Enfin il faut dire clairement, pour reprendre le vocabulaire de l'artiste, que Dieu n'a pas créé la merde ! L'excrément humain est lié à la vie biologique de l'homme comme être pour la mort. L'excrément est un signe de mort, son odeur annonce une autre odeur, plus insupportable encore, celle de la putréfaction du corps. Et cela ne correspond pas au projet divin pour l'homme, c'est la conséquence du péché de l'homme.
Est-ce à dire que Notre Seigneur n'a jamais fait ses besoins ? Évidemment non. Seuls des gnostiques et des docètes pourraient affirmer cela, hérétiques condamnés par l’Église. Car ce serait nier que Notre Seigneur ait eu un vrai corps humain.
Mais on ne peut pour autant se contenter du raccourci de Roméo Castellucci. Oui je peux dire avec lui que le Christ a assumé la condition humaine jusqu'au bout y compris la merde (mais sans dire comme lui qu'il s'est vidé de sa substance divine). Mais alors la merde n'a pas pour Jésus la même signification que pour moi ou Roméo Castellucci. Les excréments de Jésus manifestent son total abaissement volontaire,signe de son amour pour le Père, reflet de sa communion sans faille avec Lui. Ainsi la divinité demeure intacte dans le Verbe incarné,même quand il va au petit coin. Il s'abaisse pour être élevé. Ce qui est loin d'être le cas pour les autres hommes qui n'accomplissent pas un tel acte de piété en "allant soulager la nature" !
Alors de grâce qu'on laisse de côté les très beaux textes de Paul VI et De Benoît XVI sur les artistes. Car je doute fort que ces pieux Papes - et je cite Paul VI : "votre art est celui de saisir du ciel de l'esprit ses trésors et de les revêtir de mots de couleurs, de formes,d'accessibilité" – s'adressent à des hommes comme Roméo Castellucci qui dans son entretien au Monde écrit avec une tranquille assurance : "Aujourd’hui;hui,l’Église a perdu sa capacité de poser des questions et l'art a pris sa place".
Christianophobe, Roméo Castellucci ? Il ne m'appartient pas de le dire, mais hérétique certainement. Il reprend à sa manière l'hérésie d'Arius (IIe siècle ap JC). Jésus n'est plus qu'un homme compatissant à nos misères et à nos excréments. Un prophète pas sûr puisqu'il dit d'une manière très lapidaire que "son histoire est ambiguë », il est bien en dessous du Coran quant au respect du au Christ. Qui sait si des musulmans n'en sont pas affecté. En tous cas beaucoup ne voudraient pas que leur prophète fût traité ainsi lui qui pourtant n'a jamais été divinisé. Beaucoup pensent et disent discrètement bien sûr "ils sont fous ces chrétiens".
Une dernière réflexion sur le raisonnement de monsieur Castellucci sur les créations de Dieu à partir de l'abaissement de son Fils: Jésus a assumé la souffrance donc Dieu a créé la souffrance... tout comme la merde. Jésus a subi la mort,donc Dieu a créé la mort. C'est une logique de sophiste.
Enfin et pour conclure, je ne vois pas comment on pourra lancer une nouvelle évangélisation sans dénoncer certaines erreurs comme le faisait saint Paul puis les Pères. La création de Roméo Castellucci sera dans cette perspective un lourd handicap!