Défendre le mariage… via internet !

Rédigé par notre correspondante aux États-Unis, Armelle Signargout le dans Politique/Société

Défendre le mariage… via internet !

Le fondement vital d’une société stable et prospère, c’est le mariage. Un nouveau site internet encyclopédique américain, MARRIpedia.com, fournit les arguments en sa faveur. Plusieurs centaines d’études récentes sur le mariage, la religion, l’éducation, la sexualité et l’économie s’y trouvent résumées et accessibles à tous.

Pour éviter l’isolement, la délinquance, le vagabondage sexuel, la dépression, la pauvreté et autres maux de société, rien ne vaut l’union indissoluble d’un homme et d’une femme ouverts au don de la vie. « Le mariage a un effet positif sur l’économie ; la chasteté a un effet positif sur le mariage ; la pratique religieuse a un effet positif sur la chasteté », affirme Patrick Fagan, docteur en psychologie, qui dirige depuis 2008 au Family Research Institute de Washington le Marriage and Religion Research Institute (MARRI). Natif d’Irlande, instituteur à Cork avant un détour par le Canada, il vient de lancer l’encyclopédie en ligne MARRIpedia : une abondante moisson d’arguments répertoriés et vulgarisés pour les défenseurs du mariage. Par exemple, savez-vous que les citoyens les plus précieux pour l’État sont les époux qui se rendent au moins une fois par semaine à l’église avec leurs enfants ? Oui, cet échantillon démographique est celui qui contribue le plus à la prospérité financière de la nation américaine.

Débordante de références mais facile à lire, MARRIpedia s’appuie sur les travaux de psychologues, sociologues et autres experts qui se sont penchés sur différents aspects du mariage. Alors que moins de la moitié des enfants américains atteignent l’âge adulte dans un foyer intact, on observe chez ceux qui ont eu cette chance de meilleurs résultats scolaires et une propension plus élevée à suivre des études supérieures. Si, en outre, leur père et leur mère les emmènent à l’église chaque dimanche, leurs performances battent des records. Statistiquement, elles décollent autant que celles d’enfants pauvres déménageant dans un quartier aisé de la ville. « Aucun effort gouvernemental en matière d’éducation n’a réussi à produire un résultat aussi spectaculaire », note Mark Regnerus, de l’université du Texas.

Les futurs actifs

Or, les écoliers recevant de bonnes notes deviendront pour la plupart les actifs aux salaires les plus élevés. Notons en passant qu’un homme, une fois marié, travaille en moyenne 26 % de plus que son collègue célibataire (400 heures supplémentaires par an) et que l’Américain marié le plus productif de tous se trouve être, chiffres à l’appui, celui qui a trois enfants ou plus.

Enrichissant de mille façons pour les époux, le mariage enrichit aussi l’État américain de manière non négligeable. En effet, à autres facteurs équivalents, un homme et une femme mariés paient 20 % de plus d’impôts que les « mêmes » personnes indépendantes. Le recul de la population mariée (51 % des adultes contre 72 % en 1960) a ainsi fait perdre au Trésor fédéral des sommes colossales. Parmi les jeunes qui rêvent encore d’hyménée, beaucoup diffèrent – comme en Europe – le grand plongeon. Aux États-Unis, l’âge moyen du premier mariage est passé, pour les femmes, de 20 ans (1960) à 23 ans (1990) puis à 27 ans (2013), et pour les hommes, de 22 ans (1960) à 26 ans (1990) puis à 29 ans (2013).

Chez les femmes ayant fait au moins quatre ans d’études, le premier enfant suit le mariage dans 88 % des cas. Mais pour celles qui n’ont jamais terminé high school (le lycée), le bébé arrive d’abord (à 20 ans, en moyenne) et le mariage éventuel ensuite (à 25 ans) ; la maman n’est mariée lors de son premier accouchement que dans 17 % des cas. Or, les risques que les parents se séparent avant le cinquième anniversaire de leur aîné sont directement liés à leur statut conjugal : 13 % seulement s’ils sont mariés, 39 % (trois fois plus) s’ils n’avaient pas échangé d’alliances à sa naissance.

Virginité récompensée

La virginité des fiancés le soir des noces a aussi un impact considérable sur la longévité de leur union, surtout pour les femmes. Cinq ans après, 97 % de celles qui ont débuté par une monogamie exclusive sont encore mariées. Mais parmi les épouses qui ont eu un ou deux autre(s) partenaire(s) sexuel(s) au préalable, le taux de réussite conjugale chute, respectivement, à 64 % et 55 % au bout de cette période pourtant brève.

Là encore, la pratique religieuse joue, en amont, un rôle clé : plus un adolescent prie en public, moins il risque une expérience sexuelle précoce. Or, un jeune qui se fourvoie à 12 ans aura, en moyenne, sept fois plus de partenaires que celui qui patiente jusqu’à 21 ans.

Aujourd’hui, 25 millions d’enfants américains vivent loin de leur père. Parmi eux, 45,8 % grandissent au-dessous du seuil de pauvreté, ce qui n’arrive qu’à 9,5 % de ceux dont les parents sont demeurés fidèles à leur promesse nuptiale.

Un père, une mère, des enfants. Sous l’avalanche de chiffres, le bon sens. Le mariage, ça compte.

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