Un appel de Pologne aux Pères du Synode sur la famille

Rédigé par la rédaction le dans Religion

Un appel de Pologne aux Pères du Synode sur la famille

Père de famille et intellectuel polonais, à la tête de la revue Christianitas, Pawel Milcareck est l’un des signataires d’un appel (texte intégral ci-dessous) aux Pères synodaux lancé par des laïcs polonais. Il a bien voulu nous expliquer le sens de cette démarche alors que vient de s'ouvrir le synode sur la famille.

 

Un appel aux Pères synodaux vient d’être lancé depuis la Pologne. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une publication, signée par les représentants de différents milieux catholiques, en vue de communiquer aux Pères synodaux quels sont les problèmes des familles chrétiennes qui nous semblent les plus importants dans le monde d’aujourd’hui et de leur indiquer l’aide que nous espérons obtenir de l’Église, notre Mère. L’élaboration du texte a été précédée de rencontres sous forme de séminaires. Ce Forum « Entre les synodes » était notre réponse à l’appel du Pape François qui avait invité tous les membres de l’Église à exprimer leur opinion.

Qui est à l’origine du Forum « Entre les synodes » et quels en furent les participants ?

Les travaux du Forum ont été entrepris à l’initiative de Dariusz Kar?owicz, philosophe et rédacteur de Teologia Polityczna, qui a reçu l’aide des amis de la Faculté de la philosophie chrétienne de l’Université Cardinal Stefan Wyszy?ski à Varsovie. Ensemble, ils ont invité les personnes appartenant à des milieux qui conçoivent l’enseignement catholique sur le mariage et la famille comme inviolable. Ils se sont adressés aux cercles aussi différents que les communautés charismatiques et les traditionalistes. Il y avait des rédacteurs des principaux hebdomadaires catholiques. Nous avons eu recours aux experts en théologie, droit, institutions européennes, philosophie. En dehors du Forum se sont trouvés les milieux qui s’étaient prononcés déjà l’année dernière. Leur proposition de changements radicaux de la doctrine catholique et de la 

discipline des sacrements a d’ailleurs été présentée dans les médias comme « la voix des laïcs catholiques ».

Quelle est la substance de votre message aux Pères Synodaux ?

Nous sommes d’avis que les principaux problèmes de famille se trouvent aujourd’hui en dehors du champ le plus discuté et discutable de la « relation finale » du Synode extraordinaire de 2014. Nous demandons à l’Église un soutien sous forme de l’enseignement non restreint de la théologie du mariage et de la famille. Nous demandons la solidarité avec les familles dont les droits sont constamment mis en question dans la confrontation avec les conceptions idéologiques promues par les institutions étatiques et européennes (surtout dans le domaine de l’éducation). Nous indiquons la nécessité d’une pastorale de la famille, dont celle qui encourage à avoir plus d’enfants. Nous soulignons la nécessité de fonder des écoles et d’élaborer des programmes d’enseignement catholique. Nous parlons également du besoin de mobilisation en faveur de la civilisation de la vie, y compris dans les domaines du droit et de la politique. Nous demandons un mécénat de l’Église en vue de promouvoir une culture par laquelle se manifeste la vérité de la nature de l’homme, du mariage et de la famille.

Il y a une insistance, semble-t-il, dans cet appel à demander que l’Église continue de résister aux idéologies modernes anti-familiales et aux institutions qui les portent. Pour quelles raisons ?

Soyons réalistes. Comme l’a dit saint Jean-Paul II, le monde moderne est le lieu d’une énorme offensive idéologique, dans laquelle, contre la réalité de la vie et de la famille chrétienne, sont engagés de gros moyens matériels et politiques, ainsi que toute sorte d’idées visant à changer complètement la conception de l’homme, du sexe, du mariage, du bonheur, etc. Dans ce contexte, l’Église ne peut pas se comporter comme une secte indifférente au sort des nations. En défendant, de manière excluant toute équivoque, le bien de la famille, l’Église est, de fait, solidaire avec le bien le plus humain qui est parfois vulnérable et désarmé face aux grandes manipulations du système où tout dépend de l’État surpuissant et de la culture de masse agressive.

Quelle a été la réception de cet appel en Pologne même ?

Notre objectif est plus d’atteindre les Pères synodaux que l’opinion publique. C’est pour cela que nous avons pris soin de présenter nos travaux avant tout aux évêques, surtout à ceux qui représentent l’Église polonaise au Synode. Nous avons été informés que notre travail était très important. Nous avons été également invités à faire part de notre texte au public plus large. D’où sa publication dans des médias catholiques, y compris dans votre bimensuel qui a des mérites dans le domaine qui nous tient à cœur.

