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Catégorie : Société
Posté par : Denis Sureau le 31-12-2012

 

 

Dans le cadre du combat contre le « mariage » homo, certains de ses opposants disent, déclarent et affirment à haute voix que, s'ils sont hostiles au projet de loi gouvernemental, ils sont aussi résolument « contre l'homophobie ». Évidemment, nul ne peut se dire « pour l'homophobie », d'abord, parce que c'est un délit inscrit dans le Code pénal. Ensuite, parce que cela aurait pour fâcheux effet de s'exclure d'emblée du débat public et des convenances du système médiatique. Enfin, parce que cela pourrait être compris comme un encouragement aux agressions verbales ou physiques contre les personnes homosexuelles.

Et pourtant, se déclarer « contre l'homophobie » est déjà l'aveu d'une défaite. En effet, le concept d'« homophobie » n'est pas neutre : c'est une arme forgée pour paralyser toute tentative de critique des revendications homosexuelles.

Avant d'être un outil de propagande, l'homophobie est une faute de français. Le préfixe grec « homo » signifie semblable (comme dans homogène, homonyme) et la racine « phobie », elle aussi grecque d'origine, signifie crainte ou peur (arachnophobie, peur des araignées). D'un strict point de vue linguistique, homophobie signifie donc crainte ou peur de son semblable, au lieu de suggérer quelque hostilité à l'égard des homosexuels. (Et comme si cette aberration étymologique ne suffisait pas, voici que l'homophobie est concurrencée par la gayphobie, la biphobie, la lesbophobie, la transphobie…).

Ce néologisme bancal aurait été inventé dans les années 1970 mais ses utilisateurs ne sont jamais parvenus à le définir avec précision. Le 20 novembre dernier, la grande agence de presse américaine Associated Press, dont les règles de rédaction font souvent autorité, a même déconseillé l'usage du terme homophobie comme trop imprécis, et dont l'utilisation est dévoyée dans la mesure où il suggère une peur irrationnelle, relevant d'un trouble mental – pourtant ignoré par la psychiatrie.

Que peut recouvrir l'homophobie ? D'un point de vue juridique, la loi française n'apporte aucune définition mais punit depuis 2004, les incitations à la haine ou à la violence, l'injure ou la diffamation visant une personne ou un groupe de personnes à raison notamment de leur « orientation sexuelle».On se souvient que Christian Vanneste, alors député UMP, fut condamné à partir d'une interprétation large de cette loi avant que la Cour de cassation ne casse ces décisions au motif que « des propos critiques, même s'ils peuvent choquer les homosexuels, ne sont pas nécessairement injurieux pour cette raison ». Cet arrêt déclencha les protestations du lobby gay, mais on voit ici toute l'ambiguïté de la question.

En effet, où commence l'homophobie ? L'association SOS homophobie retient l'acception suivante : « Il (le terme) désigne les manifestations de mépris, rejet, et haine envers des personnes, des pratiques ou des représentations homosexuelles ou supposées l'être. Est ainsi homophobe toute organisation ou individu rejetant l'homosexualité et les homosexuel-le-s, et ne leur ­reconnaissant pas les mêmes droits qu'aux hétérosexuel-le-s. » La définition révèle tout son enjeu politique. Il s'agit de lutter contre toute discrimination, celle-ci étant définie comme « une attitude, une action ou une loi qui visent à distinguer un groupe humain d'un autre à son désavantage ».

 

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Journal n°1533 du 02-01-2013

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