Le Saint Esprit à l'œuvre dans l'Église

Rédigé par un moine de Triors le dans Religion

Le Saint Esprit à l'œuvre dans l'Église

Depuis l’Année Sainte de Paul VI en 1975, les papes, quand ils ne sont pas pris par ailleurs, reçoivent les mouvements charismatiques le jour de la Pentecôte, rendant grâce avec eux de leurs témoignages de fidélité à l’Esprit Saint et à l’Église. De fait, il ne saurait y avoir de date plus indiquée que la Pentecôte pour une telle rencontre. Ce jour-là l’Esprit lui-même est venu apposer le sceau ultime d’authenticité sur la communauté réunie au nom de Jésus. Il a témoigné de Jésus et attesté la continuité entre la vie du Christ et celle de l’Église. Cela nous permet d’affirmer que nous possédons l’enseignement authentique du Christ dans la prédication des Apôtres et que cette prédication n’est point la création de la communauté ecclésiale primitive, comme on le dit trop souvent de nos jours. D’autre part, à la Pentecôte, l’Esprit Saint est devenu vraiment l’âme incréée de l’Église, la régissant par une Providence spéciale et lui communiquant l’élan incoercible qui doit la porter jusqu’à la rencontre du Christ glorieux. Or, chaque année, la fête de la Pentecôte devient un nouveau cénacle pour l’Église et de nos jours un cénacle à ciel ouvert parce que nous ne devons plus avoir peur (que l’on se souvienne encore du cri de Jean-Paul II !) et que notre cœur doit toujours être ouvert à la promesse du Père. N’ayons pas peur d’être des témoins, des martyrs par conséquent, car l’œcuménisme du sang est finalement le seul véritable.

Aujourd’hui, l’Église est vraiment universelle parce que présente aux quatre coins du monde. Elle est en outre facteur de réconciliation et par là engendre la vraie paix qui ne nous vient que du Christ Notre Seigneur qui est ressuscité d’entre les morts. Chacun d’entre nous, pour devenir à son tour vrai apôtre du Christ, doit être témoin, jusqu’au martyre s’il le faut, de la Résurrection. Tous ensemble nous formons le nouvel Israël qui en ces temps de Pentecôte attend précisément la venue du Saint Esprit pour devenir de vrais témoins. L’Église regarde encore aujourd’hui vers cette première Communauté ecclésiale d’il y a 2 000 ans. Une fraîcheur et une beauté unique accompagnent toujours les naissances, comme l’eau de la source et le petit de l’homme sorti du sein maternel. Analogiquement, l’Église naissante, l’épouse de l’Apocalypse pour le Pape, offre un visage unique qui possède un attrait incomparable. Malgré les imperfections inhérentes à toute œuvre humaine, la force de la grâce s’y révèle avec profonde netteté, devant le monde étonné de découvrir de vrais disciples du Christ : « Voyez comme ils s’aiment » ! L’Église de la Pentecôte apparaît sous un jour unique, avec l’irrésistible force et la vigoureuse ardeur d’un élan apostolique prodigieux mû par l’Esprit Saint qui est le don du mystère pascal du Christ. Aujourd’hui, le sacrement de confirmation fortifie celui du baptême et nous conduit tous à la sainteté par la prière et la louange à travers un chemin de conversion qui doit conduire à l’unité parfaite. Mais il ne peut y avoir louange sans charité et n’oublions jamais qu’au soir de notre vie, c’est sur l’amour que nous serons jugés. En ce jubilé des charismatiques, le Pape nous invite tous avec Marie à la joie, la joie de l’Évangile, la joie de l’annonce du salut. Tout baptisé dans l’Esprit Saint doit être un homme de louange, de service et de vrai renouveau dans l’Église en priant et en travaillant de toutes ses forces pour son unité. Ces consignes données par le Pape aux charismatiques valent pour tout chrétien. Alors avec Marie, marchons de l’avant en étant des témoins fidèles au service de l’Église.

 

Le discours du Pape :

Frères et sœurs, merci du témoignage que vous donnez aujourd’hui ici : merci ! Il nous fait du bien à tous, il me fait du bien également à moi, à tous !

