La grande peur

Rédigé par Pasquin le dans Humeur

La grande peur

 

Les Gaulois avaient, paraît-il, très peur que le ciel leur tombe sur la tête. Les millénaristes craignaient la fin du monde. Nous, les cathos bourgeois, les Christo-mondains, ce que nous redoutons plus que tout, notre tétanie, notre angoisse systémique et récurrente, c'est l'amalgame ! Cette crainte absolue d'être mis dans le même sac que les brutes, les violents, les épais, les imbéciles, les dogmatiques et les obtus intégroïdes et fascisants. Nous aimerions tellement « bien passer », être aimés, reconnus comme fins, intelligents, sympas et cools par le monde médiatique, que nous sommes prêts à toutes les circonvolutions. Et nous voilà encore bien plus préoccupés à nous distinguer, nous démarquer, à montrer du doigt et condamner nos plus proches alliés sur d'insignifiantes différences, qu'à assumer notre propre position. Mais quelle chimère ! Si le catho était média-compatible, Jésus aurait fini comme directeur d'une agence de média-training et non pas accroché à une croix entre deux délinquants minables au point de se faire prendre. Si les cathos étaient média-compatibles, alors les premiers chrétiens, doux comme des agneaux, n'auraient pas été condamnés comme « bouffeurs d'enfants » et incendiaires de Rome. Si les cathos étaient média-compatibles, alors Pie XII, juste parmi les nations, ne serait pas aujourd'hui traité de collabo pro-nazi. Ce que nous avons à dire dérange le monde et le monde n'aime pas être dérangé. Alors ne perdons plus notre énergie à nous justifier, à démontrer que nous ne sommes pas ceux qu'ils disent que nous sommes… Imaginez-vous le Christ à son procès tortiller et commencer à répondre : « Mais non, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire » ?

Allez zou ! Laissons tout ça, il y a une civilisation à ressusciter.

