La logique subversive du mimétisme

Rédigé par Thibaud Collin le dans Société

La logique subversive du mimétisme

Peut-on sans dommage parler de « couple » homosexuel ? Les mots que nous utilisons pour exprimer notre avis sur tel ou tel sujet véhiculent des implications dont le sens parfois nous échappe. La plupart des protagonistes du débat actuel ont pris l'habitude de parler de « couple de personnes de même sexe ». Une telle expression contribue de facto à légitimer la revendication homosexuelle puisque l'usage des mêmes mots pour désigner le phénomène semble faire consensus.

Choisir le mot « couple » pour nommer la relation amoureuse entre deux hommes ou entre deux femmes crée un parallélisme avec le couple homme/femme. Si on désigne ces deux types de relation par le même mot, ne serait-ce pas le signe qu'ils sont comparables ? Puisque seul ce qui est comparable peut être comparé, on a ainsi effectué une partie du chemin de légitimation. L'égalité consistant à attribuer les mêmes droits à des personnes étant dans des situations semblables, les traiter différemment est perçue comme discriminatoire. Au nom de la lutte contre les discriminations, il s'agit donc d'attribuer rigoureusement les mêmes droits à tous les couples, d'où la formule du « mariage pour tous ». Il convient d'interroger à la racine ce présupposé lexical afin de décrypter la logique subversive qu'il déploie à notre insu. Ce qui se cache dans cette utilisation du mot « couple » est une volonté de mimétisme au service d'une stratégie de reconnaissance sociale.

Le mot « couple », du latin copula signifiant « lien, liaison » désigne « un homme et une femme réunis » ; on trouve aussi un sens mécanique dont l'origine analogique est évidente : « ensemble de deux forces parallèles égales entre elles, de sens contraire ». Le mot couple dit donc complémentarité des différences. Tout cela connote l'idée d'un agencement de parties diverses et formant ainsi un tout spécifique. Ce tout est la réalité conjugale, principe de la famille. L'union de l'homme et de la femme réalise un haut degré d'intégration des différentes dimensions de la personne humaine : corps sexué, affectivité, volonté libre ; ­celle-ci assumant les deux premiers niveaux et s'autodéterminant dans un don total de la personne à l'autre, et réciproquement : telle est la signification profonde de l'union des époux par laquelle ils sont ouverts à la transmission de la vie, c'est-à-dire à la procréation d'une nouvelle personne humaine, leur enfant dont ils vont assumer l'éducation. La famille est ainsi cette articulation des différences (sexuelle et générationnelle) et par là elle a pour finalité d'être communion de personnes. La communion conjugale en est la clef de voûte.



La relation affective et sexuelle entre deux hommes ou entre deux femmes est objectivement privée de cette intégration des dimensions personnelles. Il y a, au contraire, déconnexion dont le signe le plus flagrant est la stérilité du rapport corporel. On ne peut nommer celui-ci « union » puisqu’il n’est en rien signe et instrument du don réciproque des personnes. Même si l’intensité du sentiment peut faire croire et espérer à une communion de type conjugal, la fracture est béante. Cependant le désir de communion demeure ; le désir de transmettre la vie aussi. Ces inclinations naturelles sont inscrites dans le cœur de toute personne humaine. Notons qu’on a là une belle confirmation de l’universalité de la loi naturelle puisque ces inclinations continuent à s’exprimer malgré l’impossibilité subjective de les réaliser.

Et c’est ici que le drame se noue et que le mimétisme cherche à le résoudre. En récupérant les mots de la conjugalité et de la filiation, la revendication homosexuelle cherche à obtenir par la société constructiviste ce que la réalité des pratiques ne peut lui donner. Le coup de force consiste donc à faire accepter au plus grand nombre que le vécu homosexuel est similaire au vécu conjugal et qu’à ce titre il doit être accueilli et traité de manière identique.

