Menaces sur les femmes au foyer

Rédigé par Jean-Michel Beaussant le dans Politique/Société

Menaces sur les femmes au foyer

Alors que les familles où la mère demeure au foyer se restreignent comme peau de chagrin, les propos de Najat Vallaud-Belkacem dévaluant le quotient familial, en estimant que la fiscalité a aussi « un rôle à jouer » pour favoriser l’emploi des femmes, ont fait couler beaucoup d’encre.

Une constante diminution

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estimait à 2,1 millions le nombre de femmes au foyer en 2011, contre 3,5 millions en 1991. Une femme au foyer est, selon la définition de l’Insee, une femme de 20 à 59 ans, non étudiante, vivant en couple et inactive (les femmes vivant seules sont exclues du champ). Leur nombre a donc largement diminué depuis 20 ans ainsi que les raisons invoquées, alors que les raisons du travail demeurent souvent les mêmes : la nécessité budgétaire de la famille et la pression sociologique.

Une raison économique

Le premier motif invoqué par celles ayant cessé de travailler pour rester à la maison est la fin d’un contrat précaire, alors qu’il y a 20 ans les « raisons personnelles » primaient à 59 %, selon cette étude publiée l’an dernier. Elles ne sont plus que 21 % en 2011 à faire valoir ce choix personnel derrière la raison purement économique : la fin d’un CDD (35 % contre 10 % en 1991). Mais il s’agit là d’un « ressenti », explique une enquêtrice : « Il est parfois difficile de démêler l’effet de la situation sur le marché du travail des choix personnels. »

Exemple par Claudine, mère au foyer interrogée par RTL, qui se dit contente de sa situation :

« C’est un choix, que j’ai fait après avoir eu ma fille, que je voulais élever… Ce que moi j’ai vécu, les autres ne vont pas le vivre… J’ai pu voir les premiers pas de mes enfants, leurs premiers mots. Quand ils ont dit “maman”, c’est moi qui l’ai entendu, pas une nounou. »

Pour autant elle avoue que, lorsqu’elle attendait son premier enfant, elle s’est retrouvée au chômage : « J’avais perdu mon emploi, sinon j’aurais continué à travailler », assure-t-elle. Claudine est consciente par ailleurs des inconvénients du statut de mère au foyer : « C’est un sacrifice par rapport à la retraite. »

Elle concède également ­qu’elle a de la chance, parce que son mari gagne bien sa vie.

« Au début ce n’est pas facile, parce que tout le monde vous regarde bizarrement, vous êtes (comme) un extraterrestre », confie cette maman aujourd’hui de deux enfants. Mais pour elle : « Si vous aimez vous occuper des enfants et passer du temps avec eux, je ne vois pas quel est le souci. » Elle ne comprend pas pourquoi le nombre de femmes au foyer diminue en France : « C’est dommage ! ». Pour elle : « Les femmes sont de plus en plus carriéristes, leur travail passe avant les enfants. »

Conditionnement idéologique

Ce n’est pas tout à fait exact. La preuve par elle-même ! La vérité est que beaucoup de mères seraient heureuses d’éduquer leurs propres enfants et s’y épanouiraient pour le bien commun de tous si on leur attribuait un statut digne de ce nom. Mais un certain conditionnement idéologique les en dissuade en même temps qu’une politique (anti-)familiale, allergique au salaire maternel, les condamne aux travaux forcés (cf. L’HN du 9 novembre 2013). Il n’y a pas si longtemps, 80 % des femmes travaillant rêvaient aussi d’avoir un enfant de plus mais en étaient empêchées en raison des conditions matérielles et financières présumées.

N’est-ce pas Nicolas Sarkozy lui-même qui avait parlé d’un « immense gâchis » (sic) à propos des mères qui préfèrent éduquer leurs tout-petits à la maison plutôt que d’aller travailler ? Parité idéologique oblige ! Comme si ces mères n’exerçaient pas le plus beau métier qui soit ! Plutôt que de leur attribuer une allocation parentale de libre choix, l’État préfère aider exclusivement les femmes qui travaillent en payant très cher des assistantes maternelles et des crèches pour garder les enfants des autres. Élever des enfants est un emploi sauf si ce sont les vôtres !     

 

Pour aller plus loin, le numéro 1558 de L'Homme Nouveau (en vente sur ce site) propose outre cet article, deux autres articles de fond sur la question de la famille : 

De la famille assiégée à la société à reconstruire

Face aux attaques incessantes de l’État contre la famille, l’urgence est bien sûr de sauver celle-ci mais en n’oubliant pas que c’est toute une société qu’il faut reconstruire.

Mobilisation pour la famille.
Petit tour d’horizon des avancées de la bataille pour la vie à la veille de la 9e Marche pour la Vie à Paris.

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1 commentaire

Par Marc Bergerot , le

Si nous en étions encore au stade des "menaces" cela signifierait que nous disposons encore de beaucoup de temps pour mener la contre-offensive. Or à l'heure où le piège se referme par des lois d'exception, est-ce bien le cas ? est-ce bien opportun également de philosopher sur les convenances de langage ou la "prudence" pourtant coupable et responsable de l'avènement de tant de mortelles transgressions ? Quand saurons-nous nourrir au moins un minimum vital de honte à contribuer ainsi à laisser à notre descendance une Patrie aussi abîmée ?