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10 commentaires

Par Sancenay, le

Cher eljojo, Je vous remercie de m’accorder suffisamment d’intérêt pour me répondre et m’aider ainsi à approfondir ma modeste réflexion.Je ne suis en effet ni « philosophe », ni « historien » autoproclamé comme cela se fait beaucoup aujourd’hui…Je me demande d’ailleurs si le « petit électricien de Dansk » et le grand Soljenitsyne étaient considérés comme tels lorsqu’ils ont décidé de se dresser contre leur totalitarisme ambiant. Nos Saints et nos martyrs, fondateurs de la civilisation qu’il s’agit de défendre ici l’étaient-ils davantage ? Rien n’est moins sûr.On peut même sans crainte de se tromper que pour chacun d’eux, « l’accessoire » que vous évoquez était assurément l’opinion que l’on aurait pu se forger de leur dévouement, et même de leur sacrifice.Et c’est bien la force de leur Espérance qui a emporté l’adhésion d’un « très grand nombre ».Notre civilisation, vous en conviendrez, s’est justement essentiellement construite sur le modèle parfait du don de soi et assurément pas sur le calcul, « la com », et le marketing.D’ailleurs même s’il ne s’agissait simplement que de « politique » au sens banal du terme, vous semblez confondre les niveaux tactiques et stratégiques.Mais le sujet est éminemment plus grave que cela et appelle à un « supplément d’âme », et tant mieux, si, il y a beaucoup d’âmes en mouvement comme cela est entrain de se produire, pour beaucoup grâce au sacrifice de ceux qui nous ont précédés sur le seul chemin, et en particulier, grâce à la communion des Saints, le seul réseau qui ne « bugue » jamais. Ce prodigieux réseau qu’évoquait volontiers celui qui, en 1984 avait su si habilement créer les conditions de l’échec de la Loi Savary sur l’école libre.Aujourd’hui, il n’est plus là, mais il semble bien, en effet, qu’il ne nous ait « pas quitté ».Son neveu, député « de gauche » comme vous diriez, est un des premiers députés à s’être opposé clairement au projet de Madame Taubira. Voyez-vous la politique , pour peu qu’elle soit abordée avec gravité, n’est pas chose simple, surtout dans un « système » phagocyté depuis plus de deux siècles.Pour se libérer du carcan totalisant, comme disent les sociologues, et par là totalitaire, il ne suffit pas de coller une étiquette de droite de gauche, ultra ou non, à ses propositions.Il faut tendre au Bien commun qui ne requiert ni couleur, ni parti, mais seulement des hommes libres de bonne volonté.Je comprends, qu’à l’instar de nombre de nos contemporains, vous en doutiez, puisque nous baignons quotidiennement dans la mascarade imposée du clivage droite gauche à si peu de nuances près.Or qu’en est-il de la réalité ?Permettez-moi un exemple : qui spécule aujourd’hui, sur l’échec économique avant tout du gouvernement et s’allie, pour tenter de le faire chuter ?Justement ce que vous appelez « la droite » associée pour ce dangereux calcul à la «gauche » la plus révolutionnaire.On peut aussi légitimement s’interroger : Monsieur Jospin, est-il « de gauche » davantage que Monsieur Léonetti, le néo-humaniste promoteur de la mort « gratuite » pour tous et à tout âge ?Vous voyez bien que le clivage imposé, Dieu merci ne tient plus. Et heureusement, car il serait inefficace pour nous sortir de la « crise » profonde que nous traversons, qui est avant tout une crise spirituelle, intellectuelle et morale bien avant que d’être économique et financière, quand bien même ces derniers aspects deviennent très contraignants.Heureusement, j’observe qu’ au-delà de l’agitation d’inévitables requins nostalgiques excitant ici et là quelques jeunes loups épris de « com » et de marketing bien davantage que du Bien commun , il reste pour autant, ici comme là, suffisamment d’hommes libres de bonne volonté, y compris,- pourquoi pas d’ailleurs dans les plus hautes sphères de l’Etat- qui ont pris la mesure du danger encouru , non seulement par notre pays , mais par l’humanité toute entière . Ils savent réajuster leurs visions et leurs engagements au bénéfice, de la cité bien sûr , mais aussi , et pourquoi pas également, on peut leur souhaiter en tout cas, de leur épanouissement personnel et de leur salut.Car s’il n’est pas donné à tous de croire à la Communion des Saints, tous sont en droit d’aspirer naturellement à la réconciliation dans notre pays et bien au-delà.Bien à vous, Sancenay

Par eljojo, le

@ SancenayOn peut tout à fait remettre en cause certains des "acquis" de la révolution, mais autant le faire à bon escient, et de la bonne manière.Typiquement si c'est un historien ou un philosophe qui parle, cela sera nettement plus efficace que si c'est un catho au nom de sa foi.Et puis il faut distinguer l'essentiel de l'accessoire. Typiquement est-ce que ça vaut le coup de passer pour un "réac" et d'ainsi repousser ceux qui auraient pu se convertir mais qui par ignorance sont attachés aux principes que nous condamnons ?Est-ce que ça vaut le coup de passer pour un réac et d'ainsi sacrifier le peu d'influence que nous avions ?La réponse dépend des combats. Mais typiquement sur les sujets de sociétés comme le mariage pour tous tout l'enjeu consiste à justement à passer pour "normal" et non pour réac, puisque le but est de rassembler le plus largement possible.Quant aux notions de "gauche" et de "droite", elles ne sont que le constat de deux courants forts, l'un étant au pouvoir, et l'autre dans l'opposition. Ce n'est pas strictement du à la révolution, en cela que devant tout projet, il y aura toujours des gens pour et des gens contre...

