à la prière quotidienne et à la célébration digne des Sacrements, surtout de l'Eucharistie et de la Réconciliation, comme le faisait saint François de Sales pour ses prêtres. Tout prêtre doit pouvoir se sentir heureux de servir l'Église. A l'école du curé d'Ars, fils de votre terre et patron de tous les curés du monde, ne cessez pas de redire qu'un homme ne peut rien faire de plus grand que de donner aux fidèles le corps et le sang du Christ, et de pardonner les péchés. Cherchez à être attentifs à leur formation humaine, intellectuelle et spirituelle et à leurs moyens d'existence. Essayez, malgré le poids de vos lourdes occupations, de les rencontrer régulièrement et sachez les recevoir comme des frères et des amis (cf. LG 28 et CPE 16). Les prêtres ont
besoin de votre affection, de votre encouragement et de votre sollicitude. Soyez proches d'eux et ayez une attention particulière pour ceux qui sont en difficulté, malades ou âgés (cf. CPE 16). N'oubliez pas qu'ils sont comme le dit le Concile Vatican II, reprenant la superbe expression utilisée par saint Ignace d'Antioche aux Magnésiens, « la couronne spirituelle de l'Évêque » (LG 41).

Le culte liturgique est l'expression suprême de la vie sacerdotale et épiscopale, comme aussi de l'enseignement catéchétique. Votre charge de sanctification du peuple des fidèles, chers Frères, est indispensable à la croissance de l'Église. J'ai été amené à préciser, dans le Motu proprio Summorum Pontificum, les conditions d'exercice de cette charge, en ce qui concerne la possibilité d'utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962) que celui du Pape Paul VI (1970). Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j’espère que l'indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire. Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n'est de trop dans l'Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de Pasteurs, en faisant de nous les Bergers de ses brebis. Nous ne pouvons que Lui rendre grâce de l'honneur et de la confiance qu'Il nous fait. Efforçons-nous donc toujours d'être des serviteurs de l'unité !

Quels sont les autres domaines qui requièrent une plus grande attention ? Les réponses peuvent différer d'un diocèse à l'autre, mais il y a certainement un problème qui apparaît partout d’une urgence particulière : c’est la situation de la famille. Nous savons que le couple et la famille affrontent aujourd'hui de vraies bourrasques. Les paroles de l’évangéliste à propos de la barque dans la tempête au milieu du lac peuvent s’appliquer à la famille : « Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait » (Mc 4, 37). Les facteurs qui ont amené cette crise sont bien connus, et je ne m'attarderai donc pas à les énumérer. Depuis plusieurs décennies, des lois ont relativisé en différents pays sa nature de cellule primordiale de la société. Souvent, elles cherchent plus à s'adapter aux moeurs et aux revendications de personnes ou de groupes particuliers, qu'à promouvoir le bien commun de la société. L'union stable d'un homme et d'une femme, ordonnée à la construction d'un bonheur terrestre grâce à la naissance d'enfants donnés par Dieu, n'est plus, dans l'esprit de certains, le modèle auquel l’engagement conjugal se réfère. Cependant l’expérience enseigne que la famille est le socle sur lequel repose toute la société. De plus, le chrétien sait que la famille est aussi la cellule vivante de l'Église. Plus la famille sera imprégnée de l'esprit et des valeurs de l'Évangile, plus l'Église elle-même en sera enrichie et répondra mieux à sa vocation. D’ailleurs je connais et j’encourage vivement les efforts que vous faites afin d'apporter votre soutien aux différentes associations qui oeuvrent pour aider les familles. Vous avez raison de maintenir, même à contre-courant, les principes qui font la force et la grandeur du Sacrement de mariage. L'Église veut rester indéfectiblement fidèle au mandat que lui a confié son Fondateur, notre Maître et Seigneur Jésus-Christ. Elle ne cesse de répéter avec Lui : « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! » (Mt 19, 6). L’Église ne s'est pas donné cette mission : elle l'a reçue. Certes, personne ne peut nier l'existence d'épreuves, parfois très douloureuses, que traversent certains foyers. Il faudra accompagner ces foyers en difficulté, les aider à comprendre la grandeur du mariage, et les encourager à ne pas relativiser la volonté de Dieu et les lois de vie qu'Il nous a données. Une question particulièrement douloureuse est celle des divorcés remariés. L'Église, qui ne peut s'opposer à la volonté du Christ, maintient fermement le principe de l'indissolubilité du mariage, tout en entourant de la plus grande affection ceux et celles qui, pour de multiples raisons, ne parviennent pas à le respecter. On ne peut donc admettre les initiatives qui visent à bénir des unions illégitimes. L'Exhortation apostolique Familiaris consortio a indiqué le chemin ouvert par une pensée respectueuse de la vérité et de la charité.

 

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Posté par : le 14-09-2008


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Posté par : La rédaction le 14-09-2008

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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 14-09-2008

Chers Pèlerins, Chers frères et soeurs !


Chaque jour, la prière de l’Angelus nous offre la possibilité de méditer quelques instants, au plein milieu de nos activités, sur le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu. A midi, alors que les premières heures du jour commencent déjà à faire peser sur nous leur poids de fatigue, notre disponibilité et notre générosité sont renouvelées par la contemplation du ‘oui’ de Marie. Ce ‘oui’ limpide et sans réserve s'enracine dans le mystère de la liberté de Marie, liberté pleine et entière devant Dieu, dégagée de toute complicité avec le péché, grâce au privilège de son Immaculée Conception.

Ce privilège concédé à Marie, qui la distingue de notre condition commune, ne l'éloigne pas, mais au contraire la rapproche de nous. Alors que le péché divise, nous éloigne les uns des autres, la pureté de Marie la rend infiniment proche de nos coeurs, attentive à chacun de nous et désireuse de notre vrai bien. Vous le voyez ici à Lourdes, comme dans tous les sanctuaires mariaux, des foules immenses accourent aux pieds de Marie pour lui confier ce que chacun a de plus intime, ce qui lui tient particulièrement à coeur. Ce que, par gêne ou par pudeur, beaucoup n'osent parfois pas confier même à leurs proches, ils le confient à Celle qui est la toute pure, à son Coeur immaculé : avec simplicité, sans fard, en vérité. Devant Marie, en vertu même de sa pureté, l'homme n'hésite pas à se montrer dans sa faiblesse, à livrer ses questions et ses doutes, à formuler ses espérances et ses désirs les plus secrets. L'amour maternel de la Vierge Marie désarme tout orgueil ; il rend l'homme capable de se regarder tel qu'il est et il lui inspire le désir de se convertir pour rendre gloire à Dieu.

Marie nous montre ainsi la juste manière d'avancer vers le Seigneur. Elle nous apprend à nous approcher de lui dans la vérité et la simplicité. Grâce à elle, nous découvrons que la foi chrétienne n'est pas un poids, mais elle est comme une aile qui nous permet de voler plus haut pour nous réfugier entre les bras de Dieu.

La vie et la foi du peuple des croyants manifestent que la grâce de l'Immaculée Conception faite à Marie n'est pas seulement une grâce personnelle, mais elle est pour tous. Elle est une grâce faite au peuple de Dieu tout entier. En Marie, l'Église peut déjà contempler ce qu'elle est appelée à devenir. Chaque croyant peut dès à présent contempler l'accomplissement parfait de sa propre vocation. Puisse chacun de nous demeurer toujours dans l'action de grâce pour ce que le Seigneur a voulu révéler de son plan de salut à travers le mystère de Marie. Mystère dans lequel nous sommes impliqués de la plus belle des manières, puisque du haut de la Croix, que nous fêtons et que nous exaltons aujourd'hui, il nous est révélé, de la bouche même de Jésus, que sa Mère est notre mère. En tant que fils et filles de Marie, nous profitons de toutes les grâces qui lui ont été faites, et la dignité incomparable que lui procure sa Conception Immaculée rejaillit sur nous, ses enfants.

Ici, tout près de la grotte, et en communion particulière avec tous les pèlerins présents dans les sanctuaires mariaux et avec tous les malades de corps et d'âme qui cherchent réconfort, nous bénissons le Seigneur pour la présence de Marie au milieu de son peuple et nous adressons avec foi notre prière :
« Sainte Marie, toi qui t'es montrée ici, il y a cent cinquante ans, à la jeune Bernadette, tu `es la vraie fontaine d'espérance' (Dante, Le Paradis, XXXIII,12).

Pèlerins confiants, nous venons, de tous les horizons, encore une fois puiser la foi et le réconfort, la joie et l'amour, la sécurité et la paix, à la source de ton Coeur immaculé. ‘Monstra Te esse Matrem’. Montre-toi comme une Mère pour tous, ô Marie ! Et donne-nous le Christ, l'espérance du monde ! Amen ».


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 14-09-2008

Messieurs les Cardinaux, Cher Monseigneur Perrier,
Chers Frères dans l’Épiscopat et le Sacerdoce,
Chers pèlerins, frères et soeurs,


« Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle ». C'est le message qu'en ces lieux Bernadette a reçu de la « belle Dame » qui lui apparut le 2 mars 1858. Depuis 150 ans, les pèlerins n'ont jamais cessé de venir à la grotte de Massabielle pour entendre le message de conversion et d'espérance qui leur est adressé. Et nous aussi, nous voici ce matin aux pieds de Marie, la Vierge Immaculée, pour nous mettre à son école avec la petite Bernadette.

Je remercie particulièrement Mgr Jacques Perrier, Évêque de Tarbes et Lourdes, pour l'accueil chaleureux qu'il m'a réservé et pour les paroles aimables qu’il m’a adressées. Je salue les Cardinaux, les Évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et les religieuses, ainsi que vous tous, chers pèlerins de Lourdes, en particulier les malades. Vous êtes venus en grand nombre accomplir ce pèlerinage jubilaire avec moi et confier vos familles, vos proches et vos amis, et toutes vos intentions à Notre Dame. Ma gratitude va aussi aux Autorités civiles et militaires qui ont voulu être présentes à cette célébration eucharistique.

« Quelle grande chose que de posséder la Croix ! Celui qui la possède, possède un trésor » (Saint André de Crète, Homélie X pour l'Exaltation de la Croix, PG 97, 1020). En ce jour où la liturgie de l'Église célèbre la fête de l'Exaltation de la sainte Croix, l'Évangile nous rappelle la signification de ce grand mystère : Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique, pour que les hommes soient sauvés (cf. Jn 3, 16). Le Fils de Dieu s'est fait vulnérable, prenant la condition de serviteur, obéissant jusqu'à la mort et la mort sur une croix (cf. Ph 2, 8). C'est par sa Croix que nous sommes sauvés. L'instrument de supplice qui manifesta, le Vendredi-Saint, le jugement de Dieu sur le monde, est devenu source de vie, de pardon, de miséricorde, signe de réconciliation et de paix. « Pour être guéris du péché, regardons le Christ crucifié ! » disait saint Augustin (Traités sur St Jean, XII, 11). En levant les yeux vers le Crucifié, nous adorons Celui qui est venu enlever le péché du monde et nous donner la vie éternelle. Et l'Église nous invite à élever avec fierté cette Croix glorieuse pour que le monde puisse voir jusqu'où est allé l'amour du Crucifié pour les hommes. Elle nous invite à rendre grâce à Dieu parce que d'un arbre qui apportait la mort, a surgi à nouveau la vie. C'est sur ce bois que Jésus nous révèle sa souveraine majesté, nous révèle qu'Il est exalté dans la gloire. Oui, « Venez, adorons-le ! ». Au milieu de nous se trouve Celui qui nous a aimés jusqu'à donner sa vie pour nous, Celui qui invite tout être humain à s’approcher de lui avec confiance.

C'est ce grand mystère que Marie nous confie aussi ce matin en nous invitant à nous tourner vers son Fils. En effet, il est significatif que, lors de la première apparition à Bernadette, c'est par le signe de la Croix que Marie débute sa rencontre. Plus qu'un simple signe, c'est une initiation aux mystères de la foi que Bernadette reçoit de Marie. Le signe de la Croix est en quelque sorte la synthèse de notre foi, car il nous dit combien Dieu nous a aimés ; il nous dit que, dans le monde, il y a un amour plus fort que la mort, plus fort que nos faiblesses et nos péchés. La puissance de l'amour est plus forte que le mal qui nous menace. C'est ce mystère de l'universalité de l'amour de Dieu pour les hommes que Marie est venue rappeler ici, à Lourdes. Elle invite tous les hommes de bonne volonté, tous ceux qui souffrent dans leur coeur ou dans leur corps, à lever les yeux vers la Croix de Jésus pour y trouver la source de la vie, la source du salut.

L'Église a reçu la mission de montrer à tous ce visage aimant de Dieu manifesté en Jésus-Christ. Saurons-nous comprendre que dans le Crucifié du Golgotha c'est notre dignité d'enfants de Dieu, ternie par le péché, qui nous est rendue ? Tournons nos regards vers le Christ. C'est Lui qui nous rendra libres pour aimer comme il nous aime et pour construire un monde réconcilié. Car, sur cette Croix, Jésus a pris sur lui le poids de toutes les souffrances et des injustices de notre humanité. Il a porté les humiliations et les discriminations, les tortures subies en de nombreuses régions du monde par tant de nos frères et de nos soeurs par amour du Christ. Nous les confions à Marie, mère de Jésus et notre mère, présente au pied de la Croix.

Pour accueillir dans nos vies cette Croix glorieuse, la célébration du jubilé des apparitions de Notre-Dame à Lourdes nous fait entrer dans une démarche de foi et de conversion. Aujourd'hui, Marie vient à notre rencontre pour nous indiquer les voies d'un renouveau de la vie de nos communautés et de chacun de nous. En accueillant son Fils, qu'elle nous présente, nous sommes plongés dans une source vive où la foi peut retrouver une vigueur nouvelle, où l'Église peut se fortifier pour proclamer avec toujours plus d'audace le mystère du Christ. Jésus, né de Marie, est le Fils de Dieu, l'unique Sauveur de tous les hommes, vivant et agissant dans son Église et dans le monde. L'Église est envoyée partout dans le monde pour proclamer cet unique message et inviter les hommes à l'accueillir par une authentique conversion du coeur. Cette mission, qui a été confiée par Jésus à ses disciples, reçoit ici, à l'occasion de ce jubilé, un souffle nouveau. Qu'à la suite des grands évangélisateurs de votre pays, l'esprit missionnaire qui a animé tant d'hommes et de femmes de France, au cours des siècles, soit encore votre fierté et votre engagement !

En suivant le parcours jubilaire sur les pas de Bernadette, l'essentiel du message de Lourdes nous est rappelé. Bernadette est l’aînée d’une famille très pauvre, qui ne possède ni savoir ni pouvoir, faible de santé. Marie l’a choisie pour transmettre son message de conversion, de prière et de pénitence, conformément à la parole de Jésus : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25). Dans leur cheminement spirituel, les chrétiens sont appelés eux aussi à faire fructifier la grâce de leur Baptême, à se nourrir de l'Eucharistie, à puiser dans la prière la force pour témoigner et être solidaires avec tous leurs frères en humanité (cf. Hommage à la Vierge Marie, Place d'Espagne, 8 décembre 2007). C'est donc une véritable catéchèse qui nous est ainsi proposée, sous le regard de Marie. Laissons-la nous instruire et nous guider sur le chemin qui conduit au Royaume de son Fils !

 

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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 14-09-2008

Cher Monseigneur Perrier, Évêque de Tarbes et Lourdes,
Chers Frères dans l'Épiscopat et le Sacerdoce,
Chers Pèlerins, Chers Frères et Soeurs,

Il y a cent cinquante ans, le 11 février 1858, en ce lieu-dit La grotte de Massabielle, à l'écart de la ville, une simple jeune fille de Lourdes, Bernadette Soubirous, a vu une lumière et, dans cette lumière, une jeune dame « belle, belle plus que tout ». Cette dame s'est adressée à elle avec bonté et douceur, avec respect et confiance : « Elle me disait vous (raconte Bernadette)... Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? (lui demande-t-elle)... Elle me regardait comme une personne qui parle à une autre personne ». C'est dans cette conversation, dans ce dialogue tout empreint de délicatesse, que la Dame la charge de transmettre certains messages très simples sur la prière, la pénitence et la conversion. Il n'est pas étonnant que Marie soit belle puisque, lors de l’apparition du 25 mars 1858, elle révèle ici son nom : « Je suis l'Immaculée Conception ».


Regardons à notre tour cette « Femme ayant le soleil pour manteau » que nous montre l'Écriture (Ap 12,1). La Très Sainte Vierge Marie, la Femme glorieuse de l'Apocalypse, porte sur sa tête une couronne de douze étoiles qui représentent les douze tribus d'Israël, tout le peuple de Dieu, toute la communion des saints, et avec, à ses pieds, la lune, image de la mort et de la mortalité. Marie a laissé la mort derrière elle ; elle est entièrement revêtue de vie, celle de son Fils, le Christ ressuscité. Elle est ainsi le signe de la victoire de l'amour, du bien et de Dieu, donnant à notre monde l'espérance dont il a besoin. Ce soir, tournons notre regard vers Marie, si glorieuse et si humaine, et laissons-la nous conduire vers Dieu qui est vainqueur.

De nombreuses personnes en ont témoigné : la rencontre avec le visage lumineux de Bernadette bouleversait les coeurs et les regards. Que ce soit pendant les apparitions elles-mêmes ou lorsqu' elle les racontait : son visage était alors tout rayonnant. Bernadette était désormais habitée par la lumière de Massabielle. La vie quotidienne de la famille Soubirous était pourtant faite de misère et de tristesse, de maladie et d'incompréhension, de rejet et de pauvreté. Même s'il ne manquait pas d'amour et de chaleur dans les relations familiales, il était difficile de vivre au cachot. Cependant, les ombres de la terre n'ont pas empêché la lumière du ciel de briller. « La lumière brille dans les ténèbres … » (Jn 1, 5).

Lourdes est l'un de ces lieux que Dieu a choisi pour y faire refléter un éclat particulier de sa beauté, d'où l'importance ici du symbole de la lumière. Dès la quatrième apparition, Bernadette, en arrivant à la grotte, allumait chaque matin un cierge bénit et le tenait dans sa main gauche, tant que la Vierge se montrait. Très vite, des personnes confièrent un cierge à Bernadette pour qu'elle l'enfonce dans la terre au fond de la grotte. Très vite aussi, des personnes déposèrent des cierges en ce lieu de lumière et de paix. La Mère de Dieu fit elle-même savoir qu'elle agréait l'hommage touchant de ces milliers de flambeaux, qui depuis lors éclairent sans fin, pour la glorifier, le rocher de l'apparition. Depuis ce jour, devant la grotte, nuit et jour, été comme hiver, un buisson ardent brille, embrasé de la prière des pèlerins et des malades, qui exprime leurs préoccupations et leurs besoins mais surtout leur foi et leur espérance.

En venant en pèlerinage, ici, à Lourdes, nous voulons entrer, à la suite de Bernadette, dans cette extraordinaire proximité entre le ciel et la terre qui ne s'est jamais démentie et qui ne cesse de se consolider. Au cours des apparitions, il est à remarquer que Bernadette prie le chapelet sous les yeux de Marie qui se joint à elle pour la doxologie. Ce fait confirme le caractère profondément théocentrique de la prière du chapelet. Alors que nous prions le chapelet, Marie nous offre son coeur et son regard pour contempler la vie de son Fils, le Christ-Jésus. Mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II est venu à deux reprises, ici, à Lourdes. Dans sa vie et dans son ministère, nous savons combien sa prière s'appuyait sur l'intercession de la Vierge Marie. Comme beaucoup de ceux qui l'ont précédé sur le siège de Pierre, lui aussi a vivement encouragé la prière du chapelet ; il l'a fait, entre autres, d'une manière tout à fait singulière, en enrichissant le Saint Rosaire avec la méditation des Mystères Lumineux. Ceux-ci sont d'ailleurs représentés sur la façade de la Basilique dans les nouvelles mosaïques inaugurées l'an dernier. Comme avec tous les événements de la vie du Christ « qu'elle gardait et méditait dans son coeur » (Lc 2, 19), Marie nous fait comprendre toutes les étapes du ministère public comme partie intégrante de la révélation de la Gloire de Dieu. Puisse Lourdes, terre de lumière, demeurer une école pour apprendre à prier le Rosaire, qui introduit le disciple de Jésus, sous les yeux de sa Mère, dans un dialogue authentique et cordial avec son Maître !

Par la bouche de Bernadette, nous entendons la Vierge Marie nous demander de « venir ici en procession » pour prier avec simplicité et ferveur. La procession aux flambeaux, traduit à nos yeux de chair, le mystère de la prière : dans la communion de l'Église, qui unit élus du ciel et pèlerins de la terre, la lumière jaillit du dialogue entre l'homme et son Seigneur et une route lumineuse s'ouvre dans l'histoire des hommes, y compris dans ses moments les plus obscurs. Cette procession est un moment de grande joie ecclésiale, mais aussi un temps de gravité : les intentions que nous apportons soulignent notre profonde communion avec tous les êtres qui souffrent. Nous pensons aux victimes innocentes qui subissent la violence, la guerre, le terrorisme, la famine, des injustices, des fléaux et des calamités, la haine et des oppressions, des atteintes à leur dignité humaine et à leurs droits fondamentaux, à leur liberté d'agir et de penser ; nous pensons aussi à ceux qui connaissent des problèmes familiaux, ou qui éprouvent une souffrance face au chômage, à la maladie, à l'infirmité, à la solitude, à leur situation d'immigrés. Je désire ne pas oublier ceux qui souffrent à cause du nom du Christ et qui meurent pour Lui.

 

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Posté par : La rédaction le 14-09-2008

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Posté par : La rédaction le 13-09-2008

En se rendant en France, le Pape a répondu dans l'avion à une question sur le Motu proprio Summorum pontificum.

 

 


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Catégorie : Religion
Posté par : le 13-09-2008

Alors que le pape concélèbre la messe avec 1500 prêtres et près de 90 cardinaux et évêques des diocèses de France et de sa suite, plus de 260 000 personnes sont présents sur l’esplanade des Invalides et place Vauban.


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 13-09-2008

Monsieur le Chancelier,
Madame et Messieurs les Secrétaires Perpétuels des Cinq Académies,
Messieurs les Cardinaux,
Chers frères dans l’Épiscopat et le Sacerdoce,
Chers Amis Académiciens, Mesdames et Messieurs !

C'est pour moi un très grand honneur d'être reçu ce matin sous la Coupole. Je vous remercie (…) de vos paroles d’accueil pleines de courtoisie et de la médaille que vous avez bien voulu m’offrir. Je ne pouvais pas venir à Paris sans vous saluer personnellement. Il m'est agréable de profiter de cette heureuse occasion pour souligner les liens profonds qui m'attachent à la culture française pour laquelle j'éprouve une grande admiration. Dans mon parcours intellectuel, la rencontre avec la culture française a eu une importance singulière. Je saisis volontiers l’occasion qui m’est donnée pour exprimer à son égard ma gratitude, à titre personnel et comme successeur de Pierre. La plaque que nous venons de dévoiler gardera le souvenir de notre rencontre.

Rabelais affirmait fort justement en son temps : « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme ! » (Pantagruel, 8). C’est pour contribuer à éviter le risque d’une semblable dichotomie que, au mois de janvier, et pour la première fois en trois siècles et demi, deux Académies de l'Institut, deux Académies Pontificales et l'Institut Catholique de Paris ont organisé un Colloque inter-académique sur l’identité changeante de l’individu qui a illustré l’intérêt de larges recherches pluridisciplinaires. Cette initiative pourrait se poursuivre afin d'explorer en commun les innombrables sentiers des sciences humaines et expérimentales. Ce voeu s' accompagne de la prière que je fais monter vers le Seigneur pour vous, pour les personnes qui vous sont chères et pour tous les membres des Académies, ainsi que pour tout le personnel de l'Institut de France. Que Dieu vous bénisse !


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 13-09-2008

Monsieur le Cardinal Vingt-Trois,
Messieurs les Cardinaux et Chers Frères dans l'Épiscopat,
Frères et soeurs dans le Christ,


Jésus-Christ nous rassemble en cet admirable lieu, au coeur de Paris, en ce jour où l'Église universelle fête saint Jean Chrysostome, l'un de ses plus grands Docteurs qui par son témoignage de vie et son enseignement, a montré efficacement aux chrétiens la route à suivre. Je salue avec joie toutes les Autorités qui m'ont accueilli en cette noble cité, tout spécialement le Cardinal André Vingt-Trois, que je remercie pour ses aimables paroles. Je salue aussi tous les Évêques, les Prêtres, les Diacres qui m'entourent pour la célébration du sacrifice du Christ. Je remercie toutes les Personnalités, en particulier Monsieur le Premier Ministre, qui ont tenu à être présentes ici ce matin ; je les assure de ma prière fervente pour l'accomplissement de leur haute mission au service de leurs concitoyens.

La première Lettre de saint Paul, adressée aux Corinthiens, nous fait découvrir, en cette année paulinienne qui s'est ouverte le 28 juin dernier, à quel point les conseils donnés par l'Apôtre restent d'actualité. « Fuyez le culte des idoles » (1 Co 10, 14), écrit-il à une communauté très marquée par le paganisme et partagée entre l'adhésion à la nouveauté de l'Évangile et l'observance de vieilles pratiques héritées de ses ancêtres. Fuir les idoles, cela voulait dire alors, cesser d'honorer les divinités de l'Olympe et de leur offrir des sacrifices sanglants. Fuir les idoles, c'était se mettre à l'école des prophètes de l'Ancien Testament qui dénonçaient la tendance humaine à se forger de fausses représentations de Dieu. Comme le dit le Psaume 113 à propos des statues des idoles, elles ne sont qu’ « or et argent, ouvrages de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas, des narines et ne sentent pas » (4-5). Hormis le peuple d'Israël, qui avait reçu la révélation du Dieu unique, le monde antique était asservi au culte des idoles. Très présentes à Corinthe, les erreurs du paganisme devaient être dénoncées, car elles constituaient une puissante aliénation et détournaient l'homme de sa véritable destinée. Elles l'empêchaient de reconnaître que le Christ est le seul Sauveur, le seul qui indique à l'homme le chemin vers Dieu.

