La nature a bon dos

Rédigé par Adélaïde Pouchol le dans Éthique et tac

La nature a bon dos

Les animaux font ce que bon leur semble, ou plutôt ce que leur instinct leur présente comme tel. L'escargot, outre sa fâcheuse tendance à baver, est hermaphrodite et les femelles de certaines espèces d'oiseaux, les cygnes par exemple, « s'accouplent »  régulièrement pour élever leur nichée. Le Gender à l'état de nature… C'est pourquoi notre opposition au « mariage » homosexuel ne naît pas de l'observation du mode de vie des fourmis ou des albatros, contrairement à ce que nos objecteurs nous assènent.

Nous sommes des animaux raisonnables, certes, mais suffisamment différents des autres pour manifester pour ou contre un projet de loi, pour discuter du sexe des anges, croire ou refuser de croire en Dieu,  pour disserter  - justement- sur l'exception humaine. Lorsque je verrai des bonobos tenir une séance au Parlement, ou des poules faire une procession pour la Fête-Dieu, peut-être faudra-t-il revenir sur cette idée…


En attendant, certains pensent que le terme « contre-nature », employé par certains opposants au mariage homosexuel, signifierait que cette forme de sexualité n’existe pas dans le règne animal. Mais il n’y a pas, jusqu’à preuve du contraire, de lien de causalité entre l’opposition au « mariage » homosexuel et le statut de cancre en biologie. L’homosexualité, ce n’est pas nouveau, est répandue dans le règne animal. En fait d’homosexualité, parlons plutôt de gestes sexués entre individus de même sexe car le terme d’homosexualité recouvre, chez l’homme, bien plus que les seuls gestes et rapports sexuels qui peuvent être établis au sein du couple.

La nature, dans l’expression « contre-nature », ne doit pas se comprendre comme l’ensemble du monde sensible, pas plus d’ailleurs qu’en opposition à la culture. Elle signifie ce pour quoi l’homme est fait, ce à quoi son humanité le destine et ce qu’elle lui offre comme potentialité.

Les autres animaux n’ont rien à faire dans ce débat. Est-ce parce que l’homosexualité est répandue dans le règne animal que nous devons en faire de même ? Est-ce parce que certains lézards peuvent se reproduire entre femelles qu’il faut légaliser l’aide médicale à la procréation pour les couples homosexuels ? Drôle d’éthique.

La mante religieuse dévore son mari après l’acte sexuel… Mesdames, à vos fourchettes, le comportement est étonnant, certes, mais il existe dans la nature…

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2 commentaires

Par roussel, le

Le propos renvoie ici à la confusion fréquente entre deux sens de la délicate notion de "nature".Il y a la nature au sens de l'ensemble de l'univers, du règne minéral, végétal et animal, nature à laquelle l'homme appartient , ne serait ce que comme réalité matérielle ,physique, biologique, par son corps: nature étudiée par la science. Et il y a l'autre sens du mot "nature"...qui est la nature propre d'un être, l'essence, la nature humaine, la vocation humaine . On sait ici que certains philosophes récusent cette "nature humaine" , en ne retenant que la liberté au principe de l'homme , de l'invention de l'homme par l'homme. C'est le fantasme de la modernité d'une part dominer et transformer, améliorer la nature par la technique : bilan aujourd'hui ? et même faire de sa propre nature , le seul projet de son désir, de son action, et de sa liberté. Par exemple, avec le mariage pour tous, il s'agit d'arracher la famille à son enracinement "naturel" pour n'en faire qu'une convention, un contrat, une sorte d'association loi 1901 où la filiation naturelle est remplacée par une généralisation de l'adoption dans le déni des liens naturels. Et de fait ce débat sur la nature humaine est ici proprement philosophique. La biologie nous dit ce qu'est l'homme en tant qu'être vivant dans la nature, mais elle n'est pas fondée à nous dire la nature de l'homme. Est ce alors à l'Etat d'imposer sa "philosophie", pour autant qu'on puisse appeler "philosophie" l'effrayante pauvreté de l' argumentation gouvernementale . C'est tout le problème du totalitarisme démocratique qui est ici en jeu. "Nous avons raison puisque nous sommes les plus nombreux"Ici, les religions résistent au nom de leur anthropologie, de leur philosophie, de leur idée de la nature de l'homme, et demandent au moins un vrai débat. Mais le débat est refusé, ne reste donc que le rapport de forces.L'intelligence était alors d'anticiper cette situation, en faisant tout pour ne pas en arriver là. En mai 2012, les évêques n'ont pas eu le courage de demander clairement aux catholiques de ne pas voter "à gauche", vu l'importance de ce qui est ici en jeu. Les catholiques, électeurs de F.Hollande, comme tout le monde, récoltent ce qu'ils ont semé ! Vois ici sur ce sujet d'ailleurs l'assourdissant silence des "chrétiens" dits de gauche ou encore "sociaux"....

Par Sancenay, le

Le problème se situe bien là.Car c'est tout simplement l'ordonnancement naturel voulu par le Créateur qui attise la fureur de ces quelques tenants du désordre pour tous, si ce n'est, au-delà des présentes prétentions, du chaos selon la théorie révolutionnaire du même nom.Ces gens-là ne représentent aucune "communauté" puisque l'écrasante majorité des personnes homosexuelles respecte parfaitement la "différence"... au demeurant la plus répandue.Ce sont, au moins pour leurs meneurs, des mercenaires de la révolution permanente et de la transgression violente au profit de puissances occultes hostiles au Bien commun et à la Patrie censée le promouvoir. Patrie dont toute personne de bonne volonté est en devoir d'espérer et de faire en sorte qu'elle fasse enfin triompher ce Bien commun attendu par tous.Merci encore à Adélaïde Pouchol de le suggérer habilement.