Vous avez participé à ce forum au titre de la revue Christianitas. Quel est le but de cette publication ? 

Christianitas est un trimestriel qui paraît depuis 1999. Nous sommes engagés dans l’apologie de la tradition liturgique et spirituelle latine, dans le débat sur la nécessité de la présence catholique en politique, dans la réflexion sur les sources de la crise actuelle de la culture, dans la propagation de la spiritualité reposant sur la Règle de saint Benoît. La revue a été représentée au Forum par deux rédacteurs : nous avons prononcé les exposés d’introduction, nous avons participé à la rédaction du texte final qui reflète non seulement les convictions de notre milieu, mais aussi notre expérience de pères de famille.

 

Le texte intégral de l'appel : 

Forum des milieux catholiques « Entre les synodes »

L’Église en Pologne, étant l’une des plus grandes Églises en Europe, se sent dans l’obligation de prendre la parole dans le débat sur les questions urgentes et importantes concernant le mariage et la famille catholiques. Ce devoir repose aussi sur le laïcat.

 

Le Forum « Entre les Synodes », rassemblé sur l’initiative de la Théologie Politique et de la Chaire de la Philosophie de la Culture de la Faculté de Philosophie chrétienne de l’Université Cardinal Stefan Wyszynski, a organisé une série de rencontres consacrées aux plus importants défis devant lesquels se trouve la famille catholique. À ce débat furent invités les représentants de nombreux milieux intellectuels et de formation, activement présents dans les débats sur le rôle de l’Église contemporaine. Les travaux du Forum ont eu pour effet la création d’un catalogue des plus importantes questions liées à la problématique du mariage et de la famille.

Nous espérons que les diagnostics et les opinions du laïcat polonais ainsi recueillis s’avéreront être une indication utile pour les travaux des Pères synodaux pendant l’Assemblée générale ordinaire des évêques sur « La vocation et la mission de la famille dans l’Église et dans le monde contemporains ».

Aux travaux du Forum « Entre les synodes » ont pris part:

Ewa K. Czaczkowska (Areopag 24)

Mariusz Dzierzawski (Fondation Pro – droit à la vie)

Michal Gierycz (Communauté de l’Emmanuel)

Grzegorz Górny (Fronda)

Jerzy Gustowski (Communauté de l’Emmanuel)

Dariusz Karlowicz (Théologie politique)

Milena Kindziuk (Tygodnik Niedziela)

Artur Kolaczek (Église domestique, Mouvement Vie et Lumière)

Piotr Legutko (hebdomadaire Gosc Niedzielny)

Mateusz Matyszkowicz (Fronda Lux)

Pawel Milcarek (Christianitas)

Lukasz Ofiara (Centre de la Pensée de Jean-Paul II)

Tomasz Rowinski (Christianitas)

Barbara Sulek-Kowalska (hebdomadaire Idziemy)

Prof. Zbigniew Stawrowski (Université Cardinal Stefan Wyszynski, Université Tischner, Institut Pensées)

Norbert Szczepanski (Centre de la Pensée de Jean-Paul II)

Konrad Szymanski (ancien euro-député au Parlement européen)

Tomasz Wiscicki (journaliste, trimestriel « Wiez »)

Prêtres:

Prof. Jacek Grzybowski (Faculté de Philosophie, Université Cardinal Stefan Wyszynski)

Prof. Franciszek Longchamps de Bérier (Faculté de droit de l’Université Jagellonne)

Prof. Piotr Mazurkiewicz (Institut de Politologie, Université Cardinal Stefan Wyszynski)

Prof. Jan Sochon (Faculté de Philosophie, Université Cardinal Stefan Wyszynski)

Prof. Robert Skrzypczak (Faculté pontificale de théologie)

 

 

Questions sur lesquelles nous voulons attirer l’attention des Pères du Synode

1. Le besoin de la théologie de la famille.

1. Nous sommes profondément convaincus que le monde a besoin aujourd’hui de l’enseignement chrétien sur les questions du mariage et de la famille. Il existe une sérieuse tentation de diluer la définition du mariage sacramentel et de la famille bâtie sur ce fondement. Nous estimons qu’il est extrêmement important de rappeler le sens naturel et surnaturel de la famille avec ses droits et ses devoirs. Nous espérons que le Synode va approfondir la théologie du mariage et de la famille. Particulièrement importantes nous semblent les questions de la dimension sacramentelle du mariage, constituant le fondement de la famille, ainsi que des droits de la famille, de ses relations avec l’État et avec les institutions internationales, de la pastorale familiale, de la culture et de la théologie du corps. Les problèmes de l’éducation, perçus dans le contexte de la liberté de l’Église à prôner la vérité, les problèmes des droits des parents et de la liberté de confession méritent une attention toute particulière.