Cet appel à fuir les idoles reste pertinent aujourd'hui. Le monde contemporain ne s'est-il pas créé ses propres idoles ? N'a-t-il pas imité, peut-être à son insu, les païens de l'Antiquité, en détournant l'homme de sa fin véritable, du bonheur de vivre éternellement avec Dieu ? C'est là une question que tout homme, honnête avec lui-même, ne peut que se poser. Qu'est-ce qui est important dans ma vie ? Qu'est-ce que je mets à la première place ? Le mot « idole » vient du grec et signifie « image », « figure », « représentation », mais aussi « spectre », « fantôme », « vaine apparence ». L'idole est un leurre, car elle détourne son serviteur de la réalité pour le cantonner dans le royaume de l'apparence. Or n'est-ce pas une tentation propre à notre époque, la seule sur laquelle nous puissions agir efficacement ? Tentation d'idolâtrer un passé qui n'existe plus, en oubliant ses carences, tentation d'idolâtrer un avenir qui n'existe pas encore, en croyant que, par ses seules forces, l'homme réalisera le bonheur éternel sur la terre ! Saint Paul explique aux Colossiens que la cupidité insatiable est une idolâtrie (Cf. 3,5) et il rappelle à son disciple Timothée que l'amour de l'argent est la racine de tous les maux. Pour s'y être livrés, précise-t-il, « certains se sont égarés loin de la foi et se sont infligés à eux-mêmes des tourments sans nombre » (1 Tm 6, 10). L'argent, la soif de l'avoir, du pouvoir et même du savoir n'ont-ils pas détourné l'homme de sa Fin véritable ?

Chers frères et soeurs, la question que nous pose la liturgie de ce jour trouve sa réponse dans cette même liturgie, que nous avons héritée de nos Pères dans la foi, et notamment de saint Paul lui-même (Cf. 1 Co 11, 23). Dans son commentaire de ce texte, saint Jean Chrysostome fait remarquer que saint Paul condamne sévèrement l'idolâtrie, qui est une « faute grave », un « scandale », une véritable « peste » (Homélie 24 sur la première Lettre aux Corinthiens, 1). Immédiatement, il ajoute que cette condamnation radicale de l'idolâtrie n'est en aucun cas une condamnation de la personne de l'idolâtre. Jamais, dans nos jugements, nous ne devons confondre le péché qui est inacceptable, et le pécheur dont nous ne pouvons pas juger l’état de la conscience et qui, de toute façon, est toujours susceptible de conversion et de pardon. Saint Paul en appelle à la raison de ses lecteurs : « Je vous parle comme à des gens réfléchis : jugez vous-mêmes de ce que je dis » (1 Co 10, 15). Jamais Dieu ne demande à l'homme de faire le sacrifice de sa raison ! Jamais la raison n'entre en contradiction réelle avec la foi ! L'unique Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, a créé notre raison et nous donne la foi, en proposant à notre liberté de la recevoir comme un don précieux. C'est le culte des idoles qui détourne l'homme de cette perspective, et la raison elle-même peut se forger des idoles. Demandons donc à Dieu qui nous voit et nous entend, de nous aider à nous purifier de toutes nos idoles, pour accéder à la vérité de notre être, pour accéder à la vérité de son être infini !

Comment parvenir à Dieu ? Comment parvenir à trouver ou retrouver Celui que l'homme cherche au plus profond de lui-même, tout en l'oubliant si souvent ? Saint Paul nous demande de faire usage non seulement de notre raison, mais surtout de notre foi pour le découvrir. Or, que nous dit la foi? Le pain que nous rompons est communion au Corps du Christ ; la coupe d'action de grâce que nous bénissons est communion au Sang du Christ. Révélation extraordinaire, qui nous vient du Christ et qui nous est transmise par les Apôtres et par toute l'Église depuis deux millénaires : le Christ a institué le sacrement de l'Eucharistie au soir du Jeudi Saint. Il a voulu que son sacrifice soit de nouveau présenté, de manière non sanglante, chaque fois qu'un prêtre redit les paroles de la consécration sur le pain et le vin. Des millions de fois, depuis deux mille ans, dans la plus humble des chapelles comme dans la plus grandiose des basiliques ou des cathédrales, le Seigneur ressuscité s'est donné à son peuple, devenant ainsi, selon la formule de saint Augustin, « plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes » (cf. Confessions III, 6. 11).

Frères et soeurs, entourons de la plus grande vénération le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, le Très Saint-Sacrement de la présence réelle du Seigneur à son Église et à toute l'humanité. Ne négligeons rien pour lui manifester notre respect et notre amour ! Donnons-lui les plus grandes marques d'honneur ! Par nos paroles, nos silences et nos gestes, n'acceptons jamais de laisser s'affadir en nous et autour de nous la foi dans le Christ ressuscité présent dans l'Eucharistie ! Comme le dit magnifiquement saint Jean Chrysostome lui-même : « Passons en revue les ineffables bienfaits de Dieu et tous les biens dont il nous fait jouir, lorsque nous lui offrons cette coupe, lorsque nous communions, lui rendant grâce d'avoir délivré le genre humain de l'erreur, d'avoir rapproché de lui ceux qui en étaient éloignés, d'avoir fait, des désespérés, et des athées de ce monde, un peuple de frères, de cohéritiers du Fils de Dieu » (Homélie 24 sur la Première Lettre aux Corinthiens, 1). En effet,
poursuit-il, « ce qui est dans la coupe, c'est précisément ce qui a coulé de son côté, et c'est à cela que nous participons » (ibid.). Il n'y a pas seulement participation et partage, il y a « union », dit-il.

 

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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 13-09-2008

 9h10  : Brève visite à l’Institut de France  de Paris.
10h00 : Messe sur l'Esplanade des Invalides.     Homélie du Saint-Père
12h30 : Déjeuner avec les évêques de la région et la suite papale à la Nonciature Apostolique de Paris.
15h50 : Départ de la Nonciature Apostolique de Paris.
16h30 : Départ en avion pour l’aéroport de Tarbes-Lourdes.
 


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 12-09-2008

Chers jeunes,
Après le recueillement priant des Vêpres à Notre-Dame, c'est avec enthousiasme que vous me saluez ce soir, donnant ainsi un caractère festif et très sympathique à cette rencontre. Elle me rappelle celle inoubliable de juillet dernier à Sydney, à laquelle certains d'entre vous ont participé à l'occasion de la Journée Mondiale de la Jeunesse. Ce soir, je voudrais vous parler de deux points profondément liés l'un à l'autre, qui constituent un véritable trésor où vous pourrez mettre votre coeur (cf. Mt 6, 21).

Le premier se rapporte au thème choisi pour Sydney. Il est aussi celui de votre veillée de prière qui va débuter dans quelques instants. Il s'agit d'un passage tiré des Actes des Apôtres, livre que certains appellent fort justement l'Évangile de l'Esprit Saint : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Sydney a fait redécouvrir à de nombreux jeunes l'importance de l'Esprit Saint dans la vie du chrétien. L'Esprit nous met intimement en rapport avec Dieu, chez qui se trouve la source de toute richesse humaine authentique. Tous, vous cherchez à aimer et à être aimés ! C'est vers Dieu que vous devez vous tourner pour apprendre à aimer et pour avoir la force d'aimer. L'Esprit, qui est Amour, peut ouvrir vos coeurs pour recevoir le don de l'amour authentique. Tous, vous cherchez la vérité et vous voulez en vivre ! Cette vérité, c’est le Christ. Il est le seul Chemin, l'unique Vérité et la vraie Vie. Suivre le Christ signifie véritablement « prendre le large », comme le disent à plusieurs reprises les Psaumes. La route de la Vérité est en même temps une et multiple, selon les divers charismes de chacun, tout comme la Vérité est une et à la fois d’une richesse inépuisable. Confiez-vous à l'Esprit Saint pour découvrir le Christ. L'Esprit est le guide nécessaire de la prière, l'âme de notre espérance et la source de la vraie joie.

Pour approfondir ces vérités de foi, je vous encourage à méditer la grandeur du sacrement de la Confirmation que vous avez reçu et qui vous introduit dans une vie de foi adulte. Il est urgent de mieux comprendre ce sacrement pour vérifier la qualité et la profondeur de votre foi et pour l'affermir. L'Esprit Saint vous fait approcher du Mystère de Dieu et vous fait comprendre qui est Dieu. Il vous invite à voir dans votre prochain, le frère que Dieu vous a donné pour vivre avec lui en communion, humainement et spirituellement, pour vivre en Église, donc. En vous révélant qui est le Christ, mort et ressuscité pour nous, Il vous pousse à témoigner. Vous êtes à l'âge de la générosité. Il est urgent de parler du Christ autour de vous, à vos familles et à vos amis, sur vos lieux d'études, de travail ou de loisirs. N'ayez pas peur ! Ayez « le courage de vivre l'évangile et l'audace de le proclamer » (Message aux jeunes du Monde, 20 juillet 2007). Pour cela, je vous encourage à avoir les mots qu'il faut pour annoncer Dieu autour de vous, appuyant votre témoignage sur la force de l'Esprit demandé dans la prière. Portez la Bonne Nouvelle aux jeunes de votre âge et aussi aux autres. Ils connaissent les turbulences des affections, le souci et l'incertitude face au travail et aux études. Ils affrontent des souffrances et ils font l'expérience de joies uniques. Témoignez de Dieu, car, en tant que jeunes, vous faites pleinement partie de la communauté catholique en vertu de votre baptême et en raison de la commune profession de foi (cf. Eph 4, 5). L'Église vous fait confiance, je tiens à vous le dire !
 

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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 12-09-2008

Chers Frères Cardinaux et Évêques,
Messieurs les Chanoines du Chapitre,
Messieurs les Chapelains de Notre-Dame,
Chers prêtres et diacres,
Chers amis membres des Églises et Communautés ecclésiales non catholiques,
Chers frères et soeurs!


Béni soit Dieu qui nous permet de nous retrouver en un lieu si cher au coeur des Parisiens, mais aussi de tous les Français ! Béni soit Dieu, qui nous donne la grâce de Lui faire l'hommage de notre prière vespérale pour Lui rendre la louange qu'Il mérite avec les paroles que la liturgie de l'Église a héritées de la liturgie synagogale pratiquée par le Christ et par ses premiers disciples ! Oui, béni soit Dieu de venir ainsi à notre aide - in adiutorium nostrum - pour nous aider à faire monter vers Lui l'offrande du sacrifice de nos lèvres !

Nous voici dans l'église-mère du diocèse de Paris, la cathédrale Notre-Dame, qui se dresse au coeur de la cité comme un signe vivant de la présence de Dieu au milieu des hommes. Mon prédécesseur Alexandre III en posa la première pierre, les Papes Pie VII et Jean-Paul II l'honorèrent de leur visite, et je suis heureux de m'inscrire à leur suite, après y être venu voici un quart de siècle pour y prononcer une conférence sur la catéchèse. Il est difficile de ne pas rendre grâce à Celui qui a créé la matière aussi bien que l'esprit, pour la beauté de l'édifice qui nous reçoit. Les chrétiens de Lutèce avaient déjà construit une cathédrale dédiée à saint Étienne, premier martyr, mais, devenue trop exigüe, elle fut remplacée progressivement, entre le XIIe et le XIVe siècle, par celle que nous admirons de nos jours. La foi du Moyen Age a bâti les cathédrales, et vos ancêtres sont venus ici pour louer Dieu, lui confier leurs espérances et lui dire leur amour. De grands événements religieux et civils se sont déroulés dans ce sanctuaire où les architectes, les peintres, les sculpteurs et les musiciens ont donné le meilleur d'eux-mêmes. Qu'il suffise de rappeler, parmi bien d'autres, les noms de l'architecte Jean de Chelles, du peintre Charles Le Brun, du sculpteur Nicolas Coustou et des organistes Louis Vierne et Pierre Cochereau. L'art, chemin vers Dieu, et la prière chorale, louange de l'Église au Créateur, ont aidé Paul Claudel, venu assister aux vêpres du jour de Noël 1886, à trouver le chemin vers une expérience personnelle de Dieu. Il est significatif que Dieu ait illuminé son âme précisément pendant le chant du Magnificat, dans lequel l'Église écoute le cantique de la Vierge Marie, sainte Patronne de ces lieux, qui rappelle au monde que le Tout-Puissant a exalté les humbles (cf. Lc 1, 52). Théâtre de conversions moins connues, mais non moins réelles, chaire où des prédicateurs de l'Évangile, comme les Pères Lacordaire, Monsabré et Samson, ont su transmettre la flamme de leur passion aux auditoires les plus variés, la cathédrale Notre-Dame demeure à juste titre l'un des monuments les plus célèbres du patrimoine de votre pays. Les reliques de la Vraie Croix et de la Couronne d'épines, que je viens de vénérer, comme on le fait depuis saint Louis, y ont trouvé aujourd’hui un écrin digne d'elles, qui constitue l'offrande de l'esprit des hommes à l'Amour créateur.

Témoin (…) de l'échange incessant que Dieu a voulu établir entre les hommes et Lui, la Parole vient de retentir sous les voûtes historiques de cette cathédrale pour être la matière de notre sacrifice du soir, souligné par l'offrande de l'encens qui rend visible notre louange à Dieu. Providentiellement, les paroles du psalmiste décrivent l’émotion de notre âme avec une justesse que nous n'aurions osé imaginer : «Quelle joie quand on m'a dit : nous irons dans la maison du Seigneur ! » (Ps 121, 1). Laetatus sum in his quae dicta sunt mihi : la joie du psalmiste, enclose dans les paroles mêmes du psaume, se répand dans nos coeurs et y suscite un profond écho. Notre joie est bien d'aller dans la maison du Seigneur, car, les Pères nous l'ont enseigné, cette maison n'est autre que le symbole concret de la Jérusalem d'en haut, celle qui descend vers nous (cf. Ap 21, 2) pour nous offrir la plus belle des demeures. « Si nous y séjournons, écrit saint Hilaire de Poitiers, nous sommes concitoyens des saints et membres de la famille de Dieu, car c'est la maison de Dieu » (Traité sur le Psaume 121, 2). Et saint Augustin renchérit : « Ce psaume aspire à la Jérusalem céleste... C'est un cantique des degrés, qui ne sont pas faits pour descendre, mais pour monter… Dans notre exil, nous soupirons, mais nous rencontrons parfois des compagnons qui ont vu la cité sainte et qui nous invitent à y courir » (Enarratio sur le Psaume 121, 2). Chers amis, au cours de ces vêpres, nous rejoignons par la pensée et dans la prière les innombrables voix de ceux et de celles qui ont chanté ce psaume, ici même, avant nous, depuis des siècles et des siècles. Nous rejoignons ces pèlerins qui montaient vers Jérusalem et vers les degrés de son Temple, nous rejoignons les milliers d'hommes et de femmes qui ont compris que leur pèlerinage sur la terre trouverait son terme au ciel, dans la Jérusalem éternelle, et qui ont fait confiance au Christ pour les y mener. Quelle joie, en effet, de nous savoir invisiblement entourés par une telle foule de témoins !

Notre marche vers la cité sainte ne serait pas possible, si elle ne se faisait en Église, germe et préfiguration de la Jérusalem d'en haut. « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain » (Ps 126, 1). Qui est ce Seigneur, sinon Notre Seigneur Jésus Christ. C'est Lui qui a fondé son Église, qui l'a bâtie sur le roc, sur la foi de l'Apôtre Pierre. Comme le dit encore saint Augustin, « c'est Jésus Christ, Lui-même, Notre Seigneur qui construit son temple. Beaucoup se fatiguent à bâtir, mais si le Seigneur n’en construit un, c'est en vain que travaillent ceux qui construisent » (Traité sur le Psaume 126, 2). Or, chers amis, Augustin se pose la question de savoir quels sont ces travailleurs ; et il répond lui-même : « Ceux qui prêchent dans l'Église la parole de Dieu, qui administrent les sacrements. Nous courons tous maintenant, nous travaillons tous, nous édifions tous », mais c'est Dieu seul qui, en nous, « édifie, qui avertit, qui ouvre l'intelligence, qui applique notre esprit aux vérités de la foi » (ibid.). Quelle merveille revêt notre action au service de la Parole divine ! Nous sommes les instruments de l'Esprit ; Dieu a l'humilité de passer par nous pour répandre sa Parole. Nous devenons sa voix, après avoir tendu l'oreille vers sa bouche. Nous mettons sa Parole sur nos lèvres pour la donner au monde. L'offrande de notre prière est agréé par Lui et Lui sert pour se communiquer à tous ceux que nous rencontrons. En vérité, comme Paul le dit aux Éphésiens, « Il nous a comblés de sa bénédiction spirituelle en Jésus Christ » (1, 3), puisqu'il nous a choisis pour
être ses témoins jusqu'aux extrémités de la terre et qu'il nous a élus dès avant notre conception, par un don mystérieux de
sa grâce.

 

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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 12-09-2008

Monsieur le Cardinal,

Madame le Ministre de la Culture,

Monsieur le Maire,

Monsieur le Chancelier de l’Institut,

 

Chers amis,

Merci, Monsieur le Cardinal, pour vos aimables paroles. Nous nous trouvons dans un lieu historique, lieu édifié par les fils de saint Bernard de Clairvaux et que votre prédécesseur, le regretté Cardinal Jean-Marie Lustiger, a voulu comme un centre de dialogue de la Sagesse chrétienne avec les courants culturels intellectuels et artistiques de votre société. Je salue particulièrement Madame le Ministre de la Culture qui représente le gouvernement, ainsi que Messieurs Giscard d’Estaing et Chirac. J’adresse également mes salutations aux ministres présents, aux représentants de l’UNESCO, à Monsieur le Maire de Paris et à toutes les autorités. Je ne veux pas oublier mes collègues de l’Institut de France qui savent ma considération et je désire remercier le Prince de Broglie de ses paroles cordiales. Nous nous reverrons demain matin. Je remercie les délégués de la communauté musulmane française d’avoir accepté de participer à cette rencontre ; je leur adresse mes voeux les meilleurs en ce temps du ramadan. Mes salutations chaleureuses vont maintenant tout naturellement vers l’ensemble du monde multiforme de la culture que vous représentez si dignement, chers invités.

J’aimerais vous parler ce soir des origines de la théologie occidentale et des racines de la culture européenne. J’ai mentionné en ouverture que le lieu où nous nous trouvons était emblématique. Il est lié à la culture monastique. De jeunes moines ont ici vécu pour s’initier profondément à leur vocation et pour bien vivre leur mission. Ce lieu, évoque-t-il pour nous encore quelque chose ou n’y rencontrons-nous qu’un monde désormais révolu ? Pour pouvoir répondre, nous devons réfléchir un instant sur la nature même du monachisme occidental. De quoi s’agissait-il alors ? En considérant les fruits historiques du monachisme, nous pouvons dire qu’au cours de la grande fracture culturelle, provoquée par la migration des peuples et par la formation des nouveaux ordres étatiques, les monastères furent des espaces où survécurent les trésors de l’antique culture et où, en puisant à ces derniers, se forma petit à petit une culture nouvelle. Comment cela s’est-il passé ? Quelle était la motivation des personnes qui se réunissaient en ces lieux ? Quelles étaient leurs désirs ? Comment ont-elles vécu ?

Avant toute chose, il faut reconnaître avec beaucoup de réalisme que leur volonté n’était pas de créer une culture nouvelle ni de conserver une culture du passé. Leur motivation était beaucoup plus simple. Leur objectif était de chercher Dieu, quaerere Deum. Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s’appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même. Ils étaient à la recherche de Dieu. Des choses secondaires, ils voulaient passer aux réalités essentielles, à ce qui, seul, est vraiment important et sûr. On dit que leur être était tendu vers l’« eschatologie ». Mais cela ne doit pas être compris au sens chronologique du terme – comme s’ils vivaient les yeux tournés vers la fin du monde ou vers leur propre mort – mais au sens existentiel : derrière le provisoire, ils cherchaient le définitif. Quaerere Deum : comme ils étaient chrétiens, il ne s’agissait pas d’une aventure dans un désert sans chemin, d’une recherche dans l’obscurité absolue. Dieu lui-même a placé des bornes milliaires, mieux, il a aplani la voie, et leur tâche consistait à la trouver et à la suivre. Cette voie était sa Parole qui, dans les livres des Saintes Écritures, était offerte aux hommes. La recherche de Dieu requiert donc, intrinsèquement, une culture de la parole, ou, comme le disait Dom Jean Leclercq : eschatologie et grammaire sont dans le monachisme occidental indissociables l’une de l’autre (cf. L’amour des lettres et le désir de Dieu, p.14). Le désir de Dieu comprend l’amour des lettres, l’amour de la parole, son exploration dans toutes ses dimensions. Puisque dans la parole biblique Dieu est en chemin vers nous et nous vers Lui, ils devaient apprendre à pénétrer le secret de la langue, à la comprendre dans sa structure et dans ses usages. Ainsi, en raison même de la recherche de Dieu, les sciences profanes, qui nous indiquent les chemins vers la langue, devenaient importantes. La bibliothèque faisait, à ce titre, partie intégrante du monastère tout comme l’école. Ces deux lieux ouvraient concrètement un chemin vers la parole. Saint Benoît appelle le monastère une dominici servitii schola, une école du service du Seigneur. L’école et la bibliothèque assuraient la formation de la raison et l’eruditio, sur la base de laquelle l’homme apprend à percevoir au milieu des paroles, la Parole.

Pour avoir une vision d’ensemble de cette culture de la parole liée à la recherche de Dieu, nous devons faire un pas supplémentaire. La Parole qui ouvre le chemin de la recherche de Dieu et qui est elle-même ce chemin, est une Parole qui donne naissance à une communauté. Elle remue certes jusqu’au fond d’elle-même chaque personne en particulier (cf. Ac 2, 37). Grégoire le Grand décrit cela comme une douleur forte et inattendue qui secoue notre âme somnolente et nous réveille pour nous rendre attentifs à Dieu (cf. Leclercq, ibid., p. 35). Mais elle nous rend aussi attentifs les uns aux autres. La Parole ne conduit pas uniquement sur la voie d’une mystique individuelle, mais elle nous introduit dans la communauté de tous ceux qui cheminent dans la foi. C’est pourquoi il faut non seulement réfléchir sur la Parole, mais également la lire de façon juste. Tout comme à l’école rabbinique, chez les moines, la lecture accomplie par l’un d’eux est également un acte corporel. « Le plus souvent, quand legere et lectio sont employés sans spécification, ils désignent une activité qui, comme le chant et l’écriture, occupe tout le corps et tout l’esprit », dit à ce propos Dom Leclercq (ibid., p. 21).

Il y a encore un autre pas à faire. La Parole de Dieu elle-même nous introduit dans un dialogue avec Lui. Le Dieu qui parle dans la Bible nous enseigne comment nous pouvons Lui parler. En particulier, dans le Livre des Psaumes, il nous donne les mots avec lesquelles nous pouvons nous adresser à Lui. Dans ce dialogue, nous Lui présentons notre vie, avec ses hauts et ses bas, et nous la transformons en un mouvement vers Lui. Les Psaumes contiennent en plusieurs endroits des instructions sur la façon dont ils doivent être chantés et accompagnés par des instruments musicaux. Pour prier sur la base de la Parole de Dieu, la seule labialisation ne suffit pas, la musique est nécessaire. Deux chants de la liturgie chrétienne dérivent de textes bibliques qui les placent sur les lèvres des Anges : le Gloria qui est chanté une première fois par les Anges à la naissance de Jésus, et le Sanctus qui, selon Isaïe 6, est l’acclamation des Séraphins qui se tiennent dans la proximité immédiate de Dieu. Sous ce jour, la Liturgie chrétienne est une invitation à chanter avec les anges et à donner à la parole sa plus haute fonction. À ce sujet, écoutons encore une fois Jean Leclercq : « Les moines devaient trouver des accents qui traduisent le consentement de l’homme racheté aux mystères qu’il célèbre : les quelques chapiteaux de Cluny qui nous aient été conservés montrent les symboles christologiques des divers tons du chant » (cf. ibid., p. 229).

Pour saint Benoît, la règle déterminante de la prière et du chant des moines est la parole du Psaume : Coram angelis psallam Tibi, Domine – en présence des anges, je veux te chanter, Seigneur (cf. 138, 1). Se trouve ici exprimée la conscience de chanter, dans la prière communautaire, en présence de toute la cour céleste, et donc d’être soumis à la mesure suprême : prier et chanter pour s’unir à la musique des esprits sublimes qui étaient considérés comme les auteurs de l’harmonie du cosmos, de la musique des sphères. À partir de là, on peut comprendre la sévérité d’une méditation de saint Bernard de Clairvaux qui utilise une expression de la tradition platonicienne, transmise par saint Augustin, pour juger le mauvais chant des moines qui, à ses yeux, n’était en rien un incident secondaire. Il qualifie la cacophonie d’un chant mal exécuté comme une chute dans la regio dissimilitudinis, dans la ‘région de la dissimilitude’. Saint Augustin avait tiré cette expression de la philosophie platonicienne pour caractériser l’état de son âme avant sa conversion (cf. Confessions, VII, 10.16) : l’homme qui est créé à l’image de Dieu tombe, en conséquence de son abandon de Dieu, dans la ‘région de la dissimilitude’, dans un éloignement de Dieu où il ne Le reflète plus et où il devient ainsi non seulement dissemblable à Dieu, mais aussi à sa véritable nature d’homme. Saint Bernard se montre ici évidemment sévère en recourant à cette expression, qui indique la chute de l’homme loin de lui-même, pour qualifier les chants mal exécutés par les moines, mais il montre à quel point il prend la chose au sérieux. Il indique ici que la culture du chant est une culture de l’être et que les moines, par leurs prières et leurs chants, doivent correspondre à la grandeur de la Parole qui leur est confiée, à son impératif de réelle beauté. De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec les mots qu’Il a Lui-même donnés, est née la grande musique occidentale. Ce n’était pas là l’oeuvre d’une « créativité » personnelle où l’individu, prenant comme critère essentiel la représentation de son propre moi, s’érige un monument à lui-même. Il s’agissait plutôt de reconnaître attentivement avec les « oreilles du coeur » les lois constitutives de l’harmonie musicale de la création, les formes essentielles de la musique émise par le Créateur dans le monde et en l’homme, et d’inventer une musique digne de Dieu qui soit, en même temps, authentiquement digne de l’homme et qui proclame hautement cette dignité.