Le plus grand nombre ayant déjà validé de nombreuses déconnexions mentales (contraception, PMA, union libre, divorce, etc.), il ne perçoit la revendication homosexuelle que comme l’aboutissement d’un long processus d’égalisation entre hommes et femmes d’abord, puis entre « homos » et « hétéros ». Alors le piège peut se refermer : à l’imitation de l’original par la copie peut succéder le refus par la copie de la supériorité de l’original et même la contestation de son statut d’original. Ainsi la différence s’estompe et l’indifférenciation croît. Le couple est devenu une réalité asexuée ; la famille et la filiation aussi. 

Ce billet est extrait du dernier numéro de L'Homme Nouveau que vous pouvez commander à nos bureaux (10 rue Rosenwald, 75015 Paris. Tél. : 01 53 68 99 77, au prix de 4 euros), ou télécharger directement sur ce site en cliquant sur le lien ci-dessous.

Recommander ce billet

Ajouter un commentaire

Pour commenter cet article, veuillez remplir le formulaire suivant :

* Champs obligatoires

9 commentaires

Par Jean, le

@Béatrice. Vous dites: "la question de savoir si l'homosexualité est une donnée innée est à l'origine de votre développement": Il ne s'agit pas d'une question mais d'un fait. Et en effet toute réflexion, y compris spirituelle, sur l'homosexualité doit partir de ce constat incontournable. "Nous sommes tous plus ou moins homosexuels en puissance": Oui, vous avez raison, l'homosexualité est une virtualité du développement de la sexualité humaine. "dans la mesure où nous avons tous plus ou moins tendance à nous réfugier dans l'attrait pour le "même": Non, l'homosexualité n'est pas liée à la peur de l'autre, c'est une réponse du développement libidinal chez l'enfant à une dévalorisation inconsciente du phallus par la mère, qui le revendique pour elle, et le dénie au père, qui se trouve par là même dévalorisé. Cette phase de la réflexion doit induire une éthique pour "l'ici et maintenant", le monde mondain, où évoluent les homosexuels devenus adultes, qu'ils refusent ou non cet aspect de leur personnalité. Ce que fait la République, qui a choisi, pour notre paix à tous, de ne considérer que des citoyens égaux devant la loi. Pour ce qui est du spirituel, le manque de compassion envers les personnes homosexuelles, qui sont selon moi de véritable accidentés de la vie, est tout à fait contraire à l'esprit du Christ. Bien sûr, un couple homosexuel ne sera jamais porteur de vie au sens procréatif, mais la vie se manifestera en eux autrement, par exemple sous la forme de la fécondité culturelle, éthique et symbolique. L'homosexualité n'est pas une revendication, c'est un destin. Dans la mesure où il n'y a rien de plus beau et de plus fort que la naissance, de donner naissance, les chrétiens doivent accueillir leurs frères homosexuels, que le sort prive de cette issue vers la vie éternelle, en ne les responsabilisant pas de ce qui se joue en eux, malgré eux, contre lequel ils cessent un jour de se battre car cette vie doit aussi être pour eux source de joie et d'espérance. Vous avez raison, cette relation n'est "manifestement" pas porteuse de vie, elle l'est autrement, de façon non visible à l'oeil. Vous parlez de cet ami qui a fait un mariage hétérosexuel pour alléger la pression familiale. Mais ce que vous avez perçu d'erroné et de mortifère dans ce mariage, pour le coup véritablement contre-nature, est justement le mensonge imposé à tous alors qu'il était dans la nature de votre ami de vivre son homosexualité. Ce n'est pas l'homosexualité qui est mortifère, c'est le mensonge qui l'entoure. On "tord" bien plus la réalité, et, par là même, les êtres (ce qui est terrible) en leur imposant la dissimulation et le secret. Tout le monde à cette cérémonie semble percevoir qu'il y a quelque chose qui ne va pas mais vous faite une erreur de diagnostic. C'est le mensonge, comme le nez au milieu de la figure, qui induit le malaise. "comme si un troisième sexe avait été inventé": non, non et non, cette