2. L’Église ne peut pas renoncer à sa fonction d’enseignante et d’éducatrice même si cela éveille des critiques à son égard. Le silence de l’Église sur la redéfinition de la conception de la famille, qui a lieu aujourd’hui, est souvent perçu comme l’abandon des brebis par le berger. C’est sur l’Église que repose la responsabilité pour la formation des fidèles qui vivent dans le monde contemporain, mais aussi pour la présentation de l’enseignement lisible, sans ambiguïté, à ceux qui vivent en dehors de l’Église. Dans les deux cas, une réflexion théologique, anthropologique, morale et sociale est nécessaire – une réflexion qui aiderait à comprendre les réponses de la Révélation aux questions que pose le monde en évolution.

3. Le peuple de Dieu attend avec confiance que les Pères synodaux effectuent une analyse approfondie des idéologies et des mécanismes institutionnels qui menacent la famille. Nous espérons que le Synode qui s’approche va indiquer et appeler de leur propre nom les idées, les institutions et les mécanismes qui mènent à ce que le Pape François appelle la « colonisation idéologique » du monde contemporain. Aux phénomènes qui exigent une description compréhensible et une appréciation, appartiennent entre autres les programmes scolaires qui dépouillent le mariage de sa dimension spirituelle et éthique, les mécanismes culturels et éducationnels de sexualisation et de démoralisation des enfants et des jeunes. Une inquiétude toute particulière éveille le diktat de la politique dans le domaine de l’anthropologie et de la médecine visant à déstabiliser le sexe et à redéfinir la famille.

2. L’État, le droit, la politique

1. Il faut rappeler que la famille est primaire par rapport à l’État. Les droits de la famille résultent de la nature de ses tâches et de ses obligations et ne peuvent pas subir de restrictions arbitrales. La famille est sujet naturel des droits: « La famille a le droit d’exercer sa fonction sociale et politique dans la construction de la société » (Charte des Droits de la Famille, art. 8). C’est pourquoi aussi bien les institutions internationales que les institutions de l’État devraient être toujours au service de la famille. « Les familles ont le droit de pouvoir compter sur une politique familiale adéquate de la part des pouvoirs publics dans les domaines juridique, économique, social et fiscal, sans aucune discrimination » (Charte des Droits de la Famille, art. 9).

2. L’Église a le devoir de défendre la famille catholique contre de telles politiques qui, sous les apparences de neutralité, réalisent le programme de lutte contre la famille.

3. Les fidèles ont besoin d’une forte voix de l’Église dans le débat systémique sur l’essence même de la famille qui est une union de l’homme et de la femme et de leurs enfants.

4. Les parents s’attendent à ce que l’Église n’hésite pas à soutenir la famille dans les différends avec les institutions qui propagent des programmes éducatifs controversés.

5. Il semble très important d’attirer l’attention sur les mécanismes institutionnels – aussi bien ceux de l’État que supranationaux – qui financent des actions dont l’objectif est de redéfinir la famille, de sexualiser les enfants et les jeunes et de propager des idéologies contraires à l’enseignement catholique.

6. Les défis actuels demandent que l’Église lance un clair appel aux hommes politiques chrétiens et aux organisations internationales en vue de protéger avec courage les droits de la famille et la vie humaine.

7. Les démarches pour que soient respectés les droits de la famille dans le système de l’éducation aussi bien privé que public constituent aujourd’hui une manifestation fondamentale de la responsabilité des chrétiens dans la vie publique.

8. Le recours à l’autorité des organisations internationales pour imposer des changements civilisationnels antichrétiens, en faisant abstraction de la démocratie représentative, détruit l’autorité du droit international et éveille une inquiétude justifiée de nombreux catholiques. C’est une pratique qui est en contradiction avec le droit des traités de l’Union européenne qui envisage le respect du principe de subsidiarité et renferme les clauses de non-ingérence dans les choix civilisationnels et culturels des États-membres.