Dans le premier chapitre du livre des Actes des apôtres, nous lisons : « Alors, au cours d’un repas qu’il partageait avec eux, il leur enjoignit de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’y attendre ce que le Père avait promis, “Ce que, dit-il, vous avez entendu de ma bouche : Jean, lui, a baptisé avec de l’eau, mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés sous peu de jours” » (1, 4-5).

« Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. Ils virent apparaître des langues qu’on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint et commencèrent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s'exprimer » (Ac 2, 1-4).

Aujourd’hui, nous nous trouvons ici, comme dans un Cénacle à ciel ouvert, parce que nous n’avons pas peur : à ciel ouvert, et également avec le cœur ouvert à la promesse du Père. Nous sommes réunis « nous tous croyants », nous tous qui professons que « Jésus est le Seigneur », « Jesus is the Lord ». Beaucoup sont venus de différentes parties du monde et l’Esprit Saint nous a réunis pour établir des liens d’amitié fraternelle qui nous encouragent sur le chemin vers l’unité, l’unité pour la mission : pas pour être immobiles, non !, pour la mission, pour proclamer que Jésus est le Seigneur – « Jesús es el Señor » – pour annoncer ensemble l’amour du Père pour tous ses enfants ! Pour annoncer la Bonne Nouvelle à tous les peuples ! Pour démontrer que la paix est possible. Il n’est pas très facile de démontrer à ce monde d’aujourd’hui que la paix est possible, mais au nom de Jésus nous pouvons démontrer à travers notre témoignage que la paix est possible ! Mais elle est possible si nous sommes en paix entre nous. Si nous accentuons les différences, nous sommes en guerre entre nous et nous ne pouvons pas annoncer la paix. La paix est possible à partir de notre confession que Jésus est le Seigneur et de notre évangélisation sur cette route. Elle est possible. Tout en montrant que nous avons des différences – mais cela est évident, nous avons des différences –, mais que nous désirons être une diversité réconciliée. Voilà, nous ne devons pas oublier ces mots, mais les dire tous : diversité réconciliée. Et ces mots ne sont pas les miens, ce ne sont pas les miens. Ce sont ceux d’un frère luthérien. Diversité réconciliée.

Et à présent nous sommes ici et nous sommes nombreux ! Nous nous sommes réunis pour prier ensemble, pour demander la venue de l’Esprit Saint sur chacun de nous afin de sortir dans les rues de la ville et du monde pour proclamer la seigneurie de Jésus Christ.

Le livre des Actes affirme : « Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d’Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, Romains en résidence, tant juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu ! » (2, 9-11). Parler dans la même langue, écouter, comprendre… Il y a des différences, mais l’Esprit nous fait comprendre le message de la résurrection de Jésus dans notre propre langue.

L'Œuvre de l'Esprit Saint

Nous sommes réunis ici, croyants provenant de 120 pays du monde, pour célébrer l’œuvre souveraine de l’Esprit Saint dans l’Église, qui débuta il y a cinquante ans et qui marqua le début… d’une institution ? Non. D’une organisation ? Non. D’un courant de grâce, le courant de grâce du Renouveau charismatique catholique. Une œuvre qui naquit… catholique ? Non. Elle naquit œcuménique ! Elle naquit œcuménique parce que c’est l’Esprit Saint qui crée l’unité et c’est ce même Esprit Saint qui donna l’inspiration pour qu’il en fût ainsi ! Il est important de lire les œuvres du cardinal Suenens à ce propos : c’est très important !

La venue de l’Esprit Saint transforme des hommes fermés à cause de la peur en de courageux témoins de Jésus. Pierre, qui avait renié Jésus trois fois, rempli par la force de l’Esprit Saint proclame : « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié » (Ac 2, 36). Et cela est la profession de foi de chaque chrétien ! Dieu a constitué Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié ou qui a été crucifié. Vous êtes d’accord sur cette profession de foi ? C’est la nôtre, celle de nous tous, de nous tous, la même !