phrase relève du pur fantasme. "Dans une relation homosexuelle, une seule partie de l'humanité est représentée": non, mille fois non, une fois de plus: La différence des sexes est inscrite en chacun de nous, homosexuels comme hétérosexuels, c'est une donnée intangible de l'humain. Même si cela ne se voit pas. Nous sommes tous les dépositaires de l'esprit du père et de l'esprit de la mère. Il arrive ensuite que chez un certain nombre d'entre nous, la "sauce ne prend pas", c'est à dire que l'esprit mâle et l'esprit femelle ne s'agencent psychiquement pas de manière à mener vers la procréation, qui est le destin "normal", habituel de tout être. C'est en soi, une chose tragique, qui mérite compassion. L'homosexualité n'est pas une négation, c'est seulement le signe que la libido a subi dans les jeunes années de la personne, alors qu'elle n'y pouvait rien, car ces puissances se jouaient en elle bien avant que la conscience n'émerge, une inversion massive. Mais en tout homme et en toute femme, les deux sexes sont présents. "L'homosexualité est certainement une tragédie à vivre, mais on ne peut réduire les personnes à leur homosexualité": Oui, vous avez raison, et c'est en laissant les homosexuels vivre leur sexualité, qui n'est pas une menace pour l'immense, je dis bien l'immense majorité des autres, que chacun trouvera sa place, sans se sentir menacé dans son intégrité personnelle par les pulsions libidinales d'autrui. La vie sera bien évidemment toujours portée par ceux qui ont pour destin d'accéder à une génitalité heureuse et procréatrice. Que ceux qui n'ont pas accès à cette grâce, à l'éternité comme vous la nommez, soient accueillis dans leur souffrance, et qu'on les laisse vivre dans la paix, avec un regard compassionnel et éclairé sur ce qui ne s'est pas fait en eux, et qu'ils regrettent mais qu'ils ne peuvent passer leur vie à regretter. Car s'il n'y a rien de plus beau en ce monde que de donner la vie, ceux qui en sont privés de par des puissances qu'ils ne maîtrisent pas, méritent d'autant plus notre compassion et notre compréhension. Sur le dernier point: "C'est au contact de son mari qu'une épouse devient pleinement femme, comme le mari devient homme au contact de son épouse": Je suis partagé sur ce dernier point car ce que vous dites porte en soi quelque chose de très fort et de très beau, qui est la rencontre d'un homme et d'une femme en vue de la joie de fonder une famille. Mais cela revient à dire que les hommes ou les femmes homosexuels ne sont pas "pleinement" hommes ou femmes. Ce qui est faux. Méconnaître et nier cette réalité ne confère pas plus de valeur à l'union d'un homme et d'une femme, mais revient à stigmatiser les homosexuels parce qu'on les considère de par leur seule existence comme une menace à l'ordre du monde, ce qu'ils ne sont pas. C'est ajouter de la souffrance à la souffrance. De quoi parle t-on lorsqu'on parle d'être "pleinement" homme ou femme? Je ne pense pas que l'acte procréatif ou le mariage donnent leur caractère sexué, ou leur identité sexuelle aux hommes ou aux femmes, et encore moins que fonder une famille donne une valeur supplémentaire à tel ou tel être. Je dirais qu'il ou elle connaît simplement le bonheur de rencontrer ce destin là, alors que d'autres en sont privés. Il y a des gens qui ne procréent pas, ou ne vivent pas en couple, sans être homosexuels, pourtant on ne peut leur dénier la qualité d'homme ou de femme. Si vous voulez dire que la seule véritable "réalisation de soi" d'un être est sa rencontre avec une destinée génitale et procréatrice, alors que dit ont de tous ceux qui pour une raison ou pour une autre ne se marieront jamais et ne feront jamais d'enfants? Bien sûr la reproduction et l'éternité sont notre horizon à tous, mais ne jugeons pas, s'il-vous-plaît, ceux que la vie écartent d'un tel destin. Ils ne sont pas "moins" ou "plus" quelque chose que leurs frères humains. Béatrice, merci de notre échange qui a contribué à affermir ma réflexion.

