Annoncer le Christ derrière les barreaux

Rédigé par Michel Foucault le dans Tribune libre

Annoncer le Christ derrière les barreaux

À quelques jours de sa rencontre nationale des 21 et 22 mars prochains à Paris, la Fraternité du Bon Larron présente sa mission : annoncer le Christ dans les prisons. Par l’échange de lettres et la prière, quelque 300 bénévoles témoignent de la miséricorde divine auprès de ceux qui, parfois, ont commis les pires atrocités.

Tribune libre de Michel Foucault, président de la Fraternité du Bon Larron.

La Fraternité des prisons « le Bon Larron » est, avec ses membres, l’un des relais qui annoncent le Christ et l’Évangile en prison. En effet, selon la loi de 1905, les prisons disposent d’aumôneries pour assurer le culte. Les aumôniers peuvent y rencontrer tous les détenus qui le souhaitent. Notre spécificité consiste cette fois à témoigner de l’extérieur par la correspondance et à épauler les détenus à leur sortie. Notre objectif est de faire connaître aux détenus l’amour de notre Père pour tous, quoi qu’ils aient fait, de leur faire comprendre qu’ils ne sont pas abandonnés à leur sort, qu’ils sont invités à se relever, à se renouveler, à changer d’orientation. Notre invitation amicale est en fait celle de Jésus ressuscité, Lui qui a vécu parmi nous et qui nous connaît même mieux que nous-mêmes, qui a expérimenté la dureté de l’appareil judiciaire et des bourreaux.

Comme son nom l’indique, notre Fraternité est d’abord une fraternité, un lieu où chacun est invité à se découvrir, à se reconnaître en tout premier lieu frère de Jésus, mais aussi, pratiquement au même moment, frère avec les autres. Une fois bien imprégnés de ce concept, nous pouvons regarder la mission de notre fondateur, le Père Yves Aubry, lui-même aumônier de prisons. Il fut tellement touché par sa vocation qu’il a continué à vivre en union avec ses frères prisonniers jusqu’à son dernier jour et qu’il nous a laissé : « annoncer la Parole de Dieu à temps et à contretemps » (2 Tm 4, 2), témoigner que « Jésus est venu proclamer aux captifs leur libération » (Lc 4, 18).

« Heureusement que j’ai du courrier. Le courrier fait du bien. Lorsqu’on est à l’extérieur on n’attache pas d’importance à écrire, on a le téléphone ou mieux encore on rencontre les gens. C’est seulement lorsqu’on est dans des situations comme la mienne que l’on s’aperçoit que le courrier est important. Il y a des jours où, au réveil, je ne me sens pas bien, je n’ai pas le moral : si j’ai du courrier à midi, je me sens mieux, ça me remonte le moral », confie Serge. C’est d’abord par la correspondance que nous vivons notre mission auprès des détenus. L’une des plus grandes souffrances, en prison, est l’isolement, la solitude, l’incompréhension, avec le risque, toujours présent, du repli sur soi.

À travers l’autre, c’est le Christ lui-même que l’on rencontre

À travers la correspondance, un échange s’établit. Reposant sur la prière, au moins d’un côté, pour commencer. L’échange se développe, bienveillant, spontané, désintéressé. Plus de 300 membres correspondent ainsi au travers de notre service « courrier », sous couvert d’un pseudonyme pour des raisons de sécurité. Le plus remarquable, c’est que la lettre est attendue avec autant d’impatience d’un côté que de l’autre ! Et, d’un côté comme de l’autre, les deux personnes grandissent, s’oublient elles-mêmes, pour se rejoindre réciproquement : à travers l’autre, c’est le Christ lui-même que l’on rencontre, comme en témoigne ce qu’écrivait Jean-Marc à l’une de nos bénévoles : « Je n’ai pas arrêté mes prières, elles sont pour moi synonymes de refuge, de calme, de sérénité, de réflexion. Un de mes compagnons de cellule possède une bible : il m’assure et j’en suis certain, que toute force, toute volonté, toute vérité et toute sagesse résident en ce livre. Je me suis mis à le lire. Je puis témoigner que c’est vrai. Il m’a ouvert tant d’horizons. Mon corps est enfermé, pas mon esprit. »

Notre moteur est la prière et notre source d’inspiration l’Esprit de Dieu. Le rêve du Père Aubry était « une prison, un groupe de prière ». Nous n’en sommes pas encore là (il y a 191 prisons en France), mais nous progressons. Sous des formes et des rythmes variés fondés sur le chapelet, l’adoration, la louange, la méditation de l’Évangile, le partage d’intentions proposées par la Fraternité, par les aumôniers, par les familles de détenus…

Le logement est la première question à résoudre à la sortie de prison. Indiquer un lieu de domicile peut même être une condition de sortie pour un récidiviste. C’est pourquoi nous avons créé une maison d’accueil à Auffargis, dans les Yvelines. Alain témoigne : « Le logement, c’est très important à la fin de la peine. Si l’on n’a pas d’endroit où se poser, ou si l’on ne s’y sent pas bien, c’est très difficile de pouvoir recommencer une nouvelle étape de sa vie. Si l’on a gardé des liens avec sa famille, cela peut être plus facile mais je crois qu’en aucun cas il ne faut qu’elle se sente obligée de nous héberger… Lorsque la question s’est présentée à moi, j’ai choisi la Fraternité du Bon Larron, association chrétienne, en pensant qu’avec le logement je profiterai aussi d’un accompagnement chrétien. Ce qui s’est effectivement passé, puisque deux ans après la fin de mon séjour, j’y ai toujours mes amis et la possibilité d’un soutien spirituel. »

La « Fraternité du Bon Larron » invite ses membres et amis à sa rencontre nationale des 21 et 22 mars prochains à Paris, à la Fondation d’Auteuil, 40, rue Jean de la Fontaine, 75016 Paris. Vous pouvez consulter le programme de cette rencontre ici.

 

Contact

Fraternité du Bon Larron
4, rue du Pont des Murgers, 78610 Aufffargis.
Tél. : 01 34 84 13 08.
www.bonlarron.org

 

 

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