SOS Mamans, sur le terrain contre l'avortement

Rédigé par Odon de Cacqueray, entretien avec Léa le dans Culture de Vie / Contreculture de mort

SOS Mamans, sur le terrain contre l'avortement

Nous avons pu nous entretenir avec Léa qui oeuvre pour la vie dans l'association SOS Mamans. Elle a accepté de répondre à nos questions pour témoigner du travail sur le terrain de cette association.

 

Léa, vous avez participé à la rédaction du Livre de bord de SOS Mamans avec Winfried Wuermeling, qu’est-ce qui vous a poussés à écrire ce livre ? 

Nous ne sommes pas éditeur mais acteurs dans l’urgence, en aidant les mamans que nous rencontrons dans la rue. Cependant, chacune étant inoubliable et unique, nous écrivions quelques mots au sujet d'un certain nombre de nos sauvetages. Après vingt ans il fallait marquer le coup de cette « industrialisation du sauvetage », tant de réussites !

 

Quand a été créée l’association « SOS Mamans », en quoi consiste votre action ? 

Notre association-mère « UNEC » (Union des Nations de l’Europe Chrétienne) existe depuis 1989, avec en son sein un groupe pro-vie qui s'appelle « SOS Mamans », toujours à l'intérieur de l’ « UNEC » qui seule est déclarée en association du type 1901 et qui gère notre action du point de vue administratif. 

Pendant six ans, nous étions une association pro-vie « standard » : manifestations et tractages contre l'avortement, lettres aux députés, articles dans les journaux amis, pèlerinages, collectes de signatures... Jusqu'au jour où nous avons réalisé que nous tournions en rond, et surtout autour de notre propre nombril que tout cela ne baissait pas le nombre d'avortements, et nous avons décidé d'oublier « le haut » (les députés, les lois, les autorités de toute sorte, y compris religieuses), et de travailler comme le Bon Samaritain dans l’Évangile qui est descendu de son âne et est venu au secours du pauvre diable jeté dans le ravin en s'occupant sérieusement de lui. Il fallait directement faire face aux mamans en détresse, sortir de notre cage dorée, les secourir, les sauver, n'est-ce pas le message de l'Évangile ?

 

Comment accueillez-vous toutes les femmes que vous aidez ?

Nous les hébergeons dans les grandes villes et non pas à la campagne où il peut y avoir beaucoup de commérages. En ville, il y a aussi des possibilités de formation, de petits services rémunérés, de suivi médical, et surtout un certain anonymat nécessaire pour mener à bien ces grossesses souvent délicates. En principe pas d’hommes hébergeurs, même pas de pères de famille. Pour nos jeunes femmes enceintes majeures nous cherchons surtout des studios indépendants, équipés et meublés, gratuits ou à bas prix, en grandes villes. Pour être hébergeuse de « SOS Mamans », il n’est pas nécessaire d’être pratiquante en matière religieuse, seule la charité compte. C’est cette charité qui sauve, aussi bien le bébé, la maman, et l’âme de l’hébergeuse et d'autres personnes souvent impliquées dans un sauvetage. Certaines ont retrouvé, par ces hébergements, le chemin vers les sacrements.

 

Quel est votre bilan, depuis la création de « SOS Mamans » ?

En vingt-deux ans de travail sur le terrain nous avons pu sauver 1 334 bébés, avec leurs mamans, ce qui fait 2 668 âmes. Actuellement nous attendons la naissance de 53 bébés déjà sauvés. Nous disposons de quatre studios loués à Paris et aux environs. Nous avons une dizaine d’« hébergeuses » à Paris et ailleurs accueillant chacune entre deux et cinq femmes ou jeunes filles enceintes jusqu’à la naissance de leurs bébés plus 3 mois.

 

Quels sont vos financements ? 

N'en parlons pas, c'est un peu la trésorerie du bon Dieu ! Pour vous donner une idée, en moyenne un bébé sauvé nous « coûte » 1 200€, étalés sur 12 mois. C'est peu par rapport à la valeur inestimable de la vie humaine. « Une âme vaut l’univers », dit sainte Thérèse d'Avila. Et l'argent est fort répandu sur terre, il suffit de le redistribuer un peu.

 

Avez-vous une histoire qui vous a plus particulièrement touchés ? 

Une jeune esclave d’une ambassade musulmane, nous l’appelons Cora. Ces filles sont souvent choisies comme domestiques par les musulmans en raison de leur fiabilité et honnêteté. Elles ne sont pas catholiques pour rien. Elles sont généralement embauchées comme nounous, puis mises à la libre disposition des visiteurs de l’ambassade, même et surtout gradés… Nous en avons déjà libéré plusieurs dizaines A l’ambassade, elles sont traitées comme des êtres inférieurs, très mal nourries, et surtout pas suivies médicalement. Le soir du 31 décembre, nous savions que l’ambassadeur avec sa femme quittaient la maison vers 22 h pour passer la soirée chez des amis. Dès 22 h, le personnel de l’ambassade se relâcherait donc pour faire la fête à l’ambassade. Nous avions convenu à l'avance d'un rendez-vous avec la jeune fille à 23 h, dans un parc voisin. Notre correspondante l’a immédiatement emmenée dans sa voiture. En 24 heures, Cora était déjà très loin, introuvable. Maman et bébé étaient sauvés, Deo gratias !

 

Pour terminer, quel conseil souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs ?

Nous vous recommandons, peut-être comme cadeau de noël à offrir à un ami pro-vie, notre oeuvre « Livre de bord de SOS Mamans »*.

 

 

20 Euro port compris, par chèque à SOS MAMANS (UNEC) BP 70114, 95210 Saint-Gratien, unec.sosmamans@gmail.com

Dons immédiats possibles par carte de crédit sur la page d'accueil de notre site www.radio-silence.tv (via Paypal)

 

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