François Hollande, ambassadeur du fauteuil roulant

Rédigé par Adélaide Pouchol le dans Éthique et tac

 François Hollande, ambassadeur du fauteuil roulant

 

« Je garantirai l'existence d'un volet handicap dans chaque loi. Et je renforcerai les sanctions en cas de non-respect des 6 % de travailleurs handicapés dans les entreprises, les services publics et les collectivités locales. ».C'est la mesure 32 du programme du candidat socialiste François Hollande qui tient, vaille que vaille, à « lutter contre toutes les discriminations » à grands coups de pourcentage.

Cette vaillante mesure prend une saveur toute particulière en cette Journée mondiale de la Trisomie.

Car  6 %, comme d'ailleurs 200 % , ce n'est pas une vraie place dans la société. Ce ne sont certainement pas chiffres et menaces de sanctions qui rendront les Français moins handicapés du cœur et de l'intelligence, qui feront valoir l'inaliénable dignité de toute personne, fût-elle atteinte dans son corps ou son intelligence.


Rien de plus arbitraire qu’un quota.

Imaginons, juste pour voir, une petite entreprise familiale, qui poursuit son petit bonhomme de chemin malgré la crise avec huit employés. Pour eux, 6 % des effectifs revient à 0,42 personne. Ils songent donc à ce que l’un d’eux se casse les deux bras et trois dents, histoire d’avoir 0,42 pour cent d’invalidité…

Ici, une petite entreprise de neuf employés. Parmi eux, deux personnes handicapées, soit quelque 22,2 % des effectifs. Magnifique. Et pour eux, pour les champions des quotas, les fous de la lutte contre la discrimination, y a-t-il un prix à la fin ? Une médaille ? Une inscription dans le livre des records ?

Rien de plus discriminant, justement, que ces quotas, fleurons de cet avatar de l’égalitarisme qu’est la discrimination positive.

Ils disent au discriminé en question :  Tu es tellement discriminable qu’il faut bien forcer les gens à ne plus discriminer en prenant des mesures coercitives qui sont en fait discriminantes aussi puisqu’elles te confirment dans ton statut de discriminé mais d’une discrimination sympa, tolérante et démocratique. Pas charitable pour un sou, mais démocratique. On ne refusera plus ta candidature pour cet emploi parce que tu es handicapé. On l’acceptera… parce que tu es handicapé.

Fût-ce au mépris du plus élémentaire bon sens.

Au lieu de faire valoir les qualités des personnes handicapées et d’envisager les emplois dans lesquels elles pourraient s’épanouir tout en tenant une place véritable dans le monde du travail,

  

au lieu de faire valoir les organismes d’intégration et de formation des personnes handicapées… un vulgaire 6 % est concédé aux plus vulnérables d’entre nous.

N’ont-elles droit aussi qu’à 6 % de notre considération ?

Les handicapés, discriminés positifs, ont rejoint les femmes, les immigrés et les homosexuels. Et eux, à combien de pour cent ont-ils droit ?

Imaginez un peu, une femme immigrée, handicapée et homosexuelle… ça fait du 100 %, non ?

 

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1 commentaire

Par Jean Tramis, le

Tout à fait d'accord, ce n'est pas à la politique de se charger de cela.