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Catégorie : Ethique et tac !, le rendez-vous d'Adélaïde Pouchol
Posté par : Adélaïde Pouchol le 07-06-2012

 

 

 

 

 

 

Héloïse ne voit plus sa maman, partie fricoter avec un collègue de bureau. Elle offrira donc le fameux cadeau à sa grand-mère paternelle qui, bienveillante, soutient le mari esseulé.

Pierre, lui, boude dans son coin et ne fera pas de bracelet. Il sait que sa mère ne voulait pas de lui… Par Dieu sait quel miracle, l’avortement n’a pas marché et sa mère a même porté plainte contre le médecin pour sa naissance. Pierre, conscient malgré son jeune âge, qu’il ne faisait pas l’objet du « projet parental » qui aurait fait de lui un être digne de vivre, a décidé de ne pas faire de projet « enfantal », un concept créé pour l’occasion, et estime que sa mère n’en est pas vraiment une et ne mérite pas franchement sa piété filiale.

Aïna, quant à elle, vit dans la cité, dans l’une de ces familles où l’on ne sait plus trop bien qui est sœur, cousine, tante ou mère. Ils sont une douzaine dans une poignée de mètres carrés et se fichent bien de savoir qui a engendré qui. L’important est de survivre. Aïna offrira donc le bracelet à Tara, qui, du haut de ses 13 ans, n’est certainement pas sa mère mais lui a récemment offert une poupée, adorable quoiqu’usée jusqu’à la corde, dégotée Dieu sait où et qui suffit à rendre Tara bien plus aimable aux yeux d’Aïna que tout le reste de la tribu réunie.

Louis se demande bien comment un tube de verre pourrait porter un bracelet. Louis est un bébé éprouvette à qui ses parents se sont fait un devoir et une fierté d’expliquer dès le plus jeune âge qu’il avait été conçu grâce à la détermination de ses parents et les progrès de la science. Il ne sait pas vraiment que penser de cette vie commencée dans un bocal…

Salima, jeune Indienne, ne fera jamais de bracelet pour sa mère. Elle a été avortée lorsque son père, après l’échographie, a su qu’il n’aurait pas l’héritier mâle tant espéré.

Jacques non plus d’ailleurs. Car Jacques avait un chromosome en plus et, comme 96 % des enfants trisomiques comme lui, a été tué après le dépistage prénatal, pour des raisons de santé publique et parce qu’il aurait bien évidemment été très malheureux. Au fond d’une poubelle d’hôpital, pour sûr, la vie n’est pas très gaie non plus.

Anne, enfin, est le cas de la classe. Elle a seulement un papa et une maman, deux frères et trois sœurs…


Bonne fête, Maman !

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