La Parole poursuit en disant : « Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun ; ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon les besoins de chacun. Ils vendaient : ils aidaient les pauvres. Il y avait des petits malins – pensons à Ananie et à Saphire, il y en a toujours –, mais tous les croyants, la majorité, s’entraidaient. Jour après jour, d’un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés » (cf. 2, 44-47). La communauté grandissait, et l’Esprit l’inspirait. J’aime beaucoup penser à Philippe, quand l’ange lui dit : « Va sur la route de Gaza » et trouve ce prosélyte, ministre de l’économie de la reine d’Ethiopie, Candace. C’était un prosélyte et il lisait Isaïe. Et Philippe lui expliqua la Parole, proclama Jésus, et celui-ci se convertit. Et à un certain moment, il dit : « Mais ici il y a de l’eau : je veux être baptisé ». C’est l’Esprit qui poussa Philippe à aller là-bas, et depuis le début c’est l’Esprit qui a poussé tous les croyants à proclamer le Seigneur.

Aujourd’hui, nous avons choisi de nous réunir ici, en ce lieu – c’est ce qu’a dit le pasteur Traettino – car ici, des chrétiens furent martyrisés lors des persécutions, pour le divertissement de ceux qui regardaient. Aujourd’hui, il y a davantage de martyrs qu’hier ! Aujourd’hui, il y a davantage de martyrs, chrétiens. Ceux qui tuent les chrétiens, avant de les tuer ne leur demandent pas : « Tu es orthodoxe ? Tu es catholique ? Tu es évangélique ? Tu es luthérien ? Tu es calviniste ? ». Non. « Tu es chrétien ? » – « Oui » : égorgé, immédiatement. Aujourd’hui, il y a davantage de martyrs qu’aux premiers temps. Et cela est l’œcuménisme du sang : le témoignage de nos martyrs d’aujourd’hui nous unit. En divers lieux du monde le sang chrétien est répandu ! Aujourd’hui, l’unité des chrétiens est plus urgente que jamais, des chrétiens unis par l’opération de l’Esprit Saint, dans la prière et dans l’action pour les plus faibles. Marcher ensemble, travailler ensemble. Nous aimer. Nous aimer. Et chercher ensemble à expliquer les différences, nous mettre d’accord, mais en chemin ! Si nous restons immobiles, sans marcher, jamais, jamais nous ne nous mettrons d’accord. Il en est ainsi, parce que l’Esprit veut que nous soyons en chemin.

Un courant de grâce

Les 50 ans du Renouveau charismatique catholique. Un courant de grâce de l’Esprit ! Et pourquoi un courant de grâce ? Parce qu’il n’a ni fondateur, ni statuts, ni organes de gouvernement. Dans ce courant sont évidemment nées de multiples expressions qui, certes, sont des œuvres humaines inspirées par l’Esprit, à travers divers charismes, et toutes au service de l’Église. Mais on ne peut pas dresser de digue contre le courant, ni enfermer l’Esprit Saint dans une cage !

50 ans se sont écoulés. Quand on arrive à cet âge les forces commencent à décliner. C’est la moitié de la vie – dans ma terre nous disons « el cincuentazo » –, les rides deviennent plus profondes – sauf si tu te maquilles, mais les rides sont là – les cheveux gris augmentent et on commence aussi à oublier certaines choses…

50 ans est un moment de la vie adapté pour s’arrêter et réfléchir. C’est le moment de la réflexion : la moitié de la vie. Et je vous dirais même : c’est le moment pour aller de l’avant avec plus de force, en laissant derrière nous la poussière du temps que nous avons laissé s’accumuler, en remerciant pour ce que nous avons reçu et en affrontant la nouveauté avec confiance dans l’action de l’Esprit Saint !

La Pentecôte fait naître l’Église. L’Esprit Saint, la promesse du Père annoncée par Jésus Christ, est Celui qui fait l’Église : l’épouse de l’Apocalypse, une unique épouse ! Le pasteur Traettino l’a dit : le Seigneur a une épouse !

Le don le plus précieux que nous avons tous reçu est le baptême. Et à présent, l’Esprit nous conduit sur le chemin de conversion qui traverse tout le monde chrétien et qui est une raison de plus pour que le Renouveau charismatique catholique soit un lieu privilégié pour parcourir la voie vers l’unité !

