Entre esclavage et prostitution

Rédigé par Adélaïde Pouchol le dans Politique/Société

Entre esclavage et prostitution

Le groupe socialiste décidait mardi de déposer prochainement un projet de loi à l’Assemblée nationale pour abolir la prostitution. Il s’agirait d’abroger le délit de racolage pour sanctionner les clients par une amende d’au moins 1 500 euros. Dépénaliser le fait d’offrir ses « services sexuels », assurer la sécurité des prostituées, les aider à se réinsérer dans le monde de travail, leur permettre d’obtenir plus facilement une carte de séjour… Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, l’a promis pour le printemps prochain. Quant aux clients, ils seront dûment sanctionnés, et le groupe socialiste de s’expliquer : « L’achat de services sexuels est une violence faite aux personnes prostituées, qui sont à 85 % des femmes. Il n’est pas compatible avec les valeurs d’égalité, de refus de la marchandisation du corps et de respect de l’autre qui sont les nôtres. » Les valeurs qui motivent ce projet de loi sont clairement exposées : égalité entre hommes et femmes, non marchandisation du corps et respect de la personne. Si nous ne savions quelle réalité se cache en fait derrière ces mots, nous n’aurions pas grand-chose à y redire.

« L’achat de service gestationnels est une violence faite aux personnes louant leurs ventres pour porter les bébés des autres, qui sont à 100 % des femmes. Il n’est pas compatible avec les valeurs d’égalité, de refus de la marchandisation du corps et de respect de l’autre qui sont les nôtres ». Il ne s’agit, hélas, pas d’un communiqué du groupe socialiste prenant soudainement conscience de la réalité de la gestation pour autrui (GPA) et pourtant, comment ne pas vouloir transposer, juste pour voir, les valeurs qu’il brandit au cas de la GPA ?

Comment certains politiques peuvent-ils s’insurger contre la marchandisation du corps et se battre pour que des couples puissent louer le ventre d’une femme pendant 9 mois ? D’autant que la réalité de la gestation pour autrui dans les pays ne nous est pas inconnue : plusieurs reportages ont été faits dans des centres de GPA, en Inde notamment, où les femmes sont parquées pendant 9 mois dans des lieux insalubres, traitées comme du bétail, réduites en somme à l’état de poules pondeuses au profit de couples pour qui l’argent peut tout acheter, même des enfants.

Double marchandisation du corps donc, puisque sont monnayés et réduits à l’état de choses la mère porteuse et l’enfant. Quelle différence entre la prostitution et la gestation pour autrui, si ce n’est la localisation exacte de la partie du corps que loue la femme et la durée de location ? La mère porteuse existe comme telle pour donner la vie, c’est là toute la différence. Les mêmes qui font de l’avortement une avancée sociale et déchiquètent des petits d’hommes sans état d’âme se sont découvert une soudaine passion pour les bébés, merveilleux au point que l’on puisse tout accepter pour les faire naître. L’enfant serait une fin qui justifie tous les moyens…

Que l’on ne s’y trompe pas, les socialistes ne sont pas devenus pro-vie. L’ultime fin de la GPA n’est pas l’enfant, car lui-même n’est qu’un moyen au service du bon plaisir des loueurs de ventres. Seulement, le refus de la marchandisation du corps ne pèse pas lourd dans la balance par rapport aux droits des couples unisexes et au désir d’argent.Beaucoup peuvent encore se vanter aujourd’hui d’être nés de l’amour, de n’avoir pas été planifiés mais reçus comme un cadeau. Les enfants d’aujourd’hui, les enfants du socialisme n’auront comme album de famille qu’une facture signée d’un obscur loueur de ventre. 

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