2 mn pour en savoir un peu plus sur le Saint-Esprit

Rédigé par Stéphen Vallet le dans Religion

2 mn pour en savoir un peu plus sur le Saint-Esprit

Nous fêterons ce dimanche la fête de la Pentecôte. Elle a lieu cinquante jours après Pâques et tire son nom justement du grec, pentêkostê (cinquantième). Comme le Christ l’avait annoncé, les Apôtres ont reçu ce jour-là (« Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre », Ac 1, 8) l’Esprit Saint.

Qui est le Saint-Esprit ?

Le Catéchisme de l’Église catholique répond : « Celui que le Père a envoyé dans nos cœurs, l’Esprit de son Fils (cf. Ga 4, 6) est réellement Dieu. Consubstantiel au Père et au Fils, il en est inséparable, tant dans la Vie intime de la Trinité que dans son don d’amour pour le monde. Mais en adorant la Trinité Sainte, vivifiante, consubstantielle et indivisible, la foi de l’Église professe aussi la distinction des Personnes. Quand le Père envoie son Verbe, Il envoie toujours son Souffle : mission conjointe où le Fils et l’Esprit Saint sont distincts mais inséparables. Certes, c’est le Christ qui paraît, Lui, l’Image visible du Dieu invisible, mais c’est l’Esprit Saint qui Le révèle. » (n. 689)

Comment se manifeste-t-il en nous ?

Il se manifeste de sept manières par ce que l’on appelle les « dons » du Saint Esprit : la crainte, la piété, la science, la force, le conseil, l’intelligence et la sagesse

À quoi sert le don de crainte ?

L’obstacle au bien en nous est l’orgueil. C’est l’orgueil qui nous porte à résister à Dieu, à mettre notre fin en nous-mêmes, en un mot à nous perdre. L’humilité seule peut nous sauver d’un si grand péril. Qui nous donnera l’humilité ? l’Esprit-Saint, en répandant en nous le don de la crainte de Dieu. Mais attention : cette crainte de Dieu n’est donc pas une crainte servile ; elle devient au contraire la source des sentiments les plus délicats. Elle peut s’allier avec l’amour, n’étant plus qu’un sentiment filial qui redoute le péché à cause de l’outrage qu’il fait à Dieu. Inspirée par le respect de la majesté divine, par le sentiment de la sainteté infinie, elle met la créature à sa vraie place, et saint Paul nous enseigne qu’ainsi épurée, elle contribue à « l’achèvement de la sanctification ».

Et le don de piété ?

Ce mot a perdu de son sens aujourd’hui. Mais le don de piété est répandu dans nos âmes par le Saint-Esprit pour combattre l’égoïsme, qui est l’une des mauvaises passions de l’homme déchu, et le second obstacle à son union avec Dieu. Le cœur du chrétien ne doit être ni froid ni indifférent ; il faut qu’il soit tendre et dévoué ; autrement il ne pourrait s’élever dans la voie à laquelle Dieu, qui est amour, a daigné l’appeler.

Le don de science est-il pour les seuls étudiants ou intellectuels ?

Non, bien sûr ! Par ce don précieux la vérité lui apparaît, elle connaît ce que Dieu demande et ce qu’Il réprouve, ce qu’elle doit rechercher et ce qu’elle doit fuir. Sans la science divine notre vue court le risque de s’égarer, à cause des ténèbres qui trop souvent obscurcissent en tout ou en partie l’intelligence de l’homme. Ces ténèbres proviennent d’abord de notre propre fonds qui porte des traces trop réelles de la déchéance. Elles ont encore pour cause les préjugés et les maximes du monde qui faussent tous les jours les esprits que l’on croirait les plus droits. Enfin l’action de Satan, qui est le Prince des ténèbres, s’exerce en grande partie dans le but d’environner notre âme d’obscurités, ou de l’égarer à l’aide de fausses lueurs.

Et celui de force pour les sportifs ?

Pas davantage ! Le don de science nous a appris ce que nous devons faire et ce que nous devons éviter pour être conformes au dessein de Jésus-Christ notre divin chef. Il faut maintenant que l’Esprit-Saint établisse en nous un principe duquel nous puissions emprunter l’énergie qui devra nous soutenir dans la voie qu’il vient de nous montrer. Nous devons en effet compter sur des obstacles, et le grand nombre de ceux qui succombent suffit à nous convaincre du besoin que nous avons d’être aidés. Le secours que le divin Esprit nous communique est le don de force, par lequel, si nous sommes fidèles à l’employer, il nous sera possible et même aisé de triompher de tout ce qui pourrait arrêter notre marche.

Pourquoi un don de conseil ?

Dans les diverses situations où nous pouvons être placés, dans les résolutions que nous pouvons avoir à prendre, il est nécessaire que nous entendions la voix de l’Esprit-Saint, et c’est par le don de conseil que cette voix divine arrive jusqu’à nous. C’est elle qui nous dit, si nous voulons l’écouter, ce que nous devons faire et ce que nous devons éviter, ce que nous devons dire et ce que nous devons taire, ce que nous pouvons conserver et ce à quoi nous devons renoncer. Par le don de conseil, l’Esprit-Saint agit sur notre intelligence, de même qu’il agit sur notre volonté par le don de force.

Et le don d’intelligence, ce n’est pas pour les imbéciles ?

Ce sixième don de l’Esprit-Saint fait entrer l’âme dans une voie supérieure à celle où elle s’est exercée jusqu’ici. Les cinq premiers dons tendent tous à l’action. Le Saint-Esprit a résolu de la faire jouir dès ce monde d’un avant-goût de la félicité qu’il lui réserve dans l’autre vie. Ce sera le moyen d’affermir sa marche, d’animer son courage et de récompenser ses efforts. La voie de la contemplation lui sera donc désormais ouverte, et le divin Esprit l’y introduira au moyen de l’intelligence.

C’est donc pour les moines ? Non, bien évidemment. C’est pour tous. C’est une lumière pour tous. Cette lumière n’enlève pas la foi, mais elle éclaircit l’œil de l’âme en la fortifiant, et lui donne une vue plus étendue sur les choses divines.

Terminons par la sagesse…

La seconde faveur qu’a destinée le divin Esprit à l’âme qui lui est fidèle dans l’action, est le don de sagesse, supérieur encore à celui de l’intelligence. Il est lié cependant à ce dernier, en ce sens que l’objet montré dans l’intelligence est goûté, et possédé dans le don de sagesse. L’intelligence est donc illumination, et la sagesse est union. Le septième don est décoré du beau nom de sagesse, et ce nom lui vient de l’éternelle Sagesse à laquelle il tend à s’assimiler par l’ardeur de l’affection. Cette Sagesse incréée, qui daigne se laisser goûter par l’homme dans cette vallée de larmes, est le Verbe divin, celui-là même que l’Apôtre appelle la splendeur de la gloire du « Père et la forme de sa substance »

 

 

(Merci à dom Guéranger, restaurateur de la vie bénédictine en France et abbé de Solesmes pour sa collaboration…)

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