Et maintenant, que fait-on?

Rédigé par Adélaïde Pouchol le dans Politique/Société

 

Entretien avec Ludovine de La Rochère, présidente de « La Manif pour tous »

Propos recueillis par Adélaïde Pouchol

 

 

 

Quel bilan faites-vous de ces derniers mois de mobilisation ?

La prise de conscience du bouleversement de civilisation qui s'opère s'est étendue au fil des mois. Par ailleurs, l'intensité de la mobilisation a été extraordinairement intense. Les Français ont même été plus que mobilisés : ils ont été pleinement impliqués, acteurs, et je crois qu'ils ne comptent pas du tout abandonner le combat !

De nombreux Français, qui se croyaient seuls à se désoler des dérives sociétales, ont découvert qu'ils partageaient cette inquiétude avec beaucoup d'autres. Autre signe d'espoir pour tous : le très fort engagement des jeunes. Tout cela a contribué à la dynamique extraordinaire du mouvement. Certes, la loi Taubira a été votée puis promulguée, mais nous avons remporté une victoire bien réelle avec le retrait de l'amendement du projet de loi Peillon qui prévoyait l'enseignement de l'idéologie du Gender à l'école primaire. En tout cas, nous ne lâcherons rien sur la loi Taubira et nous ferons de son abrogation (sans rétroactivité) un enjeu prioritaire pour les élections à venir.

« La Manif pour tous » entend-elle prendre une dimension politique ?

Non, il ne s'agit pas de se constituer en mouvement politique, mais d'agir auprès des élus pour peser dans le débat public. Nous sommes convaincus, en effet, que c'est notamment notre indépendance qui fait notre force.

 

 Justement, que comptez-vous faire pour les maires qui sont déjà et seront de plus en plus confrontés aux demandes de mariages homosexuels ?

Nous mettons en place la structure nécessaire pour les aider, du point de vue juridique, de la communication, etc. Nos avocats travaillent en ce moment sur les textes de loi qui leur permettront de défendre les maires qui refuseront, en conscience, de célébrer le « mariage » de personnes de même sexe. Il ne faut pas oublier que la liberté de conscience est censée être l’un de nos fondamentaux, garanti par la Déclaration des droits de l’Homme !

 

Ne craignez-vous pas un essoufflement de la mobilisation pendant les vacances ? Que comptez-vous organiser ?

« La Manif pour tous » ne se bat pas seulement contre la loi Taubira, mais aussi contre ce qui est en est à l’origine, c’est-à-dire l’idéologie du Gender, et bien sûr contre la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour tous et la GPA (Gestation Pour Autrui ou mère porteuse). En fait, la tâche est immense pour nous tous qui voulons défendre le mariage et la filiation, c’est-à-dire l’enfant et la famille ! Nous allons annoncer et proposer trois types d’actions : informer et sensibiliser encore et toujours plus largement sur ce qui se joue actuellement, organiser des actions de rue, des actions juridiques et des actions auprès des politiques français et européens. Nous souhaitons aussi former sur ces sujets, car il y a urgence ! C’est dans cette optique que nous organisons une université d’été les 15 et 16 septembre en région parisienne. D’ici là, des actions sont bien sûr prévues, à commencer par la pétition pour la liberté de conscience des maires, très importante pour la suite, à signer sur le site officiel de « La Manif pour tous ».

 

Vous avez employé publiquement à plusieurs reprises le terme de résistance. Qu’entendez-vous par là ?

Le combat contre la loi Taubira nous a amenés à défendre les libertés fondamentales, en particulier liberté de pensée, d’opinion, d’expression. Au fond, nous défendons la démocratie ! Cela, conjugué au fait que nous n’acceptons pas cette loi, nous fait entrer en résistance. Ainsi, nous continuerons à exprimer notre refus du « mariage » et de l’adoption pour tous, nous défendrons les maires qui refusent de « marier » deux personnes de même sexe, etc. Légales ou non, nos actions resteront en tout cas respectueuses des personnes et du bien commun car nous voulons être cohérents avec nos valeurs et être des témoins de paix.

 

Le calme et la paix n’ont pourtant pas porté les fruits espérés puisque la loi est passée…

Les choses auraient été bien pires encore si nous avions usé de violence. Nous devons maîtriser notre colère, aussi légitime soit-elle, et agir avec discernement. La violence est un piège. Monsieur Valls essaye d’ailleurs de nous faire passer pour violents et veut nous y pousser. Le mouvement des veilleurs, par exemple, est très embarrassant pour le gouvernement !

Quoi qu’il arrive, la tâche est immense, mais nous l’assumerons !

