Daniel-Rops, chantre de l'Histoire sainte

Rédigé par Jean de Viguerie le dans Culture

Daniel-Rops, chantre de l'Histoire sainte

On appelle « Histoire sainte » l’histoire du peuple juif racontée d’après la Bible. Nous l’apprenions à l’école. Après Bossuet dans l’Histoire universelle, Daniel-Rops (1901-1965) est son meilleur historien en langue française. On a célébré le cinquantenaire de sa mort. Honorons ici sa mémoire.

Romancier, historien, membre de l’Académie française où il est reçu en 1955, Daniel-Rops est l’un des écrivains les plus féconds de son temps. La liste de ses livres établie en 1964 par Fayard, une année avant sa mort, recense 39 titres. L’Histoire religieuse prédomine. Il est aussi, du moins de son vivant, le plus lu des auteurs français. Les tirages sont impressionnants : 500 000 exemplaires par exemple pour Jésus en son temps.

Deux évènements ont marqué sa vie : un accident grave à l’âge de 14 ans qui a laissé des séquelles et la foi catholique retrouvée. Cet historien de la religion est un homme religieux. Son « Peuple de la Bible » est celui du Dieu unique. Son Jésus, homme et Dieu, son Église dont il écrit l’histoire en sept volumes à la fin de sa vie, celle du Christ. Sa revue Ecclesia, sorte de Reader Digest chrétien, fait connaître la vie de l’Église dans le monde. Elle est lue dans les familles et par la jeunesse. Elle continue de paraître après sa mort et, détail curieux qu’il faudrait éclaircir, le mentionne toujours directeur fondateur. Des signatures nouvelles, celle de Jacques Duquesne, par exemple, et d’autres partisans du changement radical de l’Église, apparaissent. Les aurait-il agréées ? On peut se poser la question.

En effet, son chef-d’œuvre, Histoire sainte, le Peuple de la Bible, s’inspire de la vraie tradition et principalement de l’Histoire universelle de Bossuet, dont il dit qu’elle est « son œuvre sans doute la plus fondamentale ». Dans le dernier chapitre ses trois observations sur le destin du peuple juif – l’indestructibilité, l’enrichissement spirituel progressif et le caractère inachevé de son témoignage – vont, il le dit lui-même, dans le sens de Bossuet.

On relira donc Daniel-Rops et ce sera un bonheur. Il raconte à merveille et possède à un haut degré l’art des commencements. Voici à titre d’exemple les quatre première lignes d’Histoire sainte : « À Our, en Sinéar, capitale locale du bas Euphrate, il y a environ quatre mille ans, un homme nommé Abram reçut la visite de Dieu et sans hésiter crut en la Parole : Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai ; je rendrai grand ton nom. »

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