Ces enfants homophobes...

Rédigé par Adélaïde Pouchol le dans Éthique et tac

Ces enfants homophobes...

Libération du 3 avril annonçait officiellement que Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, autorisait finalement la diffusion du film « Le baiser de la lune » dans les classes de CM1 et CM2 alors même qu'il l'avait interdit en 2010 suite à la polémique que le court métrage en question avait suscitée. L'histoire de la « vieille chatte Agathe » qui refuse l'amour entre les deux poissons Félix et Léon avait réjouit les bien-pensants, inquiété certains parents et enseignants, et profité sans aucun doute à Nicolas Sarkozy, qui tout en assurant s'opposer au mariage homosexuel pour collecter quelques voix de droite dont il a bien besoin, s'assure en même temps la sympathie des homosexuels revendiqués et revendicateurs. Mais pendant que la classe politique se perd en calculs, les enfants, eux, apprennent que l'hétérosexualité est promise à la frustration tandis que l'homosexualité est gage de bonheur. A peine le film autorisé, Le Monde a publié le reportage d'une journaliste venue assister à la projection du film et au débat qui s'en est ensuivi avec les enfants.


Dans cette classe, c’est SOS Homophobie, association agréée par l’Education nationale, qui encadrait la discussion suite à la projection du film. (Au fait, à quand une association SOS Hétérophobie ?). La tendance pédagogique actuelle veut que l’enfant soit centre et source du savoir. A lui donc de sortir de son être profond la méthode de la division et la conjugaison du subjonctif imparfait. C’est redoutablement efficace en terme de production annuelle d’analphabète et c’est moderne, nouveau…

Pourtant, appliquée à la découverte de l’amour et de la sexualité, la méthode est risquée. Il vaut mieux pour nos amis homophobophobiques appliquer les méthodes traditionnelles : le maître parle et l’enfant est prié de se taire. « On va le frapper », avait répondu en précisant qu’il rigolait, bien sûr, un petit garçon alors que l’animateur voulait faire réfléchir la classe sur l’attitude à avoir avec un jeune homosexuel de leur établissement. Dérapage.

La faute aux stéréotypes déjà bien ancrés à 8 ans, a assuré le très homophobophobique animateur ! D’ailleurs, fort heureusement, au terme d’un petit sondage, il apparaît qu’une majorité des élèves désapprouve l’attitude intolérante autant qu’intolérable de la vieille chatte Agathe, à 12 contre 6… C’est sûr que présentée comme ça, l’hétérosexualité ne fait pas très envie. N’empêche que lorsque la seconde animatrice a annoncé aux enfants qu’elle « préférait les filles », ils ont poussé des cris de dégoût. Que voulez-vous, les filles de la classe ont même avoué qu’elles préféraient parler fripes et chiffons et les garçons ont confessé s’intéresser plutôt au foot ! 

Décidemment, les stéréotypes ont la vie dure.

Heureusement qu’SOS Homophobie à la bénédiction de l’Education Nationale pour faire évoluer tout ça.

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