Ils ne tueront pas Vincent Lambert

Rédigé par Adélaïde Pouchol le dans Politique/Société

Ils ne tueront pas Vincent Lambert
Vincent Lambert

« Ce serait donc cela, le progrès : demander le dernier mot à la justice. Comme s’il s’agissait d’une avancée en matière de fin de vie que de demander à des juges si, oui ou non, Vincent Lambert subit une obstination déraisonnable de soins, si, oui ou non, il lui reste un peu de conscience, si, oui ou non, l’hydratation et l’alimentation artificielle sont des soins. Comme si les juges étaient compétents dans ce moment si particulier. »

Une affaire très médiatique

Libération s’offusque, les parents de Vincent Lambert exultent : le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne vient s’est prononcé le 16 janvier pour le maintien de l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert, tétraplégique et en état de conscience minimale depuis un accident de moto il y a cinq ans de cela. Il est devenu la nouvelle icône de la bataille sur la fin de vie. Alors que François Hollande a réaffirmé le 14 janvier sa volonté de légiférer sur le suicide assisté, décision confirmée par Marisol Touraine, ministre de la Santé, le 16 janvier, la décision du tribunal revêt une importance toute particulière : elle pourrait créer une jurisprudence sur ce que l’on qualifie d’euthanasie « passive ». C’est pourquoi l’un des neveux de Vincent Lambert, qui milite activement pour l’euthanasie de son oncle, entend faire appel de cette décision devant le Conseil d'État. L’affaire est donc loin d’être achevée.

Le CHU de Reims avait décidé samedi dernier d'arrêter l'alimentation de Vincent Lambert, en accord avec sa femme et une partie de la famille du patient, mais contre l’avis des parents de ce dernier et du reste de sa famille. Les parents, une sœur et un demi-frère de Vincent ont saisi la justice lundi par un référé-liberté pour stopper la décision médicale et obtenir le transfert de leur fils et frère dans un autre établissement hospitalier. C’est donc un véritable drame familial qui se joue derrière le traitement très médiatique de l’affaire Vincent Lambert.

La justice a tranché

Le tribunal a « jugé que la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée et n'avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie et a donc suspendu la décision d'interrompre le traitement ». Et pour cause, le cas de Vincent Lambert n’entre pas dans le cadre de la loi Leonetti qui régit la fin de vie : le malade ne souffre pas d’une maladie incurable mais d’un handicap. En outre, et quoiqu’en disent les promoteurs de l’euthanasie, l’alimentation et l’hydratation sont des soins dus à toute personne et non des traitements que l’on pourrait cesser d’administrer sous prétexte de refuser l’acharnement thérapeutique.

Marisol Touraine n’a pas commenté la décision du tribunal mais insisté sur la nécessité de faire évoluer la loi Leonetti de 2005 : « À l’évidence, elle comporte des ambiguïtés qu’il faut lever. » Les promoteurs de l’euthanasie déplorent notamment que, dans la législation actuelle, « les directives anticipées prévalent sur tout autre avis non médical mais n’ont pas de valeur contraignante pour le médecin ». Ils voudraient ainsi que la loi donne plus de poids à la volonté du patient. « Suicide assisté », « euthanasie passive », ce sont les termes employés par ceux qui s’acharnent à légitimer la piqûre létale et à donner à ce geste une couleur plus humaine, libératrice ou progressiste, bref, pour que l’interdit de tuer soit piétiné sans que rien n’y paraisse. Passif : c’est le terme qui permettrait de justifier tout et n’importe quoi car il en est pour affirmer que si injecter du poison – euthanasie active – est grave, cesser d’alimenter un malade pour le faire mourir – euthanasie passive - est légitime. Pourtant l’intention est bien la même et le refus de poser certains actes est parfois aussi condamnable que d’agir. C’est bien pour cela que la loi prévoit le délit de non-assistance à personne en danger.

