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Catégorie : Ethique et tac !, le rendez-vous d'Adélaïde Pouchol
Posté par : Adélaïde Pouchol le 18-07-2012

 

 

 

Mais voilà, l’accompagnement jusqu’à la mort naturelle, qui paraissait être dû à chaque homme en raison de son humanité même, est insidieusement présenté aujourd’hui comme un droit que chacun est libre de réclamer. Ou non. Lassé, ou peut-être effrayé, du combat frontal entre culture de vie et culture de mort dans lequel il n’était pas toujours certain d’être vainqueur, le monde moderne voudrait donner l’illusion qu’elles ne sont plus deux paradigmes qui s’affrontent mais une alternative amorale. Bénéficier des soins palliatifs serait un droit au même titre que recevoir ou s’administrer soi-même une injection létale. Le monde moderne feint de ne plus fouler au pied le respect de la vie pour octroyer le droit à donner la mort, il voudrait que tout fût permis. Surtout de tuer. Spécialement ceux qui coûtent cher sans plus consommer. Ceux qui, en somme, sont un grain de sable dans les rouages de l’économie libérale puisqu’ils coûtent sans consommer ni produire.


Viendra peut-être un temps où ceux qui auront choisi de vivre leur vie jusqu’à son terme naturel, parce qu’ils assumeront leur dépendance envers le corps médical et leurs proches et parce qu’ils assumeront de « coûter cher » à la société malgré le discours moralisateur et culpabilisant dont on nous assomme déjà, seront des héros grands et forts de leur petitesse et de leur faiblesse. Leur vulnérabilité n’est qu’un appel lancé chaque minute de leur existence pour rappeler à la société qu’il n’y a de vraie richesse que d’homme.

 

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