L'homélie du Pape pour les ordinations du 17 avril

Rédigé par un moine de Triors le dans Religion

L'homélie du Pape pour les ordinations du 17 avril

Le 4ème dimanche de Pâques (17 avril cette année) est désormais consacré à la journée mondiale des vocations, en lien avec la lecture de l’Évangile du Bon Pasteur. Très souvent le Pape en profite pour ordonner des nouveaux prêtres. C’est le cas cette année. En s’appuyant constamment sur l’Épître aux Hébreux sans pourtant la mentionner, le Pape rappelle les exigences du sacerdoce ministériel qui, d’aucune façon, ne doit se confondre avec le sacerdoce commun des baptisés pourtant bien réel, car comme l’enseignent saint Pierre et l’Apocalypse nous constituons tous un peuple sacerdotal. Dans la nouvelle Alliance, il n’y a de fait qu’un prêtre qui a offert, une fois pour toutes, un unique sacrifice en rémission de tous les péchés du monde qu’il a expiés par surabondance d’amour et de miséricorde en obéissance à son Père. Les prêtres participent à cet unique sacerdoce du Christ, ayant été pris d’entre les hommes pour poursuivre la mission du Maître prêtre et pasteur. Essentiellement par le sacrifice eucharistique qui rend présent sur les autels, de manière non sanglante, le sacrifice sanglant du Golgotha, les prêtres édifient l’Église. En effet, si l’Église par la main des prêtres fait l’Eucharistie, en même temps elle naît elle-même de l’Eucharistie, comme l’avait rappelé Jean-Paul II dans son encyclique Ecclesia de Eucharistia.

Un autre Christ

Le prêtre est un autre Christ, car par le caractère sacerdotal il se trouve configuré au Christ Souverain et éternel prêtre. Il poursuit sa mission, selon le commandement qu’il avait donné : « Allez ! De toutes les nations faîtes des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ». Il est donc très important que le prêtre soit un homme de doctrine, car sans doctrine il ne pourra jamais dispenser à tous l’Évangile qu’il a pourtant mission d’annoncer partout. Le Pape insiste beaucoup sur ce point, rappelant l’urgente et indispensable fidélité à la lectio divina qui est le premier maillon qui doit conduire, par la prière et la méditation, jusqu’à la contemplation. Sans elle, le prêtre « ne pourra croire ce qu’il a lu, enseigné ce qu’il a appris dans la foi et vivre ce qu’il a enseigné ». Lectio divina, doctrine et vie sont intimement liées entre elles. À la suite de Dei verbum, soulignons que les œuvres et les miracles dans l’Écriture et plus particulièrement dans les Évangiles attestent de la crédibilité de la parole. Le Pape le rappelle au prêtre en insistant sur le binôme parole-exemple. Un prêtre qui offre le saint sacrifice doit devenir lui-même nourriture pour ses brebis. Sans le citer, le Pape fait ici allusion à la parole du bienheureux Antoine Chevrier : « le prêtre est un homme mangé ». L’ordination a fait du prêtre un autre Christ et désormais celui-ci n’a pas d’autre voie que la fidélité exemplaire, c’est-à-dire la sainteté. Comme saint Paul, le prêtre a crucifié sa chair pour que le Christ puisse vivre en lui. Il doit porter la mort du Christ en lui-même pour cheminer avec le Christ en homme nouveau.

Le prêtre est l’homme des sacrements. Après avoir longuement insisté au début sur l’Eucharistie, le Pape poursuit en mettant en lumière trois autres sacrements : le baptême, le sacrement de la réconciliation ou de la pénitence (rappelant à ce sujet que le prêtre doit être très miséricordieux, sans pour autant devenir laxiste) et l’onction des malades. Le Pape termine par une exhortation à l’union du presbyterium autour de l’évêque et recommande aux nouveaux prêtres d’être toujours à l’image du Bon Pasteur. Que Marie, Reine et Mère des prêtres, soutienne les prêtres dans leur si haute et exigeante vocation !

