Cristeros : un film remarquable

Rédigé par Marie Martin le dans Culture

Cristeros : un film remarquable

Le réalisateur Dean Wright a réussi un exploit avec le film Cristeros. Une pléiade de très bons acteurs, des décors superbes, tout a été réuni pour en faire un chef-d’œuvre.

Il y a eu Mission, Christophe Colomb… Il y a maintenant Cristeros. Ce film remarquable relate l’aventure unique des chrétiens de Mexique refusant de mettre leur foi sous le boisseau. Des premières exactions du Président mexicain Plutarco Calles à l’encontre de l’Église jusqu’à la répression par l’armée des fédéraux et, en réaction, la formation d’une véritable armée de rebelles sous le commandement du général Gorostieta, ce film fait revivre ces heures troubles et glorieuses à la fois de ces trois années de lutte, de 1926 à 1929 où est signé un traité de paix. Par cette évocation d’un grand réalisme (les âmes sensibles doivent être alertées), dans des décors magnifiques, le spectateur est plongé pendant plus de deux heures dans ce combat pour l’honneur du Christ-Roi. Les acteurs font revivre toutes les phases décisives de cette histoire. Les sentiments de crainte, d’exaspération, de peur, de doutes propres à ce genre de situation où des vies sont en jeu, sont parfaitement rendus.

De forts personnages

Les décors superbes – des somptueuses villas aux campements de fortune de l’armée –, la beauté des paysages immergent dans ce début de XXe siècle où le raffinement (Eva Longoria en distinguée épouse du général Gorostieta) n’empêche pas le courage et la détermination. Le général Gorostieta magistralement interprété par Andy Garcia (Le Parrain, Ocean’s eleven, Adieu Cuba, etc.), fait preuve d’une force d’âme et d’une sensibilité profonde. Car ces rebelles ne sont pas des barbares, même s’ils sont amenés à combattre et à tuer. Bien que n’étant pas particulièrement pieux, le général se laisse convaincre de rejoindre les insurgés, plus par amour de la liberté que par celui du Christ-Roi. Mais peu à peu, la grâce fait son œuvre… et l’évolution des sentiments du soldat est palpable.

De grands acteurs

Il n’y a pas de petit rôle dans ce film, où chaque personnage est fort bien rendu. Il y a les militants d’une heure, les prêtres stoïques… et de jeunes héros. Parmi eux, l’adolescent José Sánchez del Rio (Mauricio Kuri). Fasciné par la personnalité de son curé, un saint prêtre assassiné sous ses yeux, il décide de s’engager. Pris sous la coupe du général, il aide partout où il peut… jusqu’à être capturé par les soldats fédéraux. Il sera d’une fidélité sans faille, refusant toute compromission et acceptant le martyre, au cri de « Viva el ­Cristo-Rey ». L’acteur Mauricio Kuri joue là une véritable passion, toute empreinte de foi et de résignation. Notons aussi l’affection mêlée de lâcheté du parrain de José, maire de la ville, dont l’attachement à son filleul cède le pas à une soumission servile au pouvoir. Parmi les jeunes femmes, engagées pour aider la rébellion, dont le courage, la détermination… et la peur aussi sont manifestes, la jeune Catalina Moreno (Maria pleine de grâce, Paris je t’aime, Magic Magic,…) dont le talent est remarquable. Plus discrète, mais non moins extraordinaire, la force d’âme de la mère du jeune José Sánchez del Rio qui l’accompagne jusque dans son martyre et l’offre, telle Notre Dame au pied de la Croix.

On notera la présence d’autres acteurs de talent : on retrouve Rubén Blades (Ennemis rapprochés, Sécurité rapprochée, Cartel…), Peter O’Toole (Laurence d’Arabie, Casino royale, Le Dernier Empereur,…), Santiago Cabrera, etc.

Deux heures de communion

La profondeur des sentiments ne manque donc pas tout au long de ces deux heures de spectacle. Certains regretteront peut-être la violence des combats, des persécutions, la crudité des supplices infligés au jeune José Sánchez del Rio, mais ce réalisme apparaît nécessaire afin de rendre compte de ces heures tragiques trop longtemps laissées aux oubliettes de l’Histoire. Hugues Kéraly avait déjà levé un voile dans son ouvrage qui vient d’être réédité, La Véritable Histoire des Cristeros. Souhaitons que le film aidera à mieux faire connaître ces martyrs dont certains ont été béatifiés en novembre 2005.

Ce billet a été publié dans L'Homme Nouveau, je commande le numéro

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