Carême, un temps propice pour se réconcilier avec Dieu

Rédigé par Abbé Olivier Barnay, propos recueillis par Odon de Cacqueray le dans Religion

Carême, un temps propice pour se réconcilier avec Dieu

Le Carême est un temps de pénitence, il peut aussi être vécu comme un moment privilégié pour remettre de l’ordre dans sa vie. Quels conseils donneriez-vous pour vivre un bon Carême ? 

Le saint Carême est un temps de grâce. « Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut », nous dit saint Paul. Parce qu’il est une préparation à la Solennité des solennités, la Fête de Pâques qui est le cœur même de notre foi, le Carême peut être véritablement vécu comme une retraite spirituelle. Il s’agit d’aller au désert où Dieu veut nous parler cœur à cœur. C’est un temps de dépouillement, de dépossession de soi-même, un temps où nous faisons le point sur notre relation avec Dieu et notre relation avec nos frères et sœurs en humanité. 

Voici ce que je préconise pour entrer dans l’esprit de cette retraite spirituelle : 

- Faire tout d’abord place au silence. Silence intérieur mais silence aussi extérieur. Le Carême est un moment privilégié pour se donner de longs temps de silence. Faire l’économie du bruit par exemple pendant nos trajets en voiture ou dans les transports en commun. La radio peut laisser place, par exemple, à un enseignement sur tel ou tel sujet que nous pouvons suivre (une session sur l’Écriture sainte, la vie des saints,...). Silence dans nos temps de prière, silence dans nos églises avant et après la messe, silence dans nos liturgies (pas de chant à la communion, par exemple). Le silence pour laisser Dieu passer dans la brise légère.

- Prendre le temps de lire et méditer la Parole de Dieu. Si la Parole de Dieu est vivante, cela vaut la peine, non seulement de l’écouter mais aussi de la méditer et même d’en apprendre des passages par cœur. Afin que la Parole habite notre cœur et que, peu à peu, notre vie devienne évangélique !

- Vivre les sacrements, en redécouvrir toute la richesse. Le temps de Pâques nous offrira la joie de renouveler les promesses de notre baptême et de goûter à nouveau le bonheur que nous avons de recevoir la sainte communion régulièrement, le trésor de l’Eucharistie dont saint Jean-Marie Vianney nous dit qu’ « il n’y a rien de plus grand ». Et au milieu de tous les sacrements, vivre le sacrement du Pardon. Je le conseille à mes fidèles trois fois pendant le Carême : au début, au milieu et à la fin. Pourquoi ? « Parce qu’une âme pure peut tout demander à Dieu, Dieu ne peut rien lui refuser », dit le saint Curé d’Ars. Se confesser, accueillir le Pardon de Dieu, afin que l’Esprit Saint puisse travailler profondément en nous pendant ce temps de grâce.

Aller à la messe c’est bien, pouvoir y communier l’âme propre c’est mieux. Comment inviter les baptisés à aller se confesser ? 

« Voici que je fais toutes choses nouvelles ! » c’est le thème que j’ai donné à mes fidèles pour ce Carême 2018. C’est un verset de l’Apocalypse. C’est aussi un verset que l’auteur du film La Passion du Christ (Mel Gibson) met sur les lèvres de Jésus au moment où Il rencontre la Sainte Vierge sur la Via Crucis : « Vois, je fais toutes choses nouvelles ! ». Le Carême est un temps de renaissance, de renouveau. Quoi de mieux que d’aller quémander le Pardon de Dieu dans le sacrement de pénitence afin d’avoir une âme pure, toute belle pour vivre ce temps de grâce ?

La confession n’est pas un moment agréable pour tout le monde. La peur de se confier au prêtre et la honte de nos fautes n’y sont pas pour rien. Comme prêtre comment recevez-vous vos pénitents ? 

Prêtre du diocèse du saint Curé Jean-Marie Vianney, celui-ci influence sans doute mon ministère et ma manière de le vivre et la manière avec laquelle je conduis le peuple de Dieu qui m’est confié. Les paroles du Curé d’Ars sont alors suffisamment explicites : « La miséricorde de Dieu, c’est comme un torrent débordé. Elle entraîne tous les cœurs sur son passage ! (…) Nos fautes sont des grains de sable à côté de la grande montagne des miséricordes de Dieu ! (…) Venez à la communion, venez à Jésus, venez vivre de lui afin de vivre pour lui. (…) Ce n’est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon, c’est Dieu qui court après le pécheur et qui le fait revenir à lui ! (…) Quand on va se confesser on peut dire qu’on décloue notre Seigneur de la Croix ! ».

Notre mémoire n’est pas infaillible, il arrive que nous nous souvenions de péchés après nous être confessés. Est-ce grave ? Sommes-nous tenus de tout confesser ? 

Dans la confession il y a plusieurs parties. Mais avant d’arriver devant le prêtre, « au tribunal de la miséricorde » comme dit Jésus à sœur Faustine, il convient de prendre le temps de nous préparer. Traditionnellement, à gros traits, nous regardons trois parties : face à Dieu, face à moi-même, face aux autres. Il est important de bien préparer sa confession. 

Là encore, le Carême nous offre la possibilité de préparer une belle confession que nous pouvons faire dans les heures qui précédent la Solennité pascale. Je donne au Seigneur, par le prêtre, les péchés que je regrette (avoir de la contrition et le ferme propos de ne pas recommencer). Mon désir est donc de ne rien cacher et d’être en transparence devant Dieu qui agit à travers son ministre. Il est important de confesser tout ce qui nous pèse sur la conscience et qui nous attriste. Il faut d’ailleurs demander à Dieu cette grâce de la contrition qui manque parfois... Cela faisait dire au saint Curé d’Ars : « Je pleure de ce que vous ne pleurez pas ! ». Dieu connaît le cœur de l’homme, Il connaît nos intentions. Il sait ce que nous voulons confesser. L’émotion, la peur peut-être peu(ven)t nous faire oublier – involontairement – de donner telle ou telle chose. Dieu pardonne ce que nous avons involontairement oublié de dire. Nous pouvons tout à fait, cependant, donner cet oubli dans la confession suivante.

La loi du silence est un vieux film bien connu pour sa façon de parler du secret de la confession. Jusqu’où va ce secret de la confession et pourquoi ?

Voilà un sujet important. Un sujet qui fait couler de l’encre et pourtant le secret de la confession est indispensable. Le prêtre promet à son Ordination de garder le silence et il doit le garder coûte que coûte. Rien ne peut lui faire rompre ce secret. Cela peut même le conduire jusqu’à la prison peut-être. Le secret est indispensable parce qu’il est le gage de la confiance entre le pénitent et le confesseur. Il dit quelque chose de la richesse et de la grandeur de la conscience. Dans le secret du confessionnal, selon les cas très graves et qui doivent être traités en justice, le confesseur a le devoir d’éclairer la conscience du pénitent en l’invitant à se rendre devant la justice des hommes. Libre ensuite au pénitent de le faire ou ne pas le faire mais ce qui se passe dans le confessionnal restera secret entre le cœur de l’homme et le cœur de Dieu.

Réseaux sociaux