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Catégorie : Tribune libre
Posté par : Joël Hautebert le 04-03-2013

 

 

 

Nous publions ci-dessous le texte de la Tribune libre de Joël Hautebert, professeur agrégé des facultés de droit, parue dans le dernier numéro deL'Homme Nouveau.

 

À l'instar de quelques revendications récentes, les débats législatifs actuels ont pour effet malheureux de brouiller la lisibilité du combat. L'institution défendue perd de sa consistance car domine le sentiment que les arguments avancés se heurtent à l'obstacle infranchissable d'un corpus politico-juridique relativiste, de fait accrédité comme norme juridique supérieure. On voit ainsi resurgir une incapacité chronique à dépasser le positivisme ambiant, un comportement schizophrène qui consiste, d'un côté, à tenir un discours de grande qualité sur ce qu'est le mariage et, de l'autre, à s'imposer une forme d'autolimitation, parce qu'on se refuse à tirer les conséquences juridiques concrètes du caractère absolu et universel de l'institution défendue, ce qui revient à rejeter le droit naturel dans la seule catégorie sympathique et peu dérangeante des énoncés intellectuels.

 

Alors que le garde des Sceaux a d'emblée précisé l'enjeu de son projet, une « réforme de civilisation », nous assistons à la défense de ladite civilisation à coups d'amendements, tandis que seules quelques voix s'élèvent pour affirmer que ce texte, s'il est voté, ne sera rien d'autre qu'une « corruption de la loi », une « loi transgressive »(Mgr Rey), justifiant la « résistance civique ». Le mariage, union d'un homme et d'une femme, est un « invariant humain »(Mgr Barbarin), par conséquent au-dessus des lois et des principes de la République, comme de tout régime politique.

 

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Journal n°1537 du 01-03-2013

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Commentaires

08-03-2013
Merci à Joël Hautebert de mettre vigoureusement ses compétences juridiques au profit de la défense du Bien commun en s'attachant à démasquer l'imposture du "débat démocratique" , alibi permanent tant de la "gauche " que de la "droite" qui ont fait depuis belle lurette des pensées transgressives issues des "Lumières" l'injuste "norme".On peut penser ici aux autres transgressions "in progress" portées par Messieurs Léonetti, Chatel, Peillon, Najat-Vallaut et autres Bertinotti.Comme Joël Hautebert, je crois que la victoire, soit la non application du projet Taubira, voté ou non, est possible , et même qu'elle se dessine un peu plus chaque jour malgré les combats d'arrière garde "délévoyés"*, si jose dire, dont le gracieux mérite est justement de souligner le caractère parfaitement totalitaire du système, jusqu'à preuve du contraire.Il n'en reste pas moins qu'à cette fin, il convient de poursuivre le combat solidaire au-delà de tout esprit partisan inféodé au Système en cours d'effondrement.*la sportivité dont nous aurons fait preuve, sans illusion toutefois , vis à vis de la saisine du Cese aura également permis d'établir aux yeux des observateurs , notamment étrangers, un comptage à hauteur de 700 000 opposants, soit le double de celui résultant du policé tripatouillage comptable du 13 janvier.
Ecrit par Marc Bergerot
04-03-2013
Bonjour et merci pour cet article fort intéressant.Dans la "bataille" qui se joue depuis plusieurs semaines il apparaît évident que nous n'assistons pas à un dialogue de sourds mais à un dialogue tronqué voire impossible : deux interlocuteurs qui s'expriment chacun dans une langue qui a sa propre légitimité mais que l'autre ne connaît pas. Dès lors le dialogue est impossible non par impossibilité d'entendre mais de comprendre. Cela étant sans entrer dans le débat de fond, il me semble aussi que la méconnaissance de la langue de l'autre ne ressort pas du même type. L'une est un refus d'entendre et de comprendre, l'autre un barrage pour se faire entendre et se faire comprendre.Le mérite de cet excellente mise au point est de souligner que la réalité aura toujours avec elle la force que lui donnera un jour ou l'autre le temps de la vérité, parce même les idéologies les plus sectaires n'ont jamais le dernier mot... sinon par la violence qu'elle soit physique, qu'elle soit législative. Plus dure sera la chute de ceux qui méprisent la nature au nom d'un prétendu progrès qu'ils appellent "la force du droit".
Ecrit par pmlg

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