UADF 6 18 mai 2013

Catégorie : Société
Posté par : Denis Sureau le 05-12-2012

 

 

La question du pseudo-mariage homosexuel semble traverser les principaux partis. Des élus de gauche voire d'extrême gauche font la grimace, tandis que certains à l'UMP trouvent le projet gouvernemental timoré. On en vient à s'interroger : cette réforme sociétale qui nous agite est-elle de droite ou de gauche ?

La réponse est la suivante : elle est de droite comme de gauche, pourvu que l'on considère cette droite et cette gauche comme des variantes de la même idéologie, celle qui définit la modernité, et qui n'est autre que le libéralisme (mais ce mot est parfois mal compris).

De quoi s'agit-il ? D'un individualisme radical. D'une affirmation du moi, d'un ego qui ne voit dans la liberté que la capacité purement négative de ne pas être empêché d'agir par les autres. Elle est la matrice de tous les projets culturels, politiques et économiques qui façonnent notre monde.

Reconstruire (ou plutôt déconstruire) le monde en partant de l'individu libre et souverain, c'est nier que la famille soit la cellule de base de la société. Si la famille peut avoir une utilité, celle-ci ne peut être que relative au projet de chacun, et donc provisoire. Elle ne peut résulter que d'un contrat, puisque le contrat est le seul mode de relation envisageable par nos modernes. Mais le contrat social doit être avantageux pour chacune des parties. Et révocable.

Aucune référence à la « nature », à la « loi naturelle » n'a ici de pertinence : pour nos modernes l'homme n'est qu'un être de culture, et la culture ne renvoie pas à quelque chose qui en serait son fondement. Tout ce qui risque d'entraver mon épanouissement (lois, traditions, règles…) doit être tenu en suspicion, voire disparaître. C'est pourquoi le christianisme, qui enseigne que l'homme a une finalité et que la liberté n'a de sens que par rapport à cette finalité, est l'ennemi majeur : « Écrasez l'infâme », disait Voltaire.


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Journal n°1530 du 24-11-2012

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