Au cinéma : Les innocentes

Rédigé par Gabrielle Fonval le dans Culture

Au cinéma : Les innocentes

Interne pour la Croix-Rouge française en Pologne, Mathilde est appelée au chevet d’une religieuse. Elle découvre qu’elle est sur le point d’accoucher. Nous sommes en 1945, et les soldats russes ont violé, plusieurs mois auparavant, toutes les religieuses du couvent.

Valeur artistique :  Cette histoire tragique et authentique, longtemps occultée, a été mise en images avec beaucoup de talent et de respect par Anne Fontaine, qui, pour mieux s’imprégner de son sujet, a fait deux retraites dans un couvent de bénédictines. Avec une photographie superbe, elle filme ces femmes, à la chapelle ou dans leur cellule, et observe, avec compassion, la souffrance de celles qui, après avoir vécu l’horreur, puisent au plus profond de leur foi la force de survivre. Lou de Laâge est sensationnelle dans son rôle de témoin attentif, et les comédiennes polonaises lui donnent la réplique avec beaucoup de subtilité.

Valeur morale : « La foi, c’est vingt-quatre heures de doute et une minute d’espérance », dit l’une des religieuses. Avec beaucoup de délicatesse, la cinéaste filme ces religieuses, traumatisées par ce qu’elles ont dû subir, et capte ces moments de confiance, d’espoir, de doute, de souffrances, etc., qui les animent, toujours sous la lumière de la foi. Mais l’attitude de la mère supérieure est scandaleuse, même si elle a bien conscience de la gravité de ses actes.

Drame franco-polonais (2015) [GA] de Anne Fontaine, avec Lou de Laâge (Mathilde), Agata Buzek (sœur Maria), Agata Kulesza (la mère supérieure), Vincent Macaigne (Samuel), Joanna Kulig (Irena), Eliza Rycembel (Teresa) (1h50). Sortie le 10 février.

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