Enfin, pour s’efforcer de saisir cette culture monastique occidentale de la parole, qui s’est développée à partir de la quête intérieure de Dieu, il faut au moins faire une brève allusion à la particularité du Livre ou des Livres par lesquels cette Parole est parvenue jusqu’aux moines. Vue sous un aspect purement historique ou littéraire, la Bible n’est pas un simple livre, mais un recueil de textes littéraires dont la rédaction s’étend sur plus d’un millénaire et dont les différents livres ne sont pas facilement repérables comme constituant un corpus unifié. Au contraire, des tensions visibles existent entre eux. C’est déjà le cas dans la Bible d’Israël, que nous, chrétiens, appelons l’Ancien Testament. Ça l’est plus encore quand nous, chrétiens, lions le Nouveau Testament et ses écrits à la Bible d’Israël en l’interprétant comme chemin vers le Christ. Avec raison, dans le Nouveau Testament, la Bible n’est pas de façon habituelle appelée « l’Écriture » mais « les Écritures » qui, cependant, seront ensuite considérées dans leur ensemble comme l’unique Parole de Dieu qui nous est adressée. Ce pluriel souligne déjà clairement que la Parole de Dieu nous parvient seulement à travers la parole humaine, à travers des paroles humaines, c’est-à-dire que Dieu nous parle seulement dans l’humanité des hommes, et à travers leurs paroles et leur histoire. Cela signifie, ensuite, que l’aspect divin de la Parole et des paroles n’est pas immédiatement perceptible. Pour le dire de façon moderne : l’unité des livres bibliques et le caractère divin de leurs paroles ne sont pas saisissables d’un point de vue purement historique. L’élément historique se présente dans le multiple et l’humain. Ce qui explique la formulation d’un distique médiéval qui, à première vue, apparaît déconcertant : Littera gesta docet – quid credas allegoria…(cf. Augustin de Dacie, Rotulus pugillaris, I). La lettre enseigne les faits ; l’allégorie ce qu’il faut croire, c’est-à-dire l’interprétation christologique et pneumatique.

 

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Posté par : La rédaction le 12-09-2008

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis !

Foulant le sol de France pour la première fois depuis que la Providence m'a appelé sur le Siège de Pierre, je suis ému et honoré de l’accueil chaleureux que vous me réservez. Je vous suis particulièrement reconnaissant, Monsieur le Président, pour l’invitation cordiale que vous m’avez faite à visiter votre pays ainsi que pour les paroles que vous venez de m’adresser. Comment ne pas me souvenir de la visite que Votre Excellence m'a rendue au Vatican voici neuf mois ? A travers vous, je salue tous ceux et toutes celles qui habitent ce pays à l'histoire millénaire, au présent riche d'événements et à l'avenir prometteur. Qu'ils sachent que la France est très souvent au coeur de la prière du Pape, qui ne peut oublier tout ce qu'elle a apporté à l'Église au cours des vingt derniers siècles ! La raison première de mon voyage est la célébration du 150e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie, à Lourdes. Je désire me joindre à la foule des innombrables pèlerins du monde entier, qui convergent au cours de cette année vers le sanctuaire marial, animés par la foi et par l’amour. C'est une foi, c’est un amour que je viens célébrer ici dans votre pays, au cours des quatre journées de grâce qu'il me sera donné d'y passer.
Mon pèlerinage à Lourdes devait comporter une étape à Paris. Votre capitale m'est familière et je la connais bien. J'y ai souvent séjourné et j'y ai lié, au fil des ans, en raison de mes études et de mes fonctions antérieures, de bonnes amitiés humaines et intellectuelles. J'y reviens avec joie, heureux de l’occasion qui m'est ainsi donnée de rendre hommage à l'imposant patrimoine de culture et de foi qui a façonné votre pays de manière éclatante durant des siècles et qui a offert au monde de grandes figures de serviteurs de la Nation et de l'Église dont l'enseignement et l'exemple ont franchi tout naturellement vos frontières géographiques et nationales pour marquer le devenir du monde. Lors de votre visite à Rome, Monsieur le Président, vous avez rappelé que les racines de la France - comme celles de l'Europe - sont chrétiennes. L'Histoire suffit à le montrer : dès ses origines, votre pays a reçu le message de l'Évangile. Si les documents font parfois défaut, il n'en reste pas moins que l'existence de communautés chrétiennes est attestée en Gaule à une date très ancienne : on ne peut rappeler sans émotion que la ville de Lyon avait déjà un évêque au milieu du IIe siècle et que saint Irénée, l'auteur de l'Adversus haereses, y donna un témoignage éloquent de la vigueur de la pensée chrétienne. Or, saint Irénée venait de Smyrne pour prêcher la foi au Christ ressuscité. Lyon avait un évêque dont la langue maternelle était le grec : y a-t-il plus beau signe de la nature et de la destination universelles du message chrétien ? Implantée à haute époque dans votre pays, l'Église y a joué un rôle civilisateur auquel il me plaît de rendre hommage en ce lieu. Vous y avez-vous-même fait allusion dans votre discours au Palais du Latran en décembre dernier et de nouveau aujourd'hui. Transmission de la culture antique par le biais des moines, professeurs ou copistes, formation des coeurs et des esprits à l'amour du pauvre, aide aux plus démunis par la fondation de nombreuses congrégations religieuses, la contribution des chrétiens à la mise en place des institutions de la Gaule, puis de la France, est trop connue pour que je m'y attarde longtemps. Les milliers de chapelles, d'églises, d'abbayes et de cathédrales qui ornent le coeur de vos villes ou la solitude de vos campagnes disent assez combien vos pères dans la foi ont voulu honorer Celui qui leur avait donné la vie et qui nous maintient dans l'existence.
De nombreuses personnes en France se sont arrêtées pour réfléchir sur les rapports de l'Église et de l'État. Sur le problème des relations entre la sphère politique et la sphère religieuse, le Christ même avait déjà offert le principe d’une juste solution lorsqu'il répondit à une question qu'on Lui posait : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mc 12,17). L’Église en France jouit actuellement d’un régime de liberté. La méfiance du passé s'est transformée peu à peu en un dialogue serein et positif, qui se consolide toujours plus. Un nouvel instrument de dialogue existe depuis 2002 et j'ai grande confiance en son travail, car la bonne volonté est réciproque. Nous savons que restent encore ouverts certains terrains de dialogue qu'il nous faudra parcourir et assainir peu à peu avec détermination et patience. Vous avez d'ailleurs utilisé, Monsieur le Président, l'expression belle de «laïcité positive» pour qualifier cette compréhension plus ouverte. En ce moment historique où les cultures s’entrecroisent de plus en plus, je suis profondément convaincu qu’une nouvelle réflexion sur le vrai sens et sur l’importance de la laïcité est devenu nécessaire. Il est en effet fondamental, d’une part, d’insister sur la distinction entre le politique et le religieux, afin de garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l’État envers eux, et d’autre part, de prendre une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu’elle peut apporter, avec d’autres instances, à la création d’un consensus éthique fondamental dans la société.
Le Pape, témoin d'un Dieu aimant et Sauveur, s'efforce d'être un semeur de charité et d'espérance. Toute société humaine a besoin d'espérance, et cette nécessité est encore plus forte dans le monde d’aujourd’hui qui offre peu d'aspirations spirituelles et peu de certitudes matérielles. Les jeunes sont ma préoccupation majeure. Certains d’entre eux peinent à trouver une orientation qui leur convienne ou souffrent d’une perte de repères dans leur famille. D’autres encore expérimentent les limites d’un communautarisme religieux. Parfois marginalisés et souvent abandonnés à eux-mêmes, ils sont fragiles et ils doivent affronter seuls une réalité qui les dépasse. Il est donc nécessaire de leur offrir un bon cadre éducatif et de les encourager à respecter et à aider les autres, afin qu’ils arrivent sereinement à l'âge responsable. L'Église peut apporter dans ce domaine sa contribution spécifique. La situation sociétale occidentale, hélas marquée par une avancée sournoise de la distance entre les riches et les pauvres, me soucie aussi. Je suis certain qu'il est possible de trouver de justes solutions qui, dépassant l'aide immédiate nécessaire, iront au coeur des problèmes afin de protéger les faibles et de promouvoir leur dignité. À travers ses nombreuses institutions et par ses activités, l'Église, tout comme de nombreuses associations dans votre pays, tente souvent de parer à l'immédiat, mais c'est à l'État qu'il revient de légiférer pour éradiquer les injustices. Dans un cadre beaucoup plus large, Monsieur le Président, l'état de notre planète me préoccupe aussi. Avec grande générosité, Dieu nous a confié le monde qu'il a créé. Il faudra apprendre à le respecter et à le protéger davantage. Il me semble qu'est arrivé le moment de faire des propositions plus constructives pour garantir le bien des générations futures.
L'exercice de la Présidence de l'Union Européenne est l'occasion pour votre pays de témoigner de l'attachement de la France aux droits de l'homme et à leur promotion pour le bien de l'individu et de la société. Lorsque l'Européen verra et expérimentera personnellement que les droits inaliénables de la personne humaine, depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle, ainsi que ceux relatifs à son éducation libre, à sa vie familiale, à son travail, sans oublier naturellement ses droits religieux, lorsque donc cet Européen saisira que ces droits, qui constituent un tout indissociable, sont promus et respectés, alors il comprendra pleinement la grandeur de la construction de l'Union et en deviendra un artisan actif. La charge qui vous incombe, Monsieur le Président, n'est pas facile. Les temps sont incertains, et c'est une entreprise ardue de trouver la bonne voie parmi les méandres du quotidien social et économique, national et international. En particulier, devant le danger de l’émergence d’anciennes méfiances, de tensions et d’oppositions entre les Nations, dont nous sommes aujourd’hui les témoins préoccupés, la France, historiquement sensible à la réconciliation des peuples, est appelée à aider l’Europe à construire la paix dans ses frontières et dans le monde entier. À cet égard, il est important de promouvoir une unité qui ne peut pas et ne veut pas être une uniformité, mais qui est capable de garantir le respect des différences nationales et des diverses traditions culturelles qui constituent une richesse dans la symphonie européenne, en rappelant d’autre part que « l’identité nationale elle-même ne se réalise que dans l’ouverture aux autres peuples et à travers la solidarité envers eux » (Exhortation apostolique Ecclesia in Europa, n. 112). J’exprime ma confiance que votre pays contribuera toujours plus à faire progresser ce siècle vers la sérénité, l'harmonie et la paix.
Monsieur le Président, chers amis, je désire une fois encore vous exprimer ma gratitude pour cette rencontre. Je vous assure de ma fervente prière pour votre belle Nation afin que Dieu lui concède paix et prospérité, liberté et unité, égalité et fraternité. Je confie ces voeux à l'intercession maternelle de la Vierge Marie, patronne principale de la France. Que Dieu bénisse la France et tous les Français !
 


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 12-09-2008

C’est le journaliste et écrivain Yves Daoudal (voir ici sa lettre d’information) qui a révélé la nouvelle. Lors de la messe de demain aux Invalides, le Pape Benoît XVI revêtira la chasuble que portait dans les grandes occasions, Dom Gérard Calvet, le fondateur de l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux (ICI). C’est un signe évident, même s’il ne sera pas perçu par le plus grand nombre, lancé en direction de ceux qui, en France, sont rétifs au Motu proprio Summorum pontificum, à commencer par certains évêques.
Dom Gérard a pu devenir officiellement Père Abbé grâce au cardinal Ratzinger. Celui-ci a préfacé l’édition d’un missel traditionnel édité par les moines du Barroux () et le 24 septembre 1995, il s’est rendu au Barroux pour y célébrer la messe conventuelle. Lors de la mort de Dom Gérard, le Saint-Père faisait dire aux moines de l’abbaye qu’il  : « rend grâce pour l’attention de Dom Gérard à la beauté de la liturgie latine, appelée à être toujours davantage source de communion et d’unité dans l’Église ».
Un an après l’entrée en application du Motu proprio, le Pape nous adresse donc un signe éloquent.
 


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 12-09-2008

C’est aujourd’hui que sa Sainteté le Pape Benoît XVI, successeur de l’Apôtre Pierre, entame son voyage-pèlerinage en France qui le conduira à Paris et à Lourdes. Le programme de cette journée importante est le suivant :

9h00     Départ en avion de l'aéroport international Leonardo da Vinci Fiumicino (Rome) pour l'aéroport d'Orly (Paris).
11h10     Arrivée à l’aéroport d'Orly.    
11h15     Accueil officiel à l’aéroport d'Orly.
12h25     Cérémonie de bienvenue à l’Elysée
12h30     Visite de courtoisie au Président de la République à l’Elysée.
13h00     Rencontre avec les autorités de l’Etat à l’Elysée. Discours du Saint-Père.
17h00     Brève rencontre avec les représentants de la Communauté Juive à la Nonciature Apostolique de Paris.    
17h30     Rencontre avec le monde de la culture au Collège des Bernardins. Discours du Saint-Père.
19h15     Célébration des vêpres avec le clergé, les religieuses et religieux, les séminaristes et les diacres en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Discours du Saint-Père.
20h30     Salutation aux jeunes sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris.


On sait que l’un des axes majeurs du pontificat de Benoît XVI est les retrouvailles du Peuple chrétien avec l’esprit de la liturgie. Pour aider les catholiques français à bien suivre les messes célébrées par le Saint-Père, le Vatican a mis à sa disposition un Missel téléchargeable. N’hésitez pas. (ICI)

La presse séculière ne cesse de s’interroger sur un Pape qu’elle qualifie de « conservateur » quand ce n’est pas de « réac ». Pour ceux qui connaissent la vie, l’œuvre et la personne de Benoît XVI, il est archi-évident que ces étiquettes du « monde » ne correspondent à aucune réalité.
Plus humblement, nous autres catholiques français du rang, nous allons nous mettre à l’écoute de Pierre, pour entendre tout ce qu’il a à nous dire, pour nourrir notre méditation et pour en féconder notre action.
Bienvenue à Benoît XVI


 

 


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Catégorie : Rendez-vous
Posté par : La rédaction le 11-09-2008

Les éditions Salvator et la librairie La Colomberie sont heureuses de vous convier à la séance de dédicaces d'Annie Laurent à l'occasion de la parution de son livre Les chrétiens d'Orient vont-ils disparaître? Entre souffrance et espérance le mardi 16 septembre de 18h30 à 20h30 à la librairie La Colomberie, 7 rue de Condé, Paris VIe, métro Odéon.

Renseignements et commandes : Librairie La Colomberie, 7, rue de Condé, 75006 Paris. Tél. : 01 43 26 36 47 

www.lacolomberie.fr

librairie@lacolomberie.fr


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 10-09-2008

Ce mercredi 10 septembre, au terme de l'Audience générale le pape Benoît XVI s'est adressé  aux Français, à deux jours de son départ pour Paris et Lourdes. Voici le texte intégral de ce message.

Chers frères et soeurs,

Vendredi prochain, j'entreprendrai mon voyage pastoral en France. En tant que successeur de Pierre, à la veille de mon arrivée, je tiens à adresser mon cordial salut au peuple français et à tous les habitants de cette nation bien aimée. Je viens chez vous en messager de paix et de fraternité. Votre pays ne m'est pas inconnu. A plusieurs reprises, j'ai eu la joie de m'y rendre et d'apprécier sa généreuse tradition d'accueil, de tolérance ainsi que la solidité de sa foi chrétienne comme sa haute culture humaine et spirituelle. Cette fois, l'occasion de ma venue est la célébration du 150ème anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Lourdes. Après avoir visité Paris, la capitale de votre pays, ce sera une grande joie pour moi de m'unir à la foule des pèlerins qui viennent suivre les étapes du chemin du jubilé, à la suite de sainte Bernadette, jusqu'à la grotte de Massabielle. Ma prière se fera intense au pied de Notre Dame, aux intentions de toute l'Église, particulièrement pour les malades, les personnes les plus délaissées, mes aussi pour la paix dans le monde.

Que Marie soir pour vous tous et particulièrement pour les jeunes, la Mère toujours disponible auprès de ses enfants, une lumière d'espérance qui éclaire et guide vos chemins.

Chers amis de France je vous invite à vous unir à ma prière pour que ce voyage porte des fruits abondants. Dans l'heureuse attente d'être prochainement parmi vous, j'invoque sur chacun, sur vos familles et sur vos communautés, la protection de la Vierge Marie, Notre-Dame de Lourdes. Que Dieu vous bénisse !


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Catégorie : Lecture
Posté par : Philippe Maxence le 27-08-2008

La mort d'Alexandre Soljénitsyne a surpris l'Occident en pleine période de vacances. Les yeux fixés sur leurs loisirs, les Occidentaux ont entendu à nouveau la presse évoquer la souffrance du Goulag, les millions de morts et la tragédie de l'extermination organisée. Dur retour à la réalité !

À l'initiative de la revue Commentaire, les éditions Fayard viennent de publier un essai consacré à Soljénitsyne signé par l'américain Daniel J. Mahoney. Sous le nom de l'écrivain russe, il y a ce simple, mais ambitieux surtitre : « En finir avec l'idéologie ».
Je viens juste d'entreprendre la lecture de cet ouvrage, mais je voudrais déjà en parler. La raison en est simple. Il me semble que plutôt que d'explorer, pan après pan, l'œuvre immense de Soljénitsyne, Daniel J. Mahoney a choisi une voie particulièrement féconde qui est celle de saisir le dessein profond de l'écrivain. En s'attachant à la pensée politique de Soljénitsyne, l'auteur apporte des éléments de réflexions à prendre en compte face aux problèmes auxquels nous sommes nous-mêmes confrontés.
L'ouvrage s'ouvre sur une préface d'Alain Besançon. Il rappelle ce que l'on doit à Soljénitsyne dans la compréhension du communisme. Il écrit ainsi :

« Il a compris que le communisme ne reposait pas  d'abord sur la police, sur l'armée, sur une bureaucratie privilégiée, sur une caste de profiteurs, ni même sur la terreur, mais sur une chose indéfinissable, sur une formation mentale bizarre, sur une maladie de la pensée, sur une perversion linguistique. Il l'a nommée de son nom officiel, idéologie, et de son nom métaphysique, mensonge. »
Comme il se doit pour un préfacier, Alain Besançon présente l'auteur et son livre, mettant en relief ce qu'apporte Mahoney : la modération de Soljénitsyne; sa conception décentralisatrice de l'organisation de la société; son désir d'une économie de marché régulée; sa critique du progrès.

Mais  Alain Besançon prend aussi ses distances avec Soljénitsyne. Sur le plan historique, en étant plus critique que lui sur son « grand homme » politique (Stolypine). Il regrette aussi son manque d'intérêt pour les langues étrangères qui l'a empêché de lire les auteurs autres que Russes. Il constate avec regret son incompréhension du détachement de l'Ukraine et de la Biélorussie ainsi que son soutien critique à Poutine. Malgré tout, Alain Besançon termine en estimant que Soljénitsyne fut la seule grande voix qui ait appelé les Russes « au repentir, au retour à la vérité ».
De son côté, dans sa préface à l'édition française, Daniel J. Mahoney ne cache en rien la très profonde sympathie qu'il éprouve pour son sujet. Il y a même là quelque chose de touchant dans le mode d'expression, tellement américain. Il présente surtout très clairement sa thèse :
« Soljénitsyne critique en fait la modernité radicale, c'est-à-dire un “humanisme anthropocentrique” qui fait de la volonté humaine autonome le fondement même de la liberté. En même temps, la critique du rationalisme des Lumières par Soljénitsyne n'implique aucunement un refus du “monde moderne” tout court. Soljénitsyne ne rejette pas tant la modernité que son entêtement à assimiler le progrès moral au progrès technique. »

À plusieurs reprises, Mahoney insistera pour dire que sa critique du socialisme et du libéralisme ne pousse pas l'écrivain russe du côté de la Réaction. Seulement, si Mahoney prend bien soin de définir le socialisme et le libéralisme, dans le contexte de son étude, en aucun moment, au moins dans le début du livre, il n'apporte une définition précise du terme réaction qui semble n'être qu'un mot cliché.
La conséquence de la thèse défendue touche à un autre point. Pour l'auteur, l'intérêt de Soljénitsyne tient au fait que sa pensée s'inscrit dans un grand courant non seulement russe, mais aussi « qui commence avec Platon et Aristote et se poursuit avec Montesquieu, Burke et Tocqueville ».
Nous essayerons de voir plus tard de quelle manière, en suivant l'exposé très facilement lisible de Mahoney.

Alexandre Soljénitsyne, En finir avec l'idéologie
, Fayard/Commentaire, 338 pages, 20€

 

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Catégorie : Culture de Vie / Contreculture de mort
Posté par : Daniel Hamiche le 26-08-2008

 

On trouvera, si on le désire, tout l’arrière-plan de cette déclaration de l’archevêque de Denver (Colorado) et de son auxiliaire, dans un article détaillé sur mon blogue personnel (http://americatho.over-blog.com) qui, évidemment, n’engage pas celui de L’Homme Nouveau. Des déclarations de Nancy Pelosi, Présidente “catholique” de la Chambre des députés des États-Unis, et donc troisième personnage de l’État, dimanche 24 août, dans le contexte de la Convention nationale du Parti démocrate qui se tient jusqu’à jeudi à Denver, justifient pleinement cette “remise d’équerre” à laquelle se livrent l’archevêque et son nouvel auxiliaire. Il s’agit de rappeler à des responsables politiques de confession catholique que leurs positions politiques ne sont pas en cohérence avec l’enseignement de l’Église, notamment les “questions non négociables” qui touchent à la vie. Il est à noter que l’archevêque Chaput a également critiqué l’incohérence du “catholique” Joe Biden que Barack Obama vient de choisir pour son “ticket”. Tout indique que la campagne présidentielle qui va connaître un nouveau palier, sitôt que les deux candidats principaux et présomptifs seront officiellement désignés par leurs conventions respectives, ne fera pas l’impasse sur les “valeurs” – comme on l’avait peut-être imaginé trop vite voici quelques mois. L’Église catholique a son mot à dire. Elle le dit et elle va le redire grâce à de courageux évêques comme ceux dont on va lire les commentaires.

 

*



Sur la séparation du bon sens et de l’État.
Un éclaircissement pour les fidèles de l’Église du Nord du Colorado

Denver, Colorado, lundi 25 août 2008

Aux catholiques de l’archidiocèse de Denver :

Des responsables politiques catholiques gênés par le débat sur l’avortement ont tendance à adopter une ligne dure en parlant de « séparation entre l’Église et l’État ». Mais leur conception de la séparation semble souvent ne fonctionner qu’à sens unique. En vérité, certaines personnalités politiques semblent assez à l’aise dans un rôle de théologien. Et ceci mérite quelque intérêt, non comme une affaire “politique”, mais comme affaire relevant de la précision et de la justice.

Nancy Pelosi, Présidente de la Chambre des députés, est un femme politique brillante possédant de fortes convictions et bien des talents professionnels. Malheureusement, sa connaissance de l’histoire et de l’enseignement catholiques ne semblent pas en faire partie.

Lors d’un entretien qu’elle a eu avec Meet the Press, le 24 août, on a demandé à la Présidente Pelosi quand commençait la vie humaine. Voici ce qu’elle a répondu :

« Je dirais qu’en tant que catholique fervente, et pratiquante, c’est un problème que j’ai longtemps étudié. Et ce que je sais c’est que, au long des siècles, les docteurs de l’Église n’ont pas été capables de la préciser (…) Saint Augustin parle de trois mois. On n’en sait rien. La question c’est, c’est que cela ne devrait pas avoir d’incidence sur le droit de la femme à choisir. »

Puisque la Présidente Pelosi a, selon ses propres mots, étudié ce problème depuis « longtemps », elle doit très bien connaître un des ouvrages de tout premier plan sur ce sujet du jésuite John Connery : L’avortement. Le développement du point de vue catholique [1] (Loyola, 1977). Voici la manière dont Connery conclut son étude :

« La tradition chrétienne dès ses tout premiers jours révèle une attitude fermement anti-avortement (…) La condamnation de l’avortement ne dépendait pas des – et n’était en aucune façon limitée par – théories relatives à l’instant de l’animation fœtale. Même au cours des nombreux siècles où la pratique pénale et pénitentielle de l’Église était fondée sur une théorie de l’animation retardée, la condamnation de l’avortement n’en a jamais été pour autant affectée. Quoi qu’on ait pu soutenir sur l’instant de l’animation, ou sur le moment où le fœtus devenait un être humain au sens strict du terme, l’avortement dès l’instant de la conception était considéré comme mauvais, et l’instant de l’animation n’a jamais été considéré comme une ligne de partage moral entre avortement permis et avortement interdit ».

