Avortement : pas si simple…

Rédigé par Stéphen Vallet le dans Politique/Société

Avortement : pas si simple…
Rafael Correa, président de l'Équateur

En Équateur, c’est le président – de gauche – Rafael Correa qui s’oppose clairement à l’avortement et au pseudo mariage homosexuel. « Moi, je n’autoriserai jamais la dépénalisation de l’avortement », a ainsi déclaré en octobre dernier Rafael Correa, au pouvoir depuis 2007 et dont le mandat s’achèvera en 2017.

Il s’est prononcé également contre ceux qui « essayent d’imposer leurs croyances à tous », à savoir « qu’il n’existe pas d’homme et de femme naturelle, que le sexe biologique ne détermine pas l’homme et la femme, mais que ce sont les conditions sociales qui le déterminent », affirmant également :

« Je crois en la famille et je crois que cette idéologie du Genre et ces nouveautés détruisent la famille traditionnelle, qui reste et qui restera la base de notre société ».

Rafael Correa se déclare progressiste au plan économique et conservateur en ce qui concerne les valeurs morales.

En Australie, c’est un libéral, le sénateur Bernardi, qui vient de jeter le pavé dans la mare. Au plan économique, il est à l’opposé du Président de l’Équateur. Selon Radio Australia, Cory Bernardi

« s’attaque aussi au droit du travail, il milite pour la suppression des syndicats, et pour une négociation des conditions de travail non plus entre les syndicats et les entreprises, mais au cas par cas, individuellement, entre le salarié et son patron, que cela concerne le salaire, ou le paiement des heures supplémentaires, du travail le dimanche, etc., ce qui serait une véritable révolution ».

Cependant, il vient de voir la gauche monter au créneau contre lui, non sur les questions économiques, mais sur la famille et l’avortement. Cory Bernardi est, en effet, un opposant farouche à l’avortement, ce qu’il rappelle dans son livre The Conservative Revolution (La Révolution conservatrice). Toujours selon Radio Australia :

« “L’industrie de la mort tue entre 80 000 et 100 000 fœtus chaque année”, dénonce-t-il dans son chapitre sur les mœurs. Un chiffre qui pourrait être surestimé. La sécurité sociale australienne a remboursé un peu plus de 60 000 avortements entre juillet 2012 et juillet 2013. Mais Cory Bernardi défend ses chiffres et insiste : “C’est énorme, et je ne connais personne dans ce pays qui veuille plus d’avortement, je sais que la plupart des gens souhaiteraient qu’il y ait moins d’avortement.” »

Pour une simple demande de débat sur la question, argument contre argument, le sénateur Bernardi se voit dénoncer par la gauche. « Il faut que M. Abbott et les ministres libéraux se démarquent de ces analyses ultraconservatrices. Nous avons besoin de plus de tolérance dans le discours politique australien, et pas des propos réactionnaires de M. Bernardi, qui divisent la société » déclare ainsi Anthony Albanese, l'une des figures du parti travailliste, selon la radio australienne.

 

De l’Équateur en Australie, en passant par la France, l’Europe ou les États-Unis, la question de la famille et de l’avortement n’est pas une question de droite ou de gauche. Car, la famille n’est ni de droite, ni de gauche, simple évidence que la confrontation idéologique a fini par gommer. La famille est une réalité fondamentalement humaine. À gauche, Rafael Correa le sait, comme le sait, à droite, Cory Bernardi.  C’est pour l’avoir oublié que nos idéologues la détruisent avec les armes institutionnelles. Sans penser qu’ils se détruisent ainsi eux-mêmes…

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