Qu’il est bon et qu’il est agréable pour des frères d’être ensemble

Rédigé par Un moine de Triors le dans Religion

Qu’il est bon et qu’il est agréable pour des frères d’être ensemble

Le pape n’ayant point parlé cette semaine, il nous faut revenir en arrière en commentant sa méditation à la cathédrale d’Asuncion, le samedi 11 juillet dernier, au moment des Vêprres, lors de son dernier voyage en Amérique latine.

 

Tout le peuple chrétien du Paraguay y était rassemblé et le pape commence par se réjouir de pouvoir prier tous ensemble en des paroles qui évoquent le psaume 132 :

Qu’il est bon et qu’il est agréable pour des frères d’être ensemble.

On peut y voir aussi un écho de la parole du Seigneur : Quand deux ou trois seront unis pour prier ensemble, je serai parmi eux. Et surtout le pape fait écho à l’église primitive de Jérusalem, que les générations futures regarderont toujours avec une sorte de nostalgie presque idyllique. Les croyants persévéraient dans l’enseignement des Apôtres, dans la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière, en compagnie de Marie. Cette prière se fait sous la forme du chant, qui au dire de saint Augustin, l’ennoblit : Celui qui chante prie deux fois. Sans le citer, le pape le souligne. Le pape ne précise pas non plus la nature du chant, mais il s’agit pour lui d’un chant harmonieux qui permet de s’élever vers Dieu. Cette prière se fait en outre dans la cathédrale, où se tient le siège de l’évêque, sa cathèdre. Comme le souligne très justement le pape, un diocèse ne peut se comprendre sans sa cathédrale, même si, souligne-t-il, les tempêtes du dehors et du dedans nous obligent à abattre ce qui a été construit et à recommencer. Très proche de la pensée de Benoît XVI, il insiste ici sur le rôle premier de Sœur espérance. C’est l’espérance que l’on place en Dieu qui nous permet d’avancer. Toute construction ne peut se faire sans espérance et l’espérance du chrétien réside dans le fait que Dieu ne déçoit jamais. L’homme peut décevoir Dieu, mais Dieu, lui, ne déçoit jamais. Telle est la grande vérité de foi qui engendre la louange et l’action de grâces.

Enseignement sur la prière

Le pape alors, en grand spirituel, donne un très riche enseignement sur la prière, tant personnelle que liturgique. Celle-ci est d’une importante particulière car c’est la prière de l’Épouse du Christ. Sans cette prière liturgique, le pape le dit bien, toute prière personnelle restera à un niveau horizontal, car à elle seule est incapable de nous faire entrer dans la ressemblance à Jésus. Et la prière de l’Église se fonde sur les Psaumes dont la récitation commune nous permet, selon l’expression du pape, de rester dans les mains de Dieu.

Grâce à la prière des Psaumes, nous pouvons avoir, comme le demande le pape à la suite de Benoît XVI encore, la main et le cœur de Jésus. Le pape cite alors le psaume 111 :

nous sommes dans les mains de Dieu qui du fumier retire le pauvre.

Ces paroles rappellent encore Benoît XVI qui insistait sur le fait inimaginable que le Dieu trois fois saint vienne au milieu de notre saleté. L’homme en effet reste pécheur, mais il doit toujours faire ce qu’il peut et il trouve précisément dans la prière le soutien de Dieu, y compris pour défendre la vie dès sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Cette allusion du pape alors que le contexte était si différent est très importante, car elle souligne combien l’homme qui prie non seulement se sauve, mais encore élève le monde ; elle marque aussi que la beauté de l’Église qui reflète le Christ provient de cette prière de chacun et de tous. Nous avons nos limites : personne, comme le dit le pape, ne peut reproduire Jésus dans sa totalité. Mais la louange de l’Église, passant par Jésus unique prêtre de la nouvelle alliance, transformera le monde. Nous aussi avec le pape chantons et prions en communion avec Marie. Magnificat !

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