Pour le dire avec les mots plus abrupts du grand pasteur luthérien Dietrich Bonhoeffer :

« La destruction de l’embryon dans le sein de sa mère est une violation du droit à la vie que Dieu a offert à cette vie commençante. Soulever la question de savoir si nous avons là déjà affaire ou non à un être humain c’est obscurcir le problème. Le simple fait c’est que Dieu avait assurément l’intention de créer un être humain et que cet être humain commençant à été délibérément privé de sa vie. Et cela ce n’est rien d’autre qu’un meurtre. »

Les catholiques fervents et pratiquants [2] apprendront très vite des annales historiques que dès les temps apostoliques, la tradition chrétienne a incroyablement tenu que l’avortement est un mal grave. N’ayant pas les connaissances médicales modernes, certains, chez les premiers Pères, soutenaient que l’avortement était un homicide ; d’autres qu’il équivalait à un homicide ; et de nombreux clercs ont émis des théories sur le quand et le comment l’enfant non né pouvait être animé et son âme “insufflée”. Mais aucun n’a amoindri le mal exceptionnel que constitue l’avortement en tant qu’agression contre la vie elle-même, et l’Église primitive lia de manière intime l’avortement et l’infanticide. En bref : depuis l’origine la communauté des croyants chrétiens a tenu que l’avortement était toujours et de manière grave un mal.

Bien sûr, nous savons désormais, et avec une certitude biologique, quand exactement la vie humaine commence. Dès lors, les alibis religieux en faveur de l’avortement et du soi-disant “droit au choix” ne sont rien d’autres que des alibis qui rompent radicalement avec la croyance historique chrétienne et catholique.

L’avortement tue un enfant à naître, une vie humaine en développement. C’est toujours un mal grave et le sont aussi les esquives qu’on emploie pour le justifier. Les catholiques qui fabriquent des prétextes pour le justifier – qu’ils soient célèbres ou non – ne font que se duper eux-mêmes et trompent la fidélité des catholiques qui cherchent sincèrement à suivre l’Évangile et à vivre la Foi catholique.

Le devoir de l’Église et des autres communautés religieuses, est d’être un témoin moral. Le devoir de l’État et de ses responsables est d’être au service du bien commun qui est toujours enraciné dans la vérité morale. Comprendre convenablement ce qu’est la “séparation de l’Église et de l’État” n’implique pas d’y voir une séparation entre la foi et la vie politique. Mais, bien sûr, il est toujours important de sa voir ce que notre foi enseigne vraiment.

+ Charles J. Chaput, O.F.M. Cap.
Archevêque de Denver

+ James D. Conley
Évêque auxiliaire de Denver



[1] Titre original en anglais : Abortion : The Developement of the Roman Catholic Perspective (non traduit en français).
[2] Le texte reprend les mots mêmes dont Nancy Pelosi a auto-qualifié son catholicisme…
 


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Catégorie : Société
Posté par : La rédaction le 25-08-2008

Plusieurs photos parues dans nos journaux montrent, par exemple, Rama Yade, Carla Bruni ou Bernard Kouchner joindrent les mains, à la manière du dalaï-lama, notamment à l’occasion de l’inauguration du plus grand temple bouddhique d’Europe.
Quelle serait la réaction de nos quotidiens si nos ministres de la République assistaient, par exemple, à l’inauguration d’une cathédrale en se signant de la croix et en s’agenouillant pendant la consécration ? 
C’est une simple question.
 


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Catégorie : Société
Posté par : Philippe Maxence le 22-08-2008

Si vous n’aimez ni les fruits ni les légumes, vous êtes aptes à faire face à la crise économique. Votre santé s’en ressentira certainement, mais votre porte-monnaie s’en portera mieux. Il va donc falloir choisir.
C’est ce qui ressort indirectement d’une enquête menée par l’association Familles rurales. Chaque année, ce mouvement familial s’intéresse aux prix des fruits et des légumes dont les politiques de santé, au plan mondial, européen et national, nous vantent les mérites. Du panier – estival – de la ménagère, Familles rurales a retenu huit fruits [Pomme (Golden) ; Melon (Charentais) ; Abricot (Bergeron) ; Cerise (Burlat/Bigareau) ; Fraise (ronde) ; Pêche (blanche) ; Nectarine (blanche) ;Poire (Conférence)] et huit légumes [Aubergine (longue) ; Carotte (Nantaise) ; Courgette (longue), Haricot vert ; Poivron (vert) ; Pomme de terre (Bintje) ; Tomate (grappe) ; Salade (laitue)]. Deux relevés de prix ont été effectués, l’un en juin et l’autre en juillet, dans plus de 20 départements.
Tout commence par une bonne nouvelle : entre juin et juillet, les prix ont globalement baissé :–  4,3% pour les fruits et – 17,8% pour les légumes. Ce sont particulièrement les fruits et les légumes de saison qui profitent de la baisse, à l’exception du prix du melon, qui subit une augmentation. L’association familiale a cependant noté une grande disparité selon les régions. Ainsi un kilo de tomates pouvait être payé 1, 29€ dans les Côtes d’Armor contre 3,30 dans la Marne. Si vous aimez les tomates, il est préférable de respirer l'air du large.
Mais la véritable leçon de cette enquête, qui a lieu tous les ans depuis 2006, se situe ailleurs. Entre 2007 et 2008, les prix des fruits et des légumes ont subi une hausse. Selon Familles rurales : « Entre 2007 et 2008, le prix moyen des fruits a augmenté de 15,14 % au kilo puisqu’il s’élevait à 3,17 euros en 2007 et à 3,65 euros à l’été 2008. De même, le prix moyen des légumes s’établissait à 2 euros le kilo durant l’été 2007 contre 2,21 euros en 2008, soit une hausse de 10,5 %. »
S’étant intéressé également à l’origine des produis, l’association familiale remarque que les produits français sont plus chers que les produits étrangers.
D’où deux questions : pourquoi cette augmentation et pourquoi les produits français ? Surtout dans un pays qui fut naguère un nation principalement agricole. L'un des premiers devoirs du politique n'est-il pas de créer les conditions nécessaires pour bonne une production des denrées nécessaires à la vie (on n'ose pas dire à la survie) d'un peuple ?
À défaut de trouver une réponse claire à ces questions, il va falloir se mettre à cultiver son jardin, voire son balcon. Histoire de ne pas casser son cochon à chaque fois que l'on veut manger une tomate.
 


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Catégorie : Culture de Vie / Contreculture de mort
Posté par : Daniel Hamiche le 21-08-2008

Le long texte que l’on va lire en version PDF est de S.É.R. le cardinal James Francis Stafford, cardinal pénitencier majeur de la Pénitencerie apostolique. Il s’agit là d’un témoignage de première main et d’une réflexion d’intérêt sur la “réception” de l’encyclique Humanæ Vitæ de Paul VI dans un diocèse américain, en l’occurrence l’archidiocèse de Baltimore (Maryland), le premier diocèse érigé aux États-Unis, en 1789.

Le cardinal Stafford est né en 1932 à Baltimore et a été ordonné prêtre pour cet archidiocèse en 1957. Il fut nommé successivement évêque auxiliaire de Baltimore en 1976, évêque de Memphis (Tennessee) en 1982,     archevêque de Denver (Colorado) en 1986, puis président du Conseil pontifical pour les laïcs en 1996. Créé cardinal et nommé cardinal pénitencier majeur par Jean-Paul II en 1998, le cardinal Stafford nous livre de précieuses informations sur l’été 1968 et le début de la contestation cléricale du Magistère pontifical.

Ce texte, écrit à la demande de L’Osservatore Romano, a été publié en langue anglaise dans le California Catholic Daily du 29 juin 2008, avec l’autorisation de la Catholic News Agency. Il eut été dommage que le public francophone fût privé de la lecture attentive de cette contribution. C’est pourquoi L’Homme Nouveau en a entrepris la traduction qu’il vous offre aujourd’hui.

 

medias/fichier/1968_Stafford.pdf

 


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Catégorie : Humeur
Posté par : Philippe Maxence le 19-08-2008


Les vacances, c'est bien connu, réservent toujours des surprises. Les hasards d'un voyage en famille m'ont entraîné cette année du côté de Toulouse et de Carcassonne. La région est superbe et les trésors architecturaux ne manquent pas. Pas plus d'ailleurs que le bon accueil des gens de la région. Cependant, j'ai pu faire là une découverte étonnante. Mes souvenirs ne sont pas assez précis pour indiquer à partir de quel endroit exactement s'est manifestée la chose. Grossièrement, je dirais donc entre Toulouse et Carcassonne.
Une surprise, mais quelle surprise, me direz-vous, surtout si vous êtes un habitué de la région ? J'y ai tout simplement découvert que la fameuse « laïcité » républicaine s'arrêtait là. Si les autres lois de la République semblent bien y être en vigueur, la séparation des Églises et de l'État, et tout son cortège d'implications concrètes, n'y ont visiblement pas droit de cité. À mon grand étonnement, en effet, des panneaux m'ont annoncé, de manière ostentatoire, que nous étions entrés en « pays cathare ».
Au premier abord, l'affirmation ne surprend pas. On pense à une revendication régionale. Et, personnellement, si je me sens Français, c'est aussi par la médiation d'un attachement à ma petite patrie provinciale. Mais s'agit-il de cela ici ? Est-ce la même chose de saluer le touriste arrivant en Bretagne, en Bourgogne et en « pays cathare » ?
Voici la définition que donne Wikipédia du « catharisme ». C'est une définition commune, qui n'entre pas dans les détails de l'histoire. Elle a pour elle d'exposer l'essentiel : « On appelle “Cathares” (du grec ancien καθαρός / katharós, « pur ») les adeptes d'un mouvement religieux dualiste chrétien médiéval. Le nom a été donné par les ennemis de ce mouvement, jugé hérétique par l'Église catholique et adopté tardivement par les historiens. “Communauté à deux niveaux”, les adeptes de ce mouvement se nommaient eux-mêmes “Bons Hommes”, “Bonnes Dames” ou “Bons Chrétiens”. »
Dans toute la région visitée, ce n'était qu'une succession de panneaux manifestant la soi-disante appartenance de cette région à ce mouvement religieux. Dans la superbe cité médiévale de Carcassonne, lors de la visite, le catholicisme était mis en cause directement parce qu'il avait osé combattre cette hérésie, oubliant au passage l'aspect politique du problème. Sans intervention du pouvoir temporel, c'est la société elle-même qui disparaissait.
C'est alors que je me suis demandé si, ici, notre fameuse et très prégnante République laïque n'avait pas abdiqué les prétentions et la philosophie religieuse (soi-disant « neutre ») qu'elle impose dans le reste du pays ? Et c'est ici que je me suis demandé également ce que faisait la Halde, ce service de l'inquisition laïcard. Car, après tout, n'ai-je pas été agressé pendant ce séjour dans mon honneur de catholique et de Français ?


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Catégorie : Anglicanisme /Épiscopalisme
Posté par : Daniel Hamiche le 06-08-2008

 

 

En 1998, au dernier jour de la précédente Conférence de Lambeth, les participants avaient été éblouis par un magnifique feu d’artifice qui avait illuminé, à la nuit tombante, le ciel au-dessus de la cathédrale de Cantorbéry. Cette année, pour sa quatorzième édition, c’est une pluie torrentielle qui s’est abattue sur le campus de l’Université du Kent où se déroulait, le 3 août, la dernière journée de cette assemblée décennale de la Communion anglicane qui n’a rien réglé de ses contradictions et qui s’enfonce dans un schisme “au ralenti”.
Les conclusions de cette conférence sont « absolument vaines et entièrement nulles », pour reprendre, avec une triste ironie, l’expression même qu’utilisa Léon XIII pour qualifier les ordinations anglicanes dans Apostolicæ Curæ en 1896. « Futilité » pour certains participants, « perte de temps » pour beaucoup d’autres et frustration pour tous – y compris pour nos confrères journalistes, traités par-dessus la jambe. Et à quel prix ! Le coût de cette réunion s’élève à quelque 5 millions de £ (6,3 millions d’euros) dont 2 restent à réunir…
Le meilleur résumé de l’inanité ce cette Conférence qui réunissait moins des trois-quarts des évêques de la Communion anglicane – lesquels ne représentaient même pas la moitié des fidèles anglicans –, tient en deux citations du Dr Rowan Williams, primat de la Communion, extraites de son allocution d’ouverture et de son allocution de clôture.
Le 20 juillet, il déclarait : « Nous savons tous que nous nous trouvons au cœur d’un des défis les plus graves qu’ait dû affronter la famille anglicane au cours de son histoire ».
Le 3 août, il concluait : « Au cours de ces jours que nous avons passés ensemble, nous n’avons pas surmonté nos problèmes ni réinventés nos structures : cela prendra encore du temps ».
Du temps ! Toute la stratégie du primat Williams se réduit à cela : gagner du temps, temporiser, renvoyer à plus loin et à d’autres « instruments » de la Communion le soin de “bricoler” des compromis dont au fond personne ne veut et que le primat n’a ni la volonté ni le pouvoir d’imposer.

Lorsqu’en 1998, à la précédente réunion, la Conférence vota la résolution (I. 10, e) stipulant qu’elle « ne pouvait recommander de légitimer ou de bénir des unions de personnes du même sexe, ni d’ordonner ceux qui sont impliqués dans des unions de même genre » [déjà l’idéologie du “genre”], que croyez-vous qu’il se passa ? L’Église épiscopalienne des États-Unis accepta l’ordination épiscopale de Gene Robinson, un homosexuel déclaré, et bénit à tour de bras les unions « de même genre », ce que s’est empressé d’imiter l’Église anglicane du Canada et ce que commence à pratiquer… l’Église d’Angleterre !
On voit ce que valent les « résolutions » votées à la Conférence de Lambeth ! Pour éviter de décider d’une chose et d’en voir appliquer d’autres, le Dr Williams a cru très astucieux de supprimer toute séance plénière des évêques – nous dirions chez nous un synode d'évêques ou un concile – et de les répartir dans une multitude de petits groupes – voir de sous-groupes… – d’une quarantaine de participants, intitulés « Indaba ». Ce mot zoulou veut dire « palabre ». À la différence qu’en Afrique noire un « palabre » se termine toujours par une décision prise, en principe, pour le bien commun du village. À Cantorbéry, les palabres n’ont abouti à rien puisqu’il fallait précisément ne rien décider.

 

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Catégorie : Société
Posté par : Philippe Maxence le 05-08-2008

 

La mort d’Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne a déjà suscité dans la presse beaucoup de commentaires. Faut-il vraiment en rajouter un ? Un commentaire, non, mais notre salut respectueux et ému, accompagné de nos prières, certainement. Soljenitsyne fut non seulement l’anticommuniste que l’on sait, le dissident que l’on connaît, l’écrivain – et cela compte pour nous – que nous pouvons encore lire, il fut aussi un chrétien et un patriote dont la foi éclairait ses principales prises de position. On ne s’étonnera donc pas de retrouver dans son livre Comment réaménager notre Russie ? plusieurs propositions qui, dans le contexte russe, s’apparentent à des principes de la doctrine sociale de l’Église. Devant sa mort, nous voudrions donc nous incliner et faire silence, non peut-être sans avoir souligné, rapidement, quelques points.

Décédé ce dimanche, l’écrivain russe allait avoir 90 ans le 11 décembre prochain. Son œuvre est mondialement connue, même si depuis la chute du Mur de Berlin, elle est de moins en moins lue. Sa critique du mode de vie occidental, fondé sur le matérialisme pratique, le sécularisme et le rejet de Dieu, explique pour une grande part ce désamour de l’élite intellectuelle de notre pays pour ce grand écrivain qui refusait d’abdiquer les principes qui guidaient sa vie. Soljenitsyne avait été accepté comme l’écrivain dissident, érigé en critique implacable du régime stalinien. Mais c’est sous l’ère Brejnev qu’il est expulsé. En 1945, alors qu’il est officier dans l’artillerie soviétique, Soljenitsyne écrit une lettre dans laquelle il critique vertement le gouvernement de l’URSS et Staline lui-même. La censure ne laisse pas passer la lettre et son auteur est arrêté, condamné à huit ans de « redressement » dans les camps de travail pour complot anti-soviétique. Si sa critique du régime stalinien sert bien de révélateur, Soljenitsyne remontera à la cause, en critiquant profondément le communisme comme phénomène et singulièrement Lénine. Il ne se taira plus, enseignant à ceux qui veulent bien l’écouter que le mensonge est la première abdication face au totalitarisme et qu’il ne faut pas cesser de clamer la vérité. Cette position « morale » – dont certains critiqueront l’apolitisme – restait dans le monde clos du mensonge communiste certainement la seule attitude possible et servira, à sa manière, à faire éclater le carcan soviétique. Contrairement à ce que les dépêches des agences de presse et la presse ont pu écrire, Soljenitsyne ne prit pas le chemin de l’exil volontairement mais fut bel et bien expulsé.
Son refus de la modernité, des droits de l’homme sans Dieu, son respect de la tradition et de l’autorité, sa vision chrétienne du monde, feront que Soljenitsyne sera également critiqué par nombre de dissidents qui penseront que la révolution française restait malgré tout l’aube de la liberté. Lors de sa venue au Mémorial de Vendée aux Lucs, le 25 septembre 1993, il avait rappelé le caractère profondément meurtrier de toute révolution. Si Soljenitsyne a disparu aujourd'hui aux yeux du monde pour se retrouver face à Dieu, il reste parmi nous grâce à son œuvre. Il faut lire et relire Alexandre Soljenitsyne.
 


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Catégorie : Anglicanisme /Épiscopalisme
Posté par : Daniel Hamiche le 31-07-2008

« Je sais que beaucoup d’entre vous êtes préoccupés – et certains le sont profondément – par la menace d’éclatement de la Communion anglicane. Nous ressentons une profonde solidarité avec vous, car nous aussi nous sommes préoccupés et attristés de devoir vous demander : dans un tel scénario quelle forme pourrait présenter demain la Communion anglicane et avec quel partenaire pourrons-nous poursuivre le dialogue ? Devrons-nous – et comment – judicieusement et honnêtement engager aussi des négociations avec ceux qui partagent les points de vue catholiques sur les questions qui sont objets de controverse, et qui marquent leur désaccord avec certains développements dans la Communion anglicane ou dans certaines provinces anglicanes [1] ? Dans une telle situation, qu’attendez-vous de l’Église de Rome  qui, selon les paroles d’Ignace d’Antioche, doit présider sur toute l’Église dans l’amour ? Comment les travaux de la Commission internationale Anglicane-Catholique Romaine (ARCIC) [2] sur l’épiscopat, l’unité de l’Église et la nécessité de l’exercice  de la primauté au niveau international peuvent aider la Communion anglicane dans la situation présente ? »*

Dire que le discours du cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens était attendu, c’est trop peu dire. Après la “leçon” du cardinal Ivan Dias, les évêques anglicans réunis à Lambeth ne savaient plus trop qu’attendre de celui qui a présidé, avec courtoisie – certains disent avec trop de gentillesse – un dialogue qui a pu être fécond dans le passé. Le cardinal Kasper a lui aussi asséné sa “leçon”, ce mercredi 30 juillet, dans un lieu plus grand que celui qui avait été initialement prévu, et qu’il a fallu trouver dans la plus grande précipitation car tout le monde souhaitait écouter ce discours dont on devinait, par avance, qu’il serait d’importance. Et il le fut, ne serait-ce que par la difficulté de l’exercice dont le thème avait été fixé par le Dr Rowan Williams : « Réflexions catholiques sur la Communion anglicane ». « Vous auriez pu trouver plus facile » – a lancé le cardinal Kasper à son hôte, sans doute pour détendre l’atmosphère, car ses « réflexions » ne porteront pas à rire ni à sourire – « Mais je crois qu’il y a une question cachée dans le titre. Elle porte sur ce que les catholiques pensent non pas tant de la Communion anglicane que de sa situation actuelle. Il y a des questions moins embarrassantes… ». Le cardinal replace donc son exercice au cœur du débat ou, pour mieux dire de la controverse qui ébranle l’anglicanisme.

La première partie du discours se résume à un vaste tout d’horizon du dialogue œcuménique avec l’anglicanisme engagé dans l’ARCIC. Les progrès notables et indiscutables accumulés au cours de 35 années de discussions vont constituer le contrepoint de la suite de l’exposé, car à l’optimisme des succès a succédé l’amertume des déceptions. Cette première partie se conclut d’ailleurs par une interrogation du cardinal qui n’est pas loin d’un constat de lassitude et d’impuissance : « Aussi je soulève ces questions, non pas pour juger mais comme un partenaire œcuménique qui a été profondément découragé par les récents développements, et qui souhaite vous offrir une honnête réflexion, d’un point de vue catholique, sur le comment et le vers quoi pouvons-nous aller de l’avant dans le contexte actuel ».

Suivent, dans une deuxième partie, des « considérations ecclésiologiques » qui s’appuient sur l’ecclésiologie développée par saint Cyprien de Carthage, et sur la double notion d’une Église apostolique synchronique et diachronique. À cet égard, le cardinal Kasper constate que, dans l’anglicanisme, « on n’a prêté que peu d’attention à l’importance d’être en communion avec la foi de l’Église au cours des âges », avec « l’Église de toujours », précise-t-il plus loin. C’est cette rupture avec la “diachronicité” de l’Église qui constitue l’erreur ecclésiologique majeure de l’anglicanisme, la cause de ses maux présents notamment « les tensions croissantes dans la Communion anglicane » ce que le cardinal ressent comme « particulièrement décourageant ». Mais l’anglicanisme souffre d’un autre défaut ecclésiologique : « Il nous semble aussi que l’attachement anglican à être “dirigé épiscopalement et gouverné synodalement” n’a pas toujours fonctionné dans le sens du maintien de l’apostolicité de la foi [3], et qu’un gouvernement synodal compris à tord comme une sorte de processus parlementaire a parfois bloqué le type de direction épiscopale envisagée par Cyprien et formulé par l’ARCIC ». Cette double critique des errements ecclésiologiques de l’anglicanisme est une grande première dans le discours public du cardinal Kasper.

La troisième et dernière partie du discours du cardinal Kasper se compose de ses « réflexions sur des questions particulières qu’affronte la Communion anglicane ». Il rappelle la doctrine catholique sur l’ordination des femmes, la question de l’homosexualité dans le clergé et évoque le célibat ecclésiastique « qui n’est pas qu’une position disciplinaire mais l’expression de notre fidélité à Jésus-Christ ». Sur toutes ces questions, le cardinal Kasper constate que la Communion anglicane « s’est considérablement rapprochée des Églises [ ?] protestantes » avec pour corollaire un éloignement d’autant plus sensible des positions catholiques. La conclusion s’impose : « Il semble désormais que la pleine et visible communion en tant que but de notre dialogue a grandement régressé, et que notre dialogue disposera de moins de buts finaux ce qui aura pour effet d’en altérer la nature ». On comprend le « découragement » du président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

La seule solution, pour tâcher de renouer ce qui semble désormais rompu, serait, selon le cardinal Kasper, que l’anglicanisme songe à « un nouveau Mouvement d’Oxford , à une redécouverte des richesses que recèle votre propre maison. Ce serait accueillir de nouveau la Tradition apostolique et recourir de nouveau à elle dans cette situation nouvelle ».
Sera-t-il entendu ?





* Je ne dipose pas, au moment d’écrire cet article, de la version française du discours du cardinal Kasper. Je m’appuie donc sur la version officielle en anglais. Une traduction en italien a été publiée dans L’Osservatore Romano du 30 juillet, et l’agence Zenit en a publié des bribes, ce même jour, mais retraduit de l’italien en anglais…
[1] L’allusion – sous forme de menace ou, pour le dire plus courtoisement, sous forme de constat du réel – se rapporte indirectement à la Traditional Anglican Communion, et plus directement au groupe mené par l’évêque Andrew Burhnam et même au quasi “schisme” de la Fellowship of Confessing Anglicans (« certaines provinces anglicanes »).
[2] L’ARCIC a été créée en 1966 après la rencontre entre Paul VI et Michael Ramsey, archevêque de Cantorbéry. Des très nombreuses réunions de travail qui se sont déroulées entre 1971 et 2005, sont sortis d’intéressants accords doctrinaux dont le cardinal Kasper va, littéralement, truffer son discours.
[3] Cette remarque est intéressante dans son hypothèse mais curieuse dans sa conclusion : la nature “apostolique” de l’anglicanisme semble en effet une vue de l’esprit mais pas une réalité.
 


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Catégorie : Anglicanisme /Épiscopalisme
Posté par : Daniel Hamiche le 29-07-2008

Alors que la Conférence de Lambeth, entre une tea party chez la Reine d’Angleterre et une manifestation dans les rues de Londres pour exiger l’extinction de la faim dans le monde, tente, sans grand espoir de succès, de réduire la fracture du “schisme” de la Fellowhip of Confessing Anglicans (FOCA) et de prévenir ceux qui s’annoncent (les 120 paroisses de l’Église d’Angleterre placées sous la houlette du « Flying Bishop » Andrew Burnham, et les plus de 800 réunies dans le mouvement anglican international Forward in Faith que préside l’évêque John Broadhurst), Rome vient d’envoyer un signal encourageant à un autre fort groupe d’anglicans qui a déjà formellement rompu avec la Communion anglicane puis avec l’Église d’Angleterre : The Traditional Anglican Communion (TAC).
La TAC est née en 1991 à l’initiative d’anglicans récusant les dérives d’églises anglicanes ou épiscopaliennes : ordination des femmes, de pasteurs homosexuels, etc. Elle se compose aujourd’hui d’une vingtaine d’Églises réparties sur cinq continents et qui rassemblent un peu plus de 400 000 fidèles (selon les chiffres officiels fournis).
Sans souhaiter abandonner certains caractères propres de la tradition anglicane (notamment liturgiques), la TAC recherche l’unité avec Rome.
Le 16 octobre 2007, l’archevêque anglican australien John Hepworth, primat de la TAC, rendait public le communiqué suivant :
« Le collège des évêques de la Traditional Anglican Communion (TAC) s’est réuni en session plénière à Portsmouth, Angleterre, la première semaine d’octobre 2007. Les évêques et les vicaires généraux ont approuvé à l’unanimité le texte d’une lettre destinée au Siège de Rome en vue d’une union pleine, en corps [souligné par moi] et sacramentelle. La lettre a été solennellement signée par tout le collège qui a autorisé le primat et deux évêques choisis par le collège à aller la remettre au Saint Siège.
Cette lettre a été reçue avec cordialité à la Congrégation pour la doctrine de la Foi. Le primat de la TAC s’est engagé à ce qu’aucun membre du collège n’accorde d’entretien tant que le Sait Siège n’aura pas examiné cette lettre et y aura répondu ».

