Ferry, non merci

Rédigé par Philippe Maxence le dans Société

Ferry, non merci

La République, elle aussi, a ses symboles. Ce mardi, le Président de la République, le ci-devant candidat du Parti socialiste François Hollande, rend hommage à Jules Ferry. Pour beaucoup, Ferry symbolise l'école laïc et obligatoire, l'école républicaine, celle du tableau noir et de la craie, des vertus civiques, des chefs-lieux et préfectures appris par cœur, des coups de règle sur les doigts et de bien d'autres choses que certains cultivent aujourd'hui avec nostalgie, à l'imitation des « nouveaux réacs » qui arpentent les couloirs de la grande presse.

Mais Jules Ferry, le symbole de l'an I du nouveau quinquennat, c'est aussi la lutte contre l'Église catholique, à propos de l'école justement, une vieille habitude républicaine.

Des exemples ? Disons, plus modestement, quelques dates que n'importe quelle encyclopédie confirmera :

 

– février 1880 : expulsion des ecclésiastiques du Conseil supérieur de l'Instruction publique ;

– 12 mars 1880 : la collation des grades universitaires est retirée à l'enseignement catholique ;

– 29 mars 1880 : décret d'expulsion des jésuites et décret imposant aux autres congrégations non autorisées de se mettre en règle sous trois mois sous peine de dissolution et de dispersion ;

– 28 mars 1882 : loi de laïcisation de l'enseignement.

 



Pour Jules Ferry, il ne reste plus qu’un dogme : celui de l’absence de dogme. Il l’écrit dans une célèbre lettre aux instituteurs, datée de novembre 1883, dont on ne retient habituellement que sa demande de respecter la conscience de l’enfant. Mais une conscience formée à exclure Dieu des activités humaines et à l’enfermer dans les murs de la sacristie n’est pas une conscience respectée. C’est une conscience avilie. Mais que dit-il d’autres dans cette fameuse lettre ?

 

«  La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se contredire : d’une part, elle met en dehors du programme obligatoire l’enseignement de tout dogme particulier ; d’autre part, elle y place au premier rang l’enseignement moral et civique. L’instruction religieuse appartient aux familles et à l’Église, l’instruction morale à l’école. Le législateur n’a donc pas entendu faire une œuvre purement négative. Sans doute il a eu pour premier objet de séparer l’école de l’Église, d’assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves, de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus : celui des croyances, qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances, qui sont communes et indispensables à tous, de l’aveu de tous. Mais il y a autre chose dans la loi du 28 mars : elle exprime la volonté de fonder chez nous une éducation nationale, et de la fonder sur les notions du devoir et du droit que le législateur n’hésite pas à inscrire au nombre des premières vérités que nul ne peut ignorer. Pour cette partie capitale de l’éducation, c’est sur vous, Monsieur, que les pouvoirs publics ont compté. En vous dispensant de l’enseignement religieux, on n’a pas songé à vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession. Au contraire, il a paru tout naturel que l’instituteur, en même temps qu’il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celle du langage ou du calcul ».

 

Cet artifice a malheureusement pénétré aujourd’hui jusque dans l’enseignement catholique. Il promeut une fausse liberté de conscience qui consiste à réduire la religion à une simple option, non fondée en raison, séparant radicalement la morale et la religion, la foi et la raison.

 

Les beaux esprits aujourd’hui s’émeuvent des conceptions colonialistes de ce Père de la République qui s’appuyait sur la notion de « race supérieure ». Une colonisation qui échouera parce qu’elle était fondée sur le refus de Dieu et la détermination à importer le modèle républicain d’une laïcité anti-chrétienne.

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3 commentaires

Par Michel Delord, le

JULES FERRY, MARIE CURIE, LA « THEORIE DU CAMP », LA « METHODE INTUITIVE » … .Qu’est-ce qu’un Président normal, interroge la presse ? On peut tout aussi bien poser la question suivante : « Qu’est-ce qu’un discours normal ? » On pourra s’en faire une idée en reprenant la philosophie contenue dans le premier discours, Hommage à Jules Ferry, prononcé le 15 mai 2012, par François Hollande, le nouveau Président de la République. En passant, il entend donc faire l’éloge de Marie Curie et de Jules Ferry…Jules Ferry et Marie CurieI)Marie Curie n’y est pour rien …mais quand mêmeII)Jules Ferry. Mieux … Clemenceau. Et encore mieux, la ++conscience universelle++.III)Annexe : Emile Pouget, Barbarie française, « Le père peinard », 1889.La suite : Blog Micheldelord sur mediapartMichel Delord, Un peu mathématicien, retraité.Board of advisors, Nonpartisan Education g/

michel.delord.free.fr

Par LIACRE, le

Et il ne faut pas oublier l'obligation faite par la loi Jules Ferry de scolariser tous les enfants "sans papiers" cad clandestins jusqu'à 16 ans. Véritable pompe aspirant à chaque rentrée scolaire dans les rectorats où l'on voit défiler des familles fraichement débarquées en France qui avouent sans ambage venir "pour les allocations familiales"...Nous scolarisons ainsi à nos frais depuis toujours des enfants non francophones qui coûtent une fortune aux contribuables et dont le niveau tire vers le bas bons nombre de classes.Ne doutons pas que la droite ayant laisser faire, la gauche au pouvoir va en rajouter une couche...

Par ROUSSEL, le

L'athéisme est la croyance que Dieu n'existe pas, ce qui conduit logiquement non seulement à n'en pas parler, mais même à tenter d'en éliminer le mot de la langue, du dictionnaire.Par exemple, le programme de philosophie des Lycées ne comporte plus cette "notion". Et si de Dieu, plus personne ne parle... alors vous avez une société athée..ou une école athée, ou une famille athée....La laïcité à la Jules Ferry veut imposer à l'Etat,comme à l'école, ce silence sur Dieu.Sous prétexte d'éviter l'affrontement des croyances , on fait silence et on impose donc de fait, objectivement l'athéisme comme croyance officielle de l'Etat comme de l'école, enfermant l'école dans un rationalisme borné,scientiste,positiviste.Mais reste une question délicate et incontournable, la morale....au coeur du "vivre ensemble". Alors....là , on s'appuie sur la bonne vieille morale de nos pères, c'est à dire une vague morale chrétienne sécularisée, sans pousser plus loin le délicat problème de son fondement.On va donc "enseigner" la morale, qui n'est en rien une science, dans le refus absolu du "pourquoi ?" et du "pour quoi?". Le mensonge ira ici jusqu'à Sartre revendiquant haut et fort le "Tout est permis,puisque Dieu n'existe pas".... et dont on attend encore le traité de morale,philosophiquement fondé, annoncé, mais jamais écrit!Cette impasse est au cours du bavardage moralisateur socialiste et écologiste qui nous prêchent la morale, celle qui les arrange bien sûr, sans vouloir en interroger LE fondement.A cette laïcité, qui ne fut trop souvent qu'un militantisme athée, Benoit XVI, et même Nicolas Sarkozy, répondent par l'idée d'une laïcité positive dont le concept est parfaitement solide. Espérons ici que sur ce sujet comme sur d'autres... nous ne sommes pas en pleine régression dans les débats du XIX° siècle, pour satisfaire l'archaïsme socialiste.JC ROUSSEL