Une Jeune fille de Varsovie

Catégorie : Culture
Posté par : La rédaction le 21-03-2012

 

 

 

 

2/ Comment êtes-vous arrivée à cette œuvre ?

Le chemin est d’abord passé par une curiosité pour l’Asie du Sud-Est, sans doute bien empreinte - au début – de quelques clichés exotiques sur cette région fascinante par son histoire et sa situation actuelle. Or, très peu d’artistes français ont élaboré une œuvre pérenne et globale qui montre l’histoire récente du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Ainsi arrive-t-on naturellement aux films et aux livres de Pierre Schoendoerffer et y découvre-t-on quelque chose de plus vaste encore.

 

3/ Son œuvre cinématographique mélange fiction et histoire (très) contemporaine. Comment se situait-il par rapport aux grands drames qu’il a traités (Indochine, Algérie) ?

Pierre Schoendoerffer n’était pas dans une démarche politique mais bien dans une démarche sensible. Ce qui l’intéresse dans son œuvre, ce sont les destins humains. Il a connu les combattants français de la guerre d’Indochine comme cameraman des armées de 1952 à 1954. Ces deux ans ont été pour lui des années fondatrices : cette guerre fut sa grande épreuve initiatique, il y est devenu adulte, en voyant mourir à ses côtés de jeunes hommes déjà chefs et en traversant l’épreuve de la captivité après Dîen Bîen Phu. Il a avec la guerre d’Algérie un rapport plus distant : il y tourne quelques reportages mais n’en est pas un acteur, ses amis y sont engagés mais il n’est pas confronté à leurs choix tragiques. Pierre Schoendoerffer ne cherche pas à dire si la décolonisation fut une bonne ou une mauvaise chose, il porte peu de jugement sur ce processus historique. Il s’attache à essayer de faire sentir, plus encore que comprendre, ce qu’à vécu cette génération de soldats, en particulier de lieutenants et de capitaine. Il replace aussi ces guerres dans un contexte plus large, de l’aventure et du voyage. Marqué par la littérature du grand large, pas Kessel et Conrad notamment, il voulait d’abord être marin (et il le fut avant de partir en Indochine). Pour lui, la guerre n’est, pour ses héros, qu’un cadre paroxystique d’exercice des vertus. La guerre est un passage mais elle n’est pas le tout de sa création.

 

 

Pierre Schoendoerffer, Bénédicte Chéron, CNRS éditions, 292 pages, 27 €

 

 

 

 


Pierre Schoendoerffer, mort d’un cinéaste engagé

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