Catégorie : Humeur
Posté par : Pasquin le 09-12-2009

« Oh, c’est sympa ta déco ! », dit, sur un ton très copine, l’amie qui vient de prendre sur les étagères branchouilles de ce salon tendance, une sorte de collier de galette de terre cuite, mi-rustique, mi-bijou. « Ah, ma chérie – car tout le monde s’appelle ma chérie chez les branchouilles – on a ramené ça de notre voyage chez les Ouigours au nord de la Chine, où nous avons fait un trek organisé par une agence qui fait du tourisme équitable. C’est une catastrophe, les yacks sauvages sont en voie de disparition et c’est dramatique pour la diversité. Le yack sauvage était un réservoir de renouveau génétique pour le yack domestique. » Interloquée de tant de compassion pour le gène du bétail chinois, l’amie questionne de nouveau : « Ben ok, mais alors c’est quoi ce truc ? ». – « Ben, c’est un collier de bouses de yack séchées. »

Comprenant alors ce qu’elle tenait en main, la malheureuse repose ledit collier, cherchant désespérément la salle de bain. Le mari retient difficilement un fou rire : il veut bien, lui, faire le poli dans les dîners chez les copines de sa femme, il veut bien passer la soirée à parler développement durable, énergie propre, éco-habitat, toilettes sèches, comportement citoyen, tourisme et café équitables, légumes bio, décroissance… Mais, comme fils de paysan creusois, penser qu’on peut coller, en guise d’écolo-déco, de la bouse de vache dans un salon dépasse son entendement. Et pour lui, la m… sur les étagères en plastique recyclé est le summum du crétinisme écolo-bobo… « Heureusement, dira-t-il dans la voiture au retour, que les Chinois n’ont pas dit à ta copine que le yack se nourrissait de cinq fruits et légumes par jour ! Elle nous aurait fait bouffer son collier en entrée… ». 

 

 


Pas de commentaire | Recommander

haut de page