Une délégation de soignants défilera en blouse blanche à la Marche pour la Vie

Rédigé par Odile Guinnepain le dans Tribune libre

Une délégation de soignants défilera en blouse blanche à la Marche pour la Vie

Odile Guinnepain est infirmière, fondatrice et responsable de l’antenne « Nos mains ne tueront pas » de Choisir la vie. Elle est également membre du Conseil d’administration de la Marche pour la vie.

Les soignants sont directement, ou de manière collatérale, concernés par la majorité des questions scientifiques et médicales autour du respect de la vie. Par exemple, toute IVG est pratiquée par un médecin avec la collaboration à divers niveaux de sages-femmes, infirmières, aides-soignantes, auxiliaires de puériculture… Que ce soit légal ou devenu un droit fondamental, cela reste la mise à mort, par des professionnels de santé, d’un enfant dans le sein de sa mère. Alors oui, on nous dira que l’on n’est pas obligé de travailler dans ces services ou que l’on peut ne pas participer à ces actes ! Mais dans la pratique, ce n’est pas aussi simple ! 

Depuis la loi Claeys-Leonetti de 2016, est légalisée et même recommandée la sédation profonde et continue jusqu’au décès des patients en fin de vie ou confrontés à des souffrances dites intolérables. Si les conditions de celles-ci sont normalement définies, il n’empêche que la réalité est tout autre. Les sédations profondes faites aux cancéreux en fin de vie ou aux vieillards dont les vies n’en finissent pas, sont quasi systématisées. Même si « l’intention » n’est pas de tuer, on commet un acte dont on sait qu’il va provoquer la mort ; alors si ce n’est pas de l’euthanasie, qu’est-ce ? En conscience, il nous est très difficile de refuser de poser ces actes et une fois de plus, ne pas le faire pour le laisser à la collègue, est-ce mieux ?

Les pharmaciens ont obligation de délivrer gracieusement, sans prescription, à des jeunes filles souvent mineures, la contraception d’urgence dont ils savent qu’elle va entraîner la mort d’un embryon avec des conséquences non négligeables sur la santé de ces jeunes filles. Le pharmacien n’a pas accès à la clause de conscience et risque « gros » pour son avenir dans l’officine s’il refuse.

Comme le rappellent très justement les médecins du « manifeste des médecins », qui alertent sur le rôle qui leur sera imposé dans le cadre d’une loi ouvrant l’autorisation de la PMA pour toutes :

« - La médecine est avant tout un art au service des malades. Les deux principaux buts de la médecine sont prévenir les maladies et soigner les malades.

- La première devise du médecin est : « Primum non nocere », « Premièrement, ne pas nuire ».

- Il n’appartient pas au médecin de juger de la vie. Même s’il doit accompagner les couples stériles en désir d’enfant, le médecin n’a pas tous les droits pour faire surgir la vie.

- Le médecin ne doit pas être au service d’une idéologie quelle qu’elle soit. La sélection des races, l’eugénisme, le dopage, les expériences sur l’homme, la « fabrication » d’enfants en dehors de la complémentarité homme-femme sont étrangers aux buts de la médecine ».

La loi de bioéthique 2018 annonce encore une multiplicité de transgressions dont les professionnels du soin vont se faire l’instrument et, par conséquence, être en partie responsables.

 

Le but de cette délégation de soignants sera donc de dénoncer tout cela à la Marche pour la vie, de manifester leur refus d’être complices et de demander un accès beaucoup plus libre à la clause de conscience. 

Tous les professionnels et étudiants sont concernés : les médecins, directement impliqués parce que prescripteurs, les sages-femmes, les infirmières (qui ont obligation d’appliquer la prescription médicale), les aides-soignantes, les auxiliaires de puériculture, les pharmaciens, toutes les professions médicales et paramédicales qui, directement ou indirectement sont touchées par ces réalités et tous les témoins impuissants de ces actes sur leur lieu d’exercice.

 

Pour rejoindre la délégation avec le mouvement « Nos mains ne tueront pas », le R.-V. est donné le 21 janvier, à 13 h 30 Porte Dauphine à Paris, en tête de cortège. Venez nombreux, en blouse blanche. 

« Les endroits les plus sombres de l’enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crise morale », écrivait Dante. N’ayons pas peur !

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