UADF 6 18 mai 2013

Catégorie : Culture
Posté par : Philippe Maxence le 27-03-2012

 

 

 

 

De ce fait, aujourd’hui encore, Jeanne nous paraît vivante, si vivante même que l’on s’attend à la voir surgir d’un coup, à Orléans, à Reims et même à Rouen, terme de sa vie terrestre, lieu de son martyre, ville symbole de la forte et paradoxale parole de l’Évangile qui veut que si le grain ne meurt, il ne peut porter du fruit.

Jeanne est morte aux yeux des hommes de son temps ; elle s’est envolée vers Dieu comme une prière pour la France, encens consumé en sacrifice d’agréable odeur pour que la France reste fidèle à sa vocation et à sa mission, que le pape Jean-Paul II devait rappeler lors de sa première venue en France, au Bourget : « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? Permettez-moi de vous demander : France, fille aînée de l'Église et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l'homme, à l'Alliance avec la Sagesse éternelle ? ».

Fleur du paradis de Dieu qui nous apprend comment aimer notre pays – encore le paradoxe chrétien qui résout si bien l’antique tension métaphysique entre l’un et le multiple, entre le particulier et l’universel –, Jeanne sera le grand thème de cette rencontre du samedi 31 mars. Le programme mérite le détour et plus encore le déplacement.

Le professeur Jean de Viguerie, qui fait l’honneur à L’Homme Nouveau de lui donner une chronique, ouvrira cette rencontre en évoquant comme sujet : « La politique de Jeanne d’Arc est une politique de la foi ». C’est une raison suffisante pour venir. Le professeur Frédéric Rouvillois continuera en traitant le thème de « La politique de Jeanne d’Arc est une politique du droit et de la légitimité ». Parce que Jeanne est aussi une « passion française », un débat est également prévu sur le thème du nationalisme chrétien, en faisant appel à de grandes voix d’hier.

Venu de Düsseldorf, le professeur Gerd Krumeich répondra ensuite à la question : « A qui appartient Jeanne d’Arc ? ». Élargissant le sujet même, Gérard Leclerc traitera de la question d’une culture alternative avant qu’un débat sur le christianisme comme contre-culture n’achève cet après-midi qui promet d’être riche.

Pour ma part, j’aurai le plaisir d’intervenir lors du premier débat sur la question du nationalisme chrétien. Les grandes figures tutélaires qui participeront de leurs ombres lointaines à cet échange sont Péguy, Maurras, Barrès et… Chesterton. Si les noms des premiers, écrivains français, ayant abondamment parlé de Jeanne, ne surprennent pas, la présence de Chesterton, elle, apparaît sinon étonnante, du moins paradoxale. J’imagine bien l’abbé de Tanoüarn, l’un des principaux organisateurs, l’avoir convié à ce débat, avec une sorte de malice, bien dans son genre. Anglais, patriote anglais, amoureux de sa terre, de son histoire, de ses légendes, de sa culture, Chesterton a-t-il vraiment quelque chose à nous dire sur Jeanne et sa lumineuse leçon ? Il ne suffit pas, en effet, de répéter comme une bête mécanique « ils ont brûlé Jeanne d’Arc » pour tirer toutes les conclusions de cette histoire. Bien au contraire ! Jeanne habite la mémoire anglaise et Jeanne vue d’outre-Manche peut, à nous aussi, apporter quelque chose. Surprenante Jeanne ! À samedi.

 

Samedi 31 mars, Forum de Grenelle, 5 rue de La Croix-Nivert, 75015 Paris. De 14h00 à 20h00.

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