L’avant est terminé, tant mieux

Rédigé par Adélaïde Pouchol le dans Éditorial

L’avant est terminé, tant mieux

Ça y est, enfin ! C’est presque fini, Noël arrive et signe la fin de l’avant… Et de l’Avent aussi bien sûr. Mais avouons que nous ne sommes pas fâchés que le Christ naisse enfin pour que s’achève l’avant-Noël, ce temps de la grande liturgie du commerce où l’on nous somme à tous les coins de rues et à longueur de tracts d’acheter des cadeaux par dizaines, tandis que les journalistes enquêtent sur le stress généré par les emplettes de fin d’année ou les pires cadeaux à offrir à sa belle-mère. Alors nous avions hâte de voir se consumer les quatre bougies de nos couronnes qui égrènent les dimanches de l’Avent pour que le Père Noël reparte définitivement au fond de sa cheminée et que les réclames publicitaires se fassent (un peu) moins agressives et omniprésentes. Nous n’avions pas encore installé notre crèche que les géants d’Internet nous parlaient déjà de revendre les cadeaux qui ne nous auraient pas plu. D’ailleurs, nous n’avons même pas fini de nous rendre compte que nous n’avons pas tenu nos résolutions de 2017 qu’on nous demande de prendre celles de 2018, résolutions qui consistent générale­ment à acheter un forfait Internet révolutionnaire ou un abonnement à l’année pour une salle de fitness. 

Toujours plus connecté

Bref, nous aspirions à profiter de l’Avent pour nous connecter un peu plus et un peu mieux à l’essentiel et voilà que, cette année encore, les magasins ont profité de l’avant pour nous vendre un Noël toujours plus connecté avec force smartphones, tablettes et haut débit. 

Malgré tous nos efforts de charité, nous trouvons un peu fort de café que les mêmes qui hurlent à la vision de la moindre petite croix se repaissent de la joie de Noël pour vendre toujours plus et, comme chaque année, nous avons eu le sentiment de nous faire « voler » Noël par les marchands de dinde surgelée. 

Et puis, en fait de calendrier de l’Avent, nous n’avons pas seulement droit à un chocolat chaque jour car l’actualité, elle aussi, nous a offert, quotidiennement, son lot de petites surprises. Et un mois, cela laisse largement le temps de frôler l’indigestion intellectuelle. Ainsi donc nous avons appris – dans le désordre et de manière non exhaustive – que Brigitte Macron est marraine depuis le 4 décembre d’un panda du zoo de Beauval, des féministes nous ont révélé que les femmes étaient plus petites en taille que les hommes parce qu’elles ont été privées de viande pendant des siècles, Laurent Wauquiez a été élu à la présidence des Républicains, Emmanuel Macron a organisé un énième sommet sur le climat et certains commentateurs ont attribué sans sourciller à l’actrice Marion Cotillard l’épître de saint Paul qu’elle a lu lors de la cérémonie d’hommage à Johnny Hallyday. 

Autant dire qu’il faut faire un bel effort de concentration pour nous rappeler que les lumières qui brillent dans nos villes et villages, spécialement décorés pour l’occasion, n’ont de sens que si elles reflètent la lumière autrement plus éblouissante qu’est le Christ et nous rappellent que nous sommes appelés à être la lumière du monde. 

Alors nous avons pris cette habitude de nous offusquer de ce que Noël soit devenu la fête du consumérisme, parfois justement en revenant de longues pérégrinations au milieu des centres commerciaux pour recevoir comme il se doit nos familles. Mais si beaucoup de nos contemporains ont perdu le sens de cette fête, reste que Noël demeure la fête préférée des Français. Et si nous en sommes attristés, nous le serions bien plus encore si les Français aimaient à retrouver leur famille, partager cadeaux et bons repas pour célébrer la nuit du 4 août 1789. 

Quelle fête pour les isolés ?

Mais jusqu’à preuve du contraire, on n’a vu aucune statistique sur le nombre de personnes souffrant de solitude à l’anniversaire de l’abolition des privilèges ni aucune association caritative mobilisée pour offrir aux personnes seules ou nécessiteuses des festivités républicaines dignes de ce nom. Pour Noël, en revanche, nous savons que 19 % des personnes âgées célèbrent seules la naissance du Sauveur et souffrent de l’éloigne­ment de leur famille. Et nous savons aussi que de nombreuses personnes donnent de leur temps ce jour-là pour partager un peu de la joie de la crèche avec ceux qui n’en connaissent que le dénuement. 

Alors, cette année encore, allons, le cœur joyeux, déposer au pied de l’Enfant-Jésus les belles choses et les misères de l’année écoulée. 

Chers lecteurs, nous vous souhaitons à tous un beau et saint Noël ! 

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