Les migrations : être fier de son héritage

Rédigé par Judith Cabaud le dans Culture

Les migrations : être fier de son héritage

En ce moment, chaque jour amène son lot d’images désolantes de migrants – hommes, femmes et enfants – souffrant de froid et de faim, fuyant la guerre et la pauvreté. Après avoir affronté les intempéries, les personnes qui arrivent dans nos pays occidentaux, destination rêvée par eux, posent très rapidement des problèmes économiques et sociaux qui paraissent insurmontables. Abstraction faite de quelques individus inféodés au jihadisme qui pourraient s’infiltrer parmi eux, la vaste majorité vient renforcer la tendance communautariste de nos villes et de nos pays. Ce qui est normal si le migrant ne trouve pas chez nous d’autre soutien moral en dehors des siens.

Pourtant, que d’efforts ont été déployés par nos gouvernements pour aider à l’insertion de ces gens en pays laïc. Seulement voilà que les populations de migrants se trouvent précisément sur un terrain neutre – incolore, inodore et sans saveur. On se targue de leur apporter des valeurs républicaines qui leur montrent in fine comment ne pas en avoir.

Les médias nous culpabilisent de ne rien faire pour eux. Ce qui est vrai : il faudrait davantage leur montrer ce qu’est la France, par exemple, avec son Histoire, sa langue et sa littérature. L’adhésion des migrants qui s’installent ici devrait être d’abord pour la culture avant d’être pour la Sécurité sociale. Et si d’aventure on osait parler du rôle de l’Église et des monastères dans l’Histoire de France, ils pourraient percevoir la grandeur d’une nation fondée sur la foi chrétienne, vrai précurseur des droits de l’homme.

Mais cela suppose que les citoyens de ce pays soient fiers de leur héritage qui, pour être partagé avec d’autres arrivants, ne doit pas être détruit par la démission culturelle et religieuse à la mode. Ou alors, on revient à l’âge de l’homme des cavernes…

Il y a quelques années, au cours d’une enquête sur des émeutes raciales entre Noirs et Juifs orthodoxes effectuée à Brooklyn aux U.S.A., un témoin direct s’est présenté spontanément à moi, alors que j’attendais dans la rue l’heure du premier rendez-vous. Il s’agissait d’un SDF d’origine haïtienne avec un aimable sourire édenté, ravi de nous entendre parler français.

Il vivait à côté de la bouche du métro, abrité par un carton de réfrigérateur. Quand je lui posai la question de savoir ce qu’il avait vu et pensé des évènements récents, dont il avait été témoin oculaire, il répondit simplement : « J’comprends pas, Ma’am, dit-il, on est ben tous des enfants du bon Dieu… »

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