Par Sancenay, le

cher eljojo, mourir avec son temps, je veux bien, c'est dans la nature des choses. D'ailleurs, à force de combattre, j'en prends petit à petit le chemin. C'est la Vie !Mais vivre et voir ma Patrie vivre contre nature, non merci. Mon penchant naturel pour le bien Commun me l'interdit.J'apprécie toutefois que vous en arriviez vous aussi à la conclusion "qu'il convient de "désacraliser la révolution".Dès lors ne me considérant pas (encore, à Dieu ne plaise !) comme étant parvenu au Paradis, c'est précisément ce que je m'efforce de contribuer à faire en la démasquant hic et nunc afin de rétablir très simplement la notion primordiale de Bien commun né de la Loi naturelle et seul chemin propre à dessiner un avenir sain .Car je suis pour ma part de ces vilains manants qui pensent de manière très terre à terre, si j'ose dire, que l'on ne bâtit pas sur du sable.Pour autant j’utilise très volontiers le moyen « moderne » performants qu’est le net, par exemple, pour y recommander,notamment, les ouvrages très « décapants » autant que prodigieusement documentés du Professeur Xavier Martin sur le sujet.Pour ma modeste part je crois que c’est ainsi qu’on peut « vivre avec son temps », en s’appuyant sur le passé commun pour construire un avenir simple.Et je vous avoue être très peu impressionné, ce qui n'est ,certes pas dans l'air du temps, par la pression de l'opinion, de la propagande, et autres spécialistes de "com" qui recommandent aux « bons cathos » de ne surtout pas franchir la ligne jaune des tabous imposés, dont en premier lieu l'examen de la "fainte révolution" au prétexte assez peu glorieux de ne pas passer pour "coincé", comme se plaisait d'ailleurs très singulièrement à le stigmatiser ce matin au "déversoir à mensonges" où elle a ses entrées privilégiées, la sémillante Frigide Barjot.(ça pour le coup, et pour le moins, c’est bien « faire le jeu de l’adversaire » !)Au reste, vous voyez que votre rapide survol de la révolution démontre par lui-même que celle-ci a échoué, au moins dans le temps, quasiment dans toute ses prétentions : notamment contre « les inégalités croissantes », « la paralysie du pouvoir », la bonne santé de l’économie, ne parlons pas de du fonctionnement « démocratique ».Il ne reste donc à son « actif » que l’idéologie de quelques castes attablées au râtelier, et qui pourrit l’atmosphère sociale dans sa dimension : politique, éducative, juridique, institutionnelle, médiatique et même financière. Voilà la vérité qui libère du mensonge permanent !C’est dire que si le peuple français n’a pas eu le courage et la lucidité de l’empêcher en temps utile, il n’a aujourd’hui même plus les moyens d’en supporter le coût et les intérêts, aux deux sens du terme.Il semble d’ailleurs, et cela ne me surprend pas, qu’on ait parfois plus de facilités à l’appréhender, certes timidement, « à gauche » -il y a , Dieu merci des hommes de bonne volonté partout- de l’échiquier qu’à « droite » - puisque ces appellations absurdes, nées de la révolution, survivent encore, le moins longtemps, possible, je l’espère.

Par eljojo, le

@Sancenay De fait je suis plutôt d'accord avec vous sur le constat que notre époque tourne au totalitarisme le plus sophistiqué jamais créé, car imposé non par la violence mais par de manière très lente et très subtile, telle une drogue. Au passage je ne suis pas plus ecclésiastique que vous. Ce que je pointais, c'est que voir en la révolution un tournant dans l'histoire vient consolider les positions incantatoires de l'intelligentsia française pour qui la révolution est l'évènement fondateur de la nation. Ce qui fait que le meilleur moyen de lutter contre l'idéologie révolutionnaire, c'est de désacraliser la révolution en montrant qu'elle n'était en soi que la conséquence des évènements idéologiques (Lumières), sociaux (inégalités croissantes), politiques (paralysie du pouvoir royal à cause des privilèges accordés à chaque collectivité) et économiques (famine) du XVIIIe siècle. Ceux qui considèrent (comme moi) que la révolution a été une période sombre de l'histoire de France auront gagné le jour où cette époque ne sera plus une référence quasi religieuse pour l'intelligentsia politique. Cette attitude implique de faire l'inventaire de la révolution avec les réussites (rationalisation administrative, principe démocratique) comme les échecs (terreur, laïcisme). Je crois profondément que les chrétiens doivent être de leur temps et tournés vers l'avenir, ce qui implique de prendre le système politique tel qu'il est pour essayer de l'améliorer.

