
Sans revenir sur l’idéologie du Genre et la vision d’un monde indifférencié qui sous-tendent cette idéologie, il me semble important de rappeler aux chrétiens que, pour l’Église, toute discrimination n’est pas injuste. Le Catéchisme de l’Église catholique distingue les actes homosexuels, « intrinsèquement désordonnés », des personnes présentant des « tendances homosexuelles foncières », précisant : « On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. » (n. 2358)
En juillet 1992, la Congrégation pour la Doctrine de la foi alors dirigée par le cardinal Ratzinger publiait, en réponse aux questions des évêques américains, des Observations au sujet des propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles. On lisait dans ce texte oublié : « Une des tactiques utilisées consiste à affirmer, d’un ton de protestation, que toute critique ou réserve à l’égard des personnes homosexuelles, de leur activité et de leur style de vie, est purement et simplement une forme de discrimination injuste ». Et plus loin : « L’orientation sexuelle ne constitue pas une qualité comparable à la race, l’origine ethnique, etc., en ce qui concerne la non-discrimination. À la différence de celles-ci, l’orientation homosexuelle est objectivement désordonnée et fait naître une préoccupation morale particulière. Il y a des domaines dans lesquels ce n’est pas une discrimination injuste de tenir compte de l’orientation sexuelle, par exemple dans le placement ou l’adoption d’enfants, dans l’engagement d’instituteurs ou d’entraîneurs sportifs, et le recrutement militaire. »
Si les personnes homosexuelles ont en tant que personnes des droits, comme le droit au travail ou au logement, « ces droits ne sont pas absolus. Ils peuvent être légitimement limités en raison d’un comportement externe objectivement désordonné. Ceci est parfois non seulement licite mais obligatoire. » Le texte poursuit :« Inclure l’orientation homosexuelle parmi les considérations sur la base desquelles il est illégal de discriminer peut facilement amener à considérer l’homosexualité comme une source positive des droits humains, par exemple en ce qui concerne les mesures anti-discriminatoires en faveur des minorités ou le traitement préférentiel dans les pratiques d’embauche. Ceci est d’autant plus nuisible qu’il n’y a aucun droit à l’homosexualité, qui ne devrait donc pas constituer le fondement de revendications juridiques. Partir de la reconnaissance de l’homosexualité comme facteur sur la base duquel il est illégal de discriminer peut facilement, sinon automatiquement, conduire à la protection légale et à la promotion de l’homosexualité. L’homosexualité d’une personne serait invoquée contre la discrimination alléguée et ainsi l’exercice des droits serait défendu précisément par le biais de l’affirmation de la condition homosexuelle, au lieu que ce soit en fonction d’une violation des droits humains élémentaires. »
Si l’homophobie se définit donc par le refus de toute discrimination (juste ou injuste), il est contraire à la raison (et à l’enseignement de l’Église) de se prononcer contre elle.
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