Souvenir d'un pèlerinage à Chartres :
l'envoi du Père Louis-Marie de Blignières

Rédigé par Père Louis-Marie de Blignières le dans Religion

Souvenir d'un pèlerinage à Chartres : <br> l'envoi du Père Louis-Marie de Blignières

Il y a presque une semaine, les pèlerins de Paris à Chartres, réunis par l'association Notre-Dame de chrétienté, s'apprêtaient à prendre la route vers la belle cathédrale de la Beauce, écrin français en l'honneur de la Vierge Marie. Le samedi 3 juin dernier, sous les voûtes de Notre-Dame de Paris, où avait résonné naguère la forte voix du Père Lacordaire, restaurateur de la vie dominicaine en France, le Père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, adressait à chaque pèlerin en personne les mots que l'on pourra lire ci-dessous. Rappelons que la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier construit actuellement l'église de son couvent en Mayenne, témoin éclatant que la foi catholique n'est pas morte et carillonne encore la joie du Christ dans une France sécularisée. Nous remercions le Père de Blignières et le R.P. Dominique de Saint-Laumer de nous avoir autorisé à reproduire cet envoi.

 

         Pèlerin de Chartres,

         Durant trois jours, tu vas marcher, de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres. Avant de prendre la route, interroge-toi : pourquoi es-tu venu ? Pour un exploit sportif, la recherche de l’âme sœur ou le tourisme pieux ? Non. Tu es venu pour découvrir un secret, celui de la Femme qui est apparu il y a cent ans à trois pastoureaux de Fatima.

         Regarde vers cette Femme, et remarque quelque chose d’étonnant : non seulement elle est elle-même lumineuse – « Elle était en lumière », dira Lucie –, mais elle tient la lumière dans ses mains ! Elle ouvre les mains, et dans la lumière qui en jaillit, les enfants se voient en Dieu. Elle ouvre les mains, le reflet de lumière pénètre la terre, et les enfants voient l’enfer. Elle lève sa main droite, et, par la splendeur qui en émane, elle arrête les châtiments d’un Ange à l’épée de feu.

         D’où lui vient cela ? C’est qu’elle tient dans ses mains un Cœur, « un cœur qui, à partir de Dieu, est parvenu à une parfaite unité intérieure, et donc qui “voit” Dieu » (Cardinal Joseph Ratzinger). C’est cela le Cœur immaculé. Avec les yeux de son Cœur, la Dame te regarde, elle t’encourage, elle t’accompagne durant ces trois jours de pénitence, pour te faire voir ce que d’habitude tu ne vois pas.

L'enseignement de Notre-Dame de Fatima

Pèlerin, la Dame te fait entrer en toi-même, pour que tu te voies toi-même en Dieu, et que tu comprennes qui tu es : un être qui ne sait pas au fond où il va (dans cette vie et au-delà…), un malheureux désorienté, un être perdu… qui appelle un Sauveur. « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 10). Au fil des kilomètres, répète la prière que la Dame t’a enseignée : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés… » Et va dire en confession au prêtre de son Fils ce que tu as vu en toi. Ne crains rien, le cœur de cette Dame ouvrira le cœur du prêtre à la miséricorde, et le tien à la contrition.

Pèlerin, la Dame te montre, par la lumière de son Cœur, où tu ne dois pas aller : elle te montre l’enfer. Vois, c’est un Cœur qui montre l’enfer à de tout petits enfants ! Et tu ne voudrais pas qu’il te le montre ? Mais si ! Le Cœur, c’est la Sagesse et l’Amour. Ce Cœur est Sagesse, il te montre ce qu’est le péché sous la lumière de Dieu : une offense infinie à Dieu et un refus définitif de l’amour qui vient de Lui. Ce Cœur est Amour, il te rappelle que l’enfer – contrairement à ce que l’on entend dire ici ou là – n’est pas du tout vide et que tu peux, toi, y tomber. « Ô mon Jésus, préservez-nous du feu de l’enfer… »

Va redire le secret de Marie

Pèlerin, par la lumière de son Cœur, la Dame te montre aussi et surtout où tu dois aller : dans le Paradis de son Fils… mais tu ne dois pas y aller tout seul ! « Conduisez au ciel toutes les âmes, secourez celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. » La Dame te propose d’entraîner dans ton pèlerinage ceux qui n’ont ni foi, ni espérance. N’es-tu pas ici aujourd’hui parce que quelque ami de la Dame s’est préoccupé de te parler d’elle ; ou bien parce que, dans la prière, il a parlé de toi à la Dame ? Qu’attends-tu pour en faire autant ? Pour faire de ta marche, et de toute ta vie après ce pèlerinage, une intercession qui barre la route de l’enfer, et une réparation qui peuple les sentiers du ciel ? « Vous avez-vu l’enfer, où vont aboutir les âmes des pauvres pécheurs… pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. »

Ne vois-tu pas, pèlerin, combien cette Dame est puissante, comme elle déplace, aujourd’hui encore, les foules dans tous ses grands sanctuaires ? Combien elle est belle et émouvante, pour amener au Cœur de son Fils ceux qui sont loin, et qui, par elle, si nombreux de nos jours, viennent à l’Église de l’agnosticisme ou de l’islam ? Le secret de son Cœur, va le redire à ceux que tu aimes, pour ne pas en être éternellement séparé : « Viens voir, il y a une Dame qui a changé ma vie ! Écoute, elle a peut-être quelque chose à te dire ? Son Cœur m’a fait voir qui j’étais, il m’a fait voir j’allais, et la Dame a m’a montré, dans le creux de mes mains, comme un peu de la lumière qui jaillit des siennes… et que je peux t’offrir »

Pèlerin, cette Dame durant la marche va parler à ton cœur ! Elle va te dire le secret. Écoute la brise légère de sa voix et répète, aux échos de ta vie, le secret de ce Cœur.

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