
Dimanche après-midi, comme des milliers de Français, j'ai arpenté les rues et les boulevards de Paris pour défendre la famille, le mariage et l'avenir des enfants. Voulant éviter ce souci de « l'immédiateté », qui est un des travers profonds de notre époque, j'ai voulu prendre le temps d'une sorte de bilan qui méritera certainement d'être affiné.
Au rang des points positifs, il faut saluer la réussite même de la manifestation. Mobilisation réussie, déroulement sans heurts ni violences, organisation efficace et très large participation, même si comme il fallait s'y attendre les chiffres du nombre de manifestants diffèrent entre ceux de la Préfecture de police (340 000) et ceux des organisateurs (entre 800 000 et 1 million).
Autre point positif : la générosité et le dévouement des organisateurs, qui ne sont pas des « professionnels » de ce type d'événements, au sens où ils n'en vivent pas et qu'ils ont par ailleurs d'autres occupations. J'imagine bien les heures, les jours et les nuits de préparation. Cette générosité, je l'ai sentie à l'œuvre également parmi tous les jeunes (et moins jeunes) mobilisés pour « encadrer » et animer les différents parcours.Générosité et amabilité se sont ainsi déployées et ont ainsi bien réchauffé des cœurs alors que nous subissions le froid parisien.
Cette générosité et cet esprit bon enfant, civique et civil, nous l'avons vu également à l'œuvre parmi les manifestants dont certains (beaucoup, en fait) étaient venus de très loin, des quatre coins de la France. Manifestants de tous âges, venus en famille ou seuls, de toutes conditions sociales, de milieux ou de confessions bien différentes. Personnellement, ma famille était au grand complet (huit enfants, de 22 à 2 ans et deux parents, père et mère, puisqu'il faut préciser les choses désormais) et ce fut une joie de se retrouver pour montrer notre attachement commun à la famille et au mariage.
Parmi les points positifs, je range également le fait que je n'ai pu voir et croiser « que » quelques amis. Cela change de bien des manifestations ou des réunions publiques où l'on est sûr de retrouver, même sans l'avoir prévu, nombre de connaissances. Là, ce fut exactement le contraire. Je pensais retrouver tel ou tel, ou du moins les croiser, car je savais qu'ils participaient à la manifestation. Mais l'affluence de la foule n'a pas permis de multiplier ces rencontres amicales.
Enfin, comment ne pas signaler – et saluer – la présence de plusieurs évêques et de nombreux prêtres et religieux ? La présence épiscopale est une nouveauté, même si depuis quelques années nous apercevions des évêques à la manifestation du mois de janvier contre l'avortement. Assurément, cette présence a été décisive dans la présence de beaucoup de catholiques dimanche dernier. Espérons que cette mobilisation épiscopale ne retombe pas et même qu'elle s'amplifie.