J’ai souligné l’expression en corps (corporate en anglais) qualifiant l’union recherchée, car nous allons retrouver cette expression plus bas, mais aussi parce que dès le début du processus il était clair que c’est “en bloc” ou “en masse” que ces anglicans demandaient leur intégration dans l’Église catholique : un phénomène sans précédent dans l’anglicanisme et une série de problèmes nouveaux posés à Rome.

Quelles étaient les demandes qui formulait cette lettre ?
Ce serait une singulière gageure que de les asséner alors même que je n’ai, évidemment, pas lu cette lettre (qui n’a pas été rendue publique). Toutefois, il me sera permis d’avancer quelques conjectures en m’appuyant sur le long et circonstancié commentaire qu’en a fait dès le 22 octobre, un laïc anglican membre de la TAC sur le blogue du P. Dwight Longenecker qui est un American ordonné pasteur anglican puis ordonné prêtre catholique en Angleterre, et qui est désormais chapelain diocésain à Greenville en Caroline du Sud. Voici les points saillants de ce commentaire répartis en deux parties : ce que la TAC reconnaît de Rome et ce qu’elle demande à Rome.
– la TAC accepterait sans restriction le magistère ordinaire et extraordinaire de l’Église catholique ainsi que la primauté – et notamment la primauté de juridiction – de l’Évêque de Rome ; elle se soumettrait volontiers à la discipline de l’Église, notamment pour ce qui est de la nécessité d’ordonner les pasteurs anglicans qui souhaiteraient devenir prêtres catholiques, reconnaissant par là implicitement la non validité des ordinations anglicanes ;
– la TAC souhaiterait que soit préservée la forme anglicane de sa liturgie, la possibilité d’avoir un clergé marié, d’avoir ses évêques et donc une structure propre et particulière dans l’Église catholique.

Le 25 juillet dernier, John Hepworth, primat de la TAC, recevait du cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, une lettre datée du 5 juillet et dont voici la traduction :
« Votre Grâce,
tout au long de l’année passée, la Congrégation pour la doctrine de la Foi a étudié les propositions que vous lui aviez présentées au nom du Collège [1] des Évêques de la Traditional Anglican Communion, lorsque vous êtes venu dans les bureaux de ce Dicastère le 9 octobre 2007. Comme nous entrons dans les mois d’été [2], j’ai souhaité vous assurer de l’attention sérieuse que cette Congrégation prête à la perspective d’unité en corps [je souligne] soulevée dans ladite lettre.
Comme Votre Grâce en est évidemment consciente, la situation dans la Communion anglicane prise dans son ensemble est devenue nettement plus complexe pendant cette même période. Dès que cette Congrégation sera en mesure de répondre de la manière la plus claire sur les propositions que vous nous avez adressées, nous vous en tiendrons informé.
Je vous assure de mes prières continuelles et des meilleurs vœux que je forme pour vous-même et pour vos frères évêques de la Traditional Anglican Communion ».


C’est là, assurément, malgré la brièveté de la lettre et son apparent manque de substance, un texte historique. Le cardinal préfet y précise en effet, et ce n’est pas rien, que son dicastère poursuit, et sérieusement, l’étude  de cette union ou unité « en corps ». C’est d’ailleurs la seule des « propositions » qu’évoque la lettre du préfet, ce qui semblerait signaler que toutes les autres ne posent pas de problèmes insolubles, mais que celle-là, par sa nouveauté exige une  « sérieuse » réflexion pour ouvrir à une solution. On notera encore, que la date de cette lettre anticipe de quelques semaines l’ouverture de la Conférence de Lambeth et qu’elle est rendue publique – de l’aveu de Rome – par son destinataire avant la clôture de ses travaux (4 août). Qu’elle suit, vraisemblablement, de quelques jours la rencontre au Palais du Saint Office des deux “Flying Bishops” de l’Église d’Angleterre qui sont venus demander au cardinal préfet des aménagements assez semblables à ceux souhaités par la TAC, mais pour le seul territoire de l’Angleterre… Ce qui est sûr, c’est que Rome travaille la question – à son rythme évidemment – et qu’Elle a tenu, avec une exquise délicatesse, à prévenir ses interlocuteurs de la TAC que le retard pris à répondre à leurs demandes d’octobre n’était point négligence et que tout ce qu’on pouvait lire de-ci de-là sur les bons rapports entre Benoît XVI et le Dr Rowan Williams, sur le souci que manifestent plusieurs hauts prélats de l’unité de la Communion anglicane étaient une chose, mais que le retour à Rome de la TAC en était une autre et qu'on y travaillait !

Le primat Hepworth, lui, ne s’y est pas trompé. Rendant publique, le 25 juillet, la lettre du cardinal préfet, il la commente en ces termes à ses confrères dans l’épiscopat et à tous les membres de la TAC :
« C’est un grand plaisir pour moi que de vous adresser une copie de la lettre que j’ai reçue ce matin (25 juillet) du cardinal Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, par l’entremise de la Nonciature apostolique en Australie. C’est une lettre cordiale et encourageante. J’y ai répondu par l’expression de ma gratitude au nom de “mes frères évêques” [3], et en réaffirmant notre détermination d’arriver à l’unité pour laquelle Jésus a prié avec tant d’intensité lors de la Cène, quelque que soit le prix personnel qu’il pourrait nous en coûter en tant que disciples [4].
Cette lettre devrait donner du courage à toute notre Communion et à ceux de nos amis qui nous ont aidés.  Elle devrait aussi nous inciter à des prières renouvelées pour le Saint Père, pour le cardinal Levada et ceux qui travaillent avec lui à la Congrégation pour la doctrine de la Foi, mais aussi pour notre clergé et nos fidèles alors que nous nous avançons vers une communion encore plus étroite dans le Christ et avec le Saint Siège.
Je suis particulièrement reconnaissant au cardinal préfet pour avoir généreusement mentionné cette “réunion en corps” [souligné par moi], une voie qui n’a été que très rarement empruntée par le passé [5], mais qui est fondamentale pour que s’accomplisse la demande de notre Maître à Son Père : “Qu’ils soient entièrement un” ».

Décidément, cet été qui est celui de tous les dangers pour le schisme anglican, semble devenir celui de bien des promesses pour la seule Église du Christ. En tous les cas, les choses avancent plus vite qu’on aurait pu l’imaginer.

Au fond n’est-il pas temps de répondre à ceux qui frappent poliment à la porte, plutôt que de perdre trop de temps avec ceux qui détournent la tête quand ils passent devant ?





[1] Ici, le cardinal Levada reprend la terminologie de l’Église d’Angleterre, House of Bishops, et non pas celle de la TAC, College of Bishops.
[2] Période d’activité très réduite au Saint Siège, ce que les Romains appellent le Fer’Agosto.
[3] Le primat reprend ici l’expression même utilisée par le cardinal préfet par courtoisie et non en reconnaissance de la validité de la succession apostolique chez les anglicans.
[4] Ici, l’on croit comprendre que l’archevêque et ses autres confrères dans l’épiscopat seraient disposés à faire précisément le sacrifice de leur épiscopat pour le bien de l’unité retrouvée. Le même sacrifice a été également évoqué par le “Flying Bishop” Andrew Burnham de l’Église d’Angleterre. Si c’est la bonne explication, alors… chapeau bas !
[5] On ne peut s’empêcher de discerner ici une critique feutrée de ceux qui, à la Curie, furent hostiles à ce type de solution… Passons.
 


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Catégorie : Anglicanisme /Épiscopalisme
Posté par : Daniel Hamiche le 24-07-2008

« L’opinion de votre correspondant, c’est que le cardinal Dias a offert un exposé positif et orthodoxe de la nouvelle évangélisation. Toutefois, ce faisant, il a saisi l’occasion pour traiter de manière évidente, encore qu’avec ménagement et une affection évidente, des problèmes et des préoccupations de la famille anglicane, qui entravent sa capacité à poursuivre son œuvre [d’évangélisation] et [la poursuite de] ses relations avec l’Église catholique (romaine) ».

Le correspondant dont il s’agit, est celui du plus important mouvement de traditionalistes anglo-catholiques Forward in the Faith que préside John Broadhurst, évêque anglican de Fulham. Il assure un “suivi” des travaux de la Conférence de Lambeth pour les quelque 800 paroisses anglo-catholiques d’Angleterre, d’Amérique du Nord et d’Australie, et rédige chaque jour un compte-rendu substantiel et d’intérêt. On précisera que Forward in the Faith, bien qu’opposé à la dérive de la Communion anglicane et de l’Église d’Angleterre, notamment pour ce qui est de l’ordination des femmes à l’épiscopat, n’envisage pas – contrairement à Andrew Burnham, l’évêque « volant » d’Ebbsfleet – un retour à Rome. Dans une déclaration du 9 juillet déplorant la décision du 7 juillet du Synode général de l’Église d’Angleterre, l’évêque Broadhurst, évoquant les « spéculations dans les médias relativement à des contacts avec Rome », et sans nier ces derniers qui remontent chez lui à 1992, y expose son « problème » : « bien que [Rome] ait montré une grande générosité, il n’y a pas eu offre de réconciliation ecclésiale. En d’autres mots, notre vie spirituelle et notre Eucharistie communes n’ont pas été reconnues. Cela demeure un problème pour moi ». Et ce l’est aussi pour Rome, me permettrai-je d’ajouter, car s’agissant, comme le suggère l’évêque Burnham, de la reconnaissance de la validité des ordres anglicans par elle, il ne saurait en être question. Mais revenons à notre… correspondant.

Il rapporte, en les commentant avec “doigté”, les propos du discours prononcé devant l’assemblée de Lambeth, à l’invitation du Dr Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry, mardi 22 juillet en soirée, par le cardinal Ivan Dias, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, sur le thème « Mission, justice sociale et évangélisation ». L’ancien archevêque de Bombay, nommé à la tête de ce dicastère par Benoît XVI en 2006, est connu pour la franchise de ses propos et pour être un des cardinaux de Curie favorables au retour des anglo-catholiques traditionalistes à Rome. Ses propos, sur fond de crise d’un anglicanisme à la dérive, doctrinalement et moralement, méritaient donc la plus grande attention.

C’est dans cette disposition que j’ai lu ce texte important en soi mais qui constitue aussi, avec délicatesse, une mise en garde des anglicans contre leur dérive passée et présente, et une manière de rappel à l’ordre exprimé avec une force dont je n’ai pas le souvenir d’un exemple équivalent chez un prélat d’un tel rang. Je vais en donner trois exemples tiré du texte (dont la seule version disponible est en anglais).

1. « Le monde d’aujourd’hui a besoin de chrétiens qui s’affirment et non de gens qui s’excusent [1]. Il a besoin de gens comme le cardinal John Henry Newman, G. K. Chesterton, C. S. Lewis, Hilaire Belloc et d’autres, qui ont brillamment exposé la beauté de la foi chrétienne sans honte ni compromis ».
On notera, comme l’ont sans doute remarqué eux-mêmes les évêques anglicans à qui s’adresse le cardinal Dias, que des quatre apologistes évoqués l’un est un anglican qui l’est toujours demeuré (encore qu’il ne soit véritablement devenu membre de l’Église d’Angleterre qu’à 33 ans), C. S. Lewis ; que le deuxième, Hilaire Belloc, fut catholique sans discontinuer ; mais que les deux autres, le cardinal Newman et Chesterton, sont deux anglicans convertis au catholicisme…

2. Le cardinal Dias aborde ensuite la portée œcuménique de l’évangélisation.
« L’évangélisation est la prérogative unique de l’Esprit Saint qui a besoin de canaux au travers desquels il peut s’écouler librement. Cela ne se pourra que dans l’exacte mesure  où il y aura unité et cohésion entre les membres de l’Église, entre ces membres et leurs bergers, et, par-dessus tout, entre les bergers eux-mêmes », ce qui n’est évidemment pas le cas au sein de la Communion anglicane et de l’Église d’Angleterre avec pour effet logique, si l’on comprend bien le cardinal, d’empêcher l’œuvre de l’Esprit Saint en leur sein ! Certes, poursuit le cardinal, on constate une diversité  chez les chrétiens : « mais quand la diversité dégénère en division, elle devient un contre témoignage qui compromet gravement leur image et leurs efforts pour répandre la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ». La situation de la Communion anglicane et de l’Église d’Angleterre, ce n’est pas une “diversité” maîtrisée et harmonieuse, comme elles le prétendent, mais une “division” anarchique et handicapante. C’est ce qu’on peut comprendre de cette phrase rapportée à son contexte.
Mais le plus fort de ce développement reste encore à venir. Le voici.
« On parle beaucoup de nos jours des maladies comme l’Alzheimer et le Parkinson. De manière analogique, on peut parfois trouver les symptômes de ces maladies jusque dans nos communautés chrétiennes. Par exemple quand nous vivons en myopes dans un présent fugace, oublieux de notre héritage du passé et de nos traditions apostoliques, on pourrait dire que nous souffrons d’un Alzheimer spirituel. De même, quand nous nous conduisons de manière désordonnée, allant notre chemin selon notre caprice sans aucune coordination entre la tête et les autres membres de la communauté, on pourrait qualifier cela de Parkinson ecclésial ».
Je crois qu’aucun commentaire ne s’impose…

3. Le cardinal Dias va terminer  son discours. Il “apostrophe” directement les évêques anglicans assemblés : « Le rôle de berger auquel les évêques sont appelés dans l’Église exige de leur part de toujours savoir discerner si leurs entreprises pastorales sont inspirées par Dieu, ou motivées par des critères humains, ou provoquées par le Malin ». Et pour conclure, le cardinal va, après avoir invoqué la bénédiction du Tout Puissant sur la Communion anglicane et la Conférence de Lambeth, par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, des Anges et des Saints – dont, évidemment, les saints martyrs catholiques  victimes de l’Église d’Angleterre… – évoquer une fois encore le vénérable cardinal Newman « figure importante tant pour les anglicans que les catholiques » – dans la mesure même où il montre qu'un anglican peut devenir catholique ? –, en citant un extrait d’un poème du futur bienheureux, dont le sens est véritablement sans équivoque encore une fois dans le contexte :

Lead, kindly Light, amid th’encircling gloom,
Lead Thou me on !
The night is dark, and I am far from home :
Lead Thou me on !
Keep Thou my feet : I do not ask to see the distant scene :
One step enough for me.

Un pas suffit (one step enough) pour s’approcher de la maison (home = Rome) guidé par l’aimable Lumière (kindly Light) qui attire à Elle (Lead Thou me on) ceux qui se trouvent environné par l’obscurité (encircling gloom) et dans les ténèbres de la nuit (The night is dark). Je ne crois pas beaucoup forcer le texte…




[1] Le cardinal Dias se livre ici à un jeu de mots intraduisible en français : le monde d’aujourd’hui a besoin de « Christian apologists, not apologizers » (le verbe to apologize signifie s’excuser et possède la même racine que le substantif apologist qui signifie apologiste comme en français ou défenseur).


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Catégorie : Anglicanisme /Épiscopalisme
Posté par : Daniel Hamiche le 22-07-2008

« Nous savons tous que nous nous trouvons au cœur d’un des défis les plus graves qu’ait dû affronter la famille anglicane au cours de son histoire ». Voilà ce que reconnaît le Dr Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry, métropolitain de la province de Cantorbéry de l’Église d’Angleterre, et « primat de toute l’Angleterre » [1], dans son discours prononcé le dimanche 20 juillet lors de la séance plénière d’ouverture de la Conférence de Lambeth.
Une séance plénière loin d’avoir fait le… plein, car si la Conférence de Lambeth est supposée réunir une fois tous les dix ans et à l’invitation de l’archevêque de Cantorbéry tous les évêques anglicans du monde, tous n’ont pas estimé devoir y déférer cette année. Avec quelque optimisme, le site officiel de la Conférence de Lambeth croyait, avant que ne s’ouvre cette réunion, pouvoir annoncer [2] la présence de plus de 800 évêques : ils ne sont que 650 ; 230 évêques, donc 5 primats sur 38, l’ont boycottée : du jamais vu depuis la première Conférence de Lambeth en 1867 !
Le Dr R. Williams a beau ironiser, sans doute pour détendre l’atmosphère, sur les “unes” de journaux annonçant « la fin de la communion anglicane », il n’en reconnaît pas moins « qu’il est pourtant vrai que des choix devront être faits au cours des semaines que nous passons ensemble ». Des choix qui devront s’exprimer en résolutions. Toutefois, il s’empresse de rassurer ses auditeurs quant à l’aspect contraignant que pourraient revêtir ces résolutions pour chacun des évêques présents : « de résolutions qui ont été votées depuis 1867, vous en découvrirez beaucoup, et sur des sujets vraiment importants, qui n’ont jamais été suivies d’effets »… Il n’y a donc pas lieu pour les évêques anglicans de trop s’inquiéter – et pour nous de trop attendre des « résolutions » de la Conférence de Lambeth en cours. Et pour ceux de ses auditeurs épiscopaux qui seraient encore taraudés par le doute, le Dr R. Williams prend bien soin de préciser les choses : « Notre espoir c’est que nous puissions achever notre Conférence sur une “Réflexion”, et non pas sur un ensemble de résolutions et de décisions, susceptible de vraiment changer la situation et de nous conduire plus avant. C’est un équilibre difficile à réaliser. Nous sommes tous impliqués dans sa réussite ».

Dans ce long discours de plus de 4 000 mots, le Dr R. Williams, avec le talent et la dextérité intellectuelle qu’on lui connaît, se révèle de nouveau être ce qu’il a toujours été : un équilibriste doctrinal . Ce n’est pas pour surprendre chez ce prélat libéral et somme toute emblématique de cette via media de l’anglicanisme qu’on nomme ordinairement le latitudinarisme, une position condamnée, en même temps que son cousin germain l’indifférentisme, par Rome (Syllabus, § 3).
En voici un exemple tiré de ce même discours du Dr R. Williams. « Nous devons avoir l’honnêteté de reconnaître, dit-il, la profondeur de certaines blessures et difficultés que nous traversons. Et nous devons rafraîchir et ranimer notre compréhension de ce que notre Communion doit apporter à tout l’éventail œcuménique de notre vie chrétienne. Nous ne pouvons pas ignorer le fait que ce qui est considéré comme une doctrine et une politique nouvelles quant aux relations homosexuelles – chose qui n’est pas identique à celle de la grande majorité lors de la dernière Conférence de Lambeth –, provoque douleur et perplexité. Nous ne pouvons pas ignorer les pressions causées par de nouvelles structures qui se sont improvisées en réaction à cette douleur et à cette perplexité, pressions aisément constatables sous la forme de modèles irréguliers du ministère qui traversent les frontières historiques ».
Cette citation laisserait, à première lecture, entendre une double réprobation :
- critique de l’Église épiscopalienne des États-Unis qui, malgré la « résolution » de la précédente Conférence de Lambeth en 1998 de ne pas ordonner à l’épiscopat de pasteurs homosexuels, a passé outre en élevant Gene Robinson à l’épiscopat en 2004 ;
- et critique de la réaction d’une partie de la Communion anglicane, notamment en Afrique, outrée par cette extravagance et qui vient de créer une nouvelle structure : la Fellowship of Confessing Anglicans (FOCA).
Mais ce qui est réprouvé, au fond, ce n’est ni l’extravagance des Américains ni le “schisme” des Africains – qui n’en est en vérité que la conséquence et qu’on ne saurait, en bonne logique et en toute justice mettre sur le même pied : c’est l’entorse à la “communion”, à la via media, à ce modus vivendi qui n’est – et ne peut être – que compromis, encore et toujours.
En matière d’art du compromis, et sans vouloir être inutilement offensant, il faut bien admettre que le Dr R. Williams est passé maître en cet art. Une affaire semblable à celle de l’Américain Gene Robinson survint à pareille époque en Angleterre : l’“affaire Jeffrey John”.
Jeffrey John [3], un pasteur anglican, de tendance anglo-catholique, mais à l’homosexualité avouée, fut nommé, le 20 mai 2003, évêque de Reading, et donc évêque suffragant du diocèse d’Oxford. Des protestations s’élevèrent dans l’Église d’Angleterre et dans la Communion anglicane : des prélats menaçant de quitter l’une et l’autre si l’évêque nommé recevait l’ordination épiscopale. C’est cette crainte qui poussa le Dr R. Williams à suggérer à Jeffrey John de renoncer à son siège épiscopal : en échange, il serait nommé doyen de la cathédrale de St. Albans, situation beaucoup plus importante et prestigieuse, du point de vue ecclésiastique et social, que l’évêché de Reading, mais sans incidence sur la hiérarchie épiscopale de l’Église d’Angleterre et sur la « cohérence » de la Communion anglicane. Le Dr Jeffrey John accepta cet incroyable “troc” et, le 19 avril 2004, le Premier ministre Tony Blair signait le décret de nomination. Beaucoup ont considéré qu’il s’agissait là d’un « coup de maître » du Dr Rowan Williams. D’autres expressions peuvent venir à l’esprit pour cet autre exemple du latitudinarisme de l’archevêque de Cantorbéry.

Après avoir lu et relu, la tête dans les mains, le discours du Dr. R. Williams, que conclure sinon qu’il propose, une fois de plus, à ses confrères dans l’épiscopat anglican de “faire comme si”, mais en agrémentant cette attitude ancienne d’un “truc” nouveau qu’il nomme « Alliance anglicane » (Anglican Covenant), « une Alliance qui ne devra pas être entendue comme un moyen d’exclure le réticent ou le rebelle, mais comme l’intensification – pour ceux qui le voudront – des relations qui existent déjà […] car les options qui sont devant nous ne sont ni celle du schisme irréparable ni celle de l’assimilation forcée »

Les Anglo-Saxons ont un très joli dicton et de surcroît fort agréablement balancé dans sa métrique comme dans son euphonie : « You cannot run with the hares and hunt with the hounds », on ne peut à la fois courir avec les lièvres et chasser avec la meute. Autrement dit, on ne peut tenir à la fois deux positions contradictoires pour donner satisfaction aux tenants de l’une comme de l’autre. Sans esprit de polémique, m’est avis que ce dicton s’applique à la perfection à l’anglicanisme en général et au Dr R. Williams tout particulièrement.






* Le train-train habituel…
[1] L’archevêque de York, seconde province ecclésiastique de l’Église d’Angleterre, est qualifié de « primat d’Angleterre ».
[2] Ce nombre n’a pas été modifié sur le site officiel (www.lambethconference.org/lc2008/index.cfm) au jour où je rédige cet article (21 juillet).
[3] Le Dr John a fondé en 1990 le mouvement Affirming Catholicism pour promouvoir le “catholicisme” dans la tradition anglicane, mais a toujours soutenu l’ordination des femmes… N’étant pas à une contradiction près, il nie la doctrine de la peine d’expiation ce qui lui a valu de sévères critiques d’évêques anglicans de la tendance évangélique qui eux tiennent pour la doctrine du purgatoire. D’où l’on peut conclure qu’il faut être de la dernière prudence quant aux catégories où l’on range les anglicans. Le terme générique anglo-catholique peut s’appliquer à des chrétiens qui sont bien davantage protestants que “catholiques”, alors que celui “d’évangélique” peut s’appliquer à des chrétiens très proches de certains dogmes catholiques.
 


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 21-07-2008

Dimanche 20 juillet, le pape Benoît XVI a prononcé l'homélie de la messe de clôture des XXIIIeme Journées mondiales de la jeunesse qui se sont tenues à Sydney, en Australie. Le prochain rendez-vous de la jeunesse du monde entier aura lieu à Madrid, en Espagne, en 2011. « L'heure est venue pour moi de vous dire adieu, ou plutôt arrivederci » a déclaré le pape. Je vous remercie tous pour votre participation à la Journée mondiale de la jeunesse 2008, ici à Sydney, et j'attends avec impatience de vous revoir dans trois ans. »

 

 

Chers amis,

« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous » (Ac 1, 8). Nous avons vu cette promesse réalisée ! Comme nous venons de l'entendre dans la première Lecture, le jour de la Pentecôte, le Seigneur ressuscité, assis à la droite du Père, a envoyé l'Esprit sur les disciples réunis au Cénacle. Par la force de cet Esprit, Pierre et les Apôtres sont partis pour prêcher l'Évangile jusqu'aux extrémités de la terre. À tout âge et en toute langue, l'Église continue de proclamer dans le monde entier les merveilles de Dieu et appelle toutes les nations et tous les peuples à accueillir la foi, l'espérance et la nouvelle vie dans le Christ.

