Les cloches de Notre-Dame ne sont pas celles qu'on croit...

Rédigé par Adélaïde Pouchol le dans Éthique et tac

Les cloches de Notre-Dame ne sont pas celles qu'on croit...

 

Échevelées, le poitrail à l'air, le ventre en étendard, les Femen ont encore fait parler d'elles. On s'offusque, même à gauche, de cette irruption aussi indécente qu'hystérique à Notre-Dame. « Bye bye Benoît », « Crise de foi », avec d'autres messages tout aussi mémorables, écrits au marqueur noir sur le corps, elles tapaient autant qu'elles le pouvaient sur les nouvelles cloches encore exposées dans la nef de la cathédrale en hurlant « Pope no more ». C'était la provocation de trop, celle que même Bertrand Delanoë, maire de Paris, ne pouvait cautionner, c'est dire.

 Les Femen méritent-elles un énième article ? Qu'on les blâme ou qu'on les loue, les activistes féministes n'ont pour seul but que de faire parler d'elles. Et pour cause. Elles n'ont pour seul argument que leur haine. Exit donc la volonté d'un réel débat.

Elles ont pour seule esthétique leur indécence et leur vulgarité. Exit donc la portée artistique de la chose.

Ces dames entendaient fêter le départ de Benoît XVI… Qu'on se le dise, nous ne voulons pas de leurs fêtes, nous avons tout ce qu'il faut en boutique. Car nous pouvons nous targuer, de Noël à Pâques, en passant par la Pentecôte et l'Ascension, de savoir célébrer, de savoir fêter, de connaître la joie. Celle qui nous vient du Christ.

La barque de Pierre a connu de sacrées tempêtes, et huit poitrails à l'air ne suffisent pas à la faire naufrager.

Ces dames entendent encore nous faire des leçons sur la place de la femme. Mais qu'avons-nous à recevoir de féministes qui ne comprennent rien à la féminité ? Qu'avons-nous besoin de Femen pour nous expliquer ce qu'est la femme, nous avons la Vierge Marie. Si les femmes ne trouvent pas leur place dans la société, qu'elles viennent dans l'Église, elles y sont sentinelles de l'invisible. Si le regard porté sur le corps par la société leur pose problème, qu'elles viennent dans l'Église, le corps y est temple de l'Esprit. Si la conception post-moderne de la sexualité les chagrine, qu'elles viennent dans l'Église, la sexualité y est communion et co-création !

« C'est l'Église comme institution qui nous gêne », explique l'une des huit activistes, interrogée après leur fracassante mise en scène.

Quant à nous, c'est la haine comme seul argument qui nous gêne…

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3 commentaires

Par Nicolas Jaisson, le

Le processus dialectique du changement social s'appuie sur des fractures, de manière à bousculer un équilibre entre des pôles contraires, dont la remise en question va provoquer une avancée dans le sens désiré. En l'occurrence, il s'agit, par l'intrusion dans une cathédrale de violer l'univers du sacré par l'exhibition scandaleuse de la nudité qui a pour effet de désacraliser un espace réservé à la prière. Ainsi l'affront fait aux tenants des valeurs morales fondées sur le sacré devient une occasion de remise en question de principes moraux fondamentaux considérés comme intangibles parce que relevant de l'ordre métaphysique des choses. Cette négation du sacré foulé aux pieds par la revendication de la supériorité de l'état de nature sur l''ordre métaphysique a pour effet d'introduire la contingence là où régnait l'immutabilité. Du coup, tout redevient possible, comme la remise en cause de l'ordre naturel voulu par Dieu avec son cortège de revendications qui renversent les conceptions traditionnelles relatives à la famille ou à la séparation des sexes. Face à l'absence de résistance, la partie adverse pousse son avantage et ce d'autant plus qu'elle se sait soutenue par les pouvoirs publics. A un moment où le pouvoir papal vacille, le moment paraît venu d'emporter définitivement le morceau, en levant les derniers tabous de l'ordre moral qui ne trouve plus à s'appuyer sur la dimension métaphysique qu'il a voulu ramener à l'ordre naturel des choses. Hors du sacré, la Nature se trouve livrée entre les mains des révoltés qui ont décidé de faire « toutes choses nouvelles » en vertu du principe de liberté qui est l'apanage de l'homme par rapport aux autres êtres vivants qui n'ont pas la maîtrise de leur destin.

Par Nicolas Jaisson, le

A Marc BergerotVous dites: "ce n’est assurément pas le moment choisi pour sombrer – et témoigner – dans la désespérance, non ?"Disons que le moment choisi pour s'éclipser? malgré les circonstances graves de l'heure en porte plus d'un à se poser des questions, surtout de la part du représentant d'une religion qui vante tellement les vertus de l'engagement jusqu'au sacrifice de soi-même. Alors dans ces circonstances, le courage de partir peut sonner comme "un courage fuyons!". Contrairement à ce qui nous est raconté, la fait n'a pas de précédents dans l'histoire de l'Eglise. Malheureusement le manque d'explications convaincantes laisse la porte ouverte à toutes les spéculations, notamment celles concernant les divisions dans l'équipe dirigeante. Vous pensez bien que les partisans du mariage pour tous vont s'engouffrer dans la brèche.

Par Marc bergerot, le

à Nicolas JaissonN’ y a-t-il pas bien longtemps hélas bien longtemps que l’ordre naturel comme vous l’évoquez est malmené par les nombreuses transgressions : contraception, divorce, euthanasie masquée, dépistage préimplantatoire, recherche sur l’embryon,…N’est-ce pas peut-être parce qu’ils s’aperçoivent que les catholiques, touchés également au niveau du portefeuille, se réveillent enfin, que les « ennemis du peuple » et de toute humanité s’efforcent de mettre le paquet par tout moyen pour réaliser en quelque sorte « le suicide assisté » de la société toute entière et au-delà, de la civilisation chrétienne, objet de leur haine fanatique.Pour autant, de là à percevoir que notre Pape vacillerait alors qu’il vient magistralement et en toute lucidité d’affirmer au monde que Foi et raison, nourries par la prière, constituent le chemin à même de secourir le monde déboussolé, ce n’est assurément pas le moment choisi pour sombrer – et témoigner – dans la désespérance, non ?

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