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19-04-2012
Ce billet est truffé d'imprécisions qui sont tellement typiques des raisonnements troubles à propos des conséquences doctrinales de Vatican II parce que le contenu des propositions discutées n'est jamais clairement défini. Ici par exemple, le lecteur est en droit de se demander ce que l'auteur entend par les mots de nostalgie, d'idée fixe tournée vers le passé, de visibilité de l'Eglise, ou de points litigieux concernant le concile Vatican II. Le point de vue de l'auteur semble de prime abord davantage fondé sur le dénigrement a priori d'une conception jugée dépassée ou ringarde de la foi en vue de justifier les tentatives du Saint Siège de rendre à la raison les éléments détachés de l'Eglise catholique parce qu'ils seraient restés embourbés dans une compréhension devenue fausse de la tradition catholique. Il est étonnant de constater combien le Saint Siège si épris de transparence n'a jamais pris la peine d'expliquer clairement aux fidèles en quoi consistaient les points d'achoppement avec la FSPX. Il semble que l'orientation prise par le Vatican depuis le dernier concile soit de replacer la foi dans une perspective ecclésiale fondée sur un nouvel humanisme dans la perspective de la reconnaissance des droits de l'homme et du mystère d'Israël, qui auraient leur rôle à jouer dans l’édification de la société chrétienne. Il semble aussi que l'Eglise ait décidé d'abandonner un certain pragmatisme personnaliste fondé sur la responsabilité personnelle éclairée en conscience par l’esprit saint , pour se rallier au structuralisme socialiste inspiré par les valeurs évangéliques. Les dernières encycliques du pape semblent reconnaître que le socialisme est le meilleur système pour assurer le bien vivre ensemble d'une société trop longtemps affectée par des divisions catégorielles, pourvu qu’elle soit organisée en fonction d’une gouvernance juridique édictée par des Sages qui prendraient leurs décisions en fonction de valeurs éthiques de portée universelle. La discussion entre le Saint Siège et la FSPX dépasse donc largement le simple cadre doctrinal – il ne s’agit pas simplement de s’entendre sur les dogmes fondamentaux de la Tradition- mais concerne bien davantage une nouvelle conception de la Tradition revue et corrigée à l’aune des nouvelles règles de la société unifiée technocratique que le Saint Siège a fini par accepter comme la nouvelle base sociale de sa doctrine évangélique. Encore une fois il est inadmissible que nos prélats n’explique jamais cette nouvelle conception de la foi intégrée dans la mentalité collectiviste actuelle parce qu’elle constitue la pierre d’angle de la nouvelle évangélisation, alors que le fidèle croit naïvement que le Saint siège a conservé le dépôt de la foi reçu des Apôtres. Cette transformation subreptice de la doctrine catholique fausse d’emblée toute forme de jugement, en ce qui concerne les divisions entre les modernistes et les traditionnalistes, parce que l’enjeu fondamental n’est pas clairement perçu, a fortiori compris par le peuple chrétien qui est trompé par ses clecrs à propos des transformations doctrinales menées à l’insu des fidèles depuis Vatican II. Cela explique pourquoi Mgr Fellay fait figure de « renégat » pour une bonne partie de la FSPX, dans la mesure où il ne s’agit pas de faire œuvre d’obéissance vis-à-vis du Pape qui aurait fait « le premier pas », mais de révéler au grand jour les compromissions du Vatican avec tenants du Nouvel Ordre Mondial. Sans ce travail d’éclaircissement doctrinal on imagine mal comment des fidèles attachés à une conception de la société chrétienne fondé sur l’Evangile et l’autorité sociale du Christ Roi pourrait rejoindre les adeptes de la gouvernance universelle censée résoudre toutes les différences économiques ou sociales par l’intégration des Nations dans un ordre mondial fondé sur les valeurs nohachiques.
Ecrit par Nicolas Jaisson