Ces jours-ci, je suis venu moi aussi, en tant que Successeur de saint Pierre, sur cette magnifique terre de l'Australie. Mes jeunes frères et sœurs, je suis venu pour vous confirmer dans la foi et pour ouvrir vos cœurs au pouvoir de l'Esprit du Christ et à la ri chesse de ses dons. Je prie pour que cette grande assemblée, qui unit des jeunes « de toutes les nations qui sont sous le ciel » (Ac 2, 5), devienne un nouveau Cénacle. Puisse le feu de l'amour de Dieu descendre pour remplir vos cœurs, pour vous unir toujours plus au Seigneur et à son Église et vous envoyer, comme une nouvelle génération d'Apôtres, pour porter le monde au Christ !

« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous » (Ac 1, 8). Ces paroles du Seigneur ressuscité ont une signification particulière pour les jeunes qui seront confirmés, marqués par le don de l'Esprit Saint, au cours de cette Messe. Mais ces paroles sont aussi adressées à chacun d'entre nous, à tous ceux qui ont reçu de l'Esprit le don de la réconciliation et de la vie nouvelle au Baptême, qui l'ont accueilli dans leurs cœurs comme leur soutien et leur guide à la Confirmation et qui, chaque jour, grandissent dans ses dons de grâce par la Sainte Eucharistie. En effet, à chaque Messe, l'Esprit Saint, invoqué par la prière solennelle de l'Église, descend de nouveau non seulement pour transformer nos offrandes, le pain et le vin, dans le Corps et le Sang du Seigneur, mais aussi pour transformer nos vies, pour faire de nous, par sa puissance, « un seul corps et un seul esprit dans le Christ ».

Mais quel est donc ce « pouvoir » de l'Esprit Saint ? C'est le pouvoir de la vie Dieu ! C'est le pouvoir de l'Esprit lui-même qui se répandit sur les eaux à l'aube de la création et qui, dans la plénitude des temps, releva Jésus de la mort. C'est le pouvoir qui nous conduit nous et le monde vers l'avènement du Royaume de Dieu. Dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus annonce qu'une nouvelle ère a commencé, dans laquelle l'Esprit Saint sera répandu sur l'humanité entière (cf. Lc 4, 21). Jésus lui-même, conçu de l'Esprit Saint et né de la Vierge Marie, est venu parmi nous pour nous donner cet Esprit. Comme source de notre vie nouvelle dans le Christ, l'Esprit Saint est aussi, d'une manière très réelle, l'âme de l'Église, l'amour qui nous lie au Seigneur et entre nous et la lumière qui ouvre nos yeux pour voir les merveilles de la grâce de Dieu autour de nous.

Ici, en Australie, ce « Grand Sud de l'Esprit Saint », nous avons tous expérimenté de manière inoubliable la présence et la puissance de l'Esprit dans la beauté de la nature. Nos yeux se sont ouverts pour voir le monde autour de nous tel qu'il est vraiment : « plein de la grandeur de Dieu » comme dit le poète, rempli de la gloire de son amour créateur. Ici aussi, dans cette grande assemblée de jeunes chrétiens venant du monde entier, nous avons fait la vive expérience de la présence et de la puissance de l'Esprit dans la vie de l'Église. Nous avons vu l'Église telle qu'elle est réellement : le Corps du Christ, vivante communauté d'amour, comprenant des personnes de toute race, nation et langue, de tout temps et tout lieu, dans l'unité née de notre foi dans le Seigneur ressuscité.

La puissance de l'Esprit ne cesse jamais de remplir l'Église de vie ! À travers la grâce des Sacrements de l'Église, cette force pénètre profondément en nous, comme une rivière souterraine qui nourrit l'esprit et nous attire toujours plus près de la source de notre vraie vie, qui est le Christ. Saint Ignace d'Antioche, qui est mort martyr à Rome, au début du deuxième siècle, nous a laissé une description splendide de la puissance de l'Esprit qui demeure en nous. Il parle de l'Esprit comme d'une fontaine d'eau vive qui jaillit dans son cœur et murmure : « Viens, Viens au Père ! » (cf. Rm 6, 1-9).

Cependant, cette force, la grâce le l'Esprit, n'est pas quelque chose que nous pouvons mériter ou acquérir, mais nous pouvons seulement la recevoir comme un don. L'amour de Dieu peut répandre sa puissance uniquement quand nous lui permettons de nous transformer intérieurement. Nous devons lui permettre de traverser dans la dure carapace de notre indifférence, de notre lassitude spirituelle, de notre conformisme aveugle à l'esprit de notre temps. Alors seulement nous pouvons lui permettre d'enflammer notre imagination et de façonner nos désirs les plus profonds. Voilà pourquoi la prière est si importante : la prière quotidienne, la prière personnelle, dans le silence de notre cœur et devant le Saint Sacrement ainsi que la prière liturgique en Église. Elle est réceptivité pure de la grâce de Dieu, amour en acte, communion avec l'Esprit qui demeure en nous et nous conduit, à travers Jésus, dans l'Église, à notre Père céleste. Par la puissance de son Esprit, Jésus est toujours présent en nous, attendant tranquillement que nous nous mettions en silence à côté de Lui pour écouter sa voix, demeurer dans son amour et recevoir la « force qui vient d'en-haut », force qui nous rend capables d'être sel et lumière pour notre monde.

Lors de son Ascension, le Seigneur ressuscité, dit à ses disciples : « vous serez mes témoins... jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Ici, en Australie, remercions le Seigneur du don de la foi, qui nous a été offert comme un trésor transmis de génération en génération dans la communion de l'Église. Ici, en Océanie, remercions de façon particulière tous les héroïques missionnaires, les prêtres et religieux dévoués, les parents et grands-parents chrétiens, les maîtres et les catéchistes qui ont édifié l'Église sur ces terres ; les témoins, comme la Bienheureuse Mary MacKillop, saint Pierre Chanel, le Bienheureux Peter To Rot et beaucoup d'autres ! La puissance de l'Esprit, révélée à travers leurs vies, est encore à l'œuvre dans les œuvres de bienfaisance qu'ils ont laissées, dans la société qu'ils ont façonnée et qui, à présent, vous est confiée.

 

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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 18-07-2008

 

Nous publions ci-dessous la quasi intégralité du discours du Pape Benoît XVI aux jeunes réunis à Sydney le jeudi 17 juillet dans le cadre des JMJ. Il s'agit d'une véritable charte d'une écologie humaine prenant en compte aussi bien de l'environnement naturel que social. Nous n'avons pas commenté ce message mais ajouté des intertitres pour en guider la lecture.

 


Universalité du christianisme
Monsieur le Cardinal Pell et Monseigneur l'Archevêque Wilson : je vous remercie de vos chaleureuses paroles de bienvenue. Je sais que vos sentiments trouvent un écho dans le cœur des jeunes réunis ici, ce soir, et je vous en remercie donc tous. J'ai sous les yeux une image vibrante de l'Église universelle. La diversité des nations et des cultures dont vous provenez montre que véritablement la Bonne Nouvelle du Christ est pour tous et pour chacun ; elle a atteint les extrémités de la terre. Et cependant, je sais aussi qu'un bon nombre parmi vous est encore à la recherche d'une patrie spirituelle. Quelques-uns d'entre vous - et ils sont tout à fait les bienvenus parmi nous - ne sont pas catholiques ni chrétiens. D'autres, peut-être, se tiennent aux frontières de la vie de leur paroisse et de l'Église. Je désire leur offrir mes encouragements : approchez-vous des bras pleins d'amour du Christ ; reconnaissez en l'Église votre maison ! Personne n'est obligé de rester à l'extérieur, car depuis le jour de la Pentecôte, l'Église est une et universelle.
Ce soir, je désire aussi associer ceux qui ne sont pas présents au milieu de nous. Je pense spécialement aux malades ou aux handicapés mentaux, aux jeunes qui sont en prison, à ceux qui connaissent des situations difficiles en marge de nos sociétés et à ceux qui, pour une raison ou une autre se sentent loin de l'Église. À chacun, je dis : Jésus est proche de toi ! Fais l'expérience de son étreinte qui guérit, de sa compassion et de sa miséricorde !


L’exemple des Apôtre contre la perversité de la culture d’alors
Il y a presque deux mille ans, les Apôtres, réunis à l'étage de la maison, avec Marie (cf. Ac 1, 14) et avec quelques femmes fidèles, furent remplis de l'Esprit Saint (cf. Ac 2, 4). En cet instant extraordinaire, qui manifesta la naissance de l'Église, le trouble et la peur qui avaient saisi les Disciples du Christ, se sont transformées en une vigoureuse conviction, et en une prise de conscience d'un objectif. Ils se sentirent poussés à parler de leur rencontre avec Jésus ressuscité, que désormais, ils appelaient affectueusement le Seigneur. À bien des égards, les Apôtres étaient des personnes ordinaires. Aucun d'eux ne pouvait prétendre qu'il était un disciple parfait. Ils n'avaient pas su reconnaître le Christ (cf. Lc 24, 13-32), ils avaient dû rougir de leur ambition (cf. Lc 22, 24-27), ils l'avaient même renié (cf. Lc 22, 54-62). Et pourtant, quand ils furent remplis de l'Esprit Saint, ils furent transpercés par la vérité de l'Évangile du Christ et ils se sentirent poussés à le proclamer sans crainte. Rassurés, ils s'écrièrent : repentez-vous, faites-vous baptiser, recevez l'Esprit Saint (cf. Ac 2, 37-38) ! Fondée sur l'enseignement des Apôtres et y adhérant, rompant le pain et priant (cf. Ac 2, 42), la jeune communauté chrétienne se leva pour s'opposer à la perversité de la culture qui l'entourait (cf. Ac 2, 40), pour prendre soin de ses propres membres (cf. Ac 2, 44-47), pour défendre sa foi en Jésus face aux oppositions (cf. Ac, 4, 33) et pour guérir les malades (cf. Ac 5, 12-16). Et, obéissant au commandement du Christ lui-même, ils partirent, rendant témoignage à la plus grande histoire de tous les temps : que Dieu s'est fait l'un de nous, que le divin est entré dans l'histoire humaine pour la transformer, et que nous sommes appelés à nous immerger dans l'amour salvifique du Christ qui triomphe du mal et de la mort. Dans son célèbre discours à l'aréopage, saint Paul introduisit ainsi le message : Dieu donne toute chose à chacun, y compris le souffle et la vie, afin que toutes les Nations puissent le chercher, si jamais, marchant à tâtons, elles arrivent à le trouver. En effet, il n'est pas loin de chacun de nous, puisque en lui il nous est donné de vivre, de nous mouvoir, d'exister (cf. Ac 17, 25-28).


Hommage aux nations missionnaires
Depuis lors, des hommes et des femmes se sont mis en route pour raconter la même aventure, rendant témoignage à l'amour et à la vérité du Christ et prenant part à la mission de l'Église. Aujourd'hui, nous pensons à ces pionniers - prêtres, religieuses, religieux - qui sont arrivés sur ces rivages et dans d'autres parties du Pacifique, venant d'Irlande, de France, de Grande-Bretagne et d'autres régions d'Europe. Pour la plupart, ils étaient jeunes, quelques-uns n'avaient même pas vingt ans, et lorsqu'ils prirent congé pour toujours de leurs parents, de leurs frères et sœurs, de leurs amis, ils savaient bien qu'il leur aurait été improbable de revenir chez eux. Leurs vies furent un témoignage chrétien dépourvu de tout intérêt égoïste. Ils devinrent d'humbles mais tenaces constructeurs d'une grande partie de l'héritage social et spirituel qui, de nos jours encore, est porteur de bonté, de compassion et de finalité pour ces nations. Et ils furent capables d'inspirer une autre génération. Il nous vient immédiatement à l'esprit la foi qui a soutenu la bienheureuse Mary MacKillop dans sa forte détermination à éduquer les pauvres en particulier, et le bienheureux Peter To Rot, ferme dans sa conviction que celui qui est à la tête d'une communauté doit toujours se référer à l'Évangile.

 

Éloge de la piété filiale
Pensez aussi à vos grands-parents et à vos parents, qui furent vos premiers maîtres dans la foi ! Eux aussi ont fait d'innombrables sacrifices de temps et d'énergie par amour pour vous. Avec le soutien des prêtres et des enseignants de votre paroisse, ils ont le devoir, pas toujours facile mais hautement gratifiant, de vous guider vers tout ce qui est bon et vrai, par leur exemple personnel, par leur manière d'enseigner et de vivre la foi chrétienne.

Crainte révérencielle devant les beautés de la Création
Aujourd'hui, c'est mon tour. Certains peuvent avoir l'impression d'être arrivés à l'extrémité du monde ! Pour les personnes de votre âge, de toute façon, chaque vol aérien est une perspective attrayante. Mais, pour moi, ce vol a été dans une certaine mesure cause d'appréhensions. Pourtant, d'en haut, la vue de notre planète fut quelque chose de vraiment magnifique. Le miroitement de la Méditerranée, la magnificence du désert nord africain, la forêt luxuriante de l'Asie, l'immensité de l'Océan Pacifique, l'horizon sur la ligne duquel le soleil se lève et se couche, la splendeur majestueuse de la beauté naturelle de l'Australie, dont j'ai pu jouir au cours des deux derniers jours ; tout cela suscite un profond sentiment de crainte révérencielle. C'est comme si nous capturions de rapides images sur l'histoire de la création racontée dans la Genèse : la lumière et les ténèbres, le soleil et la lune, les eaux, la terre et les créatures vivantes. Tout cela est « bon » aux yeux de Dieu (cf. Gn 1, 1-2, 4). Plongés dans une telle beauté, comment ne pas faire écho aux paroles du Psalmiste quand il loue le Créateur : « Qu'il est grand ton nom par toute la terre » (Ps 8, 2) ?


Au cœur de la Création : la famille humaine
Mais il y a bien plus encore, quelque chose que, du ciel, il nous est difficile de percevoir : des hommes et des femmes créés rien que moins à l'image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26). Au cœur de la merveille de la création, nous nous trouvons, vous et moi, la famille humaine « couronnée de gloire et d'honneur » (cf. Ps 8, 6). Quelle merveille ! Avec le psalmiste, nous murmurons : « Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui ? » (cf. Ps 8, 5). Introduits dans le silence, pleins de reconnaissance et par la puissance de la sainteté, nous réfléchissons.
Que découvrons-nous ? Peut-être à contrecœur arrivons-nous à admettre que des plaies marquent aussi la surface de la terre : l'érosion, la déforestation, le gaspillage des ressources minérales et marines et ce, pour alimenter un besoin de consommation insatiable. Certains d'entre vous proviennent d'îles-États, dont l'existence elle-même est menacée par l'élévation du niveau des eaux ; d'autres viennent de nations qui souffrent des effets dévastateurs de la sécheresse. La merveilleuse création de Dieu est parfois vécue comme une réalité quasi hostile pour ses gardiens, et même comme quelque chose de dangereux. Comment ce qui est « bon » peut-il apparaître aussi menaçant ?
Il y a plus. Que dire de l'homme, sommet de la création de Dieu ? Chaque jour, nous touchons du doigt le génie des conquêtes humaines. Des progrès des sciences médicales et de l'application intelligente de la technologie à la créativité exprimée dans les arts, la qualité et la satisfaction de la vie des gens s'améliorent constamment de nombreuses manières. Vous êtes vous aussi sans cesse prêts à accueillir les innombrables opportunités qui vous sont offertes. Certains d'entre vous excellent dans les études, dans le sport, dans la musique ou dans la danse et le théâtre, d'autres parmi vous ont un sens aigu de la justice sociale et de l'éthique, et beaucoup d'entre vous s'engagent pour un temps de service et de volontariat. Nous tous, jeunes et vieux, nous connaissons des moments où la bonté naturelle de la personne humaine - perceptible, par exemple, à travers le geste d'un petit enfant ou l'ouverture au pardon d'un adulte - nous remplit profondément de joie et de gratitude.


 

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Catégorie : Anglicanisme /Épiscopalisme
Posté par : Daniel Hamiche le 16-07-2008

C’est à midi aujourd’hui mercredi 16 juillet, que s’est ouverte la Conférence de Lambeth qui, à l’invitation de l’archevêque de Cantorbéry, “primat” de la Communion anglicane, réunit tous les dix ans les archevêques (à la tête de provinces ecclésiastiques) et évêques anglicans du monde entier. On en attendait quelque 800. Plus de 200 ne seront pas au rendez-vous. La Communion anglicane est en crise, tout comme l’est l’Église d’Angleterre. La Conférence de Lambeth devrait poursuivre ses travaux jusqu’au 3 août. C’est la quatorzième. Ce pourrait bien être la dernière…
La décision du Synode général – qui est l’organe réel de gouvernement de l’Église d’Angleterre, et dans lequel les archevêques et évêques ne comptent que pour un tiers des voix lorsque des résolutions sont votées –, le 7 juillet, de promouvoir l’ordination épiscopale des femmes sans contrepartie pour les anglo-catholiques qui y sont hostiles – comme ils le furent dès 1994 quant à l’ordination sacerdotale des femmes –, ne laisse guère d’autre choix à un grand nombre de ces derniers que celui de quitter une Église d’Angleterre qui a désormais pris le parti d’embrasser son héritage protestant et de briser le fil ténu qui la reliait encore à ce qu’elle pensait être son héritage “catholique”.
Certains hauts prélats anglo-catholiques avaient prévu cette nouvelle dérive, et l’avaient même anticipée. J’ai évoqué dans ce blogue les entretiens secrets [1] qu’ont eus à Rome les deux “flying bishops”, Andrew Burnham, évêque d’Ebbsfleet, et Keith Newton, évêque de Richborough, de la province ecclésiastique de Cantorbéry. Il s’agissait pour eux de sonder Rome « sur les moyens leur permettant [de faire retour à Rome] avec leurs fidèles » [2], c’est-à-dire des anglo-catholiques, pasteurs et laïcs, constituant des sortes de « paroisses personnelles », à la mode anglicane, où ne sont admis ni les femmes prêtres ni leurs évêques consécrateurs – ou même simplement favorables à ces ordinations…
Un certain nombre d’indiscrétions croisées avec des précédents et quelques conclusions logiques, permettent selon l’hebdomadaire britannique The Catholic Herald (11 juillet), de conjecturer les grandes lignes de l’accord-cadre que Rome serait disposée à accorder aux anglo-catholiques. Nous en donnons ci-dessous les principaux points, évidemment, sous toute réserve…

1. Rome serait disposée à accorder une “administration apostolique”, placée sous l’autorité d’un évêque catholique, pour satisfaire aux besoins pastoraux des pasteurs et des paroissiens anglo-catholiques. C’est la solution que Rome avait déjà trouvée pour accorder aux fidèles du diocèse de Campos (Brésil) attachés à la liturgie grégorienne son usage dans la pleine communion de l’Église, avec l’administration apostolique Saint-Jean-Marie Vianney. Une “administration apostolique” est un vrai diocèse mais “virtuel” en ce sens qu’il n’est pas renfermé dans des limites territoriales. Si c’est bien la solution que Rome propose aux anglo-catholiques, alors elle correspond grosso modo à ce que ces derniers avaient demandé au Synode général : la création d’une nouvelle province ecclésiastique – en plus des deux qui existent, mais recouvrant toute l’Angleterre – et la nomination d’un “super-évêque” à sa tête : ce qui leur fut refusé. Reste, bien sûr, pour le pape le choix délicat de l’évêque.
2. Les anciens anglicans se rassembleraient sous une égide commune qui pourrait prendre le nom de Fellowship of St. Gregory the Great. Cette association, placée sous la direction de l’évêque à nommer, regrouperait les anciens pasteurs anglicans ordonnés prêtres catholiques. Les paroisses de ces derniers, ouvertes à tous, seraient toutefois principalement composées d’anciens anglicans.
3. Les paroisses de cette Fellowship occuperaient leurs anciens bâtiments (églises, cures, locaux paroissiaux, etc.), mais cela exigerait un exceptionnel bon vouloir de l’Église d’Angleterre : une négociation ardue mais non impossible puisque les paroisses – des centaines ! – des flying bishops sont déjà financièrement “découplées” de l’Église d’Angleterre.
4. Les anciennes communautés anglicanes devenues catholiques pourraient, si elles le souhaitaient, utiliser en partie le Book of Common Prayer mais révisé pour un usage catholique comme c’est déjà le cas dans les sept paroisses, autrefois épiscopaliennes – anglicanes – et désormais catholiques, des États-Unis. Mais, pratiquement, cette demande ne devrait pas être très forte. Par contre, il sera intéressant de voir – si la chose se passe bien comme on l’envisage – l’usage que ces nouvelles paroisses catholiques pourraient faire du Missel de 1962…
5. Les anciens pasteurs anglicans devraient se soumettre à un programme accéléré d’études leur permettant d’être promptement ordonnés prêtres catholiques. Le fait qu’ils soient mariés ne serait pas un obstacle à l’ordination sacerdotale mais ils ne pourraient pas – comme cela se passe déjà aux États-Unis – être “curés” de paroisses mais simples vicaires. En cas de décès de l’épouse, ils ne pourraient pas se remarier. Par contre, les anciens pasteurs anglicans homosexuels pratiquants et avérés ne seraient pas admis aux ordres.
6. Les hommes laïcs ex-anglicans ne pourraient évidemment pas davantage prétendre aux ordres s’ils se mariaient, ce qui va de soi pour un catholique latin mais pas pour un anglican.
7. Pour des questions de célibat et de juridiction, on n’envisage donc pas la création d’une Église de rite anglican “uniate”.

Interrogé dans l’avion qui le menait en Australie sur les problèmes que traversaient la Communion anglicane et l’Église d’Angleterre, et qui vont être débattus lors de la Conférence de Lambeth, Benoît XVI, encore plus prudent qu’à l’accoutumée, s’est contenté de répondre lapidairement : « Nous ne pouvons pas et ne devons pas intervenir immédiatement dans leurs discussions, nous respectons leur responsabilité ». Laisser du temps au temps donc. Mais pas trop. La question n’est évidemment plus aujourd’hui de savoir si Rome va recevoir dans le bercail de l’Église une, sainte, catholique et apostolique, les anglicans qui frappent à sa porte, mais quand… Des observateurs évoquent la possibilité de l’annonce d’un tel retour et de la création d’une structure idoine en décembre prochain. Pourquoi en décembre ? Parce que c’est probablement à cette date que Benoît XVI pourrait proclamer bienheureux le vénérable John Henry cardinal Newman, le plus célèbre des anglicans revenus à Rome !

Daniel Hamiche
(qui espère avoir en partie répondu au commentaire de vivelechristroi du 13 juillet)


[1] J’apprends aujourd’hui qu’outre cette rencontre secrète – mais dont on commence à connaître une partie de la teneur – une autre rencontre – encore plus secrète ! – s’est également tenue à Rome – avant ou après celle que j’évoque – entre des évêques diocésains anglicans et de hautes autorités de la Curie. Il est peu probable qu’il se soit agi dans ce cas d’une négociation en vue d’un retour à Rome mais plus prosaïquement de sonder – dans la nouvelle situation de l’Église d’Angleterre – les chances d’une poursuite du dialogue œcuménique. On ne sait rien de plus.
[2] Ce dont ne veulent pas les évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles. Mais il semble que Rome ait – enfin ! – décidé de leur passer par-dessus la tête pour que ne se renouvellent pas les errements des années 1990. C’est la raison pour laquelle la Conférence des évêques catholiques n’a même pas été tenue au courant de ces négociations. Il faut dire que le jour même où le Synode général donnait son “feu vert” à l’ordination épiscopale des femmes, décision cruciale et gravissime mais sur laquelle la Conférence des évêques catholiques a gardé un silence… bruyant – aucun communiqué sur son site depuis le 7 juillet… –, cette dernière de conserve avec l’Église d’Angleterre publiait une « présentation conjointe » sur un rapport de l’OFCOM – l’autorité britannique pour les télécommunications – concernant l’avenir de la télévision en Grande-Bretagne et les risques de la révolution numérique !
 


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 12-07-2008

 

Le Tibre va-t-il se jeter dans la Tamise ? C'est sous ce titre que Daniel Hamiche consacre, à ma demande, un article de présentation de la crise que traverse actuellement l'Église d'Angleterre, dite Église anglicane. Comme à son habitude, il nous livre un document traduit par ses soins, enrichissant ainsi sa propre analyse.

Je rappelle que pendant tout l'été la formule "papier" de L'Homme Nouveau ne paraît qu'avec deux numéros (un en juillet, déjà paru dont le dossier est consacré à Humanæ vitæ et un autre début août qui sera un numéro spécial thèmatique). En revanche, la rédaction de l'Homme Nouveau reste présente sur son blogue pour commenter l'actualité ou vous faire part de ses analyses. Très bon été à tous.

Philippe Maxence

Rédacteur en chef de L'Homme Nouveau

 

 

medias/fichier/Le_Tibre_et_la_Tamise.pdf


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Catégorie : Religion
Posté par : Daniel Hamiche le 11-07-2008

Heureusement que l’abbé Benoît Jayr, chapelain de la communauté de l’église Saint-Louis du Port-Marly et provincial pour la France de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre (ICRSP), a le cœur bien accroché. Quand, dans la soirée du 27 juin, le téléphone sonne chez lui et qu’il décroche, c’est une voix familière qu’il reconnaît puisqu’il s’agit de celle de Mgr Gilles Wach, supérieur général de l’ICRSP, mais la nouvelle qu’il en reçoit le plonge dans la consternation : « M. l’abbé, j’ai le regret de vous informer que l’archevêque de Saint-Louis (Missouri) ne viendra pas, comme convenu, ordonner à Florence nos deux diacres, les abbés François-Xavier de Dainville et Henrique Fragelli ». L’abbé Jayr est sans doute passé, pendant quelques secondes, par toutes les couleurs liturgiques ! Mais après une pause, Mgr Wach reprend : « Il sera remplacé par le préfet du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique que notre Saint Père Benoît XVI vient de nommer aujourd’hui ! ». Or il s’agit de la même personne : Mgr Raymond Leo Burke, archevêque désormais émérite, et choisi par le pape pour remplacer le cardinal Agostino Vallini lui-même nommé par Benoît XVI pour être son Vicaire du diocèse de Rome en remplacement du cardinal Camillo Ruini…
Paradoxalement, l’épiscopat américain avait choisi en septembre dernier, lors de la session d’automne de la conférence épiscopale, un évêque auxiliaire de Chicago, simple licencié en théologie, pour pourvoir à la présidence de sa commission canonique, de préférence à l’archevêque de Saint-Louis, docteur en cette spécialité, et de réputation internationale. Un prêtre ami d’un diocèse du centre de la France, et qui fut en charge de son officialité, me disait encore récemment l’admiration et le respect que lui inspiraient les arrêts de Mgr Burke… Il faut donc croire que Benoît XVI a une meilleure évaluation des talents juridiques de l’évêque émérite de Saint-Louis, que la conférence des évêques américains…
 

 

 

 

Notre reporter Daniel Hamiche s'entretenant avec Mgr Burke, nouveau Préfet du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique.

