Le Pape invite à l'espérance

Rédigé par un moine de Triors le dans Religion

Le Pape invite à l'espérance

Lors de l'audience du mercredi 21 décembre, le Pape est revenu sur le thème de l’espérance si proche en réalité de celui de la miséricorde, comme on l’a déjà écrit. Le prophète Isaïe avait inspiré les premières catéchèses sur ce thème. Cette fois le Pape, en raison de Noël, se réfère plutôt à saint Luc, l’évangéliste de la miséricorde mais aussi de l’espérance : « Levez les têtes, car votre rédemption approche ». Le Pape n’omet pas cependant de citer de nouveau le prophète, tant la fête de Noël reste liée à la prophétie de l’Almah (Isaïe, chap. 7). Noël en effet réalise l’accomplissement des promesses messianiques. L’Incarnation rédemptrice est la preuve évidente que Dieu n’a pas abandonné son peuple. Bien au contraire ! En se faisant enfant dans une crèche, Il s’est rapproché de sa créature et, tout en restant Dieu, Il s’est anéanti lui-même pour sauver l’humanité dévoyée à la suite du péché de ses premiers parents. Cette fidélité aux promesses à travers l’anéantissement de la Croix inaugure le royaume de Dieu et devient ainsi facteur d’espérance et gage de vie éternelle. Tout est vraiment lié dans le christianisme et toucher à l’un des maillons de la chaîne, c’est remettre en cause tout l’édifice de la foi.

Confiance absolue en Dieu

Le propre de l’espérance c’est d’attendre ce que l’on ne possède pas encore. Mais Noël change pratiquement notre regard sur notre espérance qui devient signe visible et compréhensible de confiance absolue en Dieu objet même de notre espérance. Pourquoi ? Parce que l’Enfant Jésus nous offre un but, un destin et l’assurance définitive d’un salut. Mais dans la réalité quotidienne nous éprouvons toujours du mal à admettre cette certitude de foi. Aussi devons-nous toujours nous poser la question fondamentale. Est-ce que je marche vers le salut éternel ou bien est-ce que ma vie spirituelle se referme sur elle-même ? Est-ce que mon Cœur s’ouvre à Jésus pour marcher durant mon pèlerinage terrestre avec Lui, s’ouvrant ainsi à l’espérance, ou bien est-ce qu’il se referme complètement sur lui-même pour s’ouvrir au désespoir. Traditionnellement durant l’Avent, on prépare les crèches qui transmettent l’espérance à tous ceux qui comprennent l’importance d’une saine religion populaire.

Bethléem, « maison du pain », est avant tout cité de David le pasteur élu de Dieu pour diriger son peuple. Le regard que nous portons sur la crèche et sur Bethléem en cette période de l’année nous oriente inévitablement vers Marie, mère de l’espérance. Par son oui, par son Fiat, Dieu nous ouvre les portes de la liberté et de l’amour. Modèle de foi et en conséquence d’espérance, Marie est devenue pour nous l’arche de l’alliance nouvelle et éternelle. Dans la crèche, nous voyons Marie contempler l’Amour de Dieu si présent désormais en ce monde malgré les obscurités environnantes qui vont en notre temps jusqu’aux ténèbres les plus profondes, parce qu’il est d’abord présent en son enfant divin. Mais on ne peut pas séparer Marie de saint Joseph, lui aussi grand modèle de foi et d’espérance. Voilà pourquoi – et il y aurait encore beaucoup d’autres raisons dont certaines sont énumérées par le Pape –, il est si important de contempler la crèche, pour méditer sur l’amour de Dieu pour les hommes. Près de la crèche se trouvent aussi les bergers qui représentent tous ces anawim de l’Ancien Testament, c’est-à-dire tous les véritables pauvres en esprit des deux Testaments. Le jour de la fête de la purification de Marie et de la présentation de Jésus au Temple, nous pourrons alors admirer deux de ses privilégiés « qui attendaient la Rédemption d’Israël », mais aussi du monde entier.

Le discours du Pape

Frères et sœurs, à quelques jours de Noël, je voudrais réfléchir à ce moment où, pour ainsi dire, l’espérance est entrée dans le monde, avec l’incarnation du Fils de Dieu. La naissance du Christ nous parle d’une espérance fiable, visible et compréhensible, parce que fondée sur Dieu. Espérer pour le chrétien signifie la certitude d’être en chemin avec le Christ vers le Père qui nous attend. Ainsi, dans sa simplicité, la crèche transmet l’espérance à travers chacun des personnages : Jésus, en qui l’espérance de Dieu et l’espérance de l’homme se rencontrent ; Marie, Mère de l’espérance, qui contemple l’Enfant et voit en Lui l’amour de Dieu venu sauver son peuple et toute l’humanité ; et Joseph, qui a cru à la parole de l’ange et qui a nommé cet Enfant « Jésus », un nom qui est une espérance pour chaque homme. Dans la crèche, les bergers représentent les humbles et les pauvres : ils voient dans cet Enfant la réalisation de la promesse de Dieu et ils espèrent que son salut s’accomplira pour chacun d’eux. Ils se réjouissent quand ils reconnaissent dans cet Enfant le signe donné par les anges. Car l’espérance chrétienne s’exprime dans la louange et l’action de grâce à Dieu qui a inauguré son Règne d’amour, de justice et de paix. En contemplant la crèche, accueillons Jésus, germe de l’espérance que Dieu dépose dans les sillons de notre histoire personnelle et communautaire. Car chaque « oui » à Jésus qui vient est un germe d’espérance.

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