Par Beatrice, le

@JeanEtre sensible aux difficultés à vivre rencontrées par les homosexuels est une excellente chose mais il ne faut pas s’arrêter là. Vous dites : « Ils faut cesser que certains d'entre nous soit promis au destin de ne se penser que comme des "êtres pour la mort". C’est bien là que se situe le cœur de la question. On ne peut considérer qu’un être humain puisse se retrouver dans cette appréciation de lui-même qu’en raison d’une exclusion qui lui serait étrangère. La question de savoir si l’homosexualité est une donnée « innée » ou tout du moins inscrite « dès le plus jeune âge » semble être à l’origine de votre développement. Une sorte d’injustice serait tombée sur les personnes homosexuelles et la communauté devrait prendre en charge de la réparer en leur permettant de réintégrer une sorte de normalité, de droit au bonheur. En réalité, le problème est bien plus vaste me semble-t-il. Nous sommes tous plus ou moins des homosexuels en puissance, dans la mesure où nous avons tous plus ou moins tendance à nous réfugier dans l’attrait pour le « même ». La peur de l’autre, de celui qui est différent est cette même peur qui nous empêche d’entrer véritablement en relation avec le Tout-Autre, c’est-à-dire avec Dieu. Il ne s’agit pas tant d’un problème moral qu’un problème spirituel. Et tous les efforts de nos sociétés pour intégrer l’homosexualité dans la « normalité » n’y changeront rien. La relation conjugale est une relation qui nous prépare à mieux entrer en relation avec Dieu. En effet, la différence des sexes est là pour nous apprendre à ne pas rechercher une osmose confortable en apparence, mais au contraire à voir comme une véritable richesse pourvoyeuse de vie, et en l’occurrence de vie éternelle, la relation entre deux êtres fondamentalement différents : l’homme en face de la femme, la créature en face du Créateur. Il est d’ailleurs intéressant de constater que la faillite du mariage s’est accompagnée d’une valorisation de l’homosexualité. L’harmonieuse et durable vie conjugale faisant partie dorénavant des objectifs impossibles à réaliser, la sinistrose invite à se replier sur ses cicatrices pour leur donner un sens qui se révèle mortifère. Aimer l’autre n’étant pas possible, au moins pouvons-nous essayer d’aimer le même…. quitte à déguiser cette relation en la prétendant porteuse de vie lorsqu’elle ne l’est manifestement pas. Ce qui est puissant dans la relation conjugale c’est qu’elle intègre et représente l’humanité entière : l’homme y représente tous les hommes, la femme y représente toutes les femmes, et leur fécondité signe que cette relations seule a de l’avenir. Dans une relation homosexuelle, une seule partie de l’humanité est représentée, excluant de fait l’autre partie de l’humanité. Il y a 25 ans j’avais assisté au mariage civil de mon meilleur ami, homosexuel. Il avait épousé une homosexuelle, mariage de convenance donc, afin d’alléger la pression familiale. La fête qui avait été organisée – sans la famille, juste les amis des deux « époux » - était bizarre : d’un côté les hommes, et de l’autre les femmes. Pourtant tous se ressemblaient étrangement, comme si un troisième sexe, androgyne, avait été inventé. Mais les deux groupes ne communiquaient absolument pas. A se demander si l’amitié qui avait entraîné ce projet scabreux de faux-mariage n’avait été fondée finalement que sur le partage de la solitude et des souffrances liées à l’homosexualité. L’homosexualité est sûrement une tragédie à vivre, mais on ne peut réduire une personne à son homosexualité. Chacun de nous est invité à progresser sur un chemin de vie, sans faux-semblant, et à la mesure de ses capacités qui sont bien plus grandes que nous pouvons le croire. Avant d’aimer un autre, il faut s’aimer soi-même et souvent l’histoire commence par là. Quand on ne s’aime pas soi-même, on peut croire qu’en aimant un semblable on progressera, alors que c’est l’inverse qui se passe. C’est au contact de son mari que l’épouse devient pleinement femme, comme le mari devient homme au contact de son épouse. Si tout le monde ressemble à un homme, ou si tout le monde ressemble à une femme, personne n’existe.