Par Sancenay, le

Cher « eljojo », Vous vous situez strictement au plan spirituel, très bien, peut-être d’ailleurs êtes vous prêtre, contemplatif même ? Ce qui vous honorerait.Pour ma part je suis ni l’un, ni l’autre. Je suis seulement un humble laïc parmi tant d’autres qui s’efforce d’exercer tant bien que mal son devoir civique et patriotique dans un jeu très fermé.Comme je vous l’ai indiqué je ne me situe pas dans la révision de l’histoire de l’humanité. Je suis dans le combat hic et nunc, tant qu’il en est encore temps et je trouve qu’il est déjà bien tard. Ce n’est pas moi « qui ajoute » un autre événement contraire à l’histoire de l’humanité.Qu’on le veuille ou non ce sont les thuriféraires de la révolution permanente depuis plus de deux siècles qui nous l’imposent.Aussi pour enrayer le mal et démontrer que la révolution, n’est dans l’histoire de l’humanité, j’en conviendrais presque, « qu’une des très nombreuse périodes troubles de l’histoire », encore faut-il la nommer et s’y intéresser de près de son origine, à son présent aboutissement qui est désormais, je pèse mes mots, la négation de toute humanité, sauf manifestement pour quelques « ayant droit » autoproclamés.Il me semble pourtant que cette appréciation exprimée par votre restriction, « qu’une », est bien réductrice au regard du mal déferlant et de sa sophistication.Je pense au contraire qu’il y a tout lieu d’évaluer le mieux possible l’impact de la révolution sur l’histoire contemporaine, c’est d’ailleurs davantage le travail des historiens que celui des humbles laïcs exerçant leur responsabilités civiques.Pour autant, puisque vous m’y invitez , il me semble qu’au point d’acuité révolutionnaire , si j’ose dire , de la présente phase , qui, comme la sédation chère à Monsieur Léonetti, pourrait bien être « terminale », on peut en effet l’apprécier comme un « tournant », tragique, de l’histoire de l’humanité .En gardant à l’esprit qu’un « tournant » peut toujours se prendre en sens inverse, mais pour peu seulement que l’aller ait été bien effectué…Car il y a aussi des aller sans retour, ou autrement dit des civilisations mortelles.Tournant donc en effet, car à ma connaissance, je ne crois pas que l’homme ait jamais poussé à ce point la sophistication du système politique aux plans conjugués du juridique et du scientifique en vue de réduire l’humanité, dans son ensemble cette fois, à l’état d’un matériau de statut sensiblement inférieur à celui de l’animal pour employer une litote.Il y a eu hélas sur le fond dans l’histoire de l’humanité, et comme vous le dites des faits et de phases tout à fait comparables. Le Pape Jean-Paul II les a d’ailleurs comparées dans son livre testament, « Mémoire et Identité » en pointant les deux filles de la révolution française : la révolution nationale socialiste et la révolution communiste.Pour autant qu’elles fussent monstrueuses,ces chimères révolutionnaires n’avaient pas atteint le degré de sophistication juridico scientifique ainsi que médiatique de la présente phase, qui, moyens de communications modernes aidant, voit de surcroît sa puissance déferlante décuplée à l’échelle de la planète.De tout manière refuser cette réalité révolutionnaire proclamée comme telle et qui est imposée à l’humanité entière, à quelque heureuses exceptions près, et encore, d’un bout à l’autre de la planète c’est prétendre que nous serions libres .Le sommes nous, face à l’avortement promu et subventionné ici et là par l’état ? Sommes-nous libre face à l’euthanasie à peine déguisée, à l’eugénisme rampant ? Hélas, hélas nous ne le sommes déjà plus. Dire le contraire reviendrait d’ailleurs à contredire l’analyse débouchant sur le terme de « totalitarisme » dénoncé par nos deux derniers Papes.Rassurez-vous, de mon modeste point de vue, il ne s’agit pas « d’opposer deux systèmes » comme vous m’en prêtez l’intention. Il s’agit « seulement » d’inviter celui en place de tendre enfin au Bien commun, celui proposé initialement par la Loi naturelle. Cela suffit à démontrer « le mensonge permanent » pour reprendre une expression éclairante de Monsieur l’Ambassadeur de Pologne, dans une tribune d’un grand quotidien, l’an passé.Il est à regretter d’ailleurs que lorsque l’Eglise a condamné solennellement les régimes totalitaires matérialistes elle n’en ait pas profité pour condamner leur source cela aurait pu éviter à bien des fidèles, mais aussi des clercs de ne pas tomber dans la confusion que l’on sait.En conclusion, si je comprends votre point de vue respectable en soi pour ce qu’il contient d’idéal, je le trouve inadapté en terme de combat, puisque c’est, nolens volens, de cela qu’il s’agit.Je crois en effet que le fait d’aspirer au Ciel ne nous dispense pas de vivre dans le monde et d’y combattre pour le Bien commun, avec, en sus de la prière, les armes qu’il nous laisse.Parmi celle-ci il en demeure une redoutable pour le Prince du Mensonge et ses séides : la vérité dont fait partie celle que vous invitez au débat : la vérité historique.Nos frères qui sont aussi nos compatriotes ont droit à la vérité sur leur histoire, sur celle de leurs institutions de leurs lois qui en bien des cas les maintient sous le joug, voire menace leur existence même, quand ce n’est pas leur essence.Ils ont le droit de savoir que, dans la mesure où la pensée révolutionnaire était d’abord tournée contre la Loi naturelle, elle ne pouvait qu’aboutir in fine – nous y sommes- à une catastrophe humanitaire, dans le sens où, au risque de me répéter, c’est l’humanité même dans son essence, comme dans son ensemble, qui se trouve désormais plongée dans un péril que pour ma part j’estime être en effet sans précédent en terme d’ampleur et de sophistication.Dès lors, ils ont droit, sans demander la lune, d’espérer que « le système » reconnaissant l’ampleur de la catastrophe humaine, sociale, écologique, économique, financière même, qu’il remette en cause l’origine du mal si précieusement gardée tabou jusque là et d’appréhender que celle-ci ne pouvait en aucun cas assurer le Bien commun auquel ils aspirent naturellement.Là est la seule voie du « redressement » tant invoqué en vain, tout le reste n’est que bricolage et emplâtres sur une jambe de bois.Tel est le sens, jamais désespéré, rassurez-vous, de mon humble combat. Le reste, les options politiques , les tactiques partisanes etc m’intéressent moindrement d’autant qu’en l’état actuel je n’en perçois pas, au contraire manifestement d’ailleurs de notre ami Pasquin, de réellement pertinentes. Alors qu’à l’inverse, je constate que beaucoup de nos contemporains de bonne volonté, d’où qu’ils viennent, appréhendent de plus en plus tant la réelle profondeur de la « crise » que la nature du mal, ce qui est également source d’Espérance.

