La Cour de cassation défend l’adultère

Rédigé par Jean-Michel Beaussant le dans Politique/Société

La Cour de cassation défend l’adultère

Dans un arrêt passé plutôt inaperçu en date du 17 décembre 2015, la Cour de cassation a estimé que l’adultère n’était plus contraire à la morale. Une avancée de plus dans la transgression, les atteintes au bien commun via le mariage et la famille et ce, par la plus haute juridiction.

Patrick Devidjian poursuivait le magazine Point de vue en diffamation pour avoir révélé sa présumée liaison extraconjugale avec Valérie Trierweiler (avant que celle-ci ne s’oriente vers François Hollande !). Marié et père de quatre enfants, le député (LR) estimait que cette information portait « une grave atteinte à son honneur et à sa considération ». Sans vérifier la réalité de cette allégation, dont elle ne s’est même pas préoccupée, la haute juridiction a donc rejeté son pourvoi au motif que « l’évolution des mœurs comme celle des conceptions morales ne permettaient plus de considérer que l’imputation d’une infidélité conjugale serait à elle seule de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la considération. » Vérité en deçà de 68, erreur au-delà !

La fidélité est toujours inscrite au Code civil

Les Associations familiales catholiques (AFC) ont justement réagi contre cet historicisme moral : « Ainsi la personne accusée à tort d’infidélité conjugale ne pourra plus se défendre car selon notre plus haute juridiction, une telle accusation est négligeable et ne porte pas tort à celui qui en est la victime. » Or si l’adultère est dépénalisé depuis le 11 juillet 1975, la fidélité est toujours inscrite au Code civil parmi les devoirs et droits respectifs des époux : « Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance » (art. 212). Peut-être se doit-on encore secours et assistance entre mariés mais non plus, semble-t-il, respect et fidélité ? Mais jusques à quand, si les victimes de l’infidélité conjugale (le conjoint cocufié et quelque part également les enfants bafoués) n’ont plus aucune protection à attendre du droit français ? Les AFC déplorent donc que « par cet arrêt, la haute juridiction semble, plutôt que constater l’état des mœurs, contribuer à précipiter leur évolution, au risque de favoriser tous les phénomènes d’exclusion sociale et de dégradation du vivre ensemble dont la rupture des liens familiaux est la première cause ».

En estimant que les Français n’attachent plus de valeur au respect de la parole donnée et à la fidélité, la Cour de cassation se fait en quelque sorte le porte-voix de Gleeden « le premier site de rencontres extra-conjugales », dont nous avions déjà dénoncé la publicité scandaleuse que lui accordait impudemment la RATP comme une véritable incitation publique à la luxure (L’HN du 16 février 2013). Avec ce genre de slogans provocateurs : « Par principe nous ne proposons pas de carte de fidélité. » « C’est parfois en restant fidèle qu’on se trompe le plus. » « Et si vous trompiez votre amant avec votre mari ? » « Tout le monde peut se tromper surtout maintenant. » « Contrairement à l’antidépresseur, l’amant ne coûte rien à la Sécu »

Contraire à la loi morale

C’est en fait une véritable transgression qu’officialise et banalise la plus haute juridiction. Car l’adultère, en tant que violation du devoir de fidélité entre époux, a été et reste considéré, dans de nombreuses civilisations, comme répréhensible, évidemment contraire à la loi morale naturelle. Avec l’air de ne pas y toucher, c’est le mariage et le droit de la famille traditionnelle qui sont visés.

Par cette banalisation judiciaire de l’adultère, comme pour l’« IVG », il s’agit de passer d’une tolérance à un droit tendant vers le devoir idéologique, l’incitation sous pression sociologique, à la manière des slogans évoqués de Gleeden. C’est une inversion et donc une subversion délibérée de la morale. L’exclusion de l’obligation de fidélité dans le mariage (comme pour le Pacs) conduit bien sûr à le dénaturer encore davantage et précipiter son torpillage, en restreignant toujours plus les griefs retenus par les juges aux affaires familiales dans les divorces pour faute.

Avec le « mariage pour tous », c’est un nouvel avatar de la « canonisation » de l’individualisme hédoniste au détriment du bien commun de la famille, au profit d’une union libre et d’un polyamour, rendant le mariage comme un gadget purement folklorique… Une chose est d’avoir des mœurs corrompues, voire de les tolérer, autre chose est de vouloir changer la règle des mœurs, c’est-à-dire d’appeler correct, moral ou bien ce qui est mal.

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