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2 commentaires

Par foilogic, le

Monsieur le maire,Selon notre Constitution « La langue de la République est le français » chaque parution du dictionnaire de l'Académie Française étant publiée au Journal Officiel de la République. Ce nouvel alinéa a été ajouté, le 25 juin 1992, à l’article 2 de la Constitution. Se fondant sur ce principe, la loi du 4 août 1994, dite « loi Toubon », élargit les dispositions de la loi de 1975. Le décret du 3 juillet 1996 institue une nouvelle commission générale de terminologie et de néologie ; il étoffe le dispositif d’enrichissement de la langue française, l’accord de l’Académie française devenant indispensable pour que les termes recommandés soient publiés, avec leurs définitions, au Journal officiel. La magistrature morale de l’Académie se trouve ainsi confirmée par le droit, pour le plus grand bénéfice des instances et organismes impliqués dans la défense de la langue française. Toubon, article 5: « Quels qu'en soient l'objet et les formes, les contrats auxquels une personne morale de droit public ou une personne privée exécutant une mission de service public sont parties sont rédigés en langue française.»Circulaire du Premier Ministre Edouard Balladur:« La langue française est un élément constitutif de l'identité, de l'histoire et de la culture nationales »« Les agents publics ont, plus que les autres, des obligations particulières pour assurer son usage correct.»(Circulaire du Premier Ministre Edouard Balladur relative à l'emploi de la langue française par les agents publics, le 12 avril 1994.) La circulaire ministérielle (du 14 février 2003) de Jean-Pierre RAFFARIN rappelle que « Tout agent public doit se conformer au principe général, désormais inscrit dans la Constitution, selon lequel " la langue de la République est le français " ». « Les règles qu'ils sont tenus d'observer dans leurs activités en France et dans les relations internationales font l'objet de plusieurs circulaires qui, je le souligne, demeurent en vigueur.Nos concitoyens attendent de l'Etat qu'il montre l'exemple dans l'utilisation de la langue française. Je compte sur votre vigilance pour rappeler à vos services l'importance de cet enjeu. » (Jean-Pierre RAFFARIN, le 14 février 2003)Dans sa Circulaire du 25 avril 2013 relative à l’emploi de la langue française, Jean-Marc Ayrault déclare:« (...) je crois utile de rappeler un certain nombre de principes républicains touchant à la fonction première de l'usage du français par l'administration, qui est de contribuer à la cohésion de notre pays autour d'une langue partagée.Par ailleurs j'entends placer la langue française au cœur de la politique de modernisation de l'État (...) (...) Je vous invite à veiller au respect des textes qui encadrent l'emploi de notre langue dans la société car, quel que soit le domaine d'activité concerné (...) c'est notre tissu social qui est fragilisé si ces textes ne sont pas strictement observés.(...) Un vocabulaire français clair et précis permet en outre de prévenir des contentieux ou de lever des ambiguïtés dans les échanges ou les négociations. (...) J'attends de chacun d'entre vous un engagement personnel dans la mise en œuvre de ces principes républicains et de bonne gouvernance.»Dans son avant propos du rapport au Parlement sur l'emploi de la langue française, Jean-Marc Ayrault a écrit en 2012: « j’entends mener une politique de la langue cohérente, lisible et déterminée.»« (nos concitoyens) attendent aussi de l’État et de ses représentants qu’ils se montrent exemplaires dans l’emploi de la langue de la République.»Le dictionnaire officiel de l'Académie Française est publié au Journal Officiel de la République. D'autres organismes, délégations, commissions, ou Conseil supérieur de la langue française, peuvent conseiller, mais seule l'Académie Française fait autorité.Deux articles de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François Ier en août 1539, donnèrent une assise juridique à ce processus :Article 110 : Afin qu’il n’y ait cause de douter sur l’intelligence des arrêts de justice, nous voulons et ordonnons qu’ils soient faits et écrits si clairement, qu’il n’y ait, ni puisse avoir, aucune ambiguïté ou incertitude, ni lieu à demander interprétation.Article 111 : Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l’intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel français et non autrement.« La principale fonction de l’Académie sera de travailler, avec tout le soin et toute la diligence possibles, à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. » (Article 24 des statuts.)Voici donc ci-dessous deux définitions importantes qui font autorité, Monsieur le Maire, et que vous êtes tenu de respecter en public:MARIER v. tr. (se conjugue comme Crier). XIIe siècle. Issu du latin maritare, de même sens. En parlant d'un officier d'état civil ou d'un ministre du culte: Recueillir et rendre légitime l'engagement librement consenti par un homme et une femme qui s'unissent par le mariage. MARIAGE n. m. Dérivé de marier:Union légitime d'un homme et d'une femme, formée par l'échange des consentements que recueille publiquement le représentant de l'autorité civile.Vous ne pouvez donc pas marier deux personnes du même sexe, puisque cela irait à l'encontre des dispositions précitées...

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