 

 

 


 


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Catégorie : Société
Posté par : La rédaction le 30-06-2008

Devant des chiffres accablants, devant une actualité brûlante sur de nombreux sujets sensibles, au moment où notre pays prend la présidence de l’Union Européenne, au moment où notre pays s’apprête à prendre des décisions graves touchant à la vie, je ne peux garder le silence.
Évêque, successeur des apôtres, appelé à être témoin du Christ et de son l’Évangile, je voudrais inviter tous les chrétiens de mon diocèse, tous les hommes politiques, tous les hommes de bonne volonté et je pense tout particulièrement aux parents, tous je vous invite à avoir le courage de regarder la situation en face pour reconnaître tous les « non à la vie » qui ont marqué l’histoire de notre pays et de l’Europe depuis plus de quarante ans.
Nous avons une véritable conversion à opérer, mais n’ayons pas peur, Celui qui est la source de la Vie a commencé son ministère par ces mots : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ». N’ayons pas peur d’entrer dans un chemin de conversion par rapport à toutes les cultures de mort qui traversent l’Europe d’aujourd’hui, n’ayons pas peur de redécouvrir la beauté et la grandeur de la Vie que le Christ nous donne, et soyons les témoins de cet Évangile de la Vie dans l’Europe d’aujourd’hui.
Dans l’Union Européenne, un avortement toutes les 27 secondes, 133 à l’heure ; l’avortement est la première cause de mortalité en Europe.

Dans l’Union Européenne, un mariage se rompt toutes les 30 secondes.

Dans l’Union Européenne, entre 1980 et 2006, le nombre de mariages a diminué de plus de 737000, une perte de 23,9 %.

Dans l’Union Européenne, sur 5 209 942 naissances, 1 766 733 se sont produites en dehors du mariage, soit 33 % et la France occupe la première place avec 419 192 naissances hors mariage, soit 50,5 %.

Dans l’Union Européenne, 80 % de la croissance démographique est due à l’immigration ; en 2006, le taux de fécondité était de 1,56 enfant par femme. En Allemagne, aujourd’hui, 100 parents ont 64 enfants et 44 petits enfants ; en deux générations la population allemande hors immigration diminue de moitié.

Les foyers européens sont de plus en plus solitaires : dans l’Union Européenne, un foyer sur 4 compte seulement une personne.

Le Parlement britannique vient d’autoriser les chercheurs à réaliser des embryons hybrides humains-animaux ; ils pourront ainsi transférer des cellules humaines dans des ovocytes animaux desquels a été retiré leur ADN de façon à disposer de cellules souches pour la recherche, cellules qu’ils seront cependant tenus de détruire avant le 15e jour de vie. L’union homme-animal, même si elle n’est pas sexuelle, représente une horreur qui a toujours été le plus fermement condamnée. Rompre cette barrière ouvre la porte à des monstruosités qui peuvent se révéler lourdes de conséquences pour l’humanité tout entière.
Toujours en Grande-Bretagne, la loi autorise les femmes à recourir aux techniques de la procréation artificielle sans qu’un père soit nécessaire (méthode réclamée par les couples de lesbiennes).
Toujours en Grande-Bretagne, dans les écoles, il n’est dorénavant plus possible de faire référence au père et à la mère, mais au géniteur A et au géniteur B. Le temps est fini où les premiers mots prononcés par un enfant étaient « Papa » et « Maman », désormais au nom de la loi, ce sera « A » et « B ».
Dans de nombreux pays européens s’amplifie l’idée que la famille naturelle est réactionnaire, homophobe et discriminatoire à l’égard de toutes les autres formes d’unions.
À un an de la révision de la loi de bioéthique, la question de la mère porteuse occupe actuellement la scène française. Interdite en 2004 et unanimement condamnée, aujourd’hui les instances médicales, juridiques et politiques ne s’interrogent plus sur la légitimité du recours aux mères porteuses, mais réfléchissent déjà à la manière de l’encadrer. Or, de telles pratiques remettent en cause un des principes les plus fondamentaux et les plus anciens du droit : « La mère est celle qui accouche de l’enfant. » Quand on sait tous les liens qui se tissent entre la mère et l’enfant qu’elle porte dans son sein, quelles seront les conséquences de telles pratiques sur l’enfant ? Quels seront ses liens de parenté avec tous ceux et celles qui auront participé à sa naissance ? Une telle pratique n’est-elle pas une instrumentalisation de la femme, une véritable chosification du corps humain ? Quant à l’enfant n’est-il pas également réduit à être un bien de consommation ?
Le vote au Conseil de l’Europe en avril dernier, d’une résolution intitulée « Accès à un avortement sans risque et légal en Europe » qui fixe trois objectifs : dépénaliser l’avortement si ce n’est déjà fait ; nécessité de garantir “l’accès effectif à ce droit” (nº 3) et lever les restrictions qui entravent l’accès à un avortement sans risque ; favoriser l’accès à la contraception et rendre obligatoire l’éducation sexuelle des jeunes (nº 7).
Parlons justement de l’éducation sexuelle des jeunes : que penser des catalogues publiés sous l’estampille de la République et qui présentent la gamme complète des préservatifs ou des contraceptifs avant ou après, le tout avec descriptif détaillé et en images de la mise en place et du retrait. Est-ce cela éduquer nos enfants et nos jeunes ?
Mais il est un autre phénomène envahissant, celui de la pornographie qui s’étale complaisamment dans les médias et qui s’expose à tous les regards sur les murs de nos villes. Il s’agit de véritables agressions subies sans pouvoir s’en défendre. De la même manière, si vous cherchez à utiliser internet pour commander un livre ou un vêtement, il est de plus en plus difficile d’éviter les fenêtres intempestives qui s’invitent à votre corps défendant pour vous provoquer, vous pousser à la tentation de surfer quelques instants sur des sites dont vous savez très bien qu’ils vous feront du mal même à nous les adultes. Mais qu’en sera-t-il de nos enfants et de nos jeunes fascinés par les écrans de leurs ordinateurs et de leurs portables. Cette déferlante de pornographie les encourage, les pousse à céder à toutes les pulsions qui habitent leur être en construction en faisant exploser tabous et interdits.
L’affaire Lydie Debaine du 9 avril 2008 : au-delà de la compassion nécessaire pour la souffrance de cette femme, comment ne pas s’interroger sur les déclarations de son avocate : « Cet acquittement ne doit pas être interprété comme un permis de tuer, mais comme la reconnaissance d’un acte juste, d’un acte d’amour ». Mais alors, un tel acquittement ouvre la porte à l’atteinte volontaire à la vie des handicapés ; mettre à mort un handicapé par amour n’est donc pas un crime. Une telle affaire pose la question de l’infanticide des handicapés, des nouveau-nés handicapés.
Les uns après les autres, les pays européens légalisent l’euthanasie et les médias profitent des affaires pour relancer le débat. Actuellement, en France, une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie circulerait parmi les parlementaires. Députés et sénateurs subissent, depuis plusieurs semaines de lourdes pressions de la part du lobby de l’euthanasie. Mais, la première question est d’abord de développer les soins palliatifs et de continuer à combattre la douleur et la souffrance, et beaucoup reste à faire en ce domaine, malgré l’aspect positif de récentes déclarations gouvernementales. Tout l’enjeu est l’accompagnement de la fin de la vie, quelque chose peut toujours être fait pour quelqu’un qui souffre, pour soulager, accompagner l’angoisse, prendre soin. Mais une société, qui veut éradiquer la souffrance, en vient très vite à éradiquer les souffrants.
Et la liste n’est pas close…

Les trois “non à la vie” qui ont marqué notre histoire depuis quarante ans
L’Europe a dit “non à la vie” une première fois il y a quarante ans en refusant l’encyclique “Humanae Vitae”.
Elle s’est fermée à la vie une deuxième fois en 1975 avec les lois sur l’avortement.
Elle s’apprête à dire un troisième non à la vie avec les menaces qui pèsent sur la famille.
Le Cardinal Christoph Schönborn déclarait récemment à la télévision autrichienne « L’Europe a dit trois fois non à son propre futur » et il ajoutait : « Ceci n’est pas d’abord une chose morale ; c’est une question de faits : l’Europe meurt pour avoir dit “non à la vie”.
Nous avons dit non à l’encyclique “Humanae Vitae”
Il y a quarante ans, dans la tourmente de mai 68, nous n’avons pas eu le courage de dire “oui” à “Humanae Vitae”, une encyclique qui, à de rares exceptions, a été jugée décevante, inadmissible, irrecevable, insupportable et pratiquement inacceptable.
Or Paul VI nous invitait à avoir confiance, à croire à la vie et il nous rappelait la grandeur de l’amour humain et du don de la vie. L’union d’amour qui unit deux personnes est inséparable de l’ouverture au don de la vie. L’amour comme tel ne saurait trouver sa finalité en lui-même, il a besoin de se donner, de se communiquer. Un amour qui exclurait l’ouverture à la vie, au don de soi, est contraire à la réalité même de l’amour et porte en lui un germe de mort.
Dès lors, Paul VI écartait l’utilisation de toute méthode artificielle de régulation des naissances comme contraire à la grandeur même de l’amour qui unit l’homme et la femme jusqu’à ne faire plus qu’un, car de telles méthodes excluaient l’ouverture au don de la vie.
Paul VI invitait les hommes et les femmes de notre temps à ne pas se laisser prendre par les mirages qu’offrent la technique et la culture hédoniste environnante, mais à vivre un amour véritable qui tout à la fois unit deux êtres dans un don total l’un à l’autre et s’ouvre au don de la vie qui est toujours reçu comme un don de Dieu.
Jean-Paul II et Benoît XVI à la suite de Paul VI auront le courage de rappeler cette vision merveilleuse de l’amour humain dans sa grandeur et sa beauté. Certes, une telle conception de l’amour et de l’acte sexuel est à des années lumières de l’ambiance dans laquelle nous vivons, de la vision de l’amour que nos écrans de télévisions ou nos ordinateurs nous renvoient continuellement.
Paul VI a eu l’audace des prophètes en affirmant la grandeur de l’amour humain et en refusant toute division entre l’amour qui unit deux êtres et l’ouverture au don de la vie, écartant par avance toute marchandisation du corps humain et toute dérive bioéthique.
Paul VI a eu l’audace du visionnaire pour refuser au nom de la grandeur de l’amour humain toute utilisation des pilules et des préservatifs qui ouvriraient la voie à un véritable tsunami du consumérisme des corps pour un plaisir éphémère sans lien avec la grandeur et la beauté de l’amour.
Aujourd’hui, n’ayons pas peur de dire un oui vrai à “Humanae Vitae”, ayons le courage de dire oui à l’amour humain et au don de la vie. Ayons confiance, croyons à la vie.
 

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Catégorie : Société
Posté par : le 30-06-2008

L’Union des Familles en Europe demande que, comme le SMIC, les retraites ou les allocations chômage, les prestations familiales soient revalorisées – au moins - de l’inflation au 1ier juillet prochain. Celles-ci n’ont été revalorisées que de 1% cette année alors que l’inflation sera de 3,

Il y a 20 ans, une femme seule élevant 2 adolescents et travaillant au SMIC percevait l’équivalent de 745 € de prestations familiales en plus de son salaire. De la sorte, elle maintenait sa famille sensiblement au dessus du seuil de pauvreté. Aujourd’hui cette femme ne perçoit plus que 595 € et vit 5% en dessous de ce seuil. Il y a 20 ans, une famille de 4 enfants dont le père était payé au SMIC percevait 1560 € de prestations familiales et de logement. Aujourd’hui elle ne perçoit que 1250 € ce qui la met 20% en dessous du seuil de pauvreté.Comme le soulignait récemment l’OFCE (Henri Sterdiniak) : « Les allocations familiales ont perdu 24,5 % de leur valeur relative depuis 1984 et cette baisse continue. Les enfants coûtent-ils de moins en moins cher à élever ? Peut-on justifier que le niveau de vie des familles avec enfants baisse continuellement par rapport au niveau de vie des personnes sans enfants ?»

C’est délibérément que les prestations familiales ont été maintenues en dessous de l’inflation (moins 4,6% depuis 1984) et encore davantage (moins 24,5%) en dessous du niveau de vie de la population. De la sorte, conclut l'UFE, comme les cotisations augmentent avec les salaires, la branche famille de la Sécurité sociale est chroniquement en excédent … et chroniquement pillée pour combler les déficits de la maladie et de la vieillesse.


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Catégorie : Théologie
Posté par : le 26-06-2008

Denis Sureau s'entretiendra avec le Pr Jean-Michel Olivereau autour du thème:

L'Evolution est-elle compatible avec la Foi?

Dimanche 29 juin de 12h à 13h30 (rediffusion à 16h et minuit) sur

Lumière de l'Espérance, la radio du dimanche de Radio Courtoisie

 
Fréquences FM de Radio Courtoisie en Mhz : Paris et Ile-de-France, 95,6 | Caen, 100,6 | Chartres, 104,5 | Cherbourg, 87,8 | Le Havre 101,1 | Le Mans, 98,8.

Radio Courtoisie par satellite : Sur les bouquets satellites TPS et CanalSat, si vous êtes abonné à l'un de ces bouquets, pressez le bouton RADIO de votre télécommande et choisissez "Radio Courtoisie" dans la liste de radios proposées.
En ligne sur www.radiocourtoisie.net

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Catégorie : Religion
Posté par : le 25-06-2008

Benoît XVI a salué aujourd'hui le lancement du premier numéro de L'Osservatore Romano en malayalam. Cette publication traduite de l'édition en anglais, écrit le Pape, "constitue un évènement important pour la vie de l'Eglise en Inde, car elle informera plus de six millions de catholiques du Kérala sur le ministère du Pape et l'activité du Saint-Siège, renforçant par là les liens de foi et de communion ecclésiale entre cette communauté catholique et le Successeur de Pierre...J'espère que cette version de l'édition anglaise de l'Osservatore Romano permettra d'informer et de renforcer la foi, tout en ravivant la fraternité et la coopération dans cette grande communauté catholique du Kérala, riche de ses diversités. Ce sera un appui capital pour une évangélisation qui continue".

Les Editions de L'Homme Nouveau, chargées de la promotion de l'édition française de L'Osservatore Romano, se réjouissent de cette nouvelle et saluent leur confrère.


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Catégorie : Anglicanisme /Épiscopalisme
Posté par : Daniel Hamiche le 20-06-2008

Les prélats dits “conservateurs” anglicans qui se réuniront la semaine prochaine en Israël, devraient annoncer officiellement qu’ils ne sont plus en communion avec l’Église d’Angleterre, annonce ce jour le Daily Telegraph de Londres.
Il est désormais assuré que ces prélats ne participeront pas à la Conférence de Lambeth qui réunit, tous les dix ans, les évêques de la Communion anglicane, puisque, rassemblés par les évêques anglicans d’Afrique, ils se réuniront dans le cadre de la GAFCON-Global Anglican Future Conference (conférence globale sur l’avenir de l’anglicanisme) en Israël. Préalablement envisagée pour se dérouler en Jordanie, le pays d’accueil de la GAFCON a du être changé, l’archevêque nigérian Peter Akinola, sans doute le prélat le plus engagé contre la dérive libérale de l’anglicanisme, n’ayant pu obtenir de visa des autorité du Royaume hashémite…
Malgré les efforts de l’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, qui préside aux destinées de la Communion anglicane, visant à maintenir une unité de façade au moins jusqu’à la Conférence de Lambeth, l’éclatement semble imminent. La GAFCON discutera notamment du document préparé par le Dr. Rowan Williams, alors qu’il n’aurait du être débattu qu’à la Conférence de Lambeth. Dans un document préparé pour la GAFCON par Mgr Peter Akinola, on peut lire de ce dernier un jugement définitif : « Il n’y a plus, en conséquence, aucun espoir de maintenir la communion ». Depuis des années, les prélats conservateurs anglicans contestent la doctrine et la pratique du courant principal de l’anglicanisme, notamment l’ordination sacerdotale de femmes et l’ordination épiscopale d’un évêque ouvertement homosexuel et “pratiquant” (il vient tout juste de se “pacser” aux États-Unis avec son “partenaire”). Ils estiment désormais ne plus pouvoir maintenir l’unité avec leurs confrères libéraux britanniques et américains.
 


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Catégorie : Culture de Vie / Contreculture de mort
Posté par : Daniel Hamiche le 19-06-2008

L’excellent blogue catholique américain Rorate Cæli a mis hier un coup de poing sur la table ! Il faut dire que l’événement qu’il raconte dans son éditorial, et qui remonte au tout début de cette année, dépasse l’entendement. Il traite de Catholic Charities, la plus grande organisation charitable privée, car catholique, fondée en 1910 aux États-Unis. Je suis ses compromissions et ses dérives depuis quelques années pour L’Homme Nouveau à qui j’ai déjà donné deux “papiers” sur cette organisation : « Lumières et ombres » (n° 1358 du 10 décembre 2005) et « L’amer dénouement » (n° 1366 du 1er avril 2006). Lisons l’éditorial de Rorate Cæli – ce qui est en gras l’est ainsi dans l’original –, et prions !

« Catholic Charities of Richmond, Inc., une agence du diocèse de Richmond (Virginie), est la première à avoir fait profiter d’un “dispositif contraceptif” à une jeune Guatémaltèque de 16 ans et sans ressources. Puis, selon les autorités fédérales, “des membres [de Catholic Charities] ont signé le formulaire d’accord requis pour qu’une mineure puisse obtenir un avortement, et l’un d’entre eux l’a menée en voiture jusqu’à la clinique d’avortement puis l’a ramenée chez elle” en janvier 2008.
C’est beaucoup plus scandaleux que la crise des abus sexuels sur des mineurs. C’est un meurtre ! Des têtes doivent tomber, et pas seulement celles des employés, mais d’abord celle de l’évêque qui supervise. Il doit démissionner.
De toute évidence, Catholics Charities de Richmond est hors contrôle ; celui qui doit superviser (episcopos en grec) toutes les activités catholiques dans le diocèse de Richmond, est son évêque, Mgr Francis Xavier DiLorenzo. Ce qui s’est passé sous son regard n’est pas qu’un simple “incident”. Ce fut la mort d’un être humain innocent, confié par la divine Providence aux soins d’une agence de l’Église, dont le superviseur était et demeure l’évêque. Il doit démissionner.
Le réseau national des Catholic Charities, Catholic Charities USA, a, à juste titre, désigné l’autorité responsable, Mgr DiLorenzo, remarquant que « [Catholic Charities of Richmond] est juridiquement sous la direction du diocèse de Richmond dont l’évêque appartient à [son] conseil d’administration ». Cet évêque est responsable de cette grande tragédie et de cette mort peccamineuse qui se sont déroulées sous son autorité. Il doit démissionner.
La culture de mort s’est retranchée dans les dispositifs d’assistance de ce diocèse. Une lettre d’excuses à ses frères évêques – une lettre secrète ! – ne saurait suffire. L’évêque est le superviseur d’une organisation meurtrière. Cet évêque est une honte pour l’Église catholique. Il doit démissionner ».

 


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Catégorie : Société
Posté par : Daniel Hamiche le 18-06-2008

Alors que l’État se prépare à distribuer lors de la « Fête de la Musique » un million de préservatifs gratis mais pas pro Deo – ce qui en des temps meilleurs eut été considéré et poursuivi comme « incitation à la débauche » – une pharmacie de Chantilly, qui va ouvrir en août, a fait savoir qu’elle ne vendrait pas de préservatifs. Il ne s’agit pas, on l’aura compris, de notre Chantilly, dans l’Oise, mais d’une ville de Virginie (comté de Fairfax), qui compte un peu plus de 40 000 habitants, et sur le territoire de laquelle est situé le Washington Dulles International Airport…
La DMC Pharmacy qui va donc prochainement s’ouvrir à Chantilly, sera située dans un grand centre commercial jouxtant un grand axe routier. Les initiales de son enseigne signalent qu’elle est une création de la Divine Mercy Care (Fairfax, Virginie), une association pro-Vie procurant des soins médicaux en conformité aux enseignements de l’Église, et destinés aux personnes sans ressources ou sans couverture maladie – ce qui ne manque pas aux États-Unis. John Bruchalski, qui préside le conseil d’administration de Divine Mercy Care estime, à juste titre, « qu’il n’est pas question que nous laissions notre foi à la porte des officines » – car il existe sept autres pharmacies de ce type en Amérique – « Nous nous efforçons de créer un environnement où foi et professionnalisme aillent de paire ».
Le groupe DMC se compose également de Tepeyrac Family Center, qui offre un soutien en gynécologie-obstétrique, promeut les techniques de contrôle naturel des naissances et se refuse à la contraception, à la stérilisation ou à l’avortement.

 

retrouvez aussi cet article sur : americatho.over-blog.com
 


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Catégorie : Religion
Posté par : le 13-06-2008

Dans un entretien accordé à L’Osservatore Romano (dont L'Homme Nouveau est le diffusueur exclusif en France), et qui a été publié mercredi dernier, 11 juin, Mgr Pietro Sambi, archevêque et non apostolique du Saint Siège auprès des États-Unis, se livre à une synthèse des principales directives données par Benoît XVI à l’Église aux États-Unis, et qui sont, selon lui, au nombre de quatre :
« D’abord, avoir une identité catholique claire : qui sommes-nous et que voulons-nous, sinon nous serons comme une goutte de vin diluée dans un verre d’eau.

Deuxièmement, avoir un fort sentiment d’appartenance : chacun a besoin d’une communauté et la communauté a besoin de chacun ; quiconque chemine seul finit par perdre son chemin.

Troisièmement, la nécessité de cultiver l’excellence dans la vie personnelle, familiale et professionnelle, de telle sorte de devenir une lumière dans les ténèbres, la cité sur la colline. En résumé, s’enrichir d’une identité claire, d’un fort sentiment d’appartenance et de l’excellence ».

La quatrième directive selon le nonce à Washington c’est d’être « pleinement disponible pour coopérer avec quiconque veut construire un avenir meilleur ».

Mgr Sambi a souligné enfin que ce qui était sous-entendu dans toutes les interventions de Benoît XVI aux États-Unis « c’est la nécessité urgente d’une solide formation […], fondement nécessaire pour lancer la nouvelle évangélisation ».

 Source : http://americatho.over-blog.com


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 12-06-2008

Le cardinal archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois a été nommé aujourd'hui membre :

– de la Congrégation pour les évêques;

– du Conseil pontifical pour la Famille


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 05-06-2008

Le pape Benoît XVI a annoncé lundi que le Saint Suaire, linceul vénéré à Turin (nord de l'Italie) serait de nouveau exposé au public en 2010. « Une autre exposition solennelle du suaire » sera organisée au printemps 2010 et « constituera une occasion propice pour contempler ce visage mystérieux qui parle silencieusement au coeur des hommes, les invitant à reconnaître le visage de Dieu », a déclaré le pape en recevant au Vatican des pèlerins du diocèse de Turin.

 

La dernière exposition du Saint Suaire remonte à l'an 2000. Le pape Jean Paul II avait souhaité qu'il soit présenté à la vénération des fidèles, notamment pendant la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ).


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Catégorie : Société
Posté par : Philippe Maxence le 04-06-2008

L’extrême-gauche française est en pleine mutation actuellement, dans l’espoir de trouver, enfin, le moyen de faire la grande révolution. Dans un débat avec Ségolène Royal, publié par le dernier numéro de Marianne, Olivier Besancenot répond à la question du rejet de toute forme de propriété privée.

 

Réponse surprenante :
« Vous rejetez toute forme de propriété privée ?
O.B. : Le capitalisme a eu ce talent de mettre dans nos esprits sur un pied d’égalité la propriété individuelle à usage personnel ou familial (la voiture, la maison de campagne, etc.) et la propriété privée des grands moyens de production. Moi, je veux que le fruit du travail de tous revienne entre les mains de tous. »

Comment ne pas être en accord avec un tel discours ? Pour un peu, on pourrait croire qu’Olivier Besancenot a lu les auteurs distributistes anglais, comme Chesterton ou Hilaire Belloc.

N’ayons crainte ! Les « distributistes » anglais voulaient simplement mettre en application la doctrine sociale de l’Église telle qu’elle avait été renouvelée par Léon XIII à partir de son encyclique Rerum Novarum. Ils mettaient en cause les grandes puissances financières et industrielles qui tiraient du développement économique davantage de profits que leurs employés.

Ils critiquaient fermement le renversement qui s’est opéré à la fin du XIXe siècle et qui mettait l’État sous la tutelle des puissances d’argent, qui représentaient des féodalités modernes, incontrôlables.