La bataille sur la fin de vie sera rude et se jouera à plusieurs niveaux : médiatique, sémantique, éthique et politique. Mais nous ne pouvons que nous réjouir de cette victoire, peut-être seulement provisoire, pour le maintien en vie de Vincent Lambert !

 

 

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2 commentaires

Par dichos, le

Connaissez vous la souffrance? ou chaque seconde est chargée d'une angoisse infinie car l'état dégradé de votre corps vous prive d'espoir et qu'il va falloir supporter des milliers de secondes bloqué dans son lit! Sans compter les douleurs physiques qui peuvent être terribles et qui sont inhérentes à cette sclérose du corps en appui permanent sur le matelas! Ouvrez votre coeur et laissez l'être qui subit ce cauchemar partir vers un monde plus doux! Car l'Amour est supérieur à tous les principes...

Par Marc Bergerot , le

Attention , rendons à César ce qui lui appartient et occupons nous attentivement de ce qui relève de notre devoir de vigilance chrétienne .Le Président Hollande s'est, Dieu merci, sagement gardé de "légiférer sur le suicide assisté" , il n'a même jamais prononcé le terme critique.
Il s'est contenté prudemment d'ouvrir le débat sur l'assistance pour une fin de vie dans la "dignité", ce qui est fort différent et centre justement ce débat sur ce que l'on peut mettre ou ne pas mettre sous ce concept pour l'instant bien abstrait de "dignité" qui sert jusqu'à présent à de bien tristes et fumeuses causes.
Le Président a d'ailleurs tout intérêt, comme tout autre concurrent, à en rester là d'ici 2017...
Je rappelle, car ce sera l'un des points essentiels du probable débat au Conseil d"Etat, que les termes truqués des "promoteurs de l'euthanasie " que vous visez très justement sont les termes même précisés par Monsieur Léonetti dans son projet explicitant sa Loi de 2005 et par lesquels il assimilait si malicieusement le rétablissement ou le maintien des fonctions vitales de l'alimentation, de l'hydratation et de la respiration à des "traitements".
Bien qu'il soit médecin lui-même, nous serions censés croire que Monsieur Léonetti a mis 8 ans pour s'appercevoir que faire mourir quelqu'un de faim , de soif ou d'étouffement était particulièrement monstrueux !
Oui , vous avez bien lu, c'est bien cette monstruosité qui fut promue à l'unanimité en 2005, au nom du peuple baillonné ,par ceux qui sont censés le représenter à l'Assemblée nationale !
Rappelons aussi pour mémoire, que Vincent Lambert a subi , sous couvert de cette inhumaine Loi Léonetti ce supplice de la faim pendant plus d'un mois !
Saluons l'habileté extraordinaire dont a fait preuve en la matière Maître Triomphe qui a su soustraire intelligemment le sujet à l'emprise de la Loi Léonetti alors que bien évidemment dans l'esprit mortifère de son auteur , le cas présent était inclus dans celle-ci ,puisque dans son esprit même , la "fin de vie" n'existe que par la soit-disant " libre volonté" du patient , au besoin programmée ( directives anticipées ) présumée, arrachée, ou même bidonnée par témoignage bricolé du neveu trucmuche qui ne partage pas les convictions de parents dignes.
Et c'est bien en cela que nul catholique et homme de bonne volonté respectueux de la loi naturelle, ne pouvait promouvoir ou déclarer cette loi transgressiste parmi tant d'autres comme "équilibrée".
Merci donc à Maître Triomphe et au dix Magsitrats qui ont rendu à Vincent et à sa famille la liberté qui est leur et, volens nolens, à Dieu ce qui lui appartient.
Pour ma modeste part, en ce 16 janvier, je ne pouvais rêver de plus beau cadeau d'anniversaire !
Longue vie à Vincent et à sa toute sa famille dont nous souhaitons de tout coeur la réconcialiation plutôt que la division au profit des lobbies de la mort.