Par Jean, le

@Béatrice. Merci pour votre réponse. Merci aussi pour les lectures conseillées et les pistes de réflexion, je prendrai soin de m'y plonger. Je pense que "l'autre me révèle à moi même" est tout à fait vrai. Je pense aussi qu'il faut l'entendre au sens large, c'est à dire que ça ne concerne pas seulement l'identité sexuée mais l'autre désigne l'autre que moi, c'est à dire mon prochain. En effet le désir est défini par l'incomplétude, je suis bien d'accord. Et c'est l'autre qui fait le "moteur du désir". Mais à mon avis cela ne se réduit pas aux questions, homosexuel - non homosexuel, homme ou femme. Cela concerne la dynamique du désir en général. Pardonnez moi si j'ai eu l'air d'accuser qui que ce soit de manque de compassion, ce n'était pas mon intention. Vous avez raison aussi d'écrire que nous ne referons pas le monde dans une case de commentaire de blog. Bonne journée.

Par Beatrice, le

@JeanMerci pour votre réponse. A vous lire, il ressort que vous axez toute votre réflexion sur une sorte de compassion dont vous n’arrivez pas à sortir. Il me semble que si compassion il doit y avoir, c’est justement en n’enfermant pas les personnes homosexuelles dans un « état » qui non seulement ne les définit pas, mais peut se révéler une prison, finalement encore plus laborieuse à vivre.Vous vous méprenez sur la définition que vous m’attribuez selon laquelle, si je vous ai comprise, je dirais qu’est pleinement homme et pleinement femme celui ou celle qui accomplit sa sexualité dans la procréation. Je pense que la procréation est sans doute comme un sommet ou plutôt comme une heureuse conséquence de la sexualité. Mais j’ai croisé bien des prêtres au caractère viril et des religieuses très féminines sans que les uns ou les autres aient procréé. Vous relevez que les uns et les autres nous avons tous des traces de féminité et de masculinité, soit. Mais à lui seul, l’individu ne représente pas l’humanité et ce parce qu’il est sexué. La sexualité est la preuve qu’on a besoin de l’autre pour vivre. Elle est un appel à la communion, pas à la fusion. Pour entrer en relation avec autrui, il faut qu’il soit autrui. Et c’est cela qui enrichit, c’est cela qui fait le bonheur. « L’autre me révèle à moi-même » disait Benoit XVI. Les nombreux textes écrits par Jean-Paul II sur la relation conjugale devraient être travaillés pour pouvoir comprendre ce que je dis trop brièvement et trop maladroitement à mon goût. Je pense surtout que vous ne pouvez pas simplifier la question, comme le font nombre de nos contemporains, à une question de compassion, à des accusations de manque d’accueil en particulier des chrétiens vis-à-vis des personnes homosexuelles, à des revendications d’égalité qui prouvent que le terme d’égalité est mal compris. C’est un procès injuste. Bien au contraire, les chrétiens croient que tout homme est appelé au bonheur et ne font que constater, comme vous, que l’homosexualité n’est pas synonyme de bonheur. S’imaginer qu’une sorte de « monde idéal », où les homosexuels se sentiraient comme les autres par banalisation ou équivalence proclamée entre hétéro et homo sexualité puisse étancher leur soif de bonheur est un leurre. L’homosexualité peut être un chemin vers le bonheur à l’instar de toutes les croix que nous avons, chacun, à porter. Mais l’amour que le Bon Dieu nous présente comme modèle à suivre dans le but de nous rendre heureux est un amour qui accepte que quelque-chose nous manque, quelque-chose que l’autre a et que je n’ai pas, c’est ce qui créée le désir (voir les encycliques de Benoit XVI), c’est ce qui nous permet de comprendre que nous ne pouvons nous résumer à nous-mêmes. Nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes. Nous ne nous sommes pas créés nous-mêmes.Permettez-moi de vous encourager à travailler notamment sur les enseignements de Jean-Paul II au sujet de la sexualité humaine, vous y découvrirez certainement de quoi alimenter votre propre reflexion -beaucoup mieux qu'avec mes réponses imparfaites, car ils sont très riches.Bonne journée à vous.