Par eljojo, le

@Sancenay Nous sommes d'accord sur l’essentiel. Ce que je tentais de pointer, c'est le piège qui consiste à faire de la révolution un point clé de l'histoire.Je le vois plutôt comme une étape parmi d'autre dans la lutte entre l'Esprit du Christ et l'Esprit du monde.Car de fait l'histoire n'a que deux basculements majeurs, que sont le péché originel et la venue du Christ (auxquels on pourrait éventuellement ajouter le Jugement Dernier). Ajouter un autre évènement comme tournant de l'histoire, c'est à mon sens faire le jeu de l'Adversaire. Vous le dites vous même, le monde moderne veut voir dans la révolution moderne la naissance d'un nouveau paradigme d'humanité enfin délivrée des traditions obscurantistes et rétrogrades. À nous de montrer que cet évènement n'a été qu'une des très nombreuses périodes troublées de l'histoire. Voir la révolution comme un tournant, c'est admettre que Satan a gagné, qu'il a réussi a infléchir le sens du monde, et c'est en ce sens qu'on peut le voir comme un pessimisme. Voir la révolution comme un tournant, c'est également opposer deux systèmes politiques, et en ce sens c'est trop politique, car les deux systèmes peuvent être aussi mauvais dans leur application : in fine ce sera toujours ce qu'en feront les dirigeants politiques, qu'ils soient couronnés ou plébiscités.

