Confession du bourgeois !

Rédigé par Pasquin le dans Humeur

Confession du bourgeois !

Mon Père, pardonnez-moi parce que j’ai péché … gravement… J’ai incité des jeunes à la séduction, à la débauche, à l’ivrognerie, à la fébrilité sexuelle, à l’exclusion sociale. J’ai organisé ces parties chez moi et j’ai envoyé mes propres enfants chez les autres. Mon Père, j’ai vraiment péché… J’ai inscrit mes enfants en rallye. Souvent, nous parents de « bonne famille » avons organisé la débauche de nos enfants. En vrais couards, collabos des pulsions, nous avons contribué à transformer les saintes nitouches en saintes qu’on touche, les vierges effarouchées en vierges tripotées, en madones vautrées, les oies blanches en poules, en sac à picole, puant parfois même, en fin de soirée, la bile et le vomi. Mais toujours accrochées au sac de marque, visiblement seule vraie valeur.

Oui, mon Père, j’ai péché par orgueil. Je me sentais puissant quand j’ai entendu mon fils parler de ses conquêtes à ses copains, quand j’ai constaté son succès de petit coq post-pubère. Je n’ai rien dit quand je l’ai vu, la première fois, rentrer éméché. Et, quand il se vantait de bien tenir l’alcool, j’ai souri. Oui, j’ai péché par orgueil quand j’ai vu ma fille s’apprêter pour sa soirée et apparaître en séductrice de 16 ans. J’étais fier, et elle l’a vu, qu’elle soit « fun » et sexy ce qui, en français, veut dire légère, drôle et… sexuellement appétible. On ne distinguait même plus si ce qu’elle portait était une jupe ou juste une ceinture. Je l’ai laissé sortir tout attirail quasi dehors, à portée de main et du reste. Je n’ai rien dit quand elle a demandé à son frère de penser à « la tise », rien aux premières cigarettes, rien non plus quand les clopes se sont mises à sentir bien autre chose que le tabac. Ils voulaient s’éclater, j’ai laissé imploser leur âme. Mon Père, je m’accuse d’avoir transformé ma famille, ma maison, mes amis et mon milieu social en structures de péchés et d’avoir, avec mes amis, feint durablement de ne pas le voir…

C’est ma faute, ma très grande faute.

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