Par Jean, le

Bonjour. Les homosexuels souffrent dans leur corps de cette particularité qui conditionne leur existence. Françoise Dolto, psychanalyste d'inspiration chrétienne, les voit comme des "sacrifiés". Ils sont en effet des sacrifiés. Et le rôle des chrétiens devrait être de les encourager à éprouver le sentiment, qui se rapport à une réalité, de la continuité de leur humanité, de la continuité notamment de leur lien à leur famille. Le véritable coeur de cette revendication muette des homosexuels est la volonté d'appartenance à la continuité des générations dont ils sont exclus dès leur plus jeune âge, du fait d'une attirance dont, une fois de plus, ils n'ont pas la maîtrise. Les homosexuels ne choisissent pas. Bien sûr ils peuvent choisir de ne pas vivre leur sexualité. Et continuer ainsi à être des "sacrifiés". Arrangeant ceux qui pensent pour les autres, pour la vie des autres. C'est ajouter de la souffrance à la souffrance. Le mérite de ce débat sur la mariage a été de faire porter un moment à la collectivité (ici la collectivité laïque que représente la République ) un peu de la douleur intérieure qui est le lot de tous ceux qui découvrent cette particularité clivante en eux. On s'aperçoit que bien nombreux sont ceux qui ne supportent pas un instant cette souffrance, cette ambiguïté qui fait partie de l'expérience humaine et se comportent de manière violente. Un mois d'incertitude assumée comparée à des vies entières sacrifiées à la solitude, à la moquerie ou au meurtre: et ils ne le supportent pas ! Les homosexuels qui décident de vivre en conformité à leur nature, à ce destin qu'ils portent et qui n'est pas choisi, le font à fin de s'épanouir, afin que l'amour rayonne aussi pour eux dans leur entourage. Ils forment donc des couples, à égale dignité que les couples hétérosexuels. Il n'y a pas à se couper les cheveux en quatre pour comprendre cela. Les homosexuels doivent retrouver leur place au sein de la continuité des générations. Du moins doivent-ils avoir la possibilité de choisir cette voie, et qu'ils soient respectés. Ils faut cesser que certains d'entre nous soit promis au destin de ne se penser que comme des "êtres pour la mort". Je conjure donc ceux qui ne savent pas de quoi ils parlent, car ils n'ont pas souffert de l'exclusion, en particulier de celle très violente induite par l'homosexualité, de l'extrême solitude qui forme le socle commun de l'expérience homosexuelle, ou bien parce qu'ils n'ont jamais fréquenté ou parlé à une personne homosexuelle pour comprendre en profondeur ce que représente son expérience du monde, de mesurer leurs propos et leurs actes. La revendication homosexuelle du mariage fait honneur à cette institution. Le comportement éthique des homosexuels est, contrairement à l'intuition partagée, bien plus fort que celui des non homosexuels. Ils se sentent souvent, du fait de l'ostracisme et du soupçon de perversion, de trahison dont ils sont l'objet, le devoir d'être "plus humains qu'humain". Puisqu'ils ne se reproduisent pas, c'est indéniable, Françoise Dolto leur reconnait cette particularité de la "fécondité culturelle": leurs pulsions sont sublimées vers des investissements éthiques, culturels et sociaux qui ont contribué et contribuent encore au progrès de la civilisation. Que la République se rende compte de la finesse de cette réalité et reconnaisse la dignité de leur condition en instituant par la loi leur parfaite égalité avec leurs concitoyens et la légitimité de ce sort sur lequel ils ne peuvent pas revenir me rend aujourd'hui très fier de mon pays. Et je le suis aussi en tant que chrétien, même si l'Eglise doit réviser ses positions sur la question de l'homosexualité. En tant que chrétien vous devez porter le message du christ qui est un message d'amour, et chercher dans la complexité du réel ce qui vous relie (re-ligere) à votre prochain. Ce qui vous relie à votre prochain, c'est son humanité. Et les homosexuels ne sont pas moins humains. Ils ne méritent pas que l'on parle d'eux comme de personnes extérieures, dont on pourrait juger de la qualité de couple ou de non couple, dont le couple serait moins un couple parce qu'il n'est pas promis à la procréation. Ce genre de discours est le fruit de l'ignorance. Les couples homosexuels, pour finir, ne sont pas moins dignes, pas moins forgés d'amour, de joie et d'espérance, et pas moins porteurs de bonheur que les autres couples.

