L'été en musique avec… Wolfgang Amadeus Mozart

Rédigé par Judith Cabaud le dans Culture

L'été en musique avec… Wolfgang Amadeus Mozart

De Mozart (1756-1791), Anne Queffélec dit que sa musique est un univers, une source de lumière, de beauté, de grâce. Ne serait-ce pas parce qu’elle transmet une vision du Paradis perdu ?

Tous les musicologues et les mélomanes du monde entier s’accordent en général pour placer devant le nom de Wolfgang Amadeus Mozart l’épithète « divin ». En quoi cela peut-il consister? Né à Salzbourg en Autriche de parents d’origine allemande dont le père, Léopold, était violoniste et compositeur, l’enfant prodige allait bouleverser la vie de sa famille par son génie précoce. Voyageant dès l’âge de 6 ans en compagnie de son père, le jeune Mozart est choyé et fêté dans les capitales européennes où il se produit à son côté. Puis, vers l’âge de 17 ans, on l’oubliera quelque peu et dès lors, il se battra pour assurer sa place au soleil.

Le sens du sacré

On lui doit plus de deux cents chefs-d’œuvre – des concertos, des symphonies, des sonates, des ensembles de musique de chambre: trios, quatuors et quintettes, puis des chœurs et de la musique religieuse sous toutes ses formes. Mais il n’est pas nécessaire de démontrer la beauté inhérente à la musique de Mozart qui, dès le commencement, semblait couler d’une source spirituelle élevée, même si l’enfant, puis l’adolescent ne semblait pas en avoir conscience. Et cette beauté à l’apparence facile, nous parvient avec beaucoup plus de naturel et d’élégance que s’il s’agissait d’une œuvre résultant d’un savant labeur. C’est tout l’ensemble de ses compositions qui reste pénétré du sens du sacré, et pour beaucoup d’entre elles, le caractère principal de sa musique se définit surtout par ses accents religieux.

Une âme d’enfant

Après ses œuvres symphoniques, Mozart s’attache à écrire aussi des opéras, dont quatre retiennent surtout l’attention: Les Noces de Figaro, Cosi fan tutte, Don Juan et La Flûte enchantée. Empreint de conventions de la société de son temps et affublé de livrets parfois incohérents, l’art du théâtre lyrique ne fait que timidement ses débuts dans la direction du vrai drame musical qui s’épanouira un siècle plus tard avec Wagner. Mozart laissa une correspondance volumineuse à travers laquelle on devine parfois l’état de ses sentiments. Depuis des missives superficielles, voire vulgaires, jusqu’à des déclarations sur sa ferveur catholique, il clame en permanence que sa musique vient essentiellement de son cœur et de ses impressions religieuses.

Et en cette fin du « siècle des Lumières », tandis que le prince archevêque de Salzbourg affiche un portrait de Voltaire dans son bureau, l’importance de la foi catholique de Mozart ne l’empêche pas d’adhérer à la franc-maçonnerie, organisation tolérée et encouragée en fait par le pouvoir impérial de Vienne sous Joseph II d’Autriche. Le seul bon mérite de cette appartenance est sans doute la composition de l’Ode maçonnique qui prend une place de premier plan parmi ses chefs-d’œuvre. Si ses connaissances religieuses restent plus que sommaires, Mozart compose des œuvres qui nous donnent la clé de son âme d’enfant : messes brèves, sonates d’église, messe de couronnement, jusqu’à l’immense Requiem qu’il laissa inachevé et le splendide Ave Verum composés la dernière année de sa vie qui nous font pénétrer au plus profond du monde intérieur de l’homme génial et tourmenté.

Une œuvre bienfaisante

Le bien que nous fait cette musique est sans conteste. Des scientifiques se sont penchés sur la question pour démontrer son effet bienfaisant même sur le monde naturel – les plantes et les animaux réagissent et se développent mieux grâce à ces résonances harmonieuses. (On a même augmenté la production laitière de certains troupeaux!) Que dire donc des conséquences sur les hommes doués d’une âme immortelle? Le bouquet spirituel que nous livre Mozart est fait d’une profusion de couleurs, de formes et d’encens. En nous révélant sa vision du Paradis perdu, il nous fait désirer ce monde surnaturel évanoui. Et s’il exprime l’espérance en un monde meilleur fait d’amour humain et de relations vraies avec Dieu, c’est qu’il croyait, comme dans La Flûte enchantée, que les hommes pourraient aussi le retrouver par la beauté et la vertu.

 

Pour aller plus loin :
Judith Cabaud
En route vers l'infini, musique et foi (portraits de musicieux)
Éditions de L'Homme Nouveau, 268 pages, 19 €

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