Surtout, ils préconisaient, derrière le Souverain pontife, que la société et que l’économie se restructurent autour de la famille et que le plus grand nombre d’hommes devinssent propriétaires. Très en avance sur leur temps, ils estimaient que le premier but de la vie n’est pas de participer au développement économique pour engranger sans cesse des bénéfices, non redistribués la plupart du temps, mais de subvenir au bien des familles. D’un point de vue matériel, mais aussi spirituel, moral, humain. Autant de données qui ne se chiffrent pas et qui ne rentrent pas dans les planifications à grande échelle.

La société qu’ils envisageaient était plutôt rurale et artisanale. Elle ne s’appuyait pas sur la vision dialectique qui a vu depuis le jour. Vision dialectique qui s’est développée en trois mouvements. Premièrement : on fait de l’homme un salarié, c’est-à-dire qu’il ne possède pas son outil de travail et dépend entièrement d’un autre ou d’une structure. Deuxièmement, on sépare l’homme de la femme, remisant d’abord celle-ci dans la réalité ou le rêve de rester à la maison sans emploi. Troisièmement, les féministes se servant de cette situation pour dénoncer la réduction de la femme, militent pour que la femme devienne à son tour une salariée. Ainsi, homme et femme ne travaillent plus ensemble pour la famille. Les enfants notamment sont confiés aux collectivités locales, jugées plus aptes à s'en occuper. La famille est disloquée, les parents ne possèdent plus l'outil de production.

La vision des distributistes étaient plutôt que homme et femme travaillent ensemble au bien commun de la famille, dont ils ont la responsabilité, trouvant la souplesse d’organisation nécessaire selon les circonstances. Vision d’une société tout à fait autre que celle que nous connaissons.
Est-ce cette société que désire Oliver Besancenot ? Absolument pas ! Il en est resté au dirigisme socialiste, rebaptisé « démocratie socialiste ». Il ajoute, en effet, après son développement sur la propriété privée : « Et ça implique la démocratie socialiste avec la révocabilité des élus et une économie dont on anticipe la satisfaction des besoins démocratiquement ».
Face à l’ultra-libéralisme qui développe une situation qui fait que seuls quelques-uns sont propriétaires et face au socialisme qui estime que seul l’État doit l’être, les distributistes estimaient que tous devaient être propriétaires.

Soulignons à ce titre, deux rappels du Compendium de la Doctrine sociale de l’Église. On se reportera aussi sur les chapitres concernant la propriété privée :
« 334 L'objet de l'économie est la formation de la richesse et son accroissement progressif, en termes non seulement quantitatifs, mais qualitatifs: tout ceci est moralement correct si l'objectif est le développement global et solidaire de l'homme et de la société au sein de laquelle il vit et travaille. En effet, le développement ne peut pas être réduit à un simple processus d'accumulation de biens et de services. Au contraire, la pure accumulation, même si elle se faisait en vue du bien commun, n'est pas une condition suffisante pour la réalisation d'un authentique bonheur humain. En ce sens, le Magistère social met en garde contre le piège que cache un type de développement uniquement quantitatif, car « la disponibilité excessive de toutes sortes de biens matériels pour certaines couches de la société, rend facilement les hommes esclaves de la “possession” et de la jouissance immédiate (...). C'est ce qu'on appelle la civilisation de “consommation” ».

335 Dans la perspective du développement intégral et solidaire, on peut correctement apprécier l'évaluation morale que fournit la doctrine sociale sur l'économie de marché ou, simplement, économie libre: « Si sous le nom de “capitalisme” on désigne un système économique qui reconnaît le rôle fondamental et positif de l'entreprise, du marché, de la propriété privée et de la responsabilité qu'elle implique dans les moyens de production, de la libre créativité humaine dans le secteur économique, la réponse est sûrement positive, même s'il serait peut-être plus approprié de parler d'“économie d'entreprise”, ou d'“économie de marché”, ou simplement d'“économie libre”. Mais si par “capitalisme” on entend un système où la liberté dans le domaine économique n'est pas encadrée par un contexte juridique ferme qui la met au service de la liberté humaine intégrale et la considère comme une dimension particulière de cette dernière, dont l'axe est d'ordre éthique et religieux, alors la réponse est nettement négative ».701 C'est ainsi qu'est définie la perspective chrétienne quant aux conditions sociales et politiques de l'activité économique: non seulement ses règles, mais aussi sa qualité morale et sa signification. »

 

Le Compendium de l'Église catholique est accessible sur le site du Vatican.


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Catégorie : Religion
Posté par : Philippe Maxence le 02-06-2008

C’est une insistance permanente du discours social de l’Église. Il ne faut pas séparer la croissance économique du développement humain et social. En résumé, l’homme ne doit pas être réduit à l’homme économique ou à l’homme consommateur. Ou, plus clairement encore, l’homme n’est pas un facteur économique, réductible à une mise en équation.


C’est ce qu’a rappelé le Pape Benoît XVI en recevant, samedi 31 mai, la Fondation Centesimus annus-Pro Pontifice. S’inspirant de l’encyclique de Jean-Paul II célébrant le centenaire de Rerum novarum de Léon XIII, considérée comme le point de départ du renouveau de la doctrine sociale de l’Église, cette organisation œuvre dans le domaine caritatif.

Devant ses membres, le Souverain Pontife a donc insisté : « Au centre de chaque programmation économique (...) il faut mettre toujours l'être humain, créé à l'image de Dieu et voulu par Lui pour garder et gérer les immenses ressources de la création ». Poursuivant sur ce thème, il a indiqué notamment que « L'intérêt économique et commercial ne doit jamais devenir l'intérêt exclusif car cela violerait de fait la dignité humaine ». Face aux défis qui se posent aujourd’hui, dans un contexte de mondialisation, le pape estime qu’il faut encourager « la mondialisation de la solidarité sociale » : « Comme le processus de mondialisation actuellement en cours dans le monde touche de plus en plus le champs de la culture, de l'économie, des finances et de la politique, le grand défi aujourd'hui est de mondialiser non seulement les intérêts économiques et commerciaux mais aussi les espérances de solidarité ».
En 2002, en recevant également la Fondation Centesimus annus-Pro Pontifice », le Pape Jean-Paul II avait rappelé le but de cet organisme : « A travers ses interventions dans les domaines économique et social, votre Fondation constitue une forme efficace d'apostolat laïc. Comme je l'ai dit lors de notre première rencontre, le 5 juin 1993, "Centesimus annus - Pro Pontifice" représente "une expression significative de votre engagement de fidèles laïcs". En effet, ces derniers ont reçu la tâche de "chercher le règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu'ils ordonnent selon Dieu" (Lumen gentium, n. 31).
Votre activité est d'autant plus d'actualité qu'elle entend accorder une attention spéciale à la famille et à la valorisation de son rôle indispensable dans la société. Une famille sereine et active devient un foyer qui rayonne au service  de  la  paix »

 


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Catégorie : Société
Posté par : La rédaction le 31-05-2008

 

 

Marche pour la vie le Dimanche 15 Juin à 15 h.
 
« La Vie est la Vie, défends-la »
                                        Mère Teresa
 
Commencée en Mai 1999, la grande neuvaine pour la Vie se terminera le Dimanche 15 Juin 2008 par la première « Marche pour la vie » à Lyon.
 
Son objectif : lutter, lutter sans cesse contre « la culture de mort ».
 
Ses modalités pratiques :
 
·         Rassemblement devant l'hôtel-Dieu, quai Jules Courmont - Lyon 2, l'un des centres d'avortement les plus importants de la région (2000 par an).
·         Montée à Fourvière par la place BELLECOUR et la cathédrale Saint Jean en méditant un rosaire pour la vie.
·         Consécration des Familles à Notre Dame.
·         Les pères (dont ce sera la fête) qui sont totalement ignorés par les textes législatifs sur l'avortement, auront à coeur de participer, nombreux et entourés de leur famille, à cette manifestation pacifique.
 
 
N’oubliez pas : MARCHE POUR LA VIE
DIMANCHE 15 JUIN - 15 heures  R.D.V devant l'Hôtel-Dieu
Quai Jules Courmont Lyon 2


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 30-05-2008

L'intention de prière générale de Benoît XVI pour le mois de juin :

« Pour que chaque chrétien cultive une amitié profonde et personnelle avec le Christ, de façon à pouvoir communiquer la force de son amour à toute personne qu'il rencontre ».
L'intention missionnaire de Benoît XVI :

« Pour que le Congrès eucharistique international de Québec, au Canada, aide à comprendre toujours davantage que l'Eucharistie est le cœur de l'Eglise et la source de l'évangélisation ».


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Catégorie : Société
Posté par : Philippe Maxence le 30-05-2008

La nouvelle fait la Une du Monde de ce vendredi 30 mai. Et, même, d’un dessin de Plantu, toujours en Une. L’info ? Elle est assez simple. Elle ne concerne pas le Président Sarkozy, ni les élections aux États-unis. Pas plus qu’elle n’évoque la Chine ou l’augmentation du coût de la vie. Non, la Une du Monde est consacrée à « l’expérience » menée à Strasbourg dans une école primaire. Pendant dix jours, et ce depuis le 20 mai, 254 élèves « s’efforcent » de vivre sans télévisions et sans ordinateurs. Et, même, sans consoles de jeux. Une semaine après le début de « l’expérience », il paraît que le taux de réussite est de 90%. Le directeur de l’école se félicite. Du lien social – oui, vous avez bien lu – a été créé. Entre enfants ! Entre des enfants qui jouent normalement dans la même cour de récréation ! De son côté, le secrétaire d’État à la famille, Nadine Moreno a même fait le déplacement.
Pas question, bien sûr, de remettre en cause le bien fondé d’un sevrage de télévision, surtout pour des enfants. Plusieurs questions se posent quand même.

– On parle par exemple « d’expérience ». D’expérience avec des enfants. Si, ici, la finalité de l’opération est bonne, on peut se demander si par ailleurs d’autres « expériences » sont menées avec des enfants qui deviennent ainsi des matériaux à expérience. Des petites souris de laboratoire.
– Depuis des années, les médecins, les psychologues et les spécialistes de l’enfance mettent en garde contre les dangers d’un rapport long et fréquent des enfants avec la télévision. Apparemment, sans effet jusqu’ici. D’autant plus sans effet que la télévision appartient désormais à la gamme des moyens pédagogiques. Des professeurs n’hésitent pas pour un devoir de demander à leurs élèves de regarder telle émission ou tel film. Mettra-t-on fin à cette habitude qui laisse croire que voir un film ou un documentaire remplace le travail personnel, la lecture d’un livre et la recherche de documents ?
– Plus globalement, c’est la place de l’outil télévision dans notre société de consommation qu’il faut pointer. Tout est organisé pour que l’être humain, déjà réduit depuis longtemps au stade d’homme économique, devienne de plus en plus un homme consommateur. La télévision est par excellence le moyen de la consommation. Non seulement parce que la publicité occupe une place de plus en plus grande et qu’elle détermine par sa manne les budgets des chaînes, mais aussi parce que face à la télévision nous consommons de l’image, du son, du temps, dans une attitude passive. Le fait paradoxal est que nous sommes passifs mais pas ce que nous recevons. D’où la tension et l’énervement qui naissent d’une trop longue pratique de la télévision. Sans parler des images qui restent.
– Fait intéressant de cette « expérience » strasbourgeoise : le bon sens revient. Des parents découvrent que la télévision a pourri leur vie de famille. Ils découvrent que leurs enfants ne sont plus aussi énervés le soir. On leur avait vendu la télévision comme une nounou agréable et ils découvrent que la sorcière habite leur foyer. C’est la confidence d’une mère de famille au Monde : « grâce à cette expérience, l’atmosphère est paisible à la maison. Je crois qu’il y a des choses que je vais conserver : ne plus regarder la télé en mangeant, jouer aux jeux de société, lire une histoire à mon fils le soir ». C’est un bon début, en effet ! On raconte qu’aux États-Unis, une longue panne d’électricité dans une ville un soir entraîna neufs mois plus tard un regain démographique. Entre vivre sa vie et regarder celles des autres, souvent virtuelles, le choix est simple. Notre défense de la culture de vie passe aussi par ce dépouillement télévisuel.
 


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 30-05-2008

La Congrégation pour la doctrine de la foi a publié hier, jeudi 29 mai, dans l'Osservatore Romano, un décret menaçant d'excommunication immédiate toute personne qui ordonnerait prêtre une femme. La femme ordonnée serait également atteinte par l'excommunciation.

Ce décret  indique que « celui qui se risquera à attribuer l'ordre sacré à une femme, comme la femme qui aura osé recevoir l'ordre sacré, risque l'excommunication 'latae sentantiae' » (excommunication immédiate).

Rappelons qu'en 2002, sept femmes catholiques - allemandes, autrichiennes, américaines - avaient été ordonnées "prêtres" au sein d'une communauté fondée en 1975 à Buenos Aires par un ancien prêtre catholique, Romulo Antonio Braschi. Le consécrateur ainsi que les septs femmes avaient été excommuniés quelques semaines plus tard, le Vatican constant en cet acte « un délit grave contre la constitution divine de l'Eglise ».


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 29-05-2008

Deux discours importants du Saint-Père en ce jeudi 29 mai. D’abord celui tenu devant neufs nouveaux ambassadeurs qui présentaient leurs lettres de créances. Aux diplomates, Benoît XVI a rappelé que « la mesure primordiale en matière politique est la recherche de la justice, afin que soit toujours respectés la dignité et les droits de tout être humain, et que tous les habitants d’un pays puissent avoir part à la richesse nationale. Il en va de même sur le plan international. La communauté humaine est aussi appelée à aller au-delà de la simple justice, manifestant sa solidarité envers les peuples les plus pauvres, dans le souci d’un meilleur partage des richesses, permettant notamment aux pays qui ont des biens dans leur sol ou dans leur sous-sol d’en bénéficier en premier lieu. Les pays riches ne peuvent pas s’approprier, pour eux seuls, ce qui provient d’autres terres ». Il a souligné également la nécessité « de développer aussi la fraternité, pour édifier des sociétés harmonieuses, où règnent la concorde et la paix, et pour régler les éventuels problèmes qui surgissent, par le dialogue et par la négociation, et non par la violence sous toutes ses formes, qui ne peut qu’atteindre les plus faibles et les plus pauvres d’entre les hommes. La solidarité et la fraternité relèvent en définitive de l’amour fondamental que nous devons porter à notre prochain, car toute personne ayant une responsabilité dans la vie publique est appelée à faire avant tout de sa mission un service de tous ses compatriotes et plus largement de tous les peuples de la planète ».
Ce même jour, le Souverain Pontife recevait également la Conférence épiscopale italienne à l'issue de son assemblée générale consacrée à l'évangélisation et à l'éducation des nouvelles générations. Occasion d’un profond discours à méditer au-delà des frontières italiennes. Extraits :
Sur la priorité éducative : « Il s'agit de transmettre la foi aux nouvelles générations et, pour ce, il faut réagir au relativisme d'une culture qui met Dieu entre parenthèses et l'écarte de toute décision et de tout débat, notamment en ce qui touche aux questions définitives, au profit d'affirmations et de solutions de l'instant ».
Rôle des évêques dans la société : « Les évêques sont appelés à un apport spécifique afin que l'Italie connaisse cette période de progrès et de concorde retrouvée... Pour cela, il faut témoigner avec franchise » et montrer que la question « fondamentale de l'homme se retrouve dans la question de Dieu. Aucun problème humain ne saurait se résoudre si Dieu n'est pas replacé au centre de la vie ».
Laïcité : « la caractéristique d'une laïcité bien comprise était de résister à la tentation de considérer la religion, le christianisme en particulier, comme fait strictement privé ».
Famille : il faut mettre l’accent sur la « famille fondée sur le mariage... pour favoriser une culture de l'accueil de la vie et de la communauté familiale, sur la sollicitation des pouvoirs publics à avoir des politiques cohérentes reconnaissant à la famille sa place fondamentale pour le développement de la société, de l'éducation des enfants en particulier... Notre combat pour la dignité et la défense de la vie doit être constant ».
 


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Catégorie : Société
Posté par : Philippe Maxence le 29-05-2008

Pour nous réveiller et nous ramener à notre propre patrimoine face aux défis actuels, Patrice de Plunkett vient de publier L’Écologie, de la Bible à nos jours (1). Il a décidé d’en finir avec les idées reçues. Le catholicisme français est souvent schizophrène. Il défend l’enseignement romain en matière conjugale mais ferme les yeux le plus souvent sur le respect de la Création. Ou alors il s’occupe de la détresse humaine et de la pauvreté mais prend le large vis-à-vis des dogmes. Confortablement, les rôles sont partagés. Aux cathos de droite, la défense de la famille et des dogmes. Aux cathos de gauche, celle des pauvres ! Au total, un christianisme malade et complètement sécularisé.
Or, pourtant tout se tient. C’est la même logique qui guide l’application d’Humanæ vitæ et la défense de la Création ou des pauvres. Il faut donc tout tenir ! Le plus possible. En toute chose, n’être ni le valet de la droite ou de la gauche, ni le larbin du libéralisme ou du socialisme. Oublier les catégories du monde pour revenir à celle de l’Évangile. Être le « serviteur inutile » qui cherche à répondre au dessein de Dieu.
C’est pourquoi il faut s’empresser de lire ce livre. Du regard chrétien sur la Création, il dit tout. Sur les choix que nous devons poser, il indique des pistes. Ce faisant, il opère une salutaire libération de nos esprits. À nous de les traduire concrètement par l’adoption de modes de vie vraiment catholiques dans un monde sécularisé. ça aussi, c’est une idée neuve !

1. Éd. de l’Œuvre, 328 p., 20 €.
 


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Catégorie : Religion
Posté par : Denis Sureau le 29-05-2008

A l'occasion de l'ouverture de ce site, le dernier numéro de L'Osservatore Romano peut-être lu intégralement dans notre rubrique (à droite).

Rappelons que les Editions de L'Homme Nouveau ont l'exclusivité de la diffusion du journal du Pape en France et dans la francophonie.


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Catégorie : Religion
Posté par : La rédaction le 28-05-2008

Poursuivant sa présentation des Pères de l'Église, le pape a évoqué, ce mercredi 28 mai, la figure d'un grand prédécesseur en la personne de saint Grégoire le Grand, pape sous le nom de Grégoire Ier.  Evêque de Rome entre 590 et 604, saint Grégoire entra d'abord dans la fonction publique puis devint gouverneur de Rome en 572. Insatisfait de cette vie, il quitta la vie civile pour vivre monastiquement. Ainsi acquit-il une profonde connaissance de l'Ecriture et des Pères qui servit ensuite à ses propres travaux. Vues ses qualités et son expérience, Pélage II le fit diacre et l'envoya en ambassade à Constantinople "dans la perspective d'effacer les dernières traces de la querelle monophysite et d'obtenir l'appui de l'empereur contre la menace des lombards". Quelques années plus tard, le Pape le rappela pour en faire son secrétaire. A la mort de Pélage en 590, Grégoire fut élu Pape.

Benoît XVI a souligné que l'Église conserve de saint Grégoire, notamment un recueil d'environ 800 lettres.
Selon le Saint-Père "Grégoire était un homme immergé en Dieu. Il avait au fond de l'âme le désir de Dieu, et était naturellement proche de l'autre, des besoins des gens. Dans une période très difficile de l'histoire, désespérante, ce Pape sût garantir la paix et apporter l'espérance. Cet homme de Dieu montre aujourd'hui encore où se trouvent les vrais sources de la paix, l'origine de l'espérance véritable".


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Catégorie : Rendez-vous
Posté par : La rédaction le 28-05-2008

 

Mercredi 28 mai, Philippe Maxence, rédacteur en chef de l'Homme Nouveau, participera à l'émission de Daniel Hamiche sur Radio Courtoisie, sur le thème "Problèmes et avenir de l'anglicanisme ?", de 18h00 à 19h30 (rediffusion le jeudi 29 mai, de 07h30 à 10h30). Il présentera à cette occasion le livre édité aux Éditions de l'Homme Nouveau : Les Confessions d'un converti, de Mgr Robert Hugh Benson. 

Fils du Primat anglican, Robert Hugh Benson (1871-1914) était promis aux plus hautes destinées tant sociales qu'ecclésiastiques. Sa quête incessante de la vérité va le conduire jusqu'à l'Église catholique. La conversion de cet homme silencieux fit grand bruit. Dans Les Confessions d'un converti, il raconte son cheminement qui trouve nombre d'échos pour les catholiques d'aujourd'hui.

 

Pour écouter Radio Courtoisie :

Fréquences FM de Radio Courtoisie en Mhz :

Paris et Ile-de-France, 95,6 | Caen, 100,6 | Chartres, 104,5 | Cherbourg, 87,8 | Le Havre 101,1 | Le Mans, 98,8.


Radio Courtoisie par satellite :

Sur les bouquets satellites TPS et CanalSat, si vous êtes abonné à l'un de ces bouquets, pressez le bouton RADIO de votre télécommande et choisissez "Radio Courtoisie" dans la liste de radios proposées.

Ecoutez Radio Courtoisie en ligne avec votre lecteur habituel

 


Disponible dans notre boutique :
Les confessions d'un converti

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Catégorie : Culture
Posté par : Philippe Maxence le 24-05-2008

Le dernier numéro de L'Homme Nouveau consacre trois pages à l'écrivain anglais et catholique, G.K. Chesterton (1874-1936), qui opère actuellement un retour en force dans l'édition française. Plusieurs de ses ouvrages sont à nouveau disponibles pour le public français, notamment l'Intégral des histoires policières du Father Brown, un personnage atypique de prêtre-détective créé par Chesterton en 1910.

C'est l'occasion pour la rédaction de L'Homme Nouveau de publier un inédit en langue française. Dans ce texte, Chesterton explique son admiration pour le grand dramaturge que fut Paul Claudel. La rencontre de deux géants de la foi et des lettres.  Un grand merci à Daniel Hamiche pour sa traduction.

Pour ceux qui voudraient se procurer ce numéro, n'hésitez pas à prendre contact avec nous. Soit par le biais de ce site (rubrique contact) soit par téléphone : 01 53 68 99 77.

Et pour ceux qui veulent mieux connaître Chesterton,
une adresse : chesterton.over-blog.com.


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Catégorie : Société
Posté par : Philippe Maxence le 07-05-2008

Non, à L’Homme Nouveau, nous ne commémorerons pas Mai 68. Non pas que l’évènement soit négligeable et ne mérite d’être analysé. Mais, regardez autour de vous ! Depuis des mois, journaux et magazines n’évoquent qu’un sujet, décliné sous tous les angles : 68 et ses conséquences. Depuis des mois, des centaines de livres sortent des presses pour nous donner le souvenir des uns ou les analyses des autres. Comme il fallait s’y attendre, les nouveaux marchands du Temple – celui de la « consommation » – ne sont pas en reste. La grande distribution avec ses affiches racoleuses exploitent le mythe 68 au service des prix. Les chaînes de magasins « selects » proposent des produits ciblés pour entrer dans le grand bazar mémoriel. Un exemple ? Fauchon offre désormais un thé « Mai 68, au parfum de la révolution ». Il fallait y penser !

Au-delà de la nausée qui nous prend devant ce flot de marchandises, révélateur de ce que fut finalement Mai 68 dans ses conséquences – l’alliance libéral-libertaire –, notre refus du tic mémoriel s’appuie sur d’autres raisons. Plus profondes ! Et plus justes !
– Quand les anciens combattants ventripotents de Mai 68 se retrouvent dans des banquets pour arroser leurs exploits, nous préférons, nous, parler de la réalité passée sous silence aujourd’hui : la montée en puissance des nouvelles persécutions antichrétiennes.
– Quand les journaux et les médias audiovisuels apportent leur nouvelle pierre décennale à la construction du « mythe » 68, nous choisissons de donner toute sa place aux discours et aux homélies de Benoît XVI aux États-Unis. L’histoire des hommes et celle de l’Église, sans même parler de certitude surnaturelle, nous assurent que Mai 68 sera oublié depuis longtemps quand le message évangélique sera toujours là pour annoncer la grande nouvelle de la mort et de la Résurrection du Christ.
– Quand des auteurs vieillissants se pensent encore comme la fleur de la jeunesse et les parangons de la littérature révolutionnaire, nous assumons pour notre part d’offrir à nos lecteurs le portrait d’un écrivain qui dresse un diagnostic sans appel sur les fossoyeurs de la littérature ou celui d’un théologien anglo-saxon qui travaille – vraiment – à un renouveau de la culture catholique.
C’est un choix, clairement assumé ! Voulu ! Histoire de ne pas se payer de mots et prendre nos lecteurs en traître. Nous ne pouvons pas servir la cause
du Christ, le mettre à la première place de nos préoccupations et vivre les yeux braqués sur les effluves médiatiques du monde. Nous ne pouvons pas tenter d’essayer de suivre le Pape dans son refus du relativisme et de la sécularisation, en nous greffant sur une actualité artificielle, qui se rejoue par décade, depuis quarante ans !
 


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Catégorie : Société
Posté par : Denis Sureau le 07-05-2008

Le Père Alain Dumont recommande la lecture d'Être consommé dans le dernier numéro de mensuel Il est Vivant! :

 

Voici une analyse d’une force peu commune sur la société de consommation, écrit par un jeune théologien catholique améric

ain. Récusant le libéralisme comme l’étatisme absolus,

W. Cavanaugh revisite les logiques matérialistes de la loi de marché pour dessiner un modèle chrétien de consommation juste et aisément praticable par tout un chacun dès aujourd’hui, en Église. Le discours est solide, juste et novateur, dans une remarquable articulation entre le naturel et le surnaturel. Ce livre, à travers une vision de l’homme pleine d’espérance, redéfinit le rôle essentiel des chrétiens dans la reconstruction d’un monde que le consumérisme mène inéluctablement à la mort. On ne peut rester indifférent à certaines analyses de l’auteur dont l’ouvrage mérite, à n’en point douter, de faire date.


Disponible dans notre boutique :
Etre consommé

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