Infidélité sur mesure... Eve croque à nouveau la pomme.

Rédigé par Adélaïde Pouchol le dans Éthique et tac

Infidélité sur mesure... Eve croque à nouveau la pomme.

Rien de très catholique là-dedans si ce n'est le logo du site, choisi à dessein pour rappeler le péché originel, celui de la femme qui croqua la pomme. Gleeden est un site de rencontres extraconjugales qui s'est récemment payé le luxe d'une vaste campagne de publicité dans le métro parisien, aussi percutante que choquante.  C'est l'histoire d'un groupe de femmes très discriminées, très victimes des hommes, très peinées des inégalités dont souffrent les femmes et qui ont tapé du poing. Non ! Au nom de l'égalité, du Gender, du féminisme, de la liberté, du plaisir, de tout et de rien, il fallait que l'infidélité cesse d'être l'apanage des hommes.  Le premier « site de rencontres extraconjugales pensé par les femmes » avait vu le jour  en 2009 et revendique aujourd'hui « Déjà 1 216 117 membres, une discrétion totale, 100 % membres réels, une communauté mondiale ». Eve a croqué la pomme, encore une fois.


Outre les considérations morales que l’on pourrait développer à l’envi sur l’horreur de cette incitation à l’infidélité, il faut bien avouer que tout cela manque d’allure, de panache… de ce je ne sais quoi qui fait que l’on pardonne (presque !) aux héros infidèles de nos romans. Non mais quoi ! Ils n’avaient pas besoin d’un site internet pour rencontrer l’amant ou l’amante qui mettrait enfin un terme à une relation conjugale par trop ennuyeuse. S’il n’y  avait pas plus de morale, il y avait au moins de l’ingéniosité, parfois même du romantisme. Ils avaient l’élégance de se débrouiller comme des grands pour peupler leur garçonnière, elles se payaient le luxe de séduire et d’attirer sans mode d’emploi.

Comment ne pas espérer que ces malheureux en amour, ces désespérés du lit se trouvent nez à nez, après séduction en ligne et discussions virtuelles, avec leur patron, leur cousine, leur grand-tante ou leur pharmacien. Mauvaise pioche qu’ils diront !

C’est le MacDo de l’adultère, la malbouffe de l’infidélité. On commande, on consomme, on jette. La comparaison n’est pas anodine. Gleeden précise que « vous payez uniquement ce que vous consommez ! Et ceci sans limite de temps, à votre rythme! Gleeden propose quatre packs de crédits différents pour répondre aux multiples envies des un(e)s et des autres : trouvez ce qu'il vous plaît! Nous prenons le parti de vous proposer des services « à la carte » selon vos envies ».

Il n’y a qu’une ombre au tableau, un raté dans cette tentative originale de faire valoir l’égalité entre les femmes et les hommes, une sorte de résurgence des temps ancestraux où l’homme invitait au restaurant, payait robes et chapeau. Car Gleeden n’est payant que pour les hommes. Messieurs, rien de nouveau sous le soleil, c’est à vous, encore et toujours, de mettre la main au portefeuille.

« Vos secrets d'infidélité sont bien gardés » assure l’organisme de croqueurs de pommes.

Va et pèche encore plus!

Recommander ce billet

Ajouter un commentaire

Pour commenter cet article, veuillez remplir le formulaire suivant :

* Champs obligatoires

Aucun commentaire