L'Homélie du Pape

Nos fils et frères ont été appelés à l’ordre du sacerdoce. Comme vous le savez, le Seigneur Jésus est le Grand Prêtre du Nouveau Testament, mais en Lui aussi, tout le peuple saint de Dieu a été constitué peuple sacerdotal. Néanmoins, parmi tous ses disciples, le Seigneur Jésus veut en choisir certains en particulier, afin qu’en exerçant publiquement en son nom dans l’Église le ministère sacerdotal en faveur de tous les hommes, ils poursuivent sa mission personnelle de maître, prêtre et pasteur.

Après mûre réflexion, nous sommes à présent sur le point d’élever nos frères à l’ordre des prêtres, afin qu’au service du Christ, Maître, Prêtre, Pasteur, ils coopèrent dans l’édification du Corps du Christ qui est l’Église dans le Peuple de Dieu et le Temple saint de l’Esprit.

Ceux-ci seront en effet configurés selon le Christ Prêtre Suprême et Éternel, ils seront en d’autres termes consacrés comme de vrais prêtres du Nouveau Testament, et à ce titre, qui les unit dans le sacerdoce à leur évêque, ils seront prédicateurs de l’Évangile, pasteurs du peuple de Dieu, et ils présideront les actions de culte, spécialement dans la célébration du sacrifice du Seigneur.

Quant à vous, fils et frères bien-aimés, qui êtes sur le point d’être promus à l’ordre du sacerdoce, considérez qu’en exerçant le ministère de la sainte doctrine, vous prendrez part à la mission du Christ, unique Maître. Dispensez à tous la Parole de Dieu, cette Parole que vous-même avez reçue avec joie. Rappelez-vous de votre histoire, de ce don de la Parole que le Seigneur vous a donnée par le biais de votre mère, de votre grand-mère – comme le dit saint Paul –, des catéchistes et de toute l’Église. Lisez et méditez assidûment la Parole du Seigneur pour croire ce que vous avez lu, enseigner ce que vous avez appris dans la foi, vivre ce que vous avez enseigné.

Joie et soutien des fidèles

Que votre doctrine soit donc une nourriture pour le Peuple de Dieu, que le parfum de votre vie soit la joie et le soutien aux fidèles du Christ, afin qu’avec la parole et l’exemple — parole et exemple vont de pair — vous édifiiez la maison de Dieu, qui est l’Église. Vous poursuivrez l’œuvre sanctificatrice du Christ. Par le biais de votre ministère, le sacrifice spirituel des fidèles devient parfait, car il est lié au sacrifice du Christ, qui par vos mains, au nom de toute l’Église, est offert sans effusion de sang sur l’autel lors de la célébration des Saints Mystères.

Reconnaissez donc ce que vous faites. Imitez ce que vous célébrez afin que, en participant au mystère de la mort et de la résurrection du Seigneur, vous portiez la mort du Christ dans vos membres et marchiez avec lui dans une nouveauté de vie. Portez la mort du Christ en vous-mêmes et marchez avec le Christ dans une nouveauté de vie. Sans croix, vous ne trouverez jamais le vrai Jésus ; et une croix sans Christ n’a pas de sens.

Par le baptême, vous incorporerez de nouveaux fidèles au Peuple de Dieu. Avec le sacrement de la pénitence, vous remettrez les péchés au nom du Christ et de l’Église. Et, s’il vous plaît, au nom de Jésus Christ, le Seigneur, et au nom de l’Église, je vous demande d’être miséricordieux, très miséricordieux. Avec l’huile sainte, vous soulagerez les malades. En célébrant les rites sacrés et en élevant durant les différentes heures du jour la prière de louange et de supplication, vous vous ferez la voix du peuple de Dieu et de l’humanité tout entière.

Conscients d’avoir été choisis parmi les hommes. Choisis, n’oubliez pas cela. Choisis ! C’est le Seigneur qui vous a appelés, un par un. Choisis parmi les hommes et constitués en leur faveur, et non en ma faveur !

En communion filiale avec votre évêque, engagez-vous à unir les fidèles dans une unique famille pour les conduire à Dieu le Père par le biais du Christ dans l’Esprit Saint. Et ayez toujours devant les yeux l’exemple du Bon Pasteur, qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ; pour chercher et sauver ce qui était perdu.

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