Mémoire de Pie XII

Rédigé par Pierre Benoît le dans Religion

Mémoire de Pie XII

Il y a 55 ans aujourd’hui, le pape Pie XII rendait son âme à Dieu au terme d’un long pontificat de 19 ans et 221 jours. Le mardi 29 octobre suivant, à 17h00, la fumée blanche indiquait l’élection d’un nouveau pape qui venait de prendre le nom de Jean XXIII. Derrière sa mine rondouillarde et son âge avancée – 77 ans – le nouveau Souverain Pontife allait se montrer audacieux. Angelo Roncalli rompait, en effet, avec la dynastie des Pie. Il ira plus loin, en convoquant le deuxième concile du Vatican, projet plusieurs fois envisagé par ses prédécesseurs mais à chaque fois reporté.

L’élection de Pie XII

Le cardinal Eugenio Pacelli, jusqu’ici Secrétaire d’État de Pie XI après avoir été nonce à Munich et à Berlin, a été élu comme successeur de Pierre le 2 mars 1939 alors que l’orage grondait sur la scène internationale. Le 12 mars suivant, il était couronné de la tiare et s’apprêtait à faire face au conflit le plus terrible de l’Histoire de XXe siècle. Homme de la diplomatie vaticane, le cardinal Pacelli fut en concurrence pendant le conclave avec un autre diplomate, le cardinal Luigi Maglione (1877-1944). L’heure était à la diplomatie, au règlement des questions internationales, à l’affrontement avec les idéologies totalitaires – nazisme, fascisme et communisme – qui entendaient faire disparaître, d’une manière ou d’une autre, le catholicisme de la surface de la terre. En attendant, des deux côtés, sans illusion, on composait, attendant le meilleur moment pour abattre ses cartes. Celle de Pie XII sera pendant toute la guerre, le Président Roosevelt et, après lui, le Président Truman. Avec le premier, il avait entretenu une réelle amitié, née pendant le voyage du cardinal Pacelli aux États-Unis en 1936. Une fois élu, Pie XII choisit le cardinal Maglione comme Secrétaire d’État. À la mort de ce dernier, en 1944, il supprima le poste, le prenant à sa charge, nommant pour le seconder deux Pro-Secrétaires d’État Mgr Montini, futur pape Paul VI et Mgr Tardini, futur Secrétaire d’État de Jean XXIII.

Un pontifical doctrinal

Le pape Pie XII envisageait la pastorale comme une mise en pratique de la doctrine catholique. Face aux nouveaux problèmes posés par la modernité, il ne cessa de développer un enseignement pontifical abondant qui, servi par les soins extrêmes du pontife et sa mémoire prodigieuse, aborda pratiquement tous les sujets. Il suffit de compulser les vingt-deux volumes des Documents pontificaux de sa sainteté Pie XII pour se rendre compte que plus qu’aucun pape jusqu’alors, il a abordé tous les domaines de la vie humaine et ce jusqu’à la fin de son pontificat, malgré la maladie. Il a traité par exemple du mariage – à partir du tout début de son pontificat –, jusqu’aux problèmes d’oto-rhino-laryngologie (1958) en passant par la question féminine, les problèmes soulevés par l’irrigation et le drainage (1958) sans oublier tous les aspects de la science moderne ou du droit, et bien d’autres.

Alors qu’il s’exprimait devant Jean XXIII, en sa double qualité de Secrétaire d’État et d’ancien collaborateur de Pie XII dont il dresse le portrait, le cardinal Tardini mit en avant l’exigence pacellienne de précision, portée à son plus haut degré d’incandescence, au risque de susciter l’accusation de maniaquerie :

« Son deuxième objectif (le premier étant apologétique, nda), et le plus important, était d’ordre pastoral. Le pape exposait lumineusement à ses auditeurs qu’il existe une harmonie entre la science et la doctrine catholique (…). En sorte que ces exposés d’ordre culturel ou scientifique – souvent d’ailleurs réduits à quelques brèves données – lui servaient comme de rampe de lancement pour s’élever vers les hauteurs surnaturelles du ministère apostolique. Cette finalité pastorale apparaissait avec plus d’évidence encore à l’occasion de congrès importants où lui étaient soumis des problèmes concernant la licéité et moralité de certaines doctrines ou de certaines méthodes scientifiques. » (Cardinal Domenico Tardini, Pie XII, éditions Fleurus, Paris, 1961).

 

Le dogme de l’Assomption

Le pape Pie XII avait pensé réunir un concile au cours duquel serait proclamé le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie. Finalement, il renonça au Concile, laissant à son successeur le soin de le convoquer, mais il proclama, le 1er novembre 1950, le dogme de l’Assomption :

« En l'autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et par notre propre autorité, nous prononçons, déclarons, et définissons comme un dogme divinement révélé que l'Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste » (Constitution dogmatique Munificentissimus Deus, § 44).

 

La mort du pape

Atteint par la maladie, souffrant d’anémie, d’arthrose et d’un hoquet répétitif, il meurt le 9 octobre 1958. Il avait envisagé la possibilité d’une renonciation, notamment s’il avait été enlevé par les nazis comme Hitler en avait conçu le projet. Finalement, il resta jusqu’au bout à la tête de l’Église, ne cessant de délivrer un enseignement dans tous les domaines. 

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