Par paulau, le

En effetL'emploi d'un même terme pour désigner deux réalités différentes conduit à des confusions.On ne peut donner un même nom, en l'occurrence "couple" à l'union homosexuelle et à l'union hétérosexuelle. En effet l'union d'un homme et d'une femme est différente de l'union entre deux hommes ou entre deux femmes, à moins de considérer que l'homme est identique à la femme.L'homosexualité est une forme d' intolérance à l'altérité sexuelle alors que l'hétérosexualité fait vivre la complémentarité sexuelle. L'utilisation d'un même terme, "couple" pour désigner deux réalités différentes, et même antagonistes, est anormale. A deux types d'unions différentes il faut donner des noms différents : "couple", comme on l'utilise depuis toujours pour les unions hétérosexuelles et, pour les unions homosexuelles, on peut préconiser le terme "paire" car cette union concerne deux personnes de sexe identique. Si le couple est composé de deux personnes c'est qu'il y a deux sexes différents. Le chiffre "2", en tant que tel, n'ouvre aucun droit. S' agissant d’homosexuels, le sexe étant le même pour les deux personnes, cette reconnaissance juridique de la vie à deux n’offre pas plus de pertinence qu’une reconnaissance juridique de la vie à trois, quatre ou cinq. Toute confusion dans les termes entraîne une confusion dans la perception de ces deux réalités. Cette confusion peut amener à souhaiter un même régime juridique , en l'occurrence le mariage, pour des unions qui sont différentes.

Par ROUSSEL, le

Il est effectivement très important d'essayer de rappeler aux tenants d'une culture- liberté et déni de la nature, qu'au coeur de la culture, il y a le langageLE LANGAGE, la langue est notre premier contrat social. JJ Rousseau le sait, lui qui consacre toute la première partie de son fameux ouvrage, à une analyse serrée des mots, des notions, force, droit, nature etc..., et ici il écrit même : "la première de toutes les sociétés et LA SEULE naturelle, est la famille...."C'st essentiel et à méditer, mais peut-on demander à nos élus, de penser jusque là ?D'où l'impoprtance de s'entendre sur les mots, le sens des mots, faute de quoi on va vers la dissolution du lien social, c'est à dire la violence. Ce travail a toujours été celui de la philosophie, y compris dans ses prolongements devenus "science". mais dès le début en Grèce, en Occident, les philosophes ont rencontré leurs pires adversaires, les sophistes nombreux et puissants, alliés immédiats des pouvoirs. Ici, les sophistes construisent leurs simulacres, et à défaut de légitimité selon la saine raison, imposent leur légalité, au titre de la loi des plus nombreux, c'est à dire des plus forts, refusant ce sans quoi la démocratie n'est qu'une des formes du totalitarisme, le débat rationnel et raisonnable, l'éthique de l'honnêteté intellectuelle <;

Par collin, le

J'ai écrit impossibilité subjective pour désigner l'impossibilité du sujet humain.Mais on est d'accord que cette impossibilité est bien réelle et sous ce rapport peut être aussi être dite objective.

Par IsabelleP, le

Rectification importante : dernière ligne de l'avant-avant dernier paragraphe "malgré l'impossibilité OBJECTIVE" et non subjective !!!