Par Sancenay, le

Selon vous , mon commentaire serait trop politique "eljojo" ? Parce que le "totlitarisme" ambiant tel que l'a qualifié le Saint-Père lui-même, et qui tendrait à imposer tant de projets de loi contre nature ne serait pas "politique" par hasard ?Si l'origine du mal est dans l'histoire de l'humanité invariablement le démon, je vous le concède sans peine, je ne vois guère de raison de ne pas estimer qu'il doit se glisser très volontiers dans la pensée de ceux qui se réclament ouvertement de la révolution à l'Assemblée nationale, à chaque "débat", ou ce qui en tient lieu sur autant d'"avancées " prétendument "humanistes".Relisez les débats au Parlement sur l'avortement,le pacs, le DPI, la recherche sur les embryons etc...Vous constaterez comme moi qu'à chaque fois c'est la pensée révolutionnaire qui est , à juste titre d'ailleurs invoquée, pour justifier, en faisant bien le lien entre eux, autant de mortels projets.Je n'exprime donc pas à cet égard une opinion, je ne fais que rédiger un constat.Dès lors , il ne me paraît pas urgent de vouloir à tout prix remonter aux calendes grecques pour refaire je ne sais quel passé, ce qui pour le coup , pourrait en effet vite porter au "pessimisme" que vous me prêtez à tort.Il s'agit tout au contraire de lutter lucidement au présent avec , comme je l'ai conclu, la ferme Espérance de vaincre.bien à vous,

Par eljojo, le

@Sancenay Votre position est intéressante mais à la fois trop optimiste et trop pessimiste, et par trop politique. Trop optimiste, car ce mal qui ronge l'humanité ne date pas de la révolution, il est plus ancien, et il revient à tous les âges. Humanisme, Lumières, Révolution, Marxisme, Positivisme, Fascisme, Nazisme, Communisme, et maintenant Laïcisme, tous ces mouvements ne sont que l'expression de ce que l'Apocalypse appelle l'Antéchrist. Mais cette figure a porté d'autres noms : Néron, Attila, Catharisme... Cet Esprit du Monde qui veut construire la Cité Humaine en oubliant la Cité Céleste. Trop pessimiste car à chaque fois Dieu a suscité dans le monde des âmes pour lutter contre le règne du mal, que ce soit le Curé d'Ars, Saint Dominique, Jean-Paul II ou Pie XII. Trop politique, car la finalement la révolution n'est pas la cause de tous les maux, et, plus encore, Dieu a choisi de se servir de se mal pour faire advenir son règne. Dieu ne vient pas tout jeter pour reconstruire, il émonde, il taille. On peut résumer ça en disant que de tout mal Il sait tirer un bien, et que si nous n'agissons pas pour Lui, ça ne l'empêche pas d'agir malgré nous...

