Toulon : une formation pour la forme extraordinaire

Rédigé par Henri Saint-Martin le dans Religion

Summorum Pontificum, le Motu Proprio de 2007, qui vise concrètement à faire coexister dans les paroisses et dans les diocèses les deux formes du rite romain, appelle tout naturellement à réaliser la coexistence liturgique dans la formation au sacerdoce, en faisant en sorte qu'au minimum tous les séminaristes puissent connaître la forme extraordinaire, et/ou que certains d'entre eux, pleinement intégrés à la formation diocésaine, soient spécialement préparés à cette liturgie en vue de l'apostolat diocésain. La demande existe : des jeunes gens, qui se sentent appelés au sacerdoce dans le cadre diocésain, et qui sont attachés à la liturgie traditionnelle, cherchent qui peut et qui veut les accueillir. Elle se renforce même d'année en année car, comme on le sait, la forme extraordinaire est féconde en vocations : en France, près de 15 % des séminaristes optent pour la forme extraordinaire, en rejoignant pour la plupart des instituts spécialisés, les séminaires des communautés Ecclesia Dei ou ceux de la Fraternité Saint-Pie-X.

Premières expériences

Depuis un certain temps, quelques évêques de France cherchent à répondre à ce désir. On peut évoquer ainsi des premières expériences :

Celle de Bayonne, où les séminaristes du diocèse, dans l'ancien couvent des capucins, peuvent librement assister à une messe extraordinaire célébrée au séminaire une fois par semaine par le supérieur lui-même, l'abbé Jacques de Mesmay (une autre messe, en forme ordinaire, étant aussi célébrée ce jour-là). Il faut d'ailleurs préciser que la messe ordinaire célébrée chaque jour l'est « face au Seigneur ».

Celle de Vannes où, l'an passé, pour répondre au vœu de la majorité des étudiants en propédeutique (l'année qui prépare à l'entrée en premier cycle du séminaire), quatre messes en forme extraordinaire étaient célébrées pour eux dans la semaine.

Celle de Lyon, qui malheureusement ne reprendra pas en septembre 2013. Le diocèse avait ouvert une propédeutique, suscitée par l'association Totus Tuuset qui était dirigée par un de ses prêtres, l'abbé Spriet, la maison Sainte-Blandine. Elle était attachée à la paroisse Saint-Georges, desservie par des prêtres de cette association. Les étudiants de propédeutique y bénéficiaient d'une vie de communauté propre, et des messes et offices en la forme extraordinaire. Mais ce « privilège » ne dépassait pas l'année de propédeutique, à la fin de laquelle les jeunes gens devaient intégrer le séminaire régional Saint-Irénée, où aucune place n'était laissée à la forme extraordinaire (et a fortiori à l'ordination de candidats au sacerdoce dans cette forme), ce qui a peu à peu tari le recrutement de la maison Sainte-Blandine.

Celle de Versailles, où chaque semaine, les séminaristes de la Maison Pierre-de-Porcaro peuvent librement assister à la messe en forme extraordinaire dans l'église Notre-Dame des Armées.

Il faut noter qu'à Toulon existe déjà un régime particulier pour les séminaristes de la Communauté diocésaine des Missionnaires de la Miséricorde divine (dirigée par l'abbé Fabrice Loiseau), vouée à la liturgie traditionnelle. La propédeutique de cette communauté est organisée dans le presbytère de l'église Saint-François-de-Paule, à Toulon, siège de la paroisse personnelle de forme extraordinaire, dont le curé est l'abbé Loiseau. Quant aux séminaristes du premier et second cycle, ils suivent leurs cours au séminaire diocésain de la Castille, où ils assistent à la messe en forme ordinaire, mais retournent du samedi au lundi au presbytère de Saint-François-de-Paule pour participer aux offices selon la liturgie traditionnelle. Toutes les ordinations leur sont conférées par leur évêque, Mgr Dominique Rey, selon la liturgie traditionnelle.

 

 L’ouverture d’une maison à Toulon

Nouvelle d’importance pour les aspirants au sacerdoce : le diocèse de Fréjus-Toulon, dès la rentrée de septembre, ouvrira une voie de formation diocésaine spécifique pour les candidats au sacerdoce qui sont attachés à la forme extraordinaire.

Une maison annexe du séminaire, un peu conçue selon le modèle des maisons parisiennes accueillant les séminaristes, est destinée à recevoir tant des étudiants en propédeutique que des séminaristes du premier et du second cycle, pour le diocèse de Toulon ou pour d’autres diocèses, et envoyés dans ce cas par les évêques de ces diocèses.

Mgr Rey a désigné comme supérieur de cette maison, situé sur le territoire de la paroisse de La Crau, un prêtre du diocèse, l’abbé Marc de Saint-Sernin (à droite de Mgr Rey sur la photo), qui faisait précédemment des études de patristique à Rome. Étudiants en propédeutique et séminaristes y mèneront une vie de communauté et iront suivre cours et conférences au séminaire diocésain de la Castille. Ils bénéficieront, dans leur maison, de cours de chant grégorien et de toute la formation pratique et théorique nécessaire à leur visée spécifique.

La liturgie propre de cette maison, messe et office divin, sera la forme extraordinaire du rite romain. Tous les matins, les étudiants et les séminaristes assisteront à une messe traditionnelle, sauf un des jours de la semaine où ils assisteront à la messe en forme ordinaire avec les autres séminaristes de la Castille. Les ordinations leur seront conférées selon la forme extraordinaire pour les divers ordres mineurs et majeurs et, à partir de la tonsure, ils pourront librement porter la soutane

Enfin, les séminaristes de cette maison seront insérés, selon le terme consacré, dans une paroisse où ils participeront à l’apostolat, aux catéchismes, et à la messe dominicale. Étant précisé que la forme extraordinaire sera aussi célébrée dans cette paroisse.

Toutes les précisions et renseignements peuvent être demandés par les jeunes gens intéressés par cette formation à l’abbé Marc de Saint-Sernin (06 22 85 22 17).

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