Ce courant de grâce est pour toute l’Église, pas seulement pour certains, et aucun d’entre nous n’est le « maître » et tous les autres les serviteurs. Non. Nous sommes tous les serviteurs de ce courant de grâce.

Avec cette expérience, vous rappelez constamment à l’Église le pouvoir de la prière de louange. Une louange qui est la prière de reconnaissance et d’action de grâce pour l’amour gratuit de Dieu. Il se peut que cette manière de prier ne plaise pas à d’aucuns, mais il est certain qu’elle s’insère pleinement dans la tradition biblique. Les Psaumes, par exemple : David qui dansait devant l’Arche de l’Alliance, plein de joie… Et s’il vous plaît, ne tombons pas dans l’attitude de chrétiens ayant le « complexe de Micol », qui avait honte de la manière dont David louait Dieu [en dansant devant l’Arche].

Jubilation, allégresse, joie sont le fruit de la même action de l’Esprit Saint ! Le chrétien fait l’expérience de la joie dans son cœur ou bien alors il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. La joie de l’annonce de la Bonne Nouvelle de l’Évangile !

Dans la synagogue de Nazareth, Jésus lit le passage d’Isaïe. Je lis : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière ; apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur » (Lc 4, 18-19 ; cf. Is 61, 1-2). L’annonce joyeuse : il ne faut pas oublier cela. L’annonce joyeuse : l’annonce chrétienne est toujours joyeuse.

Le troisième document de Malines, « Renouveau charismatique et service à l’homme », écrit par le cardinal Suenens et par Dom Helder Camara, est clair : renouveau charismatique et également service à l’homme.

Baptême dans l’Esprit Saint, louange, service à l’homme. Les trois choses sont indissolublement liées. Je peux rendre louange de manière profonde, mais si je n’aide pas les plus nécessiteux, cela ne suffit pas. « Aucun d’eux n’était dans la misère » (Ac 4, 34), disait le livre des Actes.

Nous ne serons pas jugés sur notre louange, mais sur ce que nous avons fait pour Jésus. « Mais Seigneur, quand l’avons-nous fait pour toi ? Quand vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (cf. Mt 25, 39-40).

Écouter et accueillir l'action de l'Esprit Saint

Chères sœurs et chers frères, je vous souhaite un temps de réflexion, de souvenir des origines ; un temps pour laisser derrière vous toutes les choses ajoutées par votre propre moi et les transformer en écoute et en accueil joyeux de l’action de l’Esprit Saint, qui souffle là où il veut !

Je remercie la fraternité catholique et la ICCRS pour l’organisation de ce jubilé d’or, pour cette veillée. Et je remercie chacun des bénévoles qui l’ont rendu possible, dont un grand nombre se trouvent ici. J’ai voulu saluer les membres de l’équipe du bureau quand je suis arrivé, car je sais qu’ils ont beaucoup travaillé ! Et bénévolement ! Ils ont beaucoup travaillé. La plupart sont des jeunes de divers continents ! Que le Seigneur les bénisse beaucoup !

Je remercie en particulier du fait que la demande que je vous ai faite il y a deux ans de donner au Renouveau charismatique mondial un unique service international, basé ici, a commencé à se concrétiser dans les Actes constitutifs de ce nouveau service unique. C’est le premier pas, d’autres suivront, mais bientôt l’unité, œuvre de l’Esprit Saint, sera une réalité. « Voici que je fais toutes choses nouvelles », dit le Seigneur (Ap 21, 5).

Merci, Renouveau charismatique catholique, pour ce que vous avez donné à l’Église au cours de ces 50 ans ! L’Église compte sur vous, sur votre fidélité à la Parole, sur votre disponibilité au service et sur le témoignage de vies transformées par l’Esprit Saint !

Partager avec tous dans l’Église le baptême dans l’Esprit Saint, louer le Seigneur sans relâche, marcher avec les chrétiens de diverses Églises et communautés chrétiennes dans la prière et dans l’action pour les plus indigents. Servir les plus pauvres et les malades, c’est ce que l’Église et le Pape attendent de vous, Renouveau charismatique catholique, mais de vous tous : vous tous, vous tous qui êtes entrés dans ce courant de grâce ! Merci.

 

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