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Catégorie : Ethique et tac !, le rendez-vous d'Adélaïde Pouchol
Posté par : Adélaïde Pouchol le 19-04-2012

 

 

 
 
Une vingtaine de médecins et infirmières favorables à l’euthanasie ont bien voulu répondre aux questions du Collectif, au regard des trois objectifs qui justifiaient à leurs yeux la légalisation de l’euthanasie : supprimer les euthanasies clandestines, réserver cette pratique au seul médecin et garantir la mise en œuvre de la volonté du patient.

Ce bilan donne un aperçu de l’état d’esprit belge sur la question plutôt que chiffres et statistiques qui suffisent trop souvent à satisfaire notre curiosité. Parmi les nombreux sujets abordés, plusieurs questions se posent, qui doivent retenir notre attention, à propos des euthanasies clandestines. Elles sont bien évidemment impossibles à chiffrer puisqu’elle sont, par définition, pratiquées plus ou moins secrètement. Les professionnels de santé interrogés sont malgré tout unanimes pour dire qu’elles n’ont pas disparu, quoiqu’elles soient beaucoup moins fréquentes. Pourquoi faire fi de la loi quand elle encadre de telles pratiques ? Le bilan indique plusieurs raisons parmi lesquelles l’envie de ne pas s’encombrer des paperasses requises pour injecter la dose mortelle, l’envie de faire vite… ou de se passer de la volonté d’un patient qui prendrait trop de temps pour passer l’arme à gauche.

Les réponses de certaines des personnes interrogées révèlent le bouleversement moral qui veut que le mal soit l’illégal. Ce qui serait criminel ne serait pas tant d’euthanasier que de le faire hors du cadre légal. Il en est même plusieurs pour expliquer que ce sont encore parfois des infirmiers et infirmières, plutôt que le médecin, qui pratiquent ces euthanasies et que c’est cela qui est criminel.

Nous sommes bien évidemment dans la logique qui avait conduit à la légalisation de l’avortement, encadré par la loi pour n’être plus pratiqué dans des conditions d’hygiène inacceptables.  En somme, il s’agit de tuer proprement et peut-être que nous aurons bientôt la chance de pouvoir violer proprement et légalement.


En attendant, l’euthanasie, fleuron de la revendication libertaire et de l’exaltation de la liberté du patient, se trouve paradoxalement être à la merci de l’Etat et de sa juridiction en même temps que du personnel soignant. La liberté chérie des « piqueurs » de mourants et des mourants « piquophiles » en a pris un sacré coup.

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