Quand un bébé en plastique fait vaciller la République

Rédigé par Daniel-Ange le dans Politique/Société

Quand un bébé en plastique fait vaciller la République

Ce mois de décembre a vu la multiplication des interdictions de crèches publiques. En quoi une innocente crèche peut-elle susciter ainsi une ire irrationnelle ? Ne serait-ce pas parce qu’elle rappelle la place de l’enfant dans une famille ? Ou celle de Dieu dans la société ? En interdisant les crèches, on prive encore les hommes d’un peu de beauté et de lumière. Coup de (sainte) colère du père Daniel Ange.

Cela friserait le ridicule, si ce n’était tragique (non seulement des crèches dans des lieux publics ne sont plus tolérées, mais des   grandes surfaces n’osent plus vendre de santons). Une crèche dans un lieu public : blasphème ! Mais l’arc-en-ciel LGBT : no problem ! Une salle de mairie pour Noël : inadmissible. La même pour le Ramadan : plausible. Des santons : non ! Du porno : oui ! Mais en ce cas, il faut dynamiter Montmartre et toutes nos Notre-Dame de Paris, de Chartres, de Reims et d’Amiens. Et toutes nos églises de toutes les époques car comme signes « ostensibles » en espace public, on ne fait pas mieux !

Mais aussi toutes les œuvres d’art chrétiennes peuplant nos musées (lieux publics), peut-être la moitié du Louvre. Et bonjour le tourisme ! Et parmi ces œuvres, ces milliers de représentations de… justement Noël ! Et tout ça, c’est pire qu’une crèche pendant quinze jours, ça dure toujours ! Ça traverse les siècles !

Supprimer toutes les croix ?

Mais encore tous les insignes cruciformes des pharmacies, de la Croix-Rouge, aux montres et drapeaux suisses (si ce n’est certains sigles de signalisation routière !). Ce que certains réclament déjà. Mais encore, la semaine hebdomadaire avec son gênant dimanche (jour du Seigneur) et toutes les fêtes d’origine chrétienne, qu’en attendant on rebaptise (Noël : fête du solstice, fêtes de fin d’année en Angleterre : Winterlight feast… sous le nazisme : fêtes du sapin, sous le communisme : fête de l’électricité).

Et pendant qu’on y est, biffons le « saint » de milliers de nos communes. Il faut éradiquer toute trace de ce christianisme, bimillénaire, le liquide amniotique de notre civilisation européenne, en aseptiser la société.

Mais pourquoi donc faut-il que ce soit une innocente crèche qui suscite une ire aussi irrationnelle ? Pourquoi donc des figurines immobiles ­provoquent-elles un tel tollé, non du bon peuple bien sûr, mais des hautes autorités républicaines ? (contrairement au petit peuple qui semble plébisciter les crèches. Dans une enquête sur le net du Parisien-Dimanche du 7 décembre, 86,2 % estiment qu’il ne faut pas retirer les crèches des lieux publics).

Je vais vous dire pourquoi. C’est qu’il s’agit de qui exactement ? Mais d’un… papa, d’une… maman et d’un… enfant. Et donc, comme on disait autrefois d’une… famille ! Et ça, c’est politiquement plus qu’incorrect : intolérable. Si on mettait 2 Joseph ou 2 Marie et 0 enfant, ça passerait. Ou encore mieux : un fœtus en éprouvette, sans père ni mère ! Alors, ça, ce serait prophétique ! Toutes les mairies en voudraient. Super pub pour l’idéologie totalitaire.

Un système stalinien

Je vous pose la question, à vous, les censeurs de ladite libre pensée qui bafouez l’élémentaire liberté religieuse. Pour accorder le visa ou permis de séjour à cette famille discriminée, ainsi refoulée à nos frontières, peut-être lui apposer : « scène de la mythologie chrétienne » ? Ça vous rassurerait-il ? Vous avez un bon précédent : le système stalinien, permettant, avec ce label, l’exposition des icônes, les seuls œuvres d’art attirant les touristes en la défunte URSS.

Et puis, nos crèches avec leur merveilleuse créativité, ne font-elles pas partie intégrante de notre patrimoine culturel français et plus largement occidental ? Pourquoi ainsi le ratiboiser ?

N’avons-nous jamais vu le regard pétillant d’émerveillement d’un enfant devant une crèche toute illuminée aux cent santons ? Jamais vu, le visage ridé mais irradié d’une personne âgée y retrouvant son âme d’enfant ?

N’avez-vous jamais entendu ces beaux chants folkloriques de Noël fredonnés dans la nuit, en passant au marché devant une crèche familière ? Notre monde n’est-il déjà pas assez morose, fatigué, déprimé, pour en ôter ces petites fenêtres ouvrant sur un horizon de lumière, de pureté, de paix. Pourquoi en saper l’espérance, en exclure la poésie, en interdire la beauté ? Sans beauté, sans poésie, un peuple meurt asphyxié car aseptisé.

Symbole de l’universelle fraternité

Et puis, n’est-ce pas le symbole d’une universelle fraternité ? N’y a-t-il pas dans la crèche les représentants de différents métiers et artisanats, des scientifiques et politiques, venant d’Asie, d’Afrique, du Proche-Orient, venant vénérer un petit… Juif ? Sous l’occupation nazie, des prêtres ont osé mettre trois étoiles jaunes sur le saint Trio. Et même dans certains camps de concentration, des crèches étaient tolérées !

Vous dites : il faut respecter les musulmans. Mais ne sont-ils pas les premiers à être heureux de ces signes discrets du christianisme ? Beaucoup prennent la défense des crèches (voir l'article de Moussa Camara dans Le Parisien du 7 décembre 2014). Ils méprisent les chrétiens qui ont honte d’exprimer publiquement leur foi et rasent les murs. Ils sont choqués qu’un État puisse être à ce point contre tout signe et manifestation religieuse publique.

Au Burkina, les familles chrétiennes vivant en bonne entente avec les musulmans, mettent des crèches dans la rue, devant leurs maisons et c’est le concours de la plus belle. Du moins, tant que Boko Haram n’y débarque pas, zigouillant ces chrétiens qui osent croire qu’Allah a sucé son pouce dans le sein d’une jeune fille…

Notre extrémisme christianophobe ne provoque-t-il pas leur extrémisme islamiste ?

Un bébé innocent

Mais peut-être avez-vous raison de trembler devant ce bébé innocent. Car Il vous rappelle tous ces petits éliminés dès leur premier berceau, tous ces petits fabriqués par le baby business, et devant squatter le ventre d’une pauvre femme forcée à le louer pour vivre, tous ces orphelins de père ou de mère, obligés de dire maman à un monsieur barbu… Tous ces enfants que l’État kidnappe pour les pervertir (voir mon article :   De la Convention sur l’enfant et ses droits, à l’Enfant-Roi). À qui on propose de choisir et de changer de sexe.

Un enfant peut voir dans nos kiosques les titres alléchants à lui destinés : J’ai deux papas, Papa porte une robe, Tous à poil. Ils peuvent voir des sexes mâles en érection. Mais voir l’­Enfant-Jésus et ses parents : interdiction ! Il risque d’en être traumatisé à vie ! (voir mon article : «  Quand l’enfant de Noël est éjecté, aux enfants du poison mortel est injecté. », www.daniel-ange.com)

Et en chacun, l’Enfant de la crèche peut dire en toute vérité : c’est moi !

Mais attention ! C’est cet ­Enfant-là qui un jour, avec tous les enfants innocents d’aujourd’hui vous dira : « J’étais un enfant à naître, et vous n’avez pas voulu de moi. J’étais une petite fille et vous m’avez proposé d’être garçon. J’étais orphelin et vous ne m’avez pas donné un papa et une maman ».

Enfin, n’est-ce pas cet Enfant qui a réussi ce tour de force inimaginable, voici juste cent ans cette année, à Noël 1914, de mettre fin à la guerre féroce l’espace de 24 heures. Vrai miracle de la foi ! Voilà les ennemis qui se battent à coup de… bonbons, chocolats et oranges, catapultés d’une tranchée à l’autre (ce détail authentique a été omis dans le beau film Joyeux Noël, que tout ado et jeune devrait visionner). Ils s’étreignent, chantent ensemble les mêmes cantiques, célèbrent une messe dans le no man’s land, jouent au ballon, et vont jusqu’à enterrer mutuellement les corps de leurs camarades. La guerre était terminée ! Honte aux généraux et ministres qui ont sanctionné ces humbles artisans de paix, et ont ordonné la reprise immédiate de la boucherie, qui fera encore des morts par millions !

Après des décades où nos innocentes crèches ne faisaient pas plus de problème que les tableaux de la Nativité dans nos musées, faut-il donc vraiment leur déclarer la guerre, la guerre contre cet Enfant, comme s’il ne suffisait pas qu’Il soit Lui-même né en temps de guerre et que cette Famille ait été expulsée, extradée, expatriée manu militari. Pour qu’elle le soit encore dans notre pays où ­elle était tant aimée, chantée, vénérée.

Mais peut-être que, finalement, c’est seulement l’âne qui vous fait si peur ?

 

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