Par Sancenay, le

De qui parlez-vous, cher Pasquin qui souvent nous fait sourire ? de "ceusses" qui ont voté naïvement le pacs la main sur le coeur, se persuadant que l'on s'arrêterait là , les mêmes qui, aux présidentielles dernières trouvaient la loi Léonetti "équilibrée" et digne de figurer en excergue sur la première page de "com" de leur champion (Dieu merci défait, notamment pour cela entre temps ) , et aujourd'hui jugée insuffisante par son auteur , accessoirement Grand Insulteur des catholiques au Parlement ?De "ceusses", les mêmes, dont l'habile stratégie, sur l'amalgame gay consistait à réclamer "l'objection de conscience *" avant même que d'avoir combattu pour ce qu'exige exclusivement le Bien commun: le retrait pur et simple de ce vomi de néo-"humaniste" à la sauce Guillotin .J'ose espérer alors qu'il ne s'agit que d'une minorité égarée de vos lecteurs qu'il convient de réveiller charitablement, soit énergiquement en l'occurence. Pour ma modeste part je crois que la "grande peur " assurément coupable que vous efforcez de définir , ce n'est pas obligatoirement de calcer du "bourgeois" ou du "mondain", d'autant "qu'à vaincre sans péril ..." Le risque si peu partagé , c'est de dire que notre régime assez bananier au demaurant, et qui est également celui du monde, est basé intialement sur la terreur, sur une véritable tradition désormais de la persécution des plus faibles, des plus petits , à présent des trisomiques et des vieillards ou des malades réputés "incurables".Puisqu'il est d'ailleurs si doctement professé "chez ces gens-là" que "la Science" qui peut tout , ne saurait en aucun cas protéger la Vie ! Cette tradition a un nom : la révolution .Et c'est son esprit , rigoureusement entretenu et infusé dans notre siècle qu'il convient aujourd'hui , puisque, nous en atteignons l'aboutissement parfait: la barbarie absolue, de démasquer, de dénoncer et d'extirper, strate par strate du tissu social si douloureusement abîmé à tous les niveaux, qui aurait l'audace de la contester?L'occasion est, à ce titre du moins , "idéale" et force m'est de consater, que ce n'est , de loin pas "ceusses" qui voudraient bien encore le faire croire pour revenir au râtelier accomplir leurs méfaits quotidiens qui nous en fournissent l'occasion.Ne nous trompons pas de cible, cher Pasquin, les ennemis de la Loi naturelle , n'ont pas de patrie,ni de classe,pas même de parti, ce qui d'ailleurs est devant la réalité du problème parfaitement désuet et pas nécessairement catholique à y regarder de près. Mais ils ont une "religion" celle du "Progrès" contre l'humanité. C'est pourquoi tous les hommes de bonne volonté d'où qu'ils viennent doivent se rassembler , combattre et désormais , vaincre. *objection de conscience qui consiste à refiler si "charitablement" le problème à un adjoint présumé consentant.

Par eljojo, le

Hem, sans vouloir plomber l'ambiance, il y a quelques points qui posent questions.Tout d'abord il est bizarre de dire que les cathos sont structurellement non média-compatibles. Le monde nous hais, certes, mais ce n'est pas nouveau, et ce n'est pas près de s'arrêter. Les médias sont un outil formidable, ni bon ni mauvais, et à nous chrétiens d'en tirer le meilleur parti. Nous devons adapter notre langage, c'est à dire la forme de notre message, à notre cible.Car le but de tout chrétien n'est pas d'argumenter ou de convaincre, mais bien de témoigner. Or, un témoignage ne s'adresse pas au vide, mais bien à ceux que l'on désire convertir, toucher, ce qui suppose d'être compréhensible.Nos concitoyens aujourd'hui sont assez primaires et voient rouge à la moindre attaque contre une "minorité visible". Par conséquent dès qu'on passe pour un "homophobe" notre témoignage est brouillé à leurs yeux. Condamner "l'homophobie" signifie pour un chrétien à la fois réaffirmer le fait qu'on ne juge que les actes, et également empêcher l'interlocuteur de se fermer à notre discours qui est (pré-)supposé "homophobe".En fait, c'est une question de stratégie. La société vit avec ses règles et ses usages qui pour être parfois stupides n'en existent pas moins. Et, là, être intelligent et habile comme un serpent, c'est jouer selon les règles dans la mesure où elles n'entrent pas en conflit avec la vertu, afin que notre témoignage soit mieux entendu.Ce qui a converti les païens, c'est "voici comme ils s'aiment". Eh bien ce n'est pas en passant pour des "brutes" qu'on y arrivera.Que "nous" passions bien n'est effectivement pas un but, mais que le message du Christ passe bien, ça, oui, c'est un objectif pour tout chrétien !Au passage, venant d'un auteur qui prône l'unité, il est plutôt surprenant de lire "des propos *pour une fois courageux* de Mgr Vingt-Trois". Comme quoi il y a encore du chemin pour marcher côte à côte...

Laudate