9. Nous sommes convaincus que le Synode tiendra compte de ces menaces en appelant de nomine les idéologies et les mécanismes institutionnels responsables de telles tentatives.


3. La pastorale

1. Il est nécessaire de souligner qu’au cœur de la pastorale familiale se trouve le mariage sacramentel – communauté primaire constituant le fondement de la famille. Une famille ainsi perçue constitue un milieu approprié pour la croissance dans la foi des époux et de leurs enfants.

2. L’Église ne peut pas cesser de faire appel aux membres des familles pour qu’ils donnent un témoignage les uns aux autres et au monde en rappelant que le devoir fondamental des parents est d’assister leurs enfants sur la voie vers le salut. La famille, c’est la voie vers la sainteté et elle doit devenir une communauté salutaire.

3. Le mariage et la famille doivent être objets du service que l’Église effectue et la pastorale des couples et des familles devrait constituer le devoir central des évêques et des prêtres.

4. La pastorale exige un enseignement doctrinal et moral lisible. Une importance toute particulière revient aux vérités sur le fondement sacramentel de la famille et sur les appels, qui en résultent, à l’amour, à la fidélité, à la responsabilité et à la chasteté.

5. Une formation spirituelle permanente des familles est indispensable. Les problèmes relatifs à l’existence et à l’accessibilité de la direction spirituelle, des centres d’aide aux familles, de la préparation appropriée au mariage, de la pastorale des jeunes couples mariés et des couples vivant dans le mariage depuis plusieurs années, sont une question d’ordre primordial.

6. La formation des prêtres devrait leur donner des capacités nécessaires pour s’occuper de la pastorale de la famille. La pastorale familiale n’est pas seulement une pastorale spécialisée, mais c’est une forme constitutive de la pastorale.

7. Il est important qu’en plus de l’attention, consacrée à juste titre aux familles en crise, aux personnes qui cherchent et qui doutent, il existe aussi un soutien approprié pour ceux qui tâchent de vivre conformément à l’enseignement de l’Église.

8. Il existe le besoin de valoriser les familles qui, par leur vie, donnent un témoignage crédible à l’enseignement du Rédempteur.

4. L’éducation

1. Il faut créer un espace d’éducation favorable pour la dimension spirituelle de la famille et pour la formation des vertus permettant à l’homme de se développer intégralement. Il semble opportun d’attirer l’attention sur le droit des parents à façonner le modèle de l’éducation de leurs enfants – droit qui est un effet direct de la liberté de confession et de la souveraineté de la famille face à l’État. Il ne faut pas oublier non plus que c’est aux parents qu’appartient le devoir de chercher des écoles à programme catholique ou au moins respectant la religion et la culture chrétienne.

2. Le droit des parents à façonner le modèle de l’éducation de leurs enfants peut être réalisé de deux façons. Par la création d’institutions catholiques et par une éducation publique, fondée sur le respect des droits de la famille.

3. Dans le premier cas, il est indispensable de faire appel à la hiérarchie de l’Église et aux institutions catholiques ainsi qu’aux autorités publiques pour que soit offerte une aide pratique à tous ceux qui se chargent de créer des maternelles, des jardins d’enfants, des écoles, des salles de loisirs, des clubs catholiques et autres formes d’assistance.

4. Dans le second cas, celui des écoles publiques, il est indispensable que l’Église lance un appel aux autorités, au monde politique et aux institutions internationales pour que, dans les écoles appartenant au système de l’éducation publique, soit respecté le droit des parents à élever leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses et morales.

5. Il est aussi important de soutenir l’Église afin que soit possible la réalisation de l’obligation scolaire dans le cadre de l’enseignement à domicile à quoi s’oppose la législation de nombreux pays.

6. Malheureusement, souvent les écoles publiques ne sont pas un lieu qui garantirait le respect des vérités et des principes confessés par les chrétiens. Il arrive que les écoles non seulement ne respectent pas l’impartialité déclarée, mais – contre la volonté des parents – deviennent un instrument de lutte contre la religion et la famille. L’affaiblissement du rôle des parents est accompagné par la croissance de l’importance des organisations qui traitent l’école comme instrument d’athéisation planifiée et de sexualisation des tout-petits.

7. Le devoir des pasteurs est de soutenir les familles et les organisations catholiques face aux permanentes tentatives visant à limiter leurs droits d’éducateurs et d’enseignants.

8. Il semble indispensable de souligner très clairement que l’éducation sexuelle n’est neutre ni du point de vue des convictions, ni du point  de vue de la religion.

9. Il est indispensable de mobiliser les prêtres et les laïcs pour former des enseignants et des éducateurs qui seraient capables de créer et de réaliser un programme global de type classique de l’éducation et de l’enseignement à tous les niveaux de l’éducation scolaire.

5. La civilisation de la vie

1. L’importante vocation de l’Église est de prôner la civilisation de la vie. Il est important de rappeler les thèses que renferme l’encyclique Evangelium vitæ: « L’Évangile de la vie se trouve au cœur du message de Jésus » (Evengelium vitæ, art. 1).

2. Bien que la protection de la vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle soit fondée sur la vérité reconnue par la raison humaine même sans l’apport de la foi surnaturelle, dans ce domaine un rôle irremplaçable revient aux familles chrétiennes.

3. L’éducation pour la défense de la vie est un devoir de l’Église, de la hiérarchie et des laïcs.

4. L’Église a le devoir de promouvoir la civilisation de la vie. L’attitude de l’accueil du don de la vie et surtout le courage d’avoir beaucoup d’enfants doivent être mis en valeur.

5. Un témoignage particulièrement important de l’ethos chrétien est la pratique visant à restituer aux personnes handicapées la place qui leur est due dans la vie sociale, culturelle et religieuse.

6. Dans beaucoup de parties du monde, nous vivons au sein d’une civilisation qui est ouvertement hostile aussi bien au principe de la dignité innée de la personne humaine qu’au droit à la vie depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Un des exemples de cette hostilité, c’est la législation sur la contraception, l’insémination artificielle, l’avortement, y compris l’avortement eugénique et l’euthanasie.

7. La conséquence de ces attitudes, c’est l’élimination de la conviction que l’enfant est un don de Dieu. La famille « est véritablement “le sanctuaire de la vie..., le lieu où la vie, don de Dieu, peut être convenablement accueillie et protégée contre de nombreuses attaques auxquelles elle est exposée, le lieu où elle peut se développer suivant les exigences d’une croissance humaine authentique” (Centesimus Annus) C’est pourquoi le rôle de la famille est déterminant et irremplaçable pour bâtir la culture de la vie » (Evangelium vitae, art. 92). Revendiquer courageusement les droits de la famille et les principes de la civilisation de la vie est actuellement un très important témoignage de la ferveur chrétienne.

8. Il faut constamment rappeler, surtout aux catholiques engagés dans la politique, que l’État et sa législation ont le devoir de protéger la vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle.

6. La famille et la civilisation

1. La foi s’exprime toujours par la civilisation, c’est pourquoi l’Église ne peut pas renoncer à bâtir une civilisation chrétienne. Les chrétiens doivent la créer et, celle qui existe déjà, la transformer de sorte à ce qu’elle soit capable de présenter la vérité révélée sur Dieu et la famille. Cultiver la civilisation chrétienne est une forme de coopération avec Dieu dans l’œuvre du salut.

2. La civilisation doit révéler la vérité sur la nature humaine, le mariage et la famille. Beaucoup de drames au sein de la famille contemporaine ont leurs origines dans la fausse image de la vocation de l’homme que l’on propage aujourd’hui. Le besoin de réponses que l’on ne peut trouver que dans l’authentique civilisation chrétienne se manifeste aujourd’hui très fort.

3. La création de la civilisation chrétienne exige des mécanismes concrets de soutien pour les écoles, les universités, les médias et l’art catholiques. Poser des fondements du mécénat de l’Église est un besoin important de notre époque.

4. L’Église ne peut pas renoncer à la critique des formes négatives de la civilisation moderne. Il est de son devoir de s’opposer fermement à l’humiliation de l’homme et de la famille, à l’afflux de la pornographie, à la publicité de diverses formes d’asservissement spirituel et physique – mais surtout de montrer la beauté de la vérité chrétienne sur la famille. « C’est par la famille que se déploie l’histoire de l’homme, l’histoire du salut de l’humanité. (...) la famille se trouve au centre du grand affrontement entre le bien et le mal, entre la vie et mort, entre l’amour et tout ce qui s’oppose à l’amour. C’est à la famille qu’est confiée la tâche de lutter d’abord pour libérer les forces du bien, dont la source se trouve dans le Christ Rédempteur de l’homme. Il faut faire en sorte que chaque foyer s’approprie ces forces, afin que, selon l’expression utilisée lors du millénaire du christianisme en Pologne, la famille soit “forte de Dieu”. » (Lettre aux Familles